Palais de medicis

Palais de medicis

Durant la premiere moitie du XVe siecle, sous l’impulsion de Brunelleschi, Florence fut l’un des centres principaux d’innovations architecturales. A cette epoque, Come de Medicis dirigeait officieusement la ville, le gouvernement republicain apparaissant comme detenteur du pouvoir. Riche et puissant, il demanda a Brunelleschi, en 1434, de lui construire un palais familial proche du centre de la ville. Mais le projet, trop ambitieux selon Come de Medicis qui ne devait pas laisser deviner aux citoyens qu’il detenait des privileges et des pouvoirs uniques, fut refuse.

Dix ans plus tard, cet homme fortune renouvela sa demande en s’adressant alors a un architecte qui avait deja exerce pour lui lors de la reconstruction de San Marco, Michelozzo di Bartolommeo. Celui-ci, ancien eleve du celebre Ghiberti, avait entame sa carriere d’artiste en tant que sculpteur, collaborant egalement avec Donatello, puis s’orienta par la suite vers l’architecture, devenant alors un disciple de Brunelleschi. Plein du savoir de ce dernier, Michelozzo entama alors, en 1444, les travaux du palais de Medicis, ou Come de Medicis put s’etablir en 1457.

Nous pouvons alors nous demander quelles sont les specificites innovantes de cet edifice. Tout d’abord, nous nous interesserons a l’aspect exterieur de celui-ci, puis nous etudierons les particularites de

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la cour interieure. L’edifice, situe a l’angle de la via Larga et de la via de Gori, apparait sous la forme d’une masse cubique, rappelant l’effet de bloc du palais Pitti. Tout en pierre, il est divise en dix travees de cote et presente trois etages de taille decroissante, la superficie du rez-de-chaussee etant plus etendue que celle du dernier etage.

L’appareil du rez-de-chaussee est grossier et volontairement irregulier, cette technique de parement en bossage s’inspire des palais Pitti et Vecchio, et evoque egalement d’anciens edifices romains tel que le Forum d’Auguste. Mais la specificite qu’y apporte Michelozzo se denote dans l’appareil des deux etages superieurs. En effet, l’etage noble presente des joints plus legerement creuses, tandis que l’etage superieur affiche des pierres lissees. Ce degrade novateur anime la facade et permet a l’edifice de paraitre plus haut.

Les baies du rez-de-chaussee, de forme rectangulaire et surmontees d’un fronton, s’inscrivent chacune dans une arcade aveugle mise en valeur par un claveau rayonnant. Elles sont disposees regulierement le long de la facade, donnant un rythme a celle-ci. Separant les etages, un bandeau a denticule s’etend le long du batiment. Reposant sur celui-ci, des fenetres embrassant sous un arc unique en plein cintre deux baies geminees, egalement surmontees d’un claveau rayonnant, evoquent les baies gothiques du palais Vecchio, reinterpretees d’une facon nouvelle.

A l’etage superieur, les baies suivent le meme schema que l’etage noble, renforcant la regularite du rythme de l’edifice, celui-ci semblant alors s’allonger indefiniment le long de la rue. L’inspiration antique du bossage du rez-de-chaussee trouve un echo dans la corniche a console qui clot la composition, celle-ci ajoutant encore a l’effet massif et imposant du batiment. La disposition interieure est organisee autour d’une cour de plan carre, bordee de portiques a trois arcades de chaque cote, a laquelle on accede par un vestibule voute en berceau.

Au-dessus des arcades se presente un bandeau orne de medaillons a l’antique, sur lequel reposent des baies semblables a celles de la facade exterieure. L’influence de Brunelleschi semble ici evidente, les arcs en plein cintre reposant sur des colonnes a chapiteaux surmontes d’un bandeau, que coiffe une corniche servant d’appui aux baies, rappellent en effet la facade de l’hopital des Innocents, comme si celle-ci avait ete pliee autour de la cour.

Le vocabulaire du maitre florentin rend a la disposition de la cour une regularite et une symetrie repondant au courant d’innovation de la Renaissance architecturale de Florence. L’agencement des appartements est organise autour de cette cour. Un escalier a volees droites conduit au premier etage ou se trouve la grande salle, l’appartement de Come de Medicis, la chambre et le cabinet, ainsi que la chapelle. La disposition generale de l’edifice evoque les cloitres laiques, telle une adaptation au logis urbain de l’ordonnance paisible des couvents.

Le porche d’entree conduit, suivant un axe, a travers la cour jusqu’au jardin arriere, fleuri et lumineux. Cette perspective axiale met en valeur l’interpretation des volumes, permettant une harmonie de la disposition interieure. Nous avons donc vu que la facade exterieure apparaissait novatrice dans le traitement en degrade de l’appareil, et respectait une regularite rythmant l’elevation et accentuant la longueur et la hauteur du batiment, celui-ci s’en trouvant d’autant plus impressionnant.

L’agencement interieur, quant a lui, est mis en valeur par la cour symetrique et reguliere elle aussi, presentant un vocabulaire antique reinterprete tel que savait le faire avec magnificence Brunelleschi. Michelozzo mis ainsi au point l’edifice palatial qui servit par la suite de modele a de nombreux palais, tel que le palais ducal d’Urbin de Luciano Laurana. Bibliographie : Murray Peter, L’architecture de la Renaissance italienne, Paris, 1990. Turner Almond Richard, La Renaissance a Florence : la naissance d’un art nouveau, Paris, 2008. Chastel Andre, L’art italien, Paris, 1995.