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Angelique Moissonnier Terminale L1 Philosophie Explication de texte Nietzsche Le Gai savoir Nietzsche philosophe et critique de la culture occidentale et de ses valeurs morales nous invite dans cet extrait de Le Gai savoir a reflechir sur le theme du travail et de son influence sur notre conscience. Il parle ainsi de notre existence dans le travail, c’est a dire comment le vivons nous, quel est sa place dans notre societe. Il demontre la part grandissante que le travail a prit, a grignote au cours du temps.

Dans son argumentation, il donne les nuances des effets du travail sur l’homme. En effet il parle des differentes classes sociales et conditions de vie. Il cite une hierarchie sociale; « esclaves », « nobles » qui n’expriment pas et ne s’approprient pas de la meme maniere leur travail ou leur labeur. En avancant dans cet extrait Nietzsche donne une vision plus large de son idee, il s’interesse au debut a une certaine classe d’individu puis a une societe entiere. Il tente d’expliquer que les m? urs ont change.

La place du travail aurait non seulement evolue a en devenir glorifie il serait aussi devenu une vertu, une valeur. Le travail serait alors « assure d’avoir

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la bonne conscience de son cote ». Comment Nietzsche a travers son argumentation present-il l’evolution et l’influence du travail sur notre societe et nos m? urs ? Sur quels faits s’appuie t-il ? Dans un premier temps Nietzsche nous plonge dans le contexte du travail a son epoque. Il parle de faits qui lui sont contemporains et de sa vision actuelle du travail.

D’apres lui, les rapports au travail sont codifies et reglementes. Ses fonctions en seraient reduites a gagner sa vie, satisfaire les besoins des consommateurs, des clients etc.. La concurrence, la productivite et les competences seraient les conditions fondamentales requises. La qualite du produit ou du service et la rapidite sont primordiales pour la « chasse du gain », Nietzsche dit « la veritable vertu a present, c’est d’executer quelque chose en moins de temps que ne le ferait un autre. » Le travail pourrait apporter un cadre et un certain rythme au travailleur.

Ici Nietzsche denonce la glorification faite au travail, il enonce des faits veridiques tout en emettant sa critique, « la chasse du grain contraint sans cesse a depenser son esprit jusqu’a l’epuisement », le travail imposerait a notre corps et notre conscience un rythme tres soutenu, une contrainte ou bien un besoin d’etre au meilleur niveau et de respecter les demandes imposees. De plus, le travail est considere comme une vertu, une condition necessaire a une vie fructueuse ou du moins confortable, on se doit de suivre les instructions sans bjections, sans interventiond de notre libre arbitre ou de notre morale. La probite n’a en effet pas sa place dans ce contexte. Nietzsche expose dans cet extrait que notre conscience est fortement influencee et mise sous pression « on est constamment preoccupe de dissimuler, de ruser ou de prendre l’avantage », des lors les seuls moments ou notre temps est libre notre morale, notre honnetete ne peut etre appliquee, car nous sommes las ou epuises. Enfin Nietzsche cherche surtout a nous faire comprendre la place importante dont dispose le travail dans sa societe.

Il fait partit integrante de la vie, il est etudie, analyse afin de l’ameliorer, le rendre plus productif. Il est aussi un symbole d’un certain niveau de vie, d’une certaine classe d’individu, on veut atteindre le plus haut niveau et suivant le metier pratique on peut definir les conditions et le niveau de vie de l’individu. A contrario Nietzsche nous rappelle a l’ordre et evoque alors comment le travail etait percu et vecu bien des annees auparavant. Il dit qu’autrefois « c’etait le travail qui portait le poids de la mauvaise conscience. ». Effectivement il fait par exemple reference aux « nobles », leur rapport au travail tait quasi nul, ils possedaient des terres des richesses et de nombreux domestiques et esclaves. Les taches domestiques ou agricoles etaient effectuees par eux. Travailler leur etait impossible, ils ne le voulaient pas et n’en avaient pas l’interet. Le travail etait attribue aux basses classes sociales, aux pauvres, c’etait un moyen de survivre, les nobles et l’aristocratie repugnait a travailler, c’etait quelque chose de mal vu, de non respectable contraignant et surement sale. Quand la vie ou les conditions ne leur laissaient le choix de travailler, ils n’en etaient pas fieres mais meprisants.

On peut aussi y rattacher a la blancheur de leur peau, les hommes bronzes etaient apparentes a ceux qui travaillaient dans les champs sous le soleil ardent. Pour les esclaves le travail etait impose, sans issue, ils n’eprouvaient aucune satisfaction dans sa pratique mais une honte, un mepris; « le « faire » soit meme etait quelque chose de meprisable en soi ». Ici le travail etait plutot un fleau, denigre plutot que glorifie. Les avancees technologiques et du niveau de vie general ont amene a une nouvelles vision du travail, mais surtout une nouvelle place, qui ne cesse de s’agrandir au deficit de nos autres activites.

Argent, pouvoir, respect font desormais parti du monde du travail d’apres Nietzsche, ils representent l’element premier de celui ci. Il occupe une tres grande partie de la vie des individus, c’est l’activite a laquelle ils consacrent le plus de leur temps. Ils perdent ainsi contact avec l’exterieur, les loisirs, les temps entre amis ou en famille ne sont que secondaires voire presque inexistants. Il en ressort que les gens ne s’interessent plus ou presque pas a d’autres formes de travail ou d’activites qu’elles soient ludiques, pedagogiques, sociales ou artistiques.

Ces activites deviendraient meme un privilege ou un luxe reserves a qui en a le temps et l’argent; « S’il est encore quelque plaisir a la vie de societe et aux arts, ils sont du genre de ceux qui se reservent des esclaves ». Il en devient que le repos est exprime comme un « besoin » et non comme quelque chose de naturel et d’evident. Nietzsche nous dit qu’il devient meme une « honte » que d’exprimer son envie de prendre du recul, du repos mais surtout de s’occuper de soi meme. Les consequences sont profondes, on ne songe plus a vivre une vie contemplative, ou a se laisser aller et profiter de son milieu, de ses contacts.

Il parait a l’Homme que ce n’est plus acceptable, que s’en est presque immorale, les plaisirs detourneraient de la « bonne conscience » que procure le travail. Triomphalement le travail s’impose dans l’esprit comme un commandement et pousse notre conscience a reprimer ses envies d’autre chose, de se laisser aller sans contrainte et epuisement incessant. On a l’impression en suivant le deroulement de l’argumentation que le travail est un socle et le reste n’est qu’attraction et penchant que l’ont pourrait presque ne plus pouvoir approcher ou gouter.

L’individu vit dans cette societe et de ce fait n’est plus conscient de la valeur reelle du travail et comment son existence est alienee par celui-ci. Il ne ressent pas entierement la « joie », procuree en dehors du travail, elle est amoindrie, appauvrit. Enfin il occupe vraiment toute l’espace spatiotemporel, il empeche de nombreuses possibilites d’escapades. Des le debut de l’extrait Nietzsche fait mention d’un desir de pouvoir a certains moments sortir de la routine du travail. Il mentionne des heures de pseudo temps libre ou l’individu lacherait prise et ou il pourrait « s’etendre largement et lourdement ».

Tout porte a croire qu’il aurait besoin que l’imposante pression retombe, une envie de respirer et de dire ouf. De plus, il critique fortement la medisance des gens envers la joie. Il utilise le terme d’affliction pour designer la «modestie de la joie » chez les gens cultives et incultes. Il est outre par le peu d’egard qu’ils accordent envers la joie. Elle est presque en bas d’echelle, elle n’est pas du tout valorisee comme l’est le travail. Elle pourrait presque etre consideree comme un peche. Si on creuse un peu il se pourrait que Nietzsche veuille dire que eu importe l’education, la categorie sociale, le travail a le meme principal impact sur notre point de vue et notre conscience. Comme deja dit il se fait symbole d’une bonne conscience, d’une marche a suivre et l’assurance de bien vivre, il ecarte le reste des possibilites dont la joie qui serait alors une entorse. Les gens temoignent de plus en plus de « suspicion », de mefiance envers elle car ils ne la connaissent peu, ou plutot la meconnaissent. Beaucoup de prejuges persistent aussi, la religion peut avoir de nombreuses incidences sur notre vision du travail, de la joie et du desir.

Elle nous conduit a ne pas s’autoriser certains plaisirs. Elle peut etre rattachee justement aux activites dites sociales, artistiques, ainsi elle pourrait permettre un soulagement au poids du travail, l’esclave en serait surement apaise,repose et peut etre instruit. «esclaves abrutis par les corvees ». Malgre l’evolution du travail, et les differentes fonctions et representations qu’il eut, la joie et les plaisirs ont toujours ete reserves a une elite, une haute classe, a ceux qui en avaient les moyens et le pouvoir.

Nietzsche ne fait ici que rappeler ces faits en citant les «prejuges antiques », en sorte il y aurait une sorte de spirale que peut etre le travail pourrait liberer, si il est utilise, bien interprete et mis en place. Pour conclure cet extrait est une longue reflexion qui determine les fonctions, attributs et l’evolution du travail. Nietzsche apporte son point de vue et sa propre vision de sa societe, il est clair qu’il la critique en justifiant ce qu’il declare. Son analyse souleve bien sur des questions importantes dans son contexte historique mais encore aujourd’hui.

Est ce que notre existence est alienee par notre travail? N’accordons nous pas trop d’importance et d’energie dans celui-ci ? Notre heritage culturel et nos valeurs morales pourraient etre la source d’un delaissement de certaines de nos activites et de certains principes ou coutumes. Nietzsche nous a presente etapes par etapes l’acheminement d’un point a un autre c’est dire le passage d’un travail meprise, deteste et mortuaire a un travail glorifie, symbolique de toute une societe.

Bien sur il nous fait comprendre que rien n’est du au hasard, d’une epoque a une autre les m? urs evoluent et l’homme est balance, divise, ainsi on ne peut encore savoir ce que le travail pourrait encore faire et si demain on sera completement a son service ou au service de nos desirs. Nietzsche a sur nous exposer en quelques phrases l’ensemble des enjeux du travail. C’est une synthese du conflit interne de nos consciences entre devoir et plaisir, desirs et necessite, travail et joie.