quand vous serez bien vieille Ronsard

quand vous serez bien vieille Ronsard

Quand vous serez bien vieille Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant et filant, Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant : Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle, Déjà sous le labeur à demi sommeillant, Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant, Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre par les ombres myrt Vous serez au foyer org Regrettant mon amour et votre tier d dain. Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1 587 poème, Ronsard constitue un discours amoureux particulier ou il invite la jeune fille à se montrer moins distante et à céder au plaisir de l’amour.

Ansl, nous verrons comment, au sein d’une invltation au discours amoureux, s’inscrit une réflexion sur le temps et le pouvoir poétique. Le poème se présente comme un étonnant discours amoureux, qui se construit autour d’une projection dans l’avenir afin de constituer une injonction à profiter des plaisir de la vie. / Un étonnant discours amoureux A- Les topiques traditionnels de la poésie amoureuse Ronsard pratiquait souvent

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la poésie amoureuse (Amours de Cassandre, Amours de Marie… , nous allons retrouver dans ce texte des éléments traditionnels de la poésie amoureuse : Le thème central de la relation sentimentale est omniprésent dans le poème, comme dans tous les sonnets de l’époque (« amour Le topos de la beauté de la femme (« j’étais belle ») La convocation métaphorique de la rose (« Cueillez les roses de la vie ») Le chant poétique comme moyen de louange et de célébration de a femme : lyrisme poétique célébrait », « chantant mes vers « louanges immortelles ») Des références à l’antiquité (« des ombres myrteux ») Hélène prend les traits traditionnel de la belle dédaigneuse, femme insensible qui refuse l’amour du poète (« votre fier dédain B- Un discours adressé Le poème met distinctement en place les protagonistes amoureux. Les termes dési nant les deux figures sont répartis tout au long des quatre str dans sa propre personne : « je » * « Ronsard Ily a une différence entre l’homme mortel et le poète immortel

Cest un moyen de signer le texte Ça engage un déséquilibre entre les protagonistes amoureux, une hiérarchie C- Des rapports amoureux particuliers Un rapport ambiguë voire conflictuel se constitue tout au long du poème entre les deux figures et ceci prend la forme d’un parallélisme voire d’opposition Il/ Une inquiétante projection dans l’avenir A- Une vision effrayante Étrangement, alors que ce sonnet est une tentative de séduction, Ronsard s’attarde bien plus sur la description de l’avenir d’Hélène, donc sur sa vieillesse. Ce discours amoureux est donc original ar il se construit autour d’une projection dans le futur. Celle-ci prend la forme d’un récit imaginaire qui occupe la quasi-totalité de l’espace poétique (12 vers sur 14). Afin de persuader la belle dédaigneuse, Ronsard dessine une vision prophétique à l’aide d’une construction très articulée autour des pivots que sont les connecteurs temporels quand D, « lors », « déjà ») et les compléments circonstanciels de temps (« au soir »).

Le futur de l’indicatif envahit littéralement le texte (« serez », « direz « aural « serez A ce futur s’adjoignent des articipes présents (« dévidant Y, « filant « chantant « sommeillant Cette répartition entre les deux formes verbales met en avant un rapport au temps particulier : le poète propose d’abord une projection dans le futur, donc un temps en mouvement, puis il sembl mps. Il montre comme PAGF3rl,FB présent semblent se répéter et durer indéfiniment. S’en dégage une impression de monotonie accentuée par l’assonance en [an] : « dévidant « filant », « temps « chandelle « chantant » La vision future prend la forme d un cadavre étouffant, immobile, onotone, où la vie paraît avoir disparu. Cf : lumière douce presque éteinte avant les ténèbres : la « chandelle », image de la fragilité. – Mutation de la belle indifférente Au sein de cette vision inquiétante, la belle indifférente subit une transformation radicale. Transformation éclairée par le jeu de temps verbaux : « était belle », seul imparfait du texte qui renvole a un passe revalu. cruauté dans l’insistance de l’adverbe « bien vieille » Gradation de la transformation qui ne semble pas finie « bien vieille » devient « une vieille accroupie » • L’adjectif est devenu ubstantif : c’est encore plus fort ! attitude prostrée de prière, signe d’impuissance Le processus de vieillissement semble en train de s’effectuer sous les yeux du lecteur. Jusqu’où va aller cette terrible transformation de la belle ? La mort ?

Rossard ne le dit pas mais le suggère : au solr» : amblgulté : CCT cadre du récit métaphore de fin de Vie ? – Référence à l’Antiquité : « dévidant et filant « ombres myrteux » – La référence au sommeil « à demi sommeillant » peut aussi être sentie comme un euphémisme pour désigner la mort La mort envahit le cadre de la proleps PAGF aussi être sentie comme un euphémisme pour désigner la mort La mort envahit le cadre de la prolepse. La beauté a disparu : rime « chandelle/belle » : beauté fragile comme la flamme de la chandelle face aux ténèbres envahissantes. Beauté qui disparait, qui se consume. Au niveau moral, Hélène n’est pas célébrée non plus. Son attitude en face de Ronsard est évoquée pour être regrettée.

Elle apparaît en effet dans une attitude de dédain en face de l’amour qui lui est offert  » regrettant mon amour et votre fier dédain  » (v. 12). C- Le mort qui se consume La prolepse (projection dans le futur) n’épargne pas la figure du poète. Transformation radicale : il est mort ! Cependant, le premier tercet et le premier vers du second tercet oppose la mort du poète (champ lexical de la mort : « sous la terre « fantôme sans os et « repos b) et la vieillesse d’Hélène qui regrettera de ne pas l’avoir aimé (« regrettant [… l votre fier dédain). La succession de rimes pauvres dans le sizain final accentue la triste réalité de la mort.

Remarquons que c’est au moment où le poète évoque sa propre mort qu’il se désigne par le personnel sujet de la première ersonne. Moment aussi où le poème bascule aux tercets. Implication personnelle qui signale une plus forte émotion. Il quitte la posture du poète célèbre et s’offre presque humblement comme l’homme devenu cadavre. La mort du poète prend véritablement la forme d’un effacement. Le corps une fois disparu laisse place à l’immatériel : « fantôme sans ombre » : Embryon de réflexion sur les vanité ? Le terme fantôme renvoie malgré la disparition du corps à une forme de présence du poète : Présence dans l’esprit d’Hélène à travers ses regrets et ses souven