Rat Expli

Rat Expli

Ce que l’an nomme les fables de La Fontaine est en fait le regroupement d’environ 240 fables réparties dans 3 recueils eux-mêmes divisés en douze livres. Le premier recueil publié en 1 668 est composé des livres à VI ; le second, publié en 1678, est composé des livres VII à XI et le dernier publié en 1 693, un an et demi avant la mort du poète, se compose du livre XII. ? la lecture des titres des fables on pourrait croire à un rassemblement hétéroclite de morceaux choisis ; mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que l’œuvre est construite dans un schéma où les thèmes se développent à l’intérieur d’un même ivre et sont annoncé Le livre VII inaugure I eca or 8 renouvellement de une ébauche des thè méditations tout au I utre. loppe un elui-cl il amorce ans de longues cruauté des hommes, son anticléricalisme que vient tayer son côté épicurien.

Après avoir dédicacé son recueil à Madame de Montespan et donc placé celui-ci sous le signe de la gaieté et des plaisirs, La Fontaine commence par  » les animaux malades de la peste ‘ qui montre une cour pervertie autour d’un puissant monarque.

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Cette fable sera suivie par  » le mal marié  » dans laquelle l’on n’est pas plus heureux dans le privé que dans le public et qui est une éritable satire contre les femmes. En troisième positi Swipe to View next page position arrive la fable qui nous intéresse et qui s’intitule  » le rat qui s’est retiré du monde Pas plus que les deux autres, cette fable n’est imprégnée de gaieté.

La fable se découpe ainsi : Vers 1 à 12: un récit qui met en place le rat dans son ermitage. Vers 13 à 31 : un récit dans le récit qui se découpe en deux parties. recit Vers 32 à 35 : nous avons la moralité du poète. La Fontaine écrit une moralité qui n’en est pas une sous forme d’interrogation suivie d’une présupposition. Dans un premier temps nous allons voir comment le fabuliste et en scène la fable ; puis dans un deuxième temps nous étudierons les caractéristiques du personnage qu’il nous présente et enfin, nous étudierons le développement de l’ironie utilisée par La Fontaine.

Comme nous venons donc de le voir, La Fontaine, dès le titre, par sa façon de définir sans véritablement le faire incite son lecteur ? poursuivre plus avant dans la fable. II le met en appétit. Ceci était d’autant plus nécessaire que le rat est un personnage familier de La Fontaine et n’est pas spécialement fait pour attirer l’attention du lecteur. On en trouve, en effet, treize occurrences dans ‘ensemble des trois recueils. Pour retenir l’attention du lecteur et s’en tenir aux propos tenus dans son avertissement, La Fontaine brouille les pistes en faisant croire à une origine orientale de son apologue dès les premiers vers . Les Levantins en leur légende disent Ceci sera repris au vers 34 : « Un Moine ? Non, mais un dervis La F légende disent D. Ceci sera repris au vers 34 : « Un Moine ? Non, mais un dervis La Fontaine, par un subtil jeu de dénégations implicites, veut nous faire croire que cet apologue n’a pas d’incidence réelle. Ceci pique la curlosité du lecteur qui ne peut ’empêcher de gratter la première couche pour s’apercevoir que dans l’œuvre de Pilpay à laquelle se réfère La Fontaine il n’y a pas véritablement de fable dont il ait pu s’inspirer.

La question se pose donc de voir pourquoi La Fontaine a agi ainsi. Car très vite, dès le vers 3  » dans un fromage de Hollande se retira « r il nous plonge dans l’actualité de son temps c’est-à-dire les guerres de Hollande. Cest donc par un savant dosage entre fiction et réalité que La Fontaine nous représente son personnage. De ce fait il invite le lecteur à une réflexion plus approfondie sur  » le rat ‘ Nous allons voir maintenant comment La Fontaine fait ressortir le mécanisme du faux dévot dans sa fable.

Dans la première partie de la fable, la légende des « Levantins » est pleine d’une gravité que font ressortir les allitérations en [a] et [û] qui donnent un coté litanique au récit (vers 1 à 4). Ces allitérations pesantes contrastent avec le rythme rapide donné par les octosyllabes. Ce contraste, de même que l’utilisation des rimes croisées peut être interprété comme le prélude à une duplicité du personnage. De plus on peut observer l’utilisation du terme  » ici-bas  » au vers 2 qui amorce l’isotopie de la religion. Celle-ci se poursuit au vers 7 avec  » ici-bas  » au vers 2 qui amorce l’isotopie de la religion.

Celle-ci se poursuit au vers 7 avec  » notre ermite nouveau Le terme même de « nouveau » montre que c’est quelque chose qui n’est pas naturel, qui provient d’une réflexion, d’un calcul. Et, en effet,  » l’ermitage » au vers 9 ne nous est pas décrit comme un lieu de prières ou de méditations. On ne nous décrit pas la chapelle mais le réfectoire aux vers 9 et IO . « Qu’ en peu de jours, il eut au fond de l’ermitage Le vivre et le couvert  » Ceci est renforcé par la place en tête de l’alexandrin de  » Le vivre e couvert  » appuyé par une césure forte.

Le rat est en effet décrit comme étant « gros et gras ‘ au vers 11 comme le sera Raminagrobis dans la fable 15 du livre VII  » le chat, la belette, et le petit lapin  » C’était un chat vivant comme un dévot ermite Un chat faisant la Chattemite, Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras ‘ La caractéristique de l’ermite n’est pas la dévotion, seules les nourritures terrestres l’intéressent. Dès la première partie du texte nous voyons un personnage qui profite des biens que  » Dieu prodigue à ceux qui font vœu d’être sien  » .

Cette phrase est ambiguë car le personnage que nous écrit La Fontaine est loin de ce que l’on attend d’un ermite. De fait au vers 13, il nous parle d’  » un dévot personnage ». Le terme même de  » personnage  » vient renforcer ce que nous suggérait « l’ermite nouveau  » du vers 7 ; à savoir que cet état provenait d’un calcul qui faisait que le rat endossait un mas PAGF nouveau  » du vers 7 ; à savoir que cet état provenait d’un calcul qui faisait que le rat endossait un masque et un costume.

II joue donc bien un double jeu. En associant le  » font vœu  » (vers 12) avec  » le dévot personnage  » (vers 13), La Fontaine dénonce « hypocrisie religieuse. Mais cette hypocrisie n’est jusque-là pas bien méchante puisqu’elle n’engage que le rat et ne se confronte pas à la réalité de son temps. Si la fable s’arrêtait là, elle n’aurait pas grand intérêt. Aussi, La Fontaine, des vers 13 à 31 inaugure une seconde partie plus dramatique qui est un récit dans le récit.

Par cette intrusion, il veut nous mettre sous les yeux par le procédé de l’hypotypose le faux dévot en action afin d’ appuyer son discours. pour cela il utilise le vers 13 : « l_Jn jour au dévot personnage qui est un vers pivot de la fable. En effet, pour ce vers il utilise une rime redoublée. De plus, le groupe nominal  » un jour  » met en place le début du récit. La mise en relief du complément d’objet indirect  » au dévot personnage  » par son antéposition au verbe  » s’en vinrent’ qui se trouve deux vers plus loin accentue l’intensité dramatique.

On assiste à un discours qui prend un ton épique. La Fontaine puise ses sources en Grèce antique. Pour cela il utilise des termes comme  » députés du peuple  » (vers 14),  » Ratopolis’ (vers 18) et  » république  » (vers 21). La solennité du ton est donné par la façon dont le récit est agencé. En effet, la supplique du peuple rat est reprise par un discours indirect