Peut-on se mentir à soi-même

Peut-on se mentir à soi-même

‘étymologie du mot mensonge renseigne de façon très efficace sur sa signification. Le mot est en effet dérivé du latin mens, qui signifie intelligence. Ainsi, le menteur est un être intelligent. En effet, mentir implique de non seulement savoir la vérité pour la transformer, mais aussi d’avoir la capacité de la modifier. Platon souligne par exemple cela dans Hippias mineur, en affirmant que « le menteur, capable de tromper exprès ou sciemment, est supérieur au véridique, car il peut  » l’un & l’autre » » Mentir, c’est donc dire le faux, c’est à dire altérer la vérité.

Cest ourquoi le mensonge est une notion à relier directement à celle de la vérité, car sans vérité, il n’y a pas de mensonge possible. Mais pour autant, cette définition du mensonge est incomplète ‘Vipe View next page parce qu’on ne parle de façon sincère et in différencie capitale e e – in intentionnelle, à Pi des siècles, des scien e Fon dit le faux oi il existe une eur, car l’erreur est r exemple, pendant théories qui se sont avérées fausses, mais peut-on dire pour autant qu’ils se soient mentis et qu’ils aient menti aux autres ?

Non, car dans ce genre de cas, on parlera

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plutôt d’erreur, car les scientifiques ne onnaissaient tout simplement pas la vérité, il n’y avait donc pas Swipe to page de volonté de tromper. Ainsi, par se mentir à soi-même, on entend le fait que l’Homme trompe sa propre personne, se détourne d’une vérité dont il a conscience et qu’il ne semble pas pouvoir ou vouloir accepter. Se mentir à soi-même, c’est donc se protéger d’une réalité qui nous semble impossible ou encore se bercer d’illusions. De fait, peut-on se mentir à soi-même ?

En raisonnant par contraposée, on peut se également se demander simplement si il est aisé de se dire la vérité. De plus, si je peux me mentir à moi- ême, c’est sans doute qu’une partie de moi connaît quelques vérités qu’une autre partie de moi préfère ne pas connaître. Comment un tel dédoublement est-il possible ? Comment l’auteur dun mensonge pourrait être dupe de ce même mensonge ? Ainsi, nous verrons en premier lieu que le fait de mentir à soi même dépend en fait de certaines conditions.

Ensuite, nous observerons que la réponse à cette question dépend de la conception que l’on a de la conscience, et nous finirons avec la mauvaise foi, qui semble s’apparente au vrai mensonge à soi. I. En premier lieu se mentir à soi même semble difficilement nvisageable par rapport à la définition du mensonge, c’est pourquoi il faut ajouter certaines conditions. • On peut commencer par dire que selon Descartes, la conscience est transparente à elle même.

Si l’on suit la définition de la conscience et du Cogito de Descartes, ce n’est pas possible : en considérant la cons 2 définition de la conscience et du Cogito de Descartes, ce n’est pas possible : en considérant la conscience comme la substance qui nous définit, comment pourrait-on la tromper sans nous en rendre compte ? Dans les 6e Réponses aux objections, Descartes stime qu’« il n’y a aucune pensée de laquelle, du le moment qu’elle est en nous, nous n’ayons pas une actuelle connaissance Le menteur, nécessairement conscient de la vérité, qu’il altère volontairement, ne peut donc pas croire au mensonge en même temps.

Ce point de vue tend à rendre le mensonge à soi-même radicalement impossible. En fait, tout le problème réside dans le fait qu’il est impossible de connaître à la fois la vérité et de croire au mensonge. • Ainsi, le fait de se mentir à soi même découle forcement de conditions, c’est à dire, des sortes de pathologies ou des vices humains. C’est grâce aux critères du mensonge définis précédemment que l’on peut discerner les différents cas possible du mensonge à soi même.

Ainsi, dans le cas de la pathologie, deux problèmes se posent : celui de l’intention trompeuse, et celui du moi-même : si l’on est malade, a-t-on réellement Pintention de se tromper ? En plus, un fou est aussi appelé un aliéné, mot dont l’origine latine alienus signifie « rautre », un aliéné est un autre, un étranger à lui-même. Il ne peut pas se mentir, puisqu’il n’est plus lui-même. Par ailleurs, si l’on considère le cas de l’ignorance, plusieurs inte 3 ‘est plus lui-même. ar ailleurs, si l’on considère le cas de l’ignorance, plusieurs interrogations apparaissent: peut-on se mentir quand on ne sait Cela revient à se demander si peux vraiment connaitre la la vérité, et donc être sincère avec moi-même ? Finalement , est-ce que cela ne revient pas à dire que je me mens à moi-même en permanence ? Par exemple imaginons une tasse de café. Sans me poser de questions, je la bois. À la seconde tasse, je m’interroge. Ai-je raison ?

Est-ce soutenable ? À l’autre bout du monde, des paysans sont obligés de se consacrer à la culture du café, alors qu’ils ourraient à la place cultiver des denrées qui permettrait de les nourrir, et éviter d’etre dependant du cours du café. Et tout cela pour satisfaire uniquement mon plaisir, mon luxe. Tant je ne me suis pas posé la question, que je n’ai pas fait l’effort intellectuel de la réflexion, je ne suis pas réellement conscient des conséquences de mes actes.

Mais si je continue à boire du café la conscience tranquille, on ne peut donc pas considérer que je me mens à moi-même, puisque je ne suis pas conscient de ce que je fais. En fait, plutôt que de parler de mensonge à soi-même, c’est plutôt à une forme de aresse intellectuelle que nous sommes confrontés. La question est de savoir si cela revient au même : Jankélévitch dans Du Mensonge dit que « Le mensonge est r] l’opium du moindre effort Selon lui, la paresse intellectuelle es 4 dit que « Le mensonge est l’opium du moindre effort Selon lui, la paresse intellectuelle est donc bien un mensonge.

Cependant, comme il le souligne avec l’image de l’opium, ce n’est pas un mensonge à part entière, dans la mesure où on ne marque pas l’intention de mentir, de tromper. On est plutôt victime d’une illusion, d’une drogue. L’être humain se définissant ar sa conscience, si je n’ai plus conscience de moi et de mes actes, je ne suis plus moi-même. Ainsi on voit qu’il est difficilement envisageable de se mentir à soi même au sens propre du terme si l’on considère le problème de façon tout à fait neutre.

Cependant, si l’on considère les divers vices et pathologies de Fêtre humain, on voit donc qu’il y a des cas ou rhomme se ment à lui même, mais par paresse intellectuelle, ou par Ignorance. Il. Cependant, se mentir à soi reste assez possible, selon que l’on considère la conscience de façon différente. • Freud considère que le psychisme comprend plusieurs entités ui se mentent les unes aux autres. Tout d’abord, on peut se demander si se considérer comme individu, c’est-à-dire comme un être unifié, n’est pas quelque chose d’illusoire?

En effet, à tous points de vue, nous sommes divisibles : nous sommes par exemple constitués d’organes, eux- mêmes constitués de cellules, puis d’atomes… L’hypothèse que notre pensée, notre conscience, seraient elles-aussi divisibles n’est donc, au vu de ces observations, pa S pensée, notre conscience, seraient elles-aussi divisibles n’est donc, au vu de ces observations, pas à exclure. C’est l? u’intervient la théorie de l’inconscient : en supposant que je possède non seulement une conscience, mais aussi un inconscient, je suis parfaitement capable, connaissant la vérité, de me mentir à moi-même.

Si mon inconscient dissimule la vérité ? ma conscience, on envisage une forme de mensonge à soi-même. Ainsi, Freud affirme que l’inconscient est renard et la conscience n’en est que le loup, l’objet de manipulations du renard. Mettons désormais que l’on connaisse la vérité. Peut-on se la cacher sciemment ? C’est là qu’un autre problème se pose à nous : le mensonge ne fonctionne que si il y a quelqu’un ? manipuler : au renard, il faut forcement un loup. C’est l? qu’intervient une nouvelle caractéristique du mensonge : sa dualité.

Il implique deux personnes : le trompeur & le trompé. On peut schématiser ainsi le mensonge : le menteur, Intelligent, connaît la vérité mais l’altère volontairement, et le dupé ne connaît que le mensonge, la version altérée la vérité et y croit. Dans ce cas, dans quelle mesure est-il possible de se mentir à soi même Sommes-nous capables de posséder à la fois l’intelligence necessaire pour former le mensonge, et la crédulité pour y adhérer ? Pouvons-nous duper notre propre conscience ?

C’est là que la perception de la conscience et la croyance en l’inconscient prend toute sa l’inconscient prend toute sa dimension, car c’est uniquement dans cette situation là que le mensonge à soi est envisageable sans que des paramètres comme ceux vu en 1 Inten,’iennent. Donc voit que la capacité à se mentir à soi même depend de la conception que l’on de l’esprit et de la conscience. Ill. Cependant, beaucoup considèrent que le vrai mensonge à soi est la mauvaise foi • Mentir ne peut être qu’un acte conscient : c’est de la mauvaise Puisque nous ne sommes pas omniscients, c’est à dire nous ne savons tout sur tout.

Nous ne pouvons pas arriver à la vérité absolue. Les limites de l’intelligence humaine peuvent entraîner une forme de mensonge à soi-même. Mais le fait de reconnaître que l’on peut pas atteindre la vérité n’est-ce pas reconnaître qu’on est forcément de mauvaise foi ? Puisque, comme l’explique Sartre dans L’être & le néant, la mauvaise foi correspond au mensonge à soi-même : Il dit à ce propos « On dit indifféremment d’une personne qu’elle fait preuve de mauvaise foi ou qu’elle se ment à elle-même. Y. Ainsi, lorsqu’on a conscience de ne pas pousser un raisonnement jusqu’au bout, est-ce que c’est se mentir à soi- même ?

On peut en effet considérer que lorsqu’on décide de ne pas réfléchir plus loin ce n’est pas vraiment entièrement de bonne foi, parce que parfois, au fond de nous, on sait que la réponse que nous serions en mesure de parce que parfois, au fond de nous, on sait que la réponse que nous serions en mesure de trouver ne serait pas à notre gout. C’est donc parfois l’intuition de pensée négative qui nous empêche de penser. Et c’est ce qui fait la mauvaise foi, et le mensonge a soi meme. ne autre question qui se relie à la mauvaise fois est : peut- on mentir quand on ne sait pas, quand on fait face à l’inconnu ?

Dans le cas de l’ignorance par exemple, on peut basculer dans la mauvaise foi : prenons l’exemple d’une relation amoureuse la plupart du temps, on ne peut pas donner de réponse à la question « que fait-il (ou elle) en ce moment, me trompe-t- il (ou elle) À partir du moment où Fon se persuade que « il ou elle ne me trompe pas on se retrouve dans la croyance : la vérité serait « je ne sais pas et donc le fait de dire « je sais » est déjà un mensonge. Puisqu’il est possible de se persuader de a véracité d’une hypothèse, on peut considérer qu’a travers la mauvaise foi, il est possible de se mentir à soi-même ?

Ainsi, la conscience qu’a l’Homme de sa non-omniscience peut donc le conduire à l’évidence qu’il se ment à lui-même, dans la mesure où il sait désormais qu’il refuse de rechercher jusqu’au bout la vérité, quitte à se contenter de pseudo-réponses qu’il sait pourtant être illusoires, ou à imaginer une vérité qu’il ne connaît pas. Mais on peut nuancer cela en revenant donc à l’idée de dualité, avec Sartre, toujours dans L’être 8 avec Sartre, toujours dans L’être & le néant, qui affirme que « Par le mensonge, la conscience affirme qu’elle existe par nature comme cachée à autrui b.

Donc pour se mentir à soi-même, il faut être en mesure de se dissimuler la vérité. Il faudrait ainsi cacher sa conscience à sa propre conscience. Ce paradoxe apparaît comme impossible à démêler tant que l’on considère la conscience comme unité. Sartre le résume en une phrase : « La dualité du trompeur et du trompé n’existe pas ici » : le mensonge à soi même requiert bien deux consciences distinctes. Pour conclure, on peut considérer que fon ne peut se mentir ? soi-même que sous certaines conditions.

On ne peut envisager une forme de mensonge à soi même que dans les cas que l’on a évoqué avec la première partie, notamment la paresse intellectuelle et l’ignorance. La seule hypothèse permettant de concevoir le mensonge ? soi-même dans toutes les situations est celle de l’existence d’un inconscient qui permet d’établir la dualité nécessaire au mensonge. Dans ce cas, on arrive même jusqu’à se demander si on peut envisager Vidée même d’une liberté humaine et d’un libre arbitre, puisque dans ce cas là notre inconscient, sur lequel nous n’avons que peu de contrôle, peut nous tromper et nous manipuler ? volonté. 9