Portrait raphael

Portrait raphael

Commentaire du portrait de raphael Au premier coup d’ il les joueurs lurent sur le visage du novice quelque horrible mystere : ses jeunes traits etaient empreints d’une grace nebuleuse, son regard attestait des efforts trahis, mille esperances trompees ! La morne impassibilite du suicide donnait a son front une paleur mate et maladive, un sourire amer dessinait de legers plis dans les coins de sa bouche, et sa physionomie exprimait une resignation qui faisait mal a voir.

Quelque secret genie scintillait au fond de ses yeux, voiles peut-etre par les fatigues du plaisir. Etait-ce la debauche qui marquait de son sale cachet cette noble figure jadis pure et brulante, maintenant degradee ? Les medecins auraient sans doute attribue a des lesions au c ur ou a la poitrine le cercle jaune qui encadrait les paupieres, et la rongeur qui marquait les joues, tandis que les poetes eussent voulu reconnaitre a ces signes les ravages de la science, les traces de nuits passees a la lueur d’une lampe studieuse.

Mais une passion plus mortelle que la maladie, une maladie plus impitoyable que l’etude et le genie (chiasme), alteraient cette jeune tete, contractaient ces muscles vivaces, tordaient ce c ur qu’avaient seulement effleure les

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orgies, l’etude et la maladie. Comme, lorsqu’un celebre criminel arrive au bagne (comparaison), les condamnes l’accueillent avec respect, ainsi tous ces demons humains, experts en tortures, saluerent une douleur inouie, une blessure profonde que sondait leur regard, et reconnurent un de leurs princes a la majeste de sa muette ironie, a l’elegante misere (antithese) de ses vetements.

Le jeune homme avait bien un frac de bon gout, mais la jonction de son gilet et de sa cravate etait trop savamment maintenue pour qu’on lui supposat du linge. Ses mains, jolies comme des mains de femme (comparaison), etaient d’une douteuse proprete ; enfin depuis deux jours il ne portait plus de gants ! Si le tailleur et les garcons de salle eux-memes frissonnerent, c’est que les enchantements de l’innocence florissaient par vestiges dans ses formes greles et fines, dans ses cheveux blonds et rares, naturellement boucles.

Cette figure avait encore vingt-cinq ans, et le vice paraissait n’y etre qu’un accident. La verte vie de la jeunesse y luttait encore avec les ravages d’une impuissante lubricite. Les tenebres et la lumiere (antithese), le neant et l’existence (antithese) s’y combattaient en produisant tout a la fois de la grace et de l’horreur (antithese).