Pierre motin

Pierre motin

Inconstance Pierre Motin Introduction Pierre Motin, poete de l’epoque baroque, est ne a bourges en 1566 et mort a Paris en 1612, il est l’auteur du poeme Inconstance. Originaire d’une haute famille bourgeoise qui fut anoblie par le roi Louis XI, il suivit des cours a l’Universite ; destine a devenir capucin, il refusa et fit des etudes de droit, puis partit tenter la « fortune litteraire » a Paris ou il connut la celebrite de 1600 a 1610. Le poeme etudie porte la marque de cette periode agitee, tant au niveau politique que scientifique.

En effet, de nombreuses decouvertes geographiques et astronomiques bouleversent l’Homme qui n’a plus alors de reperes fixes dans l’univers. Ces changements se percoivent des le titre du poeme, le sujet traite est l’Inconstance. Les poemes de Pierre Motin n’ont jamais ete reunis dans un recueil, ils sont souvent presentes sous forme d’extrait, ce qui peut etre le cas d’Inconstance qui, selon l’edition, s’ouvre typographiquement par trois petits points, toutefois, nous n’avons pas trouve de traces du poeme complet.

D’ailleurs, ce poeme presente une unite de sens qui laisse a croire qu’il est entier : le poete commence a peindre un tableau de la Nature au premier vers et

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acheve son oeuvre au dernier vers, six sizains apres. Le poeme suit le mouvement de cette peinture : tout d’abord, dans les deux premieres strophes, le poete annonce qu’il entreprend de peindre le perpetuel mouvement de la Nature. Puis, les deus strophes suivantes representent l’Homme, perdu dans un monde ou le sens fuit toujours, ou meme les formes sont changeantes.

Enfin, dans les deux dernieres strophes, le poete s’eleve au-dessus de ce monde agite et futile et tente de donner une portee plus philosophique a son ? uvre artistique. Ainsi, ce poeme presente une evolution du rapport de l’Homme au monde, par quels procedes Pierre Motin developpe-t-il cette idee nouvelle de cosmologie du mouvement ? Plan detaille : I) Le poete entreprend, dans un incipit, de peindre une Nature en perpetuel mouvement. 1. Le poete, tres implique personnellement, propose une nouvelle lecture du monde. ) Pierre Motin se veut persuasif et positif quant a l’elaboration de son tableau. · Tableau : le poete empreinte le lexique du peintre. · Verbes de volonte=implication du poete. b) Paradoxe avec le theme choisi qui ne peut se fixer. · Les themes. · Un projet trop vaste? 2. L’Inconstance de l’Amour. a) Explication de la metaphore. · « L’Amour » : dieux Amour > Eros/Cupidon. · Insistance sur le cote novateur. b) Explication de la comparaison avec Argus. · Petite histoire: infidelite Zeus/Hera/Io · Multiplicite c) « L’Eros baroque ». · Tension/jeux/cf. Stances erotique de Pierre Motin. . L’esthetique baroque: a) Les elements naturels >baroque b) Le lyrisme. · Rythme. · Enumeration. · Enthousiasme. II) Toutefois le poete et l’homme se perdent dans un monde ou le sens fuit toujours, ou meme les formes sont changeantes. 1. Le sens devient de plus en plus diffus, avant de disparaitre progressivement. · Reprise de l’enumeration. · Lexique moins positif. · Le rythme s’allonge. · Systeme hypothetique. 2. Les strophes 3 et 4 se font echo au niveau de la construction tout en opposant les deux entites humaines qui sont l’esprit et le corps. ) Apres la desillusion,tentative de reappropriation du moi corporel. · L’antithese des trois premiers vers. · Figure d’Achelois et Prothee b) Finalement la forme se revele aussi insaisissable que la pensee. · Le tableau impossible d’un monde trop variable ou tout n’est que deguisement perpetuel: le monde est un theatre. · Ce monde insaisissable donne naissance a un sentiment d’angoisse. III) Le poete s’eleve alors au dessus de ce monde agite et futile et tente de donner une portee plus philosophique a son texte. 1. Acceptation du mouvement du monde grace a une transcendance du sens. Explication de « l’astre d’or » · Introduction de la notion de flamme. (cosmologie) · Aspect positif: cf; la chaleur qui se degage de la strophe. 2. Au sein de cette nouvelle philosophie, il tente de donner une place a l’homme. · L’homme n’est pas contraint par une entite superieure. · Toutefois il n’est pas maitre de lui meme: pointe de derision du poete. Conclusion : On decouvre donc, au fil de ce poeme construit comme un tableau, une nouvelle definition du monde et des rapports que l’homme entretient avec celui ci.

Pierre Motin tente ici de donner une reponse a l’angoisse que peut faire naitre la decouverte de l’instabilite, de l’absence de certitude quant a tout ce qui nous entoure. En effet, le poete, tout en decrivant le mouvement perpetuel qui regit la Nature et la fuite du sens qui rend impossible pour l’Homme toute reelle connaissance de lui meme, s’inscrit nettement dans le theme baroque de l’Inconstance blanche. Pierre Motin met en valeur l’enthousiasme que peut susciter le changement perpetuel et les alleas d’une Fortune qui rend tout possible.

On retrouve donc dans ce poeme les principes nouveaux de l’humanisme, qui redonne a l’homme l’espoir, en rupture avec le determinisme du moyen age qui enfermait l’homme dans une destinee immuable et voulue par Dieu. Glossaire Incipit : (masc. ETYM latine incipire : commencer). Un incipit est le terme designant les premiers mots (ou paragraphes) d’une ? uvre litteraire. L’incipit programme la suite du texte : generalement, il sert a definir le genre du texte et annonce le point de vue adopte par le narrateur ainsi que les choix stylistiques de l’auteur.

L’incipit a egalement pour fonction d’ « accrocher » le lecteur. Hyperbole : L’hyperbole est une figure d’amplification qui designe l’ensemble des procedes d’exageration qui touchent la syntaxe et le lexique (l’accumulation, les intensifs, etc. ). Metaphore : La metaphore est une figure qui consiste a designer un objet ou une idee par un mot qui convient pour un autre objet ou une autre idee lies aux precedents par une analogie. La metaphore fusionne donc en un seul les deux termes de la comparaison.

Locus amoenus : (ETYM latine, lieu agreable ) Lieu agreable qui presente un certain nombre de caracteristiques toujours identiques : On y trouve une nature sauvage et la tranquillite, propices au dialogue philosophique et a l’echange. Ce topos litteraire fut tres prise dans l’Antiquite. Antithese : Une antithese consiste a rapprocher, dans le meme enonce, deux pensees, deux expressions, deux mots opposes pour mettre en valeur un contraste. Transcendance : Le transcendant est ce qui est au-dela, ce qui depasse, surpasse, en etant d’un tout autre ordre.

Cosmologie : (ETYM grecque, discours sur l’univers). Raisonnement sur l’organisation de l’univers connu. Sizain : strophe de six vers. Annotations Pourtraire : Faire le portrait, peindre, decrire. La Fortune : Dans l’antiquite c’est une divinite, a partir du moyen age et du triomphe du christianisme, elle s’assimile a la volonte de Dieu ; elle est alors vue comme la manifestation imprevisible du pouvoir divin qui rappelle aux hommes que rien n’est jamais acquis. A cette epoque elle n’a jamais le sens de richesse.

L’Amour : Ici, c’est a la fois le sentiment et la reference au petit dieu Amour. Les amours, petits anges poteles, sont tres presents dans l’architecture et la peinture baroque. ) Argus : ou Argos, personnage monstrueux qui selon les versions possede un plus ou moins grand nombre d’yeux. Entre autres exploits, Hera le chargea de surveiller Io, qu’elle avait transformee en vache et fait attacher a un arbre, mais Zeus envoya Hermes afin d’endormir les multiples yeux d’Argus et de delivrer ainsi son amante. Nues : en moyen francais, nuages.

Conins : lapins sauvages. Achelois : Roi d’Etolie, il demande Dejanire en mariage en meme temps qu’Hercule ce qui provoque un duel entre les deux hommes. Voyant que l’avantage va a son adversaire, il decide d’user de ruses et de stratageme : Il se metamorphose, sa derniere transformation est le taureau. Il est vaincu et perd la meilleure partie de son royaume. (Les metamorphoses d’Ovide, livre VIII-IX) Prothee : Divinite marine, gardien du troupeau de phoque de Poseidon, dote du don de propheties et de metamorphose.

Fils de l’Ocean et de Thetis. Premier embleme de l’Homme baroque, il designe la passion de la metamorphose jointe au deguisement, le gout de l’ephemere, de la volubilite, de l’inacheve. Il incarne une inconstance fonciere. Figure : Ce terme ne signifie pas le visage comme on pourrait le croire mais la forme du corps. Astre d’or : Cette expression, prise en contexte, peut avoir un double sens : C’est avant tout la metaphore poetique symbolisant le soleil, mais elle peut signifier, sous la plume de Pierre Motin, le divin.

Eole : Dieu de vents dans la mythologie grecque : « Dans une vaste caverne, Eole tient enchaines et emprisonnes les vents, qui s’efforcent de fuir, ainsi que les tempete bruyante » (Eneide de Virgile) Bibliographie : Dictionnaires : – PIERRE GRIMAL, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, PUF(1951). – Dictionnaire de Moyen Francais, LAROUSSE. Essais et anthologies : – JEAN ROUSSET, La litterature de l’age baroque en France, Circe et le paon, Jose Corti (1953). – MATTHIEU-CASTELNI Gisele, Eros baroque, UGE, coll. 10/18 (1979).