role du capital humain dans la croissance

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LE ROLE DU CAPITAL HUMAIN DANS LA CROISSANCE : LE CAS DES ECONOMIES EMERGENTES D’ASIE Andrianasy A DJISTERA* Résumé Cet article présente les analyses théoriques de la contribution du capital humain à la croissance économique. Nous estimons l’effet de l’accumulation de capital humain sur la croissance en utilisant des p g données de panel de 9 économie Hong Kong, Inde, ndonésie, Malaisie, période 19712003. THE ROLE OF HUMA 2 u ine, Corée du Sud, Thallande) pour la HE CASE OF THE EMERGING ASIAN ECONOMIES Abstract – This paper presents theoretical analyses of the contribution of human capital in economic growth.

We estimate the effect of human capital accumulation on growth using panel data for 9 emerging Asian economies (China, Republic of Korea, Hong Kong, India, Indonesia, Malaysia, Philippines, Singapore and Thailand) for the peri0d 1971-2003. Mots-clés – ÉCONOMIES ÉMERGENTES, ASIE, CAPITAL HUMAIN, CROISSANCE ECONOMIQUE, DONNEES DE PANEL nombre de travaux mettent en lumière l’importance de l’investissement éducatif dans la croissance de ces économies (Banque Mondiale, 1993 ; Fogel, 2004).

Pour Fogel (2004), une augmentation soutenue de la production dans ces économies est conditionnée par un accroissement du niveau ‘éducation de leur force de travail. La littérature économique a depuis longtemps reconnu que la

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qualité du facteur travail joue un rôle essentiel dans le processus de croissance. Les économistes classiques (Smith, 1776 ; Ricardo, 1817 ; Malthus, 1920 ; etc. ) ont déjà mis en évidence l’importance de la qualité de la main- d’œuvre dans la compétitivité et la croissance économique à long terme.

Adam Smith (1776) a notamment montré que la richesse des individus et des nations dépend du niveau de compétences des travailleurs. La spécialisation de la main- d’œuvre suppose u’il existe différents types de tâches et que chaque individu effectue celui qu’il maîtrise le plus. La notion de « division du travail » met également en lumière l’accroissement potentiel du produit lié à l’amélioration de l’organisation ou de la méthode de production.

Cette amélioration est rendue possible grâce aux entrepreneurs dynamiques et compétents et aux travailleurs ayant l’aptitude ou la qualification pour exercer les tâches spécifiques. Après quelques années d’oubli la uestion de l’importance de la qualité de 32 souligne que les connaissances acquises par les individus jouent n rôle crucial dans la société. Selon cette théorie, l’éducation est un investissement car elle est un instrument d’amélioration de la productivité.

L’investissement en capital humain explique ainsi les différences de rémunération entre les travailleurs. Sur le plan empirique, Denison (1962) a déterminé les prlnclpaux facteurs explicatifs de la croissance des Etats-Unis en utilisant la comptabilité de la croissance. II a trouvé une valeur élevée de la productivité totale des facteurs qu’il attribue à Pamélioration de la productivité totale qu’il attribue ‘amélioration de la qualité de la main-d’œuvre suite ? l’accroissement du niveau d’éducation.

Les nouvelles théories néoclassiques de la croissance économique ou les théories de la croissance endogène qui se sont développées à la fin des années quatre-vingt avec les travaux de Romer (1986) et de Lucas (1988) fournissent des modèles permettant de mieux comprendre le processus de croissance économique. Elles permettent de mieux cerner l’implication du capital humain dans la croissance à long terme. L’objectif de cet article est double.

D’une part, analyser comment le capital umain agit sur la croissance en s’appuyant sur les modèles de la crolssance 2 l’étude empirique de l’impact de l’accumulation de capital humain sur la croissance des pays d’Asie émergente. 1. L’EFFET DU CAPITAL HUMAIN SUR LA CROISSANCE DANS LES NOUVELLES THEORIES DE LA CROISSANCE La réflexion économique sur la croissance s’est penchée particulièrement sur l’importance du capital humain dès le début les années soixante.

Frankel (1962) a souligné que le produit par tête s’accroit d’une manière régulière et cela s’explique par l’action de diverses forces telles que l’évolution technologique, ‘amélioration au niveau de l’organisation et Hamélioration du « facteur humain Les économistes ont proposé des modèles plus élaborés permettant d’analyser l’impact du cap tal humain sur la croissance depuis la fin des années 1980 (Lucas, 1988 ; Romer, 1990 ; etc. ). 1. 1 .

L’effet du capital humain sur la croissance chez Lucas Lucas (1988) présente une modélisation d’une économie composée de deux secteurs, un secteur de production de bien de consommation et un secteur d’éducation. On décrit le cadre d’analyse avant d’examiner l’importance de l’accumulation du capital humain dans la croissance économique ? long terme. 1. 1 . 1 . Présentation du modèle Dans l’économie modèle, l’investissement en capital humain permet aux individus d’utiliser les technologies disponibles.

Les individus vont faire un arbitrage entre leur utilité présente et leur utilité future, en sachant que plus ils se forment et plus sa produc son revenu seront 4 2 (accroissement du revenu), l’éducation a un rendement externe qui est lié au fait qu’en investissant dans la formation, on fait bénéficier indirectement la collectivité de cet investissement. La fonction de production de bien final s’écrit : AK t (u thtL) ht,O

C’est le produit de la fraction du temps consacré à la production ut (avec, OS ut SI du niveau moyen de qualification des travailleurs qui participent à la production ht et du facteur travail L qui est supposé constant ; At représente le niveau de la technologie et ht est le stock moyen de captal humain calculé sur l’ensemble des individus. Les paramètres a et (1 -a) désignent respectivement les élasticités de la production par rapport au capital physique et au facteur travail. 3

Selon l’équation (1), e capital humain agit de deux façons sur la production courante, en affectant directement la roduction, d’une part et en l’influençant au s 2 associé à cette activité en se formant. La production totale de l’économie est répartie entre l’investissement en capital physique et la consommation. ‘équation de l’accumulation du capital physique par habitant est ainsi . 1-0 Akt (u t ht ) ht — ct L’agent représentatif cherche à maximiser sa fonction d’utilité intertemporelle U.

Le programme d’optimisation de Pagent représentatif s’écrit . c 1-0-1 Maximisation de IJ JO e — Ptt ous les contraintes suivantes . -ut , t (u t ht ) ht – ct . où p est un taux de préférence pour le présent (ou taux d’escompte subjectif). Une valeur élevée de ce dernier signifie que ragent économique est impatient et donne une plus grande valeur à sa consommation présente. Le coefficient o représente 6 2 l’utilité marginale décroit vite lorsque la consommation augmente. 4 1. 1*2.

L’impact de l’accumulation de capital humain sur la croissance En supposant que la fraction du temps consacré à l’éducation est constant ? l’état régulier, le taux v de croissance du capital humain est constant et égal à : —u). En égalisant à zéro la productivité marginale du capital physique, on obtient l’expression du taux g de croissance à l’état régulier : kW -a + Y k Selon l’équation (5), le capital humain est le moteur de la croissance à long terme. En effet, le taux de croissance de la production par habitant dépend de celui Siy = O.

L’enseignement principal du présent modèle est que l’accroissement du niveau de qualification de la population active est un déterminant essentiel de la croissance. L’accumulation du capital humain permet de soutenir la croissance ? long terme en agissant directement sur la productivité de la main- ‘œuvre mais aussi au travers des externalités positives que cette amélioration engendre. D’après ce cadre théorique, la croissance des économies émergentes d’Asie s’explique essentiellement par les investissements en capital humain.

Il tient compte des efforts effectués d’une manière volontaire dans le but d’accroître la qualification de la main-d’œuvre afin d’expliquer l’effet du capital humain sur la croissance asiatique. Les gouvernements des économies émergentes d’Asie ont réussi a favoriser ces investissements, notamment aux niveaux d’études primaire et secondaire. Ces efforts ont permis d’accroître la productivité de la main- 5 d’œuvre. Sen (2000, p. 291) a également montré que la « formation, sous toutes ses formes, améliore la productivité, qui, à son tour, contribue ? l’expansion economique. ? L’expérience asiatique montre également que l’amélioration de la maind’œuvre est une condition nécessaire à la réussite de leur stratégie Elle a favorisé mettre en évidence le rôle du capital humain dans la croissance ? long terme en se concentrant sur son incidence sur le progrès technique. 1*2. D’autres analyses théoriques de l’effet du capital humain sur a La présence de personnel d’encadrement, d’orientation et d’éducation bien formé permet d’obtenir un système éducatif efficient.

Des auteurs comme Pigalle (1994) et Rajhi (1996) vont proposer des extensions du modèle de Lucas (1988) dans le but d’accroître notre pouvoir explicatif de la relation entre humain et la croissance, en mettant notamment l’accent sur l’environnement institutionnel de l’économie. Selon Pigalle (1 994), l’hypothèse selon laquelle le potentiel d’accumulation du capital humain (6) est exogène peut être critiquée. Pour dépasser cette limite, il considère que 6 dépend du taux ‘encadrement. Cintroduction de ce dernier permet notamment de prendre en compte le besoin de personnel pour assurer la formation des individus.

On montre que le taux de croissance est influencé par le taux d’encadrement. Ce dernier influe notamment sur l’écart qui peut exister entre le sentier optimal et le sentier d’équilibre de l’économe. Le planificateur central peut déterminer le taux d’encadrement qui maximise la croissance qu’il soit o timal ou d’équilibre. ‘augmentation du taux peut être réduit au maximum en choisissant le taux d’encadrement optimal (Pigalle, 1994, p. 271). En effet, le taux e croissance est une fonction croissante du taux d’encadrement jusqu’à la valeur optimale de ce dernier.

Il décroît ensuite si le taux d’encadrement continue ? augmenter. Dans le modèle de Rajhl (1996), le capital humain génère des externalités dans le secteur productif, d’une part et dans le secteur éducatif, d’autre part. L’hypothèse centrale de ce modèle est que la technologie éducative de l’agent individuel est différente de celle du planificateur social qui est linéaire. En effet, la fonction d’accumulation du capital humain de ragent représentatif est concave (à rendement d’échelle décroissant).

Comme dans le modèle de Lucas, les taux de croissance du captal humain et du produit sont des fonctions positives de l’efficacité du système éducatif. On trouve également que l’équilibre concurrentiel est sous-optimal par rapport à l’équilibre réalisé par le planificateur social. L’existence des externalités du capital humain (au travers le dynamisme supplémentaire qu’elles impliquent dans les secteurs de la production et de l’éducation) explique l’importance en terme d’efficience du sentier optimal par 6 rapport au sentier d’équilibre décentralisé. En outre, l’existence de la double 0 2