Républicanisme contemporain, ou la conception républicaine de la liberté

Républicanisme contemporain, ou la conception républicaine de la liberté

‘étude de la relation qui existe entre la notion de République et celle de Démocratie a abouti à beaucoup de travaux, de Platon à Tocqueville. Dans On the People’s Terms. A Republican Theory and Model of Democracy, Philip Pettit tente de définir le républicanisme contemporain. Pettit défend la supériorité de la conception républicaine de la liberté sur la conception libérale. Il s’attache aussi à expliquer le rôle central des procédures et institutions démocratiques au sein de la théorie républicaine.

Il s’interroge ainsi sur la « légitimité politique » au sein de la épublique : selon lui elle dépend de la définition et de la mise en œuvre d’une politique républicaine « dans des termes fixés par le peuple Pettit n’a le règne électoral de que l’engagement ac la défense de sa libe diverses qui ne se ré 01 p g ‘une mocratie comme ais il fait valoir ntestataire » dans ous des formes tion au pouvoir.

Selon Isaiah Berlin, « il n’existe pas de connexion nécessaire entre liberté individuelle et gouvernement démocratique » : c’est-à- dire que je suis autant libre sous un « despotisme bienveillant » que dans une démocratie tant qu’un certain nombre de droit me ont reconnus. II existe un

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
rapport d’implication entre liberté et démocratie selon Pettit, tel que Hindividu n’est pas libre s’il est soumis à des lois sur lesquelles il ne dispose d’aucun moyen de contrôle quant à leur élaboration et leur application.

La liberté que défend un certain libéralisme se définit négati négativement : c’est « l’absence d’interférence active, de la part de tiers, dans la sphère d’action d’un sujet Cette conception pose deux problèmes selon Pettit : elle exclue toute interférence sans domination, et aussi les formes de domination sans interférence, omme lorsqu’un employeur profite de sa supériorité sociale ou économique afin de maintenir ses employés dans une situation de vulnérabilité. Il s’agit selon lui de remplacer la conception libérale par celle héritée du républicanisme romain de liberté comme non domination.

C’est la domination qui est le véritable antonyme de la liberté avant tout pour son caractère incontrôlé. La liberté républicaine est un statut : un personne est libre si elle a la possibilité et les capacités de contrôler ses choix sans être soumise à l’interférence arbitraire des autres. Cette domination peut prendre deux formes : quand de fortes inégalités de ressources et de pouvoir structurent une société, des relations de domination et de dépendance apparaissent . ‘est la domination privée. Cest à la « justice sociale » de régler ces relations en garantissant à tous un statut tel qu’il soit l’égal de ses pairs. Jouir de la liberté nécessite plus que la reconnaissance des droits fondamentaux : la liberté républicaine qui se définie comme non domination porte en soi une exigence élevée de justice qui passe par la mise en place d’un ensemble de rotections publiques comme des infrastructures et un système pénal, un régime complet d’assurances sociales.

Seule l’action de l’Etat permet d’échapper à la domination privée : le libéralisme ne parvient qu’à concevoir la loi comme une privation (même nécessaire) de liberté, le républicani 2 OF s parvient qu’à concevoir la loi comme une privation (même necessaire) de liberté, le républicanisme permet de penser une implication de l’État dans la vie de ses membres dans la constitution de leur liberté sans pour autant être l’exercice d’une domination. Cependant fintervention de l’Etat peut ne pas être égitime : un abus de pouvoir peut conduire à exercer une forme publique de domination.

C’est pour endiguer ce risque que la république se doit d’être démocratique. Pettit insiste sur la nécessité de « contrôles populaires », il propose une « forme distincte de démocratie » différente de la définition classique, néo-schumpétérienne : « la démocratie ne peut pas se définir en référence à Félection La démocratie ne se distingue pas uniquement par l’existence d’un système électoral libre, universel et égalitaire, mais par le contrôle dont le peuple dispose sur ses gouvernants.

Les citoyens possèdent un moyen de contrôle non négligeable par la participation à l’élection d’une assemblée, cette participation reste cependant périodique et elle ne suffit pas à garantir les trois conditions nécessaires à un contrôle populaire réel. Le contrôle doit être individualisé chaque individu censé prendre part au contrôle doit disposer d’un rôle comparable aux autres. Cela ne sufft pas à assurer à chaque citoyen un accès égal à l’influence politique car la logique de l’élection induit que la politique sera façonné tout au long du mandat par la majorité victorieuse.

L’individualisation du contrôle nécessite donc qu’il y ait une possibilité de contester les décisions publiques pour les membres de la minorité électorale. La mise en place de canaux de consultation et de re 3 OF s membres de la minorité électorale. La mise en place de canaux de consultation et de recours comme les tribunaux acte publiquement cette contestabilité, de même pour l’interdiction de décider des questions constitutionnelles faite à l’assemblée représentative. De plus, le contrôle doit être indépendant du pouvoir sur lequel il s’exerce.

Pour que le contrôle populaire soir inconditionné, l faut ajouter deux éléments de la tradition républicaine au système électoral : une constitution mixte permet d’imposer l’empire du droit et organise la séparation, le partage et l’équilibre des pouvoirs afin de rendre improbable leur union contre le peuple ; et la vertu publique, soit la capacité du peuple ? surveiller le pouvoir et , s’il manquait à sa mission, à lui résister. par l’idée de citoyenneté contestataire, Pettit reconnait que cette contestation ne peut être exclusivement menée par des institutions indépendantes, elle nécessite un engagement civique actif.

Cependant il ne conçoit pas cette contestation comme « une participation massive du peuple en corps Enfin le contrôle populaire doit être efficace notamment en empêchant un détournement des lois et des politiques de leur fonction. Une influence au potentiel immense est conférée aux citoyens par les élection car elles leur permettent d’imposer régulièrement à l’action de l’Etat la direction politique. Là encore les élections sont une condition nécessaire et non suffisante : il faut s’assurer que les élus ne s’emparent pas de cette influence. our cela Pettit propose que la responsabilité partielle ou entière e telles mesures soit remise à des institutions indépendantes comme des commission électorale ou des banques ce 4 OF S soit remise à des institutions Indépendantes comme des commission électorale ou des banques centrales, qui seraient aussi soumises à une pression contestataire suffisante afin d’assurer aux citoyens que les décisions prises n’expriment pas une volonté partisane ou un intérêt particulier.

Se revendiquant de la pensée de James Tully et de John Hart Ely, deux grands théoriciens de la démocratie, Pettit défend un constitutionnalisme démocratique grâce auquel les contraintes et rotections constitutionnelles, loin de freiner l’activité démocratique selon les libéraux, faciliteraient un contrôle démocratique individualisé, indépendant et efficace, et restent révisables par le contrôle démocratique qu’elles rendent possibles.

La participation des citoyens au pouvoir politique représente un bien en soi selon les démocrates participatifs : c’est-à-dire que le fait de participer aux décisions collectives reviendrait pour les citoyens à éprouver leur liberté, perçue comme « maîtrise ou détermination de soi par soi Pettit rejette bsolument cette conception positive de la liberté, à l’inverse, toute son idée républicaniste est fondée sur la conviction qu’exercer le pouvoir ne suffit pas pour être libre.

Selon lui, la participation collective au pouvoir politique ne représente pas une fin en soi mais seulement un moyen, indispensable certes, en vue de la liberté comme non-domnation. La démocratie, lorsque dépouruue de valeur intrinsèque, est orientée dans sa conception et dans l’organisation de ses institutions par ce qui en constitue la fin et la raison : la liberté républicaine. S OF s