Quelles sont les consequences du liberalisme economique au xixeme siecle ?

Quelles sont les consequences du liberalisme economique au xixeme siecle ?

Le liberalisme economique se manifeste par un « laissez faire ; laissez aller » du marche economique. Il ne faut pas que l’economie soit regulee ou entravee. Cette theorie debute en France au sein du mouvement physiocratique forme par Francois Quesnay, Turgot ou Vincent de Gournay. Ces auteurs luttent contre une forte intervention de l’Etat dans l’activite economique ; qui s’est par ailleurs fortement developpee sous le regne de Louis XIV et la naissance du mercantilisme industriel.

L’Etat controlait l’industrie, l’agriculture par l’intermediaire de fermes generales ou d’autres techniques. Cette forte presence etatique est egalement presente en Angleterre. Apres les differentes revolutions, telle la glorieuse revolution de 1689 ou la revolution francaise de 1789, ce mouvement liberal, proche des valeurs bourgeoises, se developpe de maniere accrue au XIXeme siecle, en pleine expansion de la revolution dite industrielle. Il apporte un souffle de liberte et de « non limite ».

De nouveaux auteurs comme Smith, Ricardo ou Say, en font une reference, une veritable ideologie economique. On peut donc legitimement s’interroger sur les consequences et les effets de ce liberalisme economique au XIXeme siecle, en plein c? ur d’une revolution industrielle naissante. Dans une premiere partie, nous montrerons que le liberalisme permet le developpement de l’economie de marche et qu’il

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apparait comme un veritable tremplin pour la revolution industrielle.

Dans une deuxieme partie, nous soulignerons que cette these liberale, si essentielle pour l’economie, a genere la pauperisation de la classe ouvriere et son exploitation. I- Le liberalisme economique : Tremplin de la revolution industrielle et developpement de l’economie de marche. Le liberalisme economique se manifeste par un libre fonctionnement du marche puisque celui-ci, selon les liberaux, doit s’autoreguler, soit le principe que Smith appel la « main invisible ».

L’Etat doit donc assurer des fonctions regaliennes minimales, telle la police, la justice ou l’enseignement. Cette idee est d’ailleurs deja developpee dans la DDHC du 26 Aout 1789 qui definit l’Etat comme « le protecteur des libertes individuelles ». Aucune allusion sociale n’est faite. L’Etat apparait minimaliste. Par consequent, l’Etat n’entraine pas l’economie. Il n’existe pas de lois sociales, et tous les residus d’une eventuelle intervention etatique sont supprimes.

Par exemple, le decret d’Allarde de 1791 supprime le systeme des corporations. De plus, des efforts sont faits pour liberaliser l’economie, comme le demontre une loi francaise de 1867 autorisant les societes anonymes. Au XIXeme siecle, la revolution industrielle connait ses debuts. Les nouvelles techniques, telle la vapeur (J. Watt) ou la coke, favorisent le developpement massif de l’industrie, permis prealablement par une revolution agricole. Dans un contexte aussi liberal, sans lois sociales et interventions, les industries se developpent.

Elles peuvent en effet exploiter le capital humain, d’autant plus que la croissance demographique croit plus vite que l’industrie. Les profits sont donc importants et surtout ils sont rapides. Ce marche liberal est un catalyseur qui permet aux entreprises de faire du profit, puis de le reinvestir. Malgre un protectionnisme consequent, le liberalisme economique se traduit progressivement par l’ouverture des marches vers l’exterieure. Cela revient a l’application de la division internationale du travail d’Adam Smith qui encourage les pays a echanger entre eux.

L’Angleterre et la France signent les premiers le traite de libre echange en 1860 ; cependant le plus bel exemple demeure celui du zollverein allemand cree en 1834, qui se manifeste par la creation d’une union douaniere. Ces echanges internationaux supportent un souffle, un nouveau depart a la revolution industrielle : ils dynamisent l’economie. Ce commerce international est egalement favorise par un systeme monetaire stable. Il faut neanmoins souligner que ce liberalisme economique est beaucoup plus moindre au Japon et en Russie, ou l’interventionnisme demeure preponderant.

Au-dela de ses aspects positifs, le liberalisme economique engendre, des effets negatifs telle la pauperisation de la classe ouvriere. II- L’exploitation ouvriere et les debats du syndicalisme. Le liberalisme economique pronant une intervention minimaliste de l’Etat, a engendre une misere sociale. L’Etat intervenant peu, voire pas du tout, dans l’economie, le marche s’est developpe au profit des industriels qu’en l’absence de lois sociales ont utilise le capital humain comme instrument de leur richesse.

Par consequent, les ouvriers travaillent 16 heures par jour, n’ont pas de conges payes, ni de securite sociale. Leur salaire tres faible les conduit, a la promiscuite, l’insalubrite, la consanguinite et l’alcoolisme. Qui plus est, le travail des enfants est obligatoire, et meme concidere comme « une vertu » par des hommes politiques, tel William Pit, premier ministre anglais. Le rapport Villerme de 1841 constate que l’analphabetisme et la pauvrete sont superieurs a celles de l’ancien regime.

De fait, des premiers grands mouvements apparaissent ainsi que de nouvelles pensees. En Angleterre, la premiere union syndicale, appelee Grande Union Syndicale Consolidee, nait en 1833 sous l’influence de Robert Owen qui a constamment reagi contre l’exploitation des ouvriers. Ce mouvement tres vite affaibli par le gouvernement a permis d’une part la creation en 1834 de nouvelles lois sur les Work Poors, mais a surtout d’autre part donne naissance a d’autres mouvements tel le Chartisme et plus tard le Trude Union Congress en 1868.

En France, le mouvement syndical apparait plus tardivement. Les anciennes corporations se maintiennent malgrele decret d’Allarde et la loi Le Chapelier de 1791 interdisant le corporatisme et le droit d’association. Apres ces premiers mouvements menes par les canuts en 1831 et 1834, le syndicalisme n’est autorise qu’en 1884, et les syndicats se regroupent en 1885 pour former la CGT. Les premiers mouvements ont tout de meme une influence et permettent aux travailleurs d’acquerir des droits sociaux et egalement de negocier leur salaire.

D’ailleurs on remarque une nette progression des salaires en France a partir de 1885. Une nouvelle pensee apparait au XIXeme siecle : le socialisme. Le socialisme prone l’interet de tous et non pas l’interet de quelques uns. Il n’existe cependant pas un socialisme, mais de socialismes. On remarque le Saint Simonisme dont l’auteur, St-Simon, prone l’intervention des industriels dans la politique. Il existe egalement les socialistes libertaires ou anarchistes, plus contestataires, comme Proudhon ou Bakounine.

Cette these prone la mise en commun des moyens de production et la disparition de l‘Etat, considere comme oppressant. La these contestataire la plus celebre demeure celle de Marx. Marx, en collaboration avec Engels observe qu’il existe deux classes antagonistes : la bourgeoisie, qui possede le capital, et la proletariat. Le proletariat etant exploite par la bourgeoisie qui souhaite constamment accroitre son profit, il est inexorablement amene a se battre/revolter au sein d’un conflit d’interets qui apparait comme etant le moteur de l’histoire moderne.

Cette theorie debouche sur une dictature du proletariat dont le but est de supprimer les classes sociales, puis sur une deuxieme ou l’Etat n’existe plus. Toutes ces theses contestataires, luttent contre un capitalisme exacerbe. L’economie liberale pronant une autoregulation du marche connait son premier echec en 1873 lors de la grande depression, puis en 1929. Cela tend a « detroner » le liberalisme au profit d’un interventionnisme limite pour en 1930 sous l’influence keynesienne : devenir un Etat providence, intervenant massivement.