Portrait meursault

Portrait meursault

On concédera bien volontiers que son absence de toute émotion apparente lors de la mort et de l’enterrement de sa mère peut, après tout, être perçue comme une forme de pudeur. On rappellera, de même, qu’il appelle sa mère « Maman » – gêne d’affection et non « Ma mère » et que la remarque qu’il fait lorsqu’ entend saloon sangloter pour la disparition de son chien Et au bis j’ai compris qu’il pleut maman. ») montre sa swaps v du roman, qui s’attacha insignifiantes, laisse I que ce mareyeurs… Rase la cloison, oui j’ai pense a ai que la suite nos les plus étrange personnage par son goût profond des joies physiques que sont, par exemple, les bains de mer avec Marie, longuement détaillés, ou encore l’insistance à célébrer les plaisirs de l’amour avec la même Marie, mareyeurs marque son attirance pour une vie naturelle fondée, appartement, sur les sensations siège toi nées page sensations physiques souvent mentionnées dans le roman. Un personnage sur qui, de ce fait, le physique a un fort retentissement.

Ainsi son insuffisance de sommeil est-il maintes fois signalé – pour le déplorer. De même, le sentiment fréquent qu’il a de se sentir fatigué ou

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encore son extrême sensibilité à la chaleur et aux rayonnement du soleil signalent assez combien mareyeurs est un être d’instinct et de nature. Il ressort de cette première approche du personnage que sa propension aux plaisirs naturels le rend, certes, heureux, mais dénote, aussi, une apparente fragilité dès lors qu’ils ne sont pas comblés ou qu’il est amené à aller au-delà de ses capacités.

Ainsi qu’il l’avoue son avocat : Cependant, je lui ai expliqué que j’avais une nature telle que mes besoins physiques dérangeaient souvent mes sentiments. » (Il, 1 p. 96) Par ailleurs, mareyeurs, au gré de ses remarques, insiste sur ce que sa vie a de machinal. La force des habitudes chez lui – et chez les autres – est plusieurs fois mentionnée comme un principe explicatif des vies d’autrui : saloon, par exemple, « Il n’avait pas été heureux avec sa femme, mais dans l’ensemble, il s’était bien habitue à elle.

Quand elle était morte, il s’était senti très seul. » Ou encore à propos, cette fois, de son chien : « Il a eu raison de me faire remarquer qu’il était habitué à celui-là. » Quant à lui, il apprécie ainsi le retentissement de l’événement que repéré 2 celui-là. » Quant à lui, il apprécie ainsi le retentissement de l’événement que représente la mort de sa mère : « J’ai pensé que maman était maintenant enterré, que j’allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n’ avait rien de changé. » (I, 2) Ce retour à sa vie habituelle semble le rassurer.

Sa propre vie est réglée par des habitudes auxquelles il ne dérogé peu ou pas sous peine de voir son équilibre en danger. Ainsi, l’enterrement de sa mère synonyme de congé de travail, de trajet aller et retour à mariage, de veille du corps de sa mère toute une nuit et de longue marche à pied pour suivre le convoi funèbre, le contraint à dormir douze heures d’affilée pour retrouver son équilibre ! De même, le surlendemain de l’enterrement, après les bains de mer, le cinéma et la nuit d’amour avec Marie (I, 2), mareyeurs précise qu’il n’aime pas le dimanche et se rendort aussitôt jusque’ dix heures.

Cette propension au sommeil apparaît, à l’évidence, comme une façon de dissimuler la vacuité de sa vie ainsi que le montre cette journée du dimanche dont il passe les dix heures (de dix heures à 22 heures l) à ne rien faire sinon à préparer son repas, à le consommer et, surtout, à observer, depuis son balcon, les va-et-vient extérieurs. Et l’opinion qu’il exprime lorsque la nuit arrive («J’ai pensé que c’était toujours un dimanche de tiré. ») signifie assez l’absence de toute vie spirituelle. Mais aussi de toute préoccupe 3 tiré. ») signifie assez l’absence de toute vie spirituelle.

Mais aussi de toute préoccupation matérielle. Nul détail (objets personnels, décoration, etc.. ) n’est donné sur l’appartement de mareyeurs ni sur son lieu de travail ; aucune indication ne précise sa situation financière ni sociale ; rien ne décrit son apparence physique, etc.. Autrement dit, dans cette première partie du récit, mareyeurs nous est présenté comme un personnage différent de la plupart de ses semblables. On en prendra pour preuve, à propos du décès de sa mère, ses fréquentes excuses à l’idée d’avoir déranger son patron, son ami restaurateur Céleste ou encore le Directeur de l’asile.

A l’inverse des personnages « normaux», installés dans la vie sociale qui ont une raison de vivre fondée sur des valeurs, mareyeurs manifeste une grande indifférence ce qui est important pour les autres. Ainsi, face au directeur de l’asile très prévenant à son égard, mareyeurs remarque qu’il joue son rôle à la perfection ; à son patron qui lui propose un poste de responsabilité à paris et insiste sur l’ambition et la réussite, il répond par la négative ; à Marie qui rêve de mariage, mareyeurs oppose une sorte de résistance passive.

A son patron, il refuse l’idée même d’une promotion (I, V – p. 3) : «J’ai dit que oui mais que dans le fond cela m’était égal. J’ai répondu qu’on ne changeait jamais de vie, qu’en tout cas, toutes se valaient et que la mienne ici ne 4 répondu qu’on ne changeait jamais de vie, qu’en tout cas, toutes se valaient et que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. » A Marie qui lui demande s’il veut se marier avec elle, il tient un discours semblable (I,V p. 4) : « J’ai dit que cela m’était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Je lui ai expliqué que cela n’avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. Même les personnages les moins conformistes du roman ont une raison qui guide leur vie : saloon organise son existence autour de son chien ; la petite femme du restaurant autour de ses manies, alors que mareyeurs semble décidément ne s’en tenir qua une vie calme tissée d’habitudes et de sensations que rien ne doit venir troubler.

En témoignent abondamment son refus de porter le moindre jugement sur autrui : « Personne ne peut savoir. » ; mais aussi son langage, qui multiplie les mêmes expressions : « ça m’est égal/ ça ne fait rien » ; ou son acceptation passive des hasards de la aie : à aucun moment, il ne remet en question sa relation avec rayon, même lorsqu’ découvre que ce dernier violente une femme ; ou encore pinter qu’il accorde à des choses futiles, comme ses remarques longuement développées à propos de… Ai serviette mouillée pour s’essuyer les mains ! Pour mareyeurs l’indifférent, tout semble se valoir (le mariage avec Marie ou le non-mariage/l’amour de Marie ou d’une autre/l’imita S valoir (le mariage avec Marie ou le non-mariage/l’amour de Marie ou d’une autre/l’amitié d’un souteneur ou la vie avec un chien que l’on frappe). Ainsi cette première approche du personnage de mareyeurs impose une évidence : la structure en diptyque du roman évoquée ci-dessus (Partie : les faits/Partie Il : le jugement) vise à produire un effet double, lui aussi.

La lecture de la « Première Partie » surprend le lecteur dans la mesure où mareyeurs ne lui semble pas, par bien des côtés, son « semblable » : en effet, une multitude de connotations relevant de la simple sensation ou de l’instinct se substitue à l’évocation espérée des sentiments essentiels. Nonobstant, la lecture de la « Deuxième Partie » ne le satisfait pas non plus car l’interprétation des faits par les pressentant de la société est excessive, voire fallacieuse.