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On trouve parfois des sociétés sans Etat : certaines idéologies préconisent ainsi la limitation ou même la fin de l’État ADes sociétés sans États • Les sociétés primitives vivent sans État. En effet, elles subsistent selon le modèle de la tribu ou de la communauté, qui est une forme de société très proche de la famille. L’institution étatique y est remplacée par un chef, sur le modèle du père de famille. • Dans La société contre l’État, Pierre Clastres défend l’idée que les sociétés primitives ne sont pas des sociétés qui n’auraient p philosophie Premium

By rted7saq 27, 2015 5 pages Lorsque Paul Valéry dit « Si l’État est fort, il nous écrase ; s’il est faible, nous périssons », il souligne d’une part le fait que la société ne peut pas subsister sans un État pour l’encadrer. Toutefois, cette citation montre aussi qu’un excès d’État comporte également des risques, à la fois pour l’individu et pour la société. Peut-on réellement concevoir une société sans État, à l’image des sociétés primitives ? La cohésion de la société ne repose-elle pas essentiellement sur l’État ? Mais cette conception ne risque-t-elle as de mener à un excès d’État ?

Inversement, peut-on imaginer une

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société avec trop d’État ? Certes, on trouve parfois des sociétés sans État : certaines t page idéologies préconise l’État. Néanmoins, il s directement de l’État. société sans État, on avec trop d’État qui o Swip next page ême la fin de ociale dépende t pas concevoir une ncevoir une société l’individu. pas encore découvert l’État, mais au contraire des sociétés construites précisément pour éviter que l’État n’apparaisse. • On peut évoquer les trois formes d’autorité selon Max Weber e Savant et le politique).

L’autorité de l’État au sens propre du terme est de nature légale : elle a une légitimité juridique. Toutefois, dans les sociétés primitives, l’autorité du chef est de nature traditionnelle ou charismatique. Il semble donc possible de concevoir une société encadrée par une autorité de nature différente de celle de l’État. Bl_e libéralisme politique • Selon le libéralisme politique, les sociétés n’ont en effet pas besoin d’un État. Le libéralisme est une doctrine politique visant ? limiter les pouvoirs de l’État au regard des libertés individuelles.

Le libéralisme économique privilégie ainsi le libre jeu des actions individuelles et préconise de limiter l’intervention de l’État dans l’économie. • Pour l’économiste libéral Adam Smith, l’État n’est pas nécessaire car les hommes sont liés par des sentiments naturels. Lhomme agit naturellement envers autrui selon le principe de sympathie, qui découle du fait de se mettre à la place de l’autre. II n’y aurait pas besoin de lois ni d’État pour fonder une société, car la sympathie suffirait à assurer la paix entre les hommes en créant es lois naturelles. ?? La cohésion sociale serait ainsi assurée naturellement par la division du travail, comme le dit Durkheim, ou par les échanges économiques, comme le disent les économistes libéraux. CLa fin de l’État • Certaines préconisent même de libérer la société de l’emprise de l’État. Dans une certaine mesure, c’est ce que défe 2 préconisent même de libérer la société de l’emprise de l’État. Dans une certaine mesure, c’est ce que défendent les libéraux. Toutefois, ce sont surtout les positions des anarchistes et des marxistes. ??? Marx estime que l’État a été aliéné : au lieu d’encadrer positivement la société et de garantir l’égalité de ses membres, il est maintenant au service des inégalités. Il est en effet un organisme de contrôle et de répression au service de la classe dominante. Selon les marxistes, il faut donc se libérer de l’État. D’ailleurs, lorsque la lutte des classes mènera enfin à la société idéale caractérisée par le communisme et l’absence de classes, il n’existera plus d’État. • De même, l’anarchisme est un mouvement hostile à toute hiérarchie et autorité.

Il prône la disparition. selon le maître mot « Ni dieu, ni maître Néanmoins, si l’anarchisme et le marxisme font figure dexceptions dans la société contemporaine, il semble que ce soit parce que l’État et la société ne sont pas réellement dissociables. llToutefois, l’État semble être une condition nécessaire à la cohésion de la société ADeux réalités indissociables • Même si les sociétés primitives subsistaient sans État, il semble aujourd’hui impensable de concevoir une société sans État.

L’État organise en effet la vie collective, à la fois dans les domaines uridique, social, politique, militaire et économique. II garantit les droits fondamentaux, comme l’égalité ou la liberté mais aussi la propriété, l’éducation, le travail, etc. • Selon Rousseau, l’État et la société sont bien indissociables. En effet, les hommes à l’état de nature sont solitaires et indépend 3 indissociables. En effet, les hommes à l’état de nature sont solitaires et indépendants : ils ne forment pas une société.

Cest seulement par le contrat social et la création de l’État que se fonde une société ordonnée. BLe maintien d’une conscience collective ?? Si l’État est indispensable à la cohésion sociale, c’est parce qu’il a pour fonction de maintenir une conscience collective grâce à des institutions comme l’école. Cest notamment ce que défendent les partisans du républicanisme, comme Durkheim. • Durkheim explique en effet qu’une société doit obligatoirement avoir un socle de valeurs communes, afin d’éviter l’état d’anomie(absence de valeurs communes, de morale collective).

Pour Durkheim, c’est l’État républicain qui doit veiller à assurer la présence de ce socle de valeurs communes par des actions olontaires : créer des institutions publiques ainsi que des institutions intermédiaires. CLe monopole de la violence • L IÉtat joue également un rôle indispensable dans la société pour limiter la violence mutuelle. En effet, selon Hobbes ou Freud, l’homme serait naturellement « un loup pour l’homme Y. Si l’on imagine un état de nature (sans État), il ne peut s’agir que d’un état de « guerre de tous contre tous Il est donc impensable de concevoir une société sans État. ?? Selon Hobbes, la condition nécessaire à la société est la création une autorité, le Léviathan, à qui les hommes délèguent leurs libertés en échange de leur sécurité (Léviathan). La fonction de l’État est donc d’entraver la violence naturelle des rapports humains. • Max Weber définit ainsi l’État par le monopole de la violence légitime (Le Sav 4 rapports humains. légitime (Le Savant et le Politique, 1919) : la caractéristique essentielle de l’État est d’être le seul à bénéficier du droit de mettre en œuvre la violence physique sur son territoire, notamment grâce à la police et la justice.

Si l’on affirme l’impossibilité de concevoir une société sans État, cela ne risque-t-il pas de légitimer certains excès de la part de l’État ? IllSi l’on ne peut pas concevoir une société sans État, on ne peut pas non plus concevoir une société avec trop d’État qui oublierait l’importance de l’individu AlJn pessimisme fataliste • Affirmer la nécessité absolue de l’État, c’est faire preuve d’un pessimisme fataliste.

En effet, c’est nier l’autonomie et la liberté des individus ainsi que de la société en général. • Cela conduit ainsi à l’acceptation des pires dérives. Les hommes ne deviendraient des esclaves soumis à l’État : « Je voudrais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul » (Discours sur la servitude volontaire, La Boétie, 1576).

BLe risque d’un État excessif • Donner à l’État un monopole de la violence risque de conduire ? des excès. En effet, cela peut dériver vers l’autoritarisme ou même le totalitarisme. Ce type de régime finit par supprimer les libertés individuelles, qui sont pourtant au fondement de la société. ?? On développe ici la pensée de Hannah Arendt sur le totalitarisme (Les Origines du totalitarisme). La philosophe en donne deux exemples, que sont le régime nazi et le régime stalin S totalitarisme).

La philosophe en donne deux exemples, que sont le régime nazi et le régime stalinien. CLa reconnaissance des initiatives individuelles • Même si le rôle de l’État est indispensable, il est également obligatoire de reconnaitre le rôle des individus dans la société. S’il ne peut y avoir de société sans État, il ne peut surtout pas y avoir de société sans individus. ?? Il est indispensable de laisser aux individus un droit de révolte.

On évoque ainsi Albert Camus qui analyse le phénomène de la révolte dans L Homme révolté (1951 La révolte est avant tout un droit fondamental : elle est presque toujours légitime, car elle défend la liberté, l’espoir et l’égalité. Elle constitue l’expression du refus de la tyrannie et de la servitude. • D’autre part, la révolte est aussi, selon Camus, un acte collectif fondateur de la société («Je me révolte donc nous sommes h). La révolte, en tant que mouvement dans le sens de la société, est onc un exemple de la place indispensable qu’occupe l’individu dans la société.

Il est vrai que l’on trouve parfois des sociétés sans État, et que certaines idéologies préconisent la limitation ou même la fin de l’État. Toutefois, l’État semble occuper des fonctions essentielles pour la cohésion sociale, si bien qu’on peut difficilement concevoir une société sans État. Pour autant, cela ne légitime pas tous les excès de la part de l’État. Si l’on ne peut concevoir une société sans Etat, on ne peut surtout pas concevoir une société avec trop d’État, qui oublierait l’importance de l’individu.