Relations internationales

Relations internationales

INTRODUCTION AUX RELATIONS INTERNATIONALES Seance 1 Une analyse politique des relations internationales. PLAN DE LA SEANCE A. Une analyse politique des RI

1. Difficulte disciplinaire

2. Difficulte methodologique B. Trois questions centrales

1. La division interne/externe : qui

2. Le lien conflit/cooperation, guerre/paix, souverainete/interventions : comment

3. L’articulation ordre/anarchie, systeme/chaos, pour quelles raisons

UNIVERSITE LYON 2

FACULTE DE DROIT ET DE SCIENCE POLITIQUE LICENCE DE SCIENCE POLITIQUE – SEMESTRE 2 COURS DE M. David GARIBAY INTRODUCTION AUX RELATIONS INTERNATIONALES

Seance 2 L’Etat PLAN DE LA SEANCE A. L’Etat en RI, definitions juridiques. La souverainete, le territoire, les frontieres

1) Definition juridique Definition classique (Petit Larousse) L’Etat est « une entite politique constituee d’un territoire delimite par des frontieres, d’une population et d’un pouvoir institutionnalise » (Larousse)

Max Weber :: « il faut concevoir l’Etat contemporain comme une communaute humaine qui, dans les limites d’un territoire determine – la notion de territoire etant l’une de ses caracteristiques – revendique avec succes pour son propre compte le monopole de la violence physique legitime » (Le metier et la vocation d’homme politique in Le savant et le politique).

2) Les conditions d’existence d’un Etat 3 conditions objectives : territoire, population, gouvernement 2 conditions de relation : souverainete, reconnaissance Pour la Cour internationale de Justice, la nationalite est « un ien juridique ayant a sa base

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un fait social de rattachement, une solidarite effective d’existence, d’interets, de sentiments, jointe a une reciprocite de droits et de devoirs ».

Le peuple est il souverain dissertation

3) Quelle realite contemporaine ? Attributs classiques : un gouvernement, une population, un territoire, un droit souverain, une reconnaissance internationale (participation aux organisations internationales) Consequences pratiques : un nom (Macedoine), une frontiere definie, un chef d’Etat, une nationalite et un certain nombre d’attributs symboliques : un drapeau, un hymne, une monnaie, la participation aux Jeux olympiques, une equipe de football, etc…

Nombre d’Etats membres d’organisations internationales OMC : 150 FMI et Banque mondiale : 184 ONU : 192 CIO : 203 FIFA : 207 Population / territoire 48 pays membres de l’ONU ont population inferieure a 1M habitants 42 autres entre 1 et 5 M Seulement 23 pays ont population superieure a 50 M. En termes de superficie, constant similaire 15 ont superficie inferieure a 1 000 km2 70 a 50 000 km2 Pour le dire autrement : la moitie des Etats membres de l’ONU ont en gros un territoire ou une population inferieure a Rhone-Alpes

Les cas particuliers : la situation de la Palestine OLP Les quasi-Etats : « failed states » ou « collapsed states » : l’exemple de la Somalie B. La puissance

1). Pouvoir et puissance Power Pouvoir (du latin potere – forme substantive du verbe pouvoir) : le fait de disposer des moyens qui permettent une action, possibilite d’agir sur quelqu’un ou quelque chose, la puissance politique a laquelle est soumis le citoyen, droit et possibilite d’action codifiee dans un domaine precis.

Puissance (du latin potestas) : etat d’une personne qui peut beaucoup, qui a une grande action sur les personnes, grand pouvoir de fait qu’une personne exerce dans la vie politique d’une collectivite… Etat souverain (surtout quand il est puissant). « La politique internationale, comme toute politique, est une lutte pour la puissance » (Hans Morgenthau) Comment analyser la puissance : comme une relation de forces situee

1. Des forces : considerer la puissance a partir de ce qu’on a (La puissance comme un controle de ressources) power from 2.

Une relation de forces : considerer la puissance comme une relation (la puissance comme la volonte de s’en servir contre les autres) power on 3. Une relation de forces situee : considerer la puissance a partir de ce qui l’influence (la puissance comme capacite a influencer la cadre de decision de l’autre) power over 2). Les criteres de puissance (la force) Morgenthau : la taille de la population et du territoire, les ressources naturelles, le poids de l’economie, la force militaire, la stabilite politique et la qualite et competence de la diplomatie.

L’importance relative et variable dans le temps de ces criteres Les echiquiers de puissance (Stanley Hoffman) 3) La puissance comme une relation de force Weber : la puissance c’est la capacite a imposer sa volonte sur un autre acteur, y compris contre sa volonte. Les differents criteres de puissance peuvent-ils s’additionner ? Et finalement, la puissance ca sert a quoi ? L’exemple de la doctrine nucleaire francaise Discours de De Gaulle en 1961 au moment de lancement du programme nucleaire francais : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes.

Eh bien je crois qu’on n’attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, meme si on a soi-meme de quoi tuer 800 millions de Francais, a supposer qu’il y eut 800 millions de Francais ». Discours de J. Chirac le 19 janvier 2006 a l’Ile Longue (base des sous-marins nucleaires) Madame la ministre, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le chef d’etat-major des Armees, Messieurs les chefs d’etat-major, Mesdames et messieurs, C’est un reel plaisir de me retrouver aujourd’hui parmi vous, a l’Ile Longue.

Je suis heureux de pouvoir rencontrer les femmes et les hommes, militaires et civils, qui participent a l’accomplissement d’une mission fondamentale pour notre independance et notre securite : la dissuasion nucleaire. La creation d’une force nationale de dissuasion a constitue, pour la France, un veritable defi qui n’a pu etre releve que par l’engagement de tous. Elle a impose de mobiliser toutes les energies, de developper nos capacites de recherche, de trouver des solutions innovantes a toutes sortes de problemes techniques.

La dissuasion nucleaire est ainsi devenue l’image meme de ce qu’est capable de produire notre pays quand il s’est fixe une tache et qu’il s’y tient. Je tiens ici a rendre hommage aux chercheurs et ingenieurs, du CEA et de toutes les entreprises francaises, qui nous permettent d’etre toujours en pointe dans des secteurs vitaux comme les sciences de la matiere, la simulation numerique, les lasers, et notamment le laser megajoule, les technologies nucleaires et celles de l’espace.

Je veux prolonger cet hommage a toutes celles et a tous ceux qui soutiennent, d’une facon ou d’une autre, nos forces nucleaires : personnel de la DGA, cadres et ouvriers des societes et groupes industriels associes, gendarmerie du controle gouvernemental, militaires de toutes les armees. Mes pensees vont bien sur en premier lieu aux equipages des composantes oceanique et aeroportee qui, en permanence, dans la discretion la plus totale, assurent la plus longue et la plus importante des missions operationnelles. J’ai fixe un taux de posture exigeant, je le sais, mais qui correspond aux besoins de securite de notre pays.

Je sais quelles contraintes il impose. On parle rarement de vous mais je veux saluer votre valeur exceptionnelle et votre tres grand merite. La permanence de la dissuasion, remarquablement tenue depuis quarante ans, est en soi un eloge le plus eloquent. Je tiens a associer vos familles a cet hommage, et tout particulierement les familles des equipages de sous-marins. Je mesure combien la patrouille operationnelle represente d’eloignement, de solitude, et parfois de souffrances. Mesdames, Messieurs, cette mission, vous l’effectuez dans un environnement en constante evolution.

Avec la fin de la guerre froide, nous ne faisons actuellement l’objet d’aucune menace directe de la part d’une puissance majeure, c’est vrai. Mais la fin du monde bipolaire n’a pas fait disparaitre les menaces contre la paix. Dans de nombreux pays se diffusent des idees radicales pronant la confrontation des civilisations, des cultures, des religions. Aujourd’hui, cette volonte de confrontation se traduit par des attentats odieux, qui viennent regulierement nous rappeler que le fanatisme et l’intolerance menent a toutes les folies.

Demain, elle pourrait prendre d’autres formes, encore plus graves et, peut-etre, impliquer des Etats. La lutte contre le terrorisme est l’une de nos priorites. Nous avons pris un grand nombre de mesures et de dispositions pour repondre a ce danger. Nous continuerons sur cette voie, avec fermete et determination. Mais il ne faut pas ceder a la tentation de limiter l’ensemble des problematiques de defense et de securite a ce necessaire combat contre le terrorisme. Ce n’est pas parce qu’une nouvelle menace apparait qu’elle fait disparaitre toutes les autres.

Notre monde est en constante evolution, a la recherche de nouveaux equilibres politiques, economiques, demographiques, militaires. Il est caracterise par l’emergence rapide de nouveaux poles de puissance. Il est confronte a l’apparition de nouvelles sources de desequilibres : le partage des matieres premieres, la distribution des ressources naturelles, l’evolution des equilibres demographiques notamment. Cette evolution pourrait etre cause d’instabilite, surtout si elle devait s’accompagner d’une montee des nationalismes. Certes, il n’y a aucune fatalite a voir, dans un utur prochain, la relation entre les differents poles de puissance sombrer dans l’hostilite. C’est d’ailleurs pour prevenir ce danger que nous devons ? uvrer a un ordre international fonde sur la regle de droit et sur la securite collective, sur un ordre plus juste, plus representatif. Que nous devons aussi engager tous nos grands partenaires a faire le choix de la cooperation plutot que celui de la confrontation. Mais nous ne sommes a l’abri, ni d’un retournement imprevu du systeme international, ni d’une surprise strategique. Toute notre Histoire nous l’enseigne.

Notre monde est egalement marque par l’apparition d’affirmations de puissance qui reposent sur la possession d’armes nucleaires, biologiques ou chimiques. D’ou la tentation de certains Etats de se doter de la puissance nucleaire, et ceci en contravention avec les traites. Des essais de missiles balistiques, dont la portee ne cesse d’augmenter, se multiplient partout dans le monde. C’est ce constat qui a conduit le Conseil de Securite des Nations Unies a reconnaitre que la proliferation des armes de destruction massive, et de leurs vecteurs associes, constituait une menace reelle pour la paix et pour la securite internationale.

Enfin, il ne faut pas ignorer la persistance des risques plus traditionnels d’instabilite regionale. Il existe, malheureusement, partout dans le monde des risques de telle nature. Mesdames, Messieurs, Face aux crises qui secouent le monde, face aux nouvelles menaces, la France a toujours choisi, d’abord, la voie de la prevention. Celle-ci demeure, sous toutes ses formes, le socle meme de notre politique de defense. S’appuyant sur le droit, l’influence et la solidarite, la prevention passe par l’ensemble des actions de notre diplomatie qui, sans cesse, s’efforce de denouer les crises qui peuvent naitre ici ou la.

Elle passe aussi par toute une gamme de postures relevant des domaines de la defense et de la securite, au premier rang desquelles se trouvent les forces prepositionnees. Mais ce serait faire preuve d’angelisme que de croire que la prevention, seule, suffit a nous proteger. Pour etre entendus, il faut aussi, lorsque c’est necessaire, etre capable de faire usage de la force. Nous devons donc disposer d’une capacite importante a intervenir en dehors de nos frontieres, avec des moyens conventionnels, afin de soutenir et de completer cette strategie.

Une telle politique de defense repose sur la certitude que, quoiqu’il arrive, nos interets vitaux seront garantis. C’est le role attribue a la dissuasion nucleaire qui s’inscrit dans la continuite directe de notre strategie de prevention. Elle en constitue l’expression ultime. Face aux inquietudes du present et aux incertitudes du futur, la dissuasion nucleaire demeure la garantie fondamentale de notre securite. Elle nous donne egalement, d’ou que puissent venir les pressions, le pouvoir d’etre maitres de nos actions, de notre politique, de la perennite de nos valeurs democratiques.

Dans le meme temps, nous continuons a soutenir les efforts internationaux en faveur du desarmement general et complet, et, en particulier, la negociation d’un traite d’interdiction de la production de matieres fissiles pour les armes nucleaires. Mais nous ne pourrons evidemment avancer sur la voie du desarmement que si les conditions de notre securite globale sont maintenues et si la volonte de progresser est unanimement partagee. C’est dans cet esprit que la France a maintenu ses forces de dissuasion, tout en les reduisant, conformement a l’esprit du traite de non-proliferation et au respect du principe de stricte suffisance.

C’est la responsabilite du chef de l’Etat d’apprecier, en permanence, la limite de nos interets vitaux. L’incertitude de cette limite est consubstantielle a la doctrine de dissuasion. L’integrite de notre territoire, la protection de notre population, le libre exercice de notre souverainete constitueront toujours le c? ur de nos interets vitaux. Mais ils ne s’y limitent pas. La perception de ces interets evolue au rythme du monde, un monde marque par l’interdependance croissante des pays europeens et aussi par les effets de la mondialisation.

Par exemple, la garantie de nos approvisionnements strategiques ou la defense de pays allies, sont, parmi d’autres, des interets qu’il convient de proteger. Il appartiendrait au President de la Republique d’apprecier l’ampleur et les consequences potentielles d’une agression, d’une menace ou d’un chantage insupportables a l’encontre de ces interets. Cette analyse pourrait, le cas echeant, conduire a considerer qu’ils entrent dans le champ de nos interets vitaux. La dissuasion nucleaire, je l’avais souligne au endemain des attentats du 11 septembre 2001, n’est pas destinee a dissuader des terroristes fanatiques. Pour autant, les dirigeants d’Etats qui auraient recours a des moyens terroristes contre nous, tout comme ceux qui envisageraient d’utiliser, d’une maniere ou d’une autre, des armes de destruction massive, doivent comprendre qu’ils s’exposent a une reponse ferme et adaptee de notre part. Et cette reponse peut etre conventionnelle. Elle peut aussi etre d’une autre nature. Depuis ses origines, la dissuasion n’a jamais cesse de s’adapter a notre environnement et a l’analyse des menaces que je viens de rappeler.

Et ceci, dans son esprit, comme dans ses moyens. Nous sommes en mesure d’infliger des dommages de toute nature a une puissance majeure qui voudrait s’en prendre a des interets que nous jugerions vitaux. Contre une puissance regionale, notre choix n’est pas entre l’inaction et l’aneantissement. La flexibilite et la reactivite de nos forces strategiques nous permettraient d’exercer notre reponse directement sur ses centres de pouvoir, sur sa capacite a agir. Toutes nos forces nucleaires ont ete configurees dans cet esprit.

C’est dans ce but, par exemple, que le nombre des tetes nucleaires a ete reduit sur certains des missiles de nos sous-marins. Mais, notre concept d’emploi des armes nucleaires reste bien le meme. Il ne saurait, en aucun cas, etre question d’utiliser des moyens nucleaires a des fins militaires lors d’un conflit. C’est dans cet esprit que les forces nucleaires sont parfois qualifiees « d’armes de non emploi ». Cette formule ne doit cependant pas laisser planer le doute sur notre volonte et notre capacite a mettre en oeuvre nos armes nucleaires.

La menace credible de leur utilisation pese en permanence sur des dirigeants animes d’intentions hostiles a notre egard. Elle est essentielle pour les ramener a la raison, pour leur faire prendre conscience du cout demesure qu’auraient leurs actes, pour eux-memes et pour leurs Etats. Par ailleurs, nous nous reservons toujours, cela va de soi, le droit d’utiliser un ultime avertissement pour marquer notre determination a proteger nos interets vitaux. Ainsi, les principes qui sous-tendent notre doctrine de dissuasion n’ont pas change.

Mais ses modalites d’expression ont evolue, et continuent d’evoluer, pour nous permettre de faire face au contexte du XXIe siecle. Constamment adaptes a leurs nouvelles missions, les moyens mis en ? uvre par les composantes oceanique et aeroportee permettent d’apporter une reponse coherente a nos preoccupations. Grace a ces deux composantes, differentes et complementaires, le chef de l’Etat dispose d’options multiples, couvrant toutes les menaces identifiees. La modernisation et l’adaptation de ces capacites sont donc tout a fait necessaires.

Notre dissuasion doit conserver son indispensable credibilite dans un environnement geographique qui evolue. Il serait irresponsable d’imaginer que le maintien de notre arsenal actuel pourrait, apres tout, suffire. Que deviendrait la credibilite de notre dissuasion si elle ne nous permettait pas de repondre aux nouvelles situations ? Quelle credibilite aurait-elle vis a vis de puissances regionales si nous en etions restes strictement a une menace d’aneantissement total?

Quelle credibilite aurait, dans le futur, une arme balistique dont le rayon d’action serait limite? Ainsi, le M51, grace a sa portee intercontinentale, et l’ASMPA nous donneront, dans un monde incertain, les moyens de couvrir les menaces d’ou qu’elles viennent et quelles qu’elles soient. De meme, nul ne peut pretendre qu’une defense anti-missiles suffit a contrer la menace representee par des missiles balistiques. Aucun systeme defensif, aussi sophistique soit-il, ne peut etre efficace a 100%. Nous n’aurons jamais la garantie qu’il ne pourra etre contourne.

Fonder toute notre defense sur cette unique capacite inviterait, en realite, nos adversaires a trouver d’autres moyens pour mettre en ? uvre leurs armes nucleaires, chimiques ou bacteriologiques. Un tel outil ne peut donc etre considere comme un substitut de la dissuasion. Mais il peut la completer en diminuant nos vulnerabilites. C’est pourquoi la France s’est resolument engagee dans une reflexion commune, au sein de l’Alliance atlantique, et developpe son propre programme d’autoprotection des forces deployees. La securite de notre pays et son independance ont un cout.

Il y a quarante ans, la part d’investissements du ministere de la Defense consacree aux forces nucleaires etait de 50%. Depuis, cette part a constamment ete reduite et ne devrait representer en 2008 que 18% des investissements. Aujourd’hui, dans l’esprit de stricte suffisance qui la caracterise, notre politique de dissuasion represente globalement moins de 10% du budget total de la Defense. Les credits qui lui sont consacres portent sur des techniques de pointe et soutiennent massivement et essentiellement l’effort de recherche scientifique, technologique et industriel de notre pays. 0% de notre effort de defense, c’est le prix juste et suffisant pour doter notre pays d’une assurance de securite qui soit credible et perenne. Et je vous le dis, la mettre en cause serait parfaitement irresponsable. En outre, le developpement de la Politique Europeenne de Securite et de Defense, l’imbrication croissante des interets des pays de l’Union europeenne, la solidarite qui existe desormais entre eux, font de la dissuasion nucleaire francaise, par sa seule existence, un element incontournable de la securite du continent europeen.

En 1995, la France avait emis l’idee ambitieuse d’une dissuasion concertee afin d’initier une reflexion europeenne sur le sujet. Ma conviction demeure que nous devrons, le moment venu, nous poser la question d’une Defense commune, qui tiendrait compte des forces de dissuasion existantes, dans la perspective d’une Europe forte, responsable de sa securite. Les pays de l’Union ont, d’ailleurs, commence a reflechir ensemble, a ce que sont, ou ce que seront, leurs interets de securite communs. Et je souhaite que cette reflexion s’approfondisse, c’est une premiere et necessaire etape.

Mesdames, Messieurs, Depuis 1964, la France dispose d’une dissuasion nucleaire autonome. Ce sont les enseignements de l’Histoire qui avaient conduit le general de Gaulle a faire ce choix crucial. Pendant toutes ces annees, les forces nucleaires francaises ont assure la defense de notre pays et ont largement contribue a preserver la paix. Elles continuent aujourd’hui a veiller, en silence, pour que nous puissions vivre dans un pays de liberte, maitre de son avenir et de son destin. Elles continuent et continueront demain d’etre le garant ultime de notre securite.

En tant que chef des Armees et au nom des Francaises et des Francais, je veux exprimer la reconnaissance et la gratitude de la Nation a toutes celles et tous ceux qui concourent a cette mission essentielle. Je vous remercie. | 4) La puissance, comme une relation de forces situee Joseph Nye : Le « soft power » « Le soft power reside largement dans la capacite a definir l’agenda politique d’une telle maniere qu’il oriente les preferences des autres (…) La capacite a etablir des preferences tend a etre associee avec des ressources de puissance intangibles comme une culture attractive, l’ideologie ou les institutions.

La france au lendemain de la seconde guerre mondiale

Si je peux faire en sorte que vous vouliez ce que je veux, alors je n’aurai pas a forcer a faire ce que vous ne voulez pas faire. Si les Etats-Unis representent des valeurs que les autres desirent suivre, cela lui coutera moins d’etre le leader. Le soft power n’est pas la meme chose que l’influence, meme si c’est une source d’influence. Apres tout, je peux aussi vous influencer par la menace ou par des recompenses. Le soft power est egalement plus que de la persuasion ou l’habilete a convaincre les gens par l’argumentation.

Il s’agit de l’habilete de seduire et d’attirer. Et l’attraction conduit souvent a l’acquiescement ou a l’imitation. » Joseph Nye, The paradox of American power, Oxford University Press, 2002, p. 9 Les principaux Etats et leurs ressources de puissance (en italique, ressources consideres comme du soft power) 16e s. : Espagne : Commerce de l’or, commerce colonial, armees mercenaires, liens dynastiques 17e s. : Pays-Bas : Commerce, marches de capitaux, marine de guerre 18e s. : France : Population, industrie rurale, administration publiques, armee, culture 19e s. Royaume-Uni : Industrie, cohesion politique, finance et credit, marine de guerre, isolement geographique, normes liberales 20e s. : Etats-Unis : developpement economique, leadership technologique et scientifique, situation geographique, forces et alliances militaires, culture universelle et regime international liberal 21e s. : Etats-Unis : leadership technologique, developpement economique et militaire, centre de communications transnationales, culture universelle et regime international liberal Joseph Nye, The paradox of American power, Oxford University Press, 2002, p. 13

La puissance structurelle. Susan Strange « La localisation de la capacite productive est nettement moins importante que la localisation des gens qui prennent les decisions clefs au sujet de ce qui doit etre produit, ou et comment, et qui dirigent et gerent la vente de cette production sur le marche mondial ». La puissance structurelle, c’est la « capacite de faconner et de determiner les structures de l’economie politique globale au sein desquelles les autres Etats, leurs institutions politiques, leurs entreprises economiques et leurs scientifiques et autres experts doivent operer »

Susan Strange, States and Markets, 1988. Les 4 structures de puissance : securite, financiere, de production, de savoir – la structure de securite : la puissance consiste a fournir la capacite de protection contre la menace et a infliger cette menace a d’autres – la structure financiere : capacite a offrir, refuser, demander du credit au niveau international – la structure de production : capacite a determiner le lieu, le moyen et le contenu des activites qui visent a augmenter la prosperite (le developpement economique et social) la structure du savoir : capacite a influencer les idees et les croyances socialement legitimes et recherchees par tous, et a stocker et controler l’acces a ces connaissances

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Seance 3 : Les Etats en competition PLAN DE LA SEANCE L’analyse de la politique etrangere : Une politique specifique ou une politique comme les autres ? A.

La politique etrangere : un domaine reserve au chef d’Etat conscient de l’interet national ? L’idee que les relations internationales etant toujours dans une situation de guerre, ou de conflit potentiel, la decision doit etre le fait du dirigeant politique, sans controle par les institutions democratiques Le Prince de Machiavel : « J’estime qu’il peut etre vrai que la fortune soit maitresse de la moitie de nos ? uvres, mais de meme elle nous en laisse gouverner a peu pres la moitie ». Comment etudier la politique etrangere : pour H.

Morgenthau (Paix et guerre entre les nations) : « se placer dans la situation de l’homme d’Etat qui doit faire face a un certain nombre de problemes de politique etrangere » et se demander « quelles sont les alternatives rationnelles parmi lesquelles un homme d’Etat, confronte avec ce probleme et dans ces circonstances peut operer un choix et laquelle de ces alternatives rationnelles cet homme d’Etat particulier, agissant dans ces circonstances, est capable de choisir » « Le souverain c’est celui qui decide en situation de conflit en quoi consiste l’interet de l’Etat » (Carl Schmitt).

Un role institutionnel toujours specifique donne au Ministere des Affaires etrangeres dans les democraties occidentales. B. La politique etrangere est aussi une politique comme les autres : comprendre les mecanismes de decision et ce qui les influence Les questions : qu’est-ce qui influence celui qui prend la decision ? Le role des perceptions : Robert Jervis : Le chef de l’Etat n’est pas un acteur irrationnel, il prend des decisions rationnelles, mais celles-ci sont affectees par la maniere dont il comprend et interprete la situation.

Et il va avoir tendance a ce que son interpretation de la situation soit la plus coherente possible. L’exemple de la guerre entre la Russie et le Japon en 1905 (le Tsar pensait que le Japon etait un pays arriere) ou des attentats de Al Qaida a Madrid et de l’interpretation par le chef du gouvernement espagnol (Jose Maria Aznar) de la responsabilite de l’ETA Le role des administrations : Graham Allison et l’analyse de la crise des missiles de Cuba (1962) : Explaining the Cuba missile crisis :

le modele rationnel : c’est le president qui choisit, conscient de l’interet national, selon le schema d’explication realiste

–         le modele organisationnel : dans les Etats il existe des organisations (les ministeres, l’armee, etc…) qui chacune ont des routines organisationnelles, des manieres de faire – or ces comportements ont lieu egalement en periode de crise (explication de pourquoi l’armee rouge n’a pas cache les missiles, ou pourquoi l’armee de l’air americaine a sous-estime volontairement sa capacite a faire un raid aerien avec succes)          le modele bureaucratie : ces organisations sont liees les unes aux autres par des relations de hierarchies mais aussi de negociation, de marchandages : elles peuvent s’appuyer mutuellement dans une situation particuliere Le role de l’opinion publique Y compris pendant crise de Cuba : les elections de mid-term La contestation internationale a l’intervention militaire en Irak C. Une illustration : la politique etrangere de la France La France vue par un diplomate americain : « Membre exceptionnellement anti-americain du camp occidental, pretendant, en depit de moyens limites, disposer d’une exceptionnelle nfluence mondiale » Trois types de politiques etrangeres :

–         des politiques de projection : volonte de projeter deliberement une influence au niveau international, prestige, rayonnement, grandeur, volonte d’intervenir dans l’ensemble du monde (EU, France, RU, meme si les deux derniers concourent dans une division qui n’est pas la leur… )

–         des politiques de protection : volonte de se preserver d’un danger, a partir d’une consolidation interne (Russie, Chine, Inde)          des politiques de compromis ou de consensus : volonte de ne pas avoir de politique etrangere offensives pour ne pas repeter le passe (Allemagne, Japon) ou par volonte de neutralite (pays scandinaves) F. Mitterrand pendant premiere guerre du Golfe : la France ne peut pas etre la Suisse. Illustration d’une position constante de la France en matiere de politique etrangere : faire entendre la voix de la France dans le monde, une voix autonome, en particulier des EU. Cela est vrai pour tous les gouvernements de la 5e republique, malgre les changements politiques.

Les instruments de cette volonte

–         un rang conserve au niveau international (conseil de securite)

–         un rang conserve au niveau militaire (arme nucleaire, strategie de dissuasion, budget militaire important, presence de l’armee francaise a l’etranger) Au niveau interieur

–         une politique exterieure tres personnalisee sur le President, a partir de l’idee du « domaine reserve » ; c’est le President qui prend les decisions, role secondaire du Ministre des AE et marginal du premier ministre. « La monarchie nucleaire » (S. Cohen), Chirac et les essais nucleaires

un reseau exterieur tres present : 2e reseau diplomatique dans le monde (167 ambassades ou representations, 2e derriere les EU, plus que Russie ou RU), avec densite de reseau culturel, mais paradoxalement une administration assez fiable (moins de 20 000 personnes, soit 0,5% de FP, et 1,5% budget – 8 fois le budget de la ville de Lyon… ) Des orientations de la PE pour repondre a cette volonte :

–         construction europeenne et idee (mythique) que la France en est au coeur (le moteur franco-allemand)

–         intervenir dans les crises internationales

peser sur les organismes multilateraux

–         agir pour la paix et le developpement Et de plus en plus orientation de la France sur des questions plus symboliques, cherchant en quelque sorte a promouvoir une forme de « soft power »

–         defense de la langue francaise : l’organisation de la Francophonie

–         defense des questions culturelles

–         defense des questions environnementales Principes de la politique etrangere de la France

Vieille nation europeenne, inspiratrice des ideaux inscrits dans la Declaration universelle des droits de l’homme, la France a toujours exerce une influence sur les affaires du monde. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la volonte de mettre un terme aux rivalites qui dechirerent longtemps le vieux continent l’a conduite a batir, avec ses voisins, la Communaute europeenne, devenue ensuite l’Union europeenne (UE). Elle a continue d’entretenir des relations privilegiees en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, et a milite en faveur du developpement des pays du Sud et en particulier des moins avances.

Avec le continent americain, elle entretient des rapports etroits, forges par l’histoire et des valeurs communes. De la philosophie des Lumieres et de la Revolution de 1789, la France a conserve les grands principes republicains de liberte, d’egalite et de fraternite destines a l’ensemble de l’humanite. Ces ideaux inspirent toujours les combats qu’elle mene aujourd’hui pour un monde en paix, plus juste et solidaire, attentif aux aspirations des peuples et respectueux de leurs cultures comme de leur patrimoine naturel. »

L’evolution de cette politique dans le contexte de mondialisation :« L’influence que la France exerce dans le monde a naturellement evolue, mais, en ce debut de XXIe siecle, elle reste fondee sur le respect de certains principes. La France attache un prix particulier a son independance, principe qui a guide la politique etrangere engagee sous l’impulsion du general de Gaulle dans les annees soixante. Celui-ci a fonde son action sur la mise en ? vre d’une capacite de defense autonome et credible, reposant sur la dissuasion nucleaire. Dans le meme esprit, certaines initiatives diplomatiques spectaculaires ont ete prises, notamment au Proche-Orient ou en Asie, demontrant que la France demeurait pleinement maitresse de ses analyses et de ses choix de politique etrangere. Ce souci d’independance, qui refletait le refus d’une bipolarisation a outrance, n’a pas exclu la recherche de solidarites. Tout au long de la Guerre froide, la France a soutenu sans faillir l’Alliance atlantique.

Apres sa reconciliation historique avec l’Allemagne, elle a ete l’un des principaux artisans de la construction de l’Europe, sans negliger la poursuite de relations privilegiees avec le Sud. L’autonomie d’analyse et la cooperation multilaterale auxquelles la France est attachee conservent toute leur pertinence face aux defis geostrategiques qui caracterisent les relations internationales d’aujourd’hui. C’est dans cet esprit que la France a plaide pour la reunification sans tarder du continent europeen.

Avec la « mondialisation », les defis auxquels est confrontee la communaute internationale, d’une complexite croissante, se revelent transnationaux et pour y repondre, la France privilegie la cooperation multilaterale et la defense du droit. Elle agit notamment en exercant les responsabilites que lui confere son statut international, comme membre permanent du Conseil de securite des Nations unies, du G8, ou se retrouvent les huit pays les plus puissants sur le plan economique, ou au sein des grandes instances de cooperation specialisees.

Partout, elle est guidee par l’espoir de voir prevaloir les valeurs dont elle a souvent ete l’inspiratrice et que les institutions internationales ont consacrees. » Conclusion Le role du diplomate aujourd’hui La politique etrangere vue par un diplomate britannique en poste en Jordanie lors que la premiere guerre du Golfe « Si l’on tente de recapituler les taches que s’efforcait de remplir l’Etat dans la guerre du Golfe, on peut dresser la liste suivante :

–         gerer l’opinion publique dans son ensemble, donc saisir les dimensions affectives, passionnelles de la guerre,

gerer les opinions juives et musulmanes sur son territoire, donc comprendre les dimensions religieuses du conflit,

–         surveiller les entreprises susceptibles de continuer le commerce avec l’Irak, sans pour autant se les aliener apres la fin des combats, ce qui suppose une bonne maitrise des aspect commercial, economique, financier du dossier ;

–         faire attention a ne pas laisser certains acteurs nuire a l’interet national, notamment l’acteur humanitaire, particulierement actif sur le terrain,

reussir sur les points precedemment cites sans perdre de vue l’aspect – et meme l’imperatif- purement diplomatique et militaire, qui demande de prendre en consideration les priorites des principaux allies, des pays arabes, la position de l’ONU, celles des principaux partenaires europeens. Le paradoxe etant que cela necessite a la fois une grande coherence et une bureaucratie kafkaienne » Cite par F. Charillon, La politique etrangere a l’epreuve du transational, Paris, L’Harmattan, 1999