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N°7 31 AOUT 2000 Page 117 a 224 Le BULLETIN OFFICIEL DU MINISTERE DE LEDUCATION NATIONALE ’ ET DU MINISTERE DE LA RECHERCHE NUMERO HORS-SERIE q PROGRAMMES DES LYCEES

Francais et langues anciennes, series generales et technologiques Education civique, juridique et sociale, series generales Enseignement scientifique, serie economique et sociale et serie litteraire Histoire-geographie, serie scientifique Mathematiques, option facultative, serie litteraire et serie scientifique Mathematiques-informatique, serie litteraire Physique-chimie, serie scientifique Sciences economiques et sociales, serie economique et sociale Sciences de la vie et de la Terre, serie scientifique

VOLUME 5 : CLASSE DE PREMIERE 118 Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE PROGRAMMES DES LYCEES CLASSE DE PREMIERE – VOLUME 4 5 Enseignements artistiques – obligatoires, au choix ; serie litteraire – facultatifs, series generales et technologiques 6 10 13 15 18 21 25 29 33 37 41 45 49 52 Annexes (nouveaux programmes applicables a partir de l’annee scolaire 2000-2001 (danse) et 2001-2002 (autres domaines) A. du 9-8-2000.

JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0002064A) Annexes Orientations generales Arts plastiques (enseignement obligatoire, au choix) Arts plastiques (enseignement facultatif) Cinema-audiovisuel (enseignement obligatoire, au choix) Cinema-audiovisuel (enseignement facultatif) Danse (enseignement obligatoire, au choix) Danse (enseignement facultatif) Histoire des arts (enseignement obligatoire au choix) Histoire des

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arts (enseignement facultatif) Musique (enseignement obligatoire, au choix) Musique (enseignement facultatif) Theatre – expression dramatique (enseignement obligatoire, au choix) Theatre – expression dramatique (enseignement facultatif)

Education physique et sportive – series generales et technologiques Nouveau programme applicable a partir de l’annee scolaire 2001-2002 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001929A) Annexe CLASSE DE PREMIERE – VOLUME 5 121 Francais et langues anciennes – series generales et technologiques Nouveaux programmes applicables a compter de l’annee scolaire 2001-2002 et 2002-2003 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001920A) Annexe 130 Education civique, juridique et sociale – series generales Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2000-2001 A. u 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001919A) Annexe 136 Enseignement scientifique – serie economique et sociale Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2000-2001 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001926A) Annexe 145 – serie litteraire Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2000-2001 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001925A) Annexe 158 Histoire-geographie – serie scientifique Allegement applicable a compter de l’annee scolaire 2000-2001 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0002060A) Annexe Le B. O.

N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE 119 160 Mathematiques – option facultative – serie litteraire Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2000-2001 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001928A) Annexe 164 – serie scientifique Amenagements applicables a compter de l’annee scolaire 2000-2001 et nouveau programme applicable a partir de l’anneescolaire 2001-2002 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0002062A) Annexe 176 Mathematique-informatique – serie litteraire Programme transitoire pour l’annee scolaire 2000-2001 et definitif pour l’annee scolaire 2001-2002 A. u 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001921A) Annexe 181 Physique-chimie – serie scientifique Programme applicable a compter de l’annee scolaire 2001-2002 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001927A) Annexe 206 Sciences economiques et sociales – serie economique et sociale Allegement et nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2001 -2002 A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0001918A) Annexe 213 Sciences de la vie et de la Terre – serie scientifique Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2001-2002 A. du 9-8-2000.

JO du 22-8-2000 (NOR : MENE0002063A) Annexe Directeur de la publication : Alain Thyrea u – Directrice de la redaction : Colette Paris Redactrice en chef : Nicole Krasnopolski – Redacteur en chef adjoint : Jacques Aranias Redacteur en chef adjoint (textes reglementaires) : Herve Celestin – Secretaire generale de la r e d a c t i o n : M a rtine Marquet – Preparation technique : Monique Hubert – Maquettistes : L a u re t t e A d o l p h e – P i e rre, Christine Antoniuk, Beatrice Heuline, Bruno Lefebvre , Karin Olivier, Pauline Ranck q R EDACTION ET REALISATION : Mission de la communication,

Bureau des publications, 1 1 0 , rue de Grenelle, 7 5 3 5 7 Paris cedex 0 7 . Tel. 01 55 55 34 50, fax 01 45 51 99 47 q DI F F U S I O N E T ABONNEMENT : CNDP Abonnements, B – 750 – 60732 STE GENEVIEVE CEDEX 9. Tel. 03 44 03 32 37, fax 03 44 03 30 13. q Le B. O. est une publication du ministere de l’education nationale et du ministere de la re c h e rc h e . -q Le numero :15 F – 2,29 -C q Abonnement annuel : 485 F – 73,94 -C q ISSN 1268-4791 q CPPAP n°777 AD – Imprimerie nationale – 0 000 xxx —

HORS-SERIE Le B. O. N° 7 31 AOUT 2000 121 FRANCAIS ET LANGUES ANCIENNES SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 NOR : MENE0001920A RLR : 524-6 MEN – DESCO A4 Vu L. d’orient. n° 89-486 du 10-7-1989 mod. ; D. n° 90-179 du 23-2-1990; A. du 25-4-1988 mod. ; A. du 14-12-1992; A. du 16-2-1977; A. du 15-9-1993 mod. ; A. du 18-3-1999 mod. ; avis du CNP du 13-6-2000; avis du CSE du 29-6-2000

Article 1 – A compter de l’annee scolaire 2001-2002, les dispositions de l’arrete du 25 avril 1988, susvise, relatives au programme de l’enseignement obligatoire du francais dans les series economique et sociale, litteraire, scientifique, sciences medico sociales, sciences et technologies industrielle, sciences et technologies de laboratoire, sciences et technologie tertiaires, techniques de la musique et de la danse, hotellerie, sont annulees et remplacees par celles fixees en annexe du present arrete. Article 2 – A compter de l’annee scolaire 2002- 2003, les dispositions de l’arrete du 25 avril 1988 susvise, relatives aux programmes des nseignements obligatoires au choix et facultatifs de latin et de grec ancien dans les series economique et sociale, litteraire, scientifique, techniques de la musique et de la danse, sont annulees et remplacees par celles fixees en annexe du present arrete. Article 3 – Le directeur de l’enseignement scolaire est charge de l’execution du present arrete qui sera publie au Journal officiel de la Republique francaise. Fait a Paris, le 9 aout 2000 Pour le ministre de l’education nationale et par delegation, Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Paul de GAUDEMAR 122 HORS-SERIE Le B. O. N° 7 31 AOUT 2000

FRANCAIS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES Annexe 1 Francais Enseignement obligatoire Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2001 – 2002 LE FRANCAIS AU LYCEE : PREAMBULE Le present texte indique les finalites de l’enseignement du francais au lycee d’enseignement general et technologique et specifie les objectifs a atteindre, les types de contenus a enseigner et les demarches a mettre en pratique pour chaque classe. Il en fixe les cadres et les principes; les modalites detaillees feront l’objet des documents d’accompagnement destines aux professeurs.

Ces documents, ainsi que le programme de premiere, seront definitivement arretes une fois que les professeurs concernes en auront pris connaissance et auront fait connaitre leurs experiences, avis et suggestions. I – FINALITES L’enseignement du francais participe aux finalites generales de l’education au lycee: l’acquisition de savoirs, la constitution d’une culture, la formation du citoyen et la formation personnelle. Ses finalites propres sont la maitrise de la langue, la connaissance de la litterature et l’appropriation de la culture.

Ces trois finalites interdependantes meritent une egale attention. – Il contribue a la constitution d’une culture par la lecture de textes de toutes sortes, en particulier d’? uvres litteraires significatives. Il forme l’attention aux significations de ces ? uvres, aux questionnements dont elles sont porteuses et aux debats d’idees qui caracterisent chaque epoque, dont elles constituent souvent la meilleure expression. Par la, il permet aux lyceens de construire une perspective historique sur l’espace culturel auquel ils appartiennent. Il favorise la formation personnelle des eleves en donnant a chacun une meilleure maitrise de la langue et en l’amenant a mieux structurer sa pensee et ses facultes de jugement et d’imagination. Il doit leur permettre, au terme de cette formation, de savoir organiser leur pensee et de presenter, par oral et par ecrit, des exposes construits abordant les questions traitees selon plusieurs perspectives coordonnees. – Il apporte a la formation du citoyen, avec la connaissance de l’heritage culturel, la reflexion sur les opinions et la capacite d’argumenter.

Cet enseignement s’inscrit donc dans la continuite de celui du college, mais ses demarches sont plus reflexives, afin de permettre aux lyceens de devenir des adultes autonomes, aussi bien dans leurs etudes a venir que dans leur vie personnelle et leur integration sociale. Pour remplir ce role majeur dans leur formation culturelle, le francais doit a la fois leur apporter des connaissances et s’attacher a former leur reflexion et leur esprit critique. A – La formation de la pensee : les perspectives d’etude

L’etude des textes contribue a former la reflexion sur: L’histoire litteraire et culturelle Elle doit permettre aux eleves de decouvrir et de s’approprier l’heritage culturel dans lequel ils vivent. Elle les aide a comprendre le present a la lumiere de l’histoire des mentalites, des ideologies et des gouts. Elle repose avant tout sur la connaissance de la litterature francaise. Mais elle doit aussi donner des ouvertures sur les espaces culturels francophone et europeen qui lui sont historiquement lies. Elle implique la mise en relation de textes litteraires et de textes non litteraires, ainsi que de l’ecrit et d’autres langages.

Au college, les eleves ont lu des textes porteurs de references culturelles majeures. Au lycee, l’approche de l’histoire litteraire et culturelle se fait de facon plus reflexive. Elle permet de saisir les grandes scansions historiques que constituent les changements majeurs dans les facons de penser et de sentir, mais aussi dans les facons de s’exprimer. Les genres et les registres Le langage en general, et l’art litteraire en particulier, a pour propriete specifique d’exprimer des attitudes et emotions fondamentales, communes a tous les hommes, qui prennent forme dans les genres et les registres de l’expression.

Il convient donc de donner aux lyceens un acces a ce patrimoine commun de l’humanite. L’elaboration de la signification et la singularite des textes La lecture et l’ecriture de textes varies permettent aux eleves de mieux percevoir comment tout texte s’inscrit dans des ensembles, mais presentent est aussi des particularites liees a la situation ou il est elabore, au projet de son auteur et aux conditions de sa reception; les eleves peuvent ainsi discerner comment la signification est influencee par la situation, mais aussi saisir l’originalite et l’apport des ? vres litteraires majeures, en ce qu’elles se distinguent des contraintes usuelles. L’argumentation et les effets de chaque discours sur ses destinataires L’examen de debats d’idees majeurs, qui ont marque l’histoire culturelle, permet d’eclairer les rapports humains dans la confrontation d’idees, la facon dont s’elaborent les diverses sortes d’arguments et leurs influences sur les interlocuteurs. RANCAIS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES F Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE 123

Ces quatre perspectives d’etude sont necessaires pour acceder, de facon reflechie, au sens des textes lus et a la formation du jugement et de l’esprit critique. Elles permettent ensemble d’acceder a une lecture variee des textes. Elles sont complementaires. Cependant, l’enseignement du francais au lycee doit permettre aux eleves de se les approprier progressivement. On aura soin de mettre en avant, pour chaque objet etudie, la perspective ou les perspectives les plus pertinentes. B – Les connaissances : les objets d’etude Les textes La formation d’une culture et la connaissance de la litterature emandent des lectures nombreuses et diversifiees. L’enseignement du francais au lycee porte donc avant tout sur les textes, en particulier litteraires. En effet, les ? uvres litteraires, par leurs effets esthetiques et par les idees qu’elles portent, representent a cet egard des objets d’une richesse particuliere. La lecture d’? uvres majeures du passe et d’? uvres contemporaines permet aux eleves de developper leur curiosite et de nourrir leur imagination, tout en leur faisant acquerir les elements d’une culture commune.

La langue La maitrise de la langue est la condition premiere de l’acces aux textes et de la formation de la pensee. Elle engage l’identite individuelle et collective. Aussi represente-t-elle une finalite essentielle et doit-elle etre enrichie sans cesse pour repondre aux besoins des lyceens. Une meilleure maitrise des formes de discours est a la fois une specificite de l’enseignement du francais et la condition de la reussite dans les autres disciplines.

Les eleves doivent donc devenir capables d’user avec pertinence, tant a l’oral qu’a l’ecrit, des principales formes de discours pour confronter de maniere coherente et convaincante plusieurs types de representations, d’analyses ou d’idees. A cette fin, on ne manquera pas d’associer a l’etude des textes et a l’expression ecrite des temps d’etude de la langue, du point de vue morphologique, syntaxique, discursif et stylistique. La formation d’une culture La culture prend forme par les lectures et par la mise en relation des textes entre eux. Mais elle exige aussi de les confronter a d’autres angages, en particulier le discours de l’image. D’autre part, elle se structure grace a une mise en perspective historique. A cet egard, la richesse des savoirs pour l’etude des textes et de la litterature impose de privilegier, au cours des annees de seconde et de premiere, les mouvements et phenomenes qui constituent les grandes scansions de l’histoire litteraire et culturelle, et les genres majeurs. La mise en perspective historique se construira donc par l’approche des moments cles de l’histoire des lettres, de la pensee et de l’esthetique.

II – PROGRESSION D’ENSEMBLE – Le college a donne les elements d’une approche chronologique de l’heritage litteraire et culturel; le lycee est le lieu propice pour approfondir celle-ci et l’etudier de facon reflexive, en faisant percevoir les liens (de continuite et de ruptures) entre passe et present. L’accent mis sur la lecture d’? uvres completes et de groupements de textes significatifs oblige a tenir le plus grand compte des competences reelles des lyceens face a des ecrits longs et parfois complexes. En fonction des difficultes de lecture que presentent les ? vres relevant d’un etat de langue historiquement eloigne, on portera davantage l’attention, sans exclusive cependant, sur des textes et mouvements litteraires et culturels des XIXeme et XXeme siecles en seconde, et sur des textes et mouvements anterieurs en premiere. De meme, on privilegie en seconde le domaine francais et francophone, et on donne en premiere des ouvertures sur la dimension europeenne. – Les genres ont ete abordes au college; au lycee, ils sont etudies methodiquement, y compris dans leurs evolutions et leurs combinaisons.

Les registres (par exemple, le tragique ou le comique) sont abordes en seconde, puis approfondis en premiere. Leur etude permet une mise en relief des modes de connaissance de l’humain et du monde propres a la litterature, et favorisera des relations entre les lettres et la philosophie lorsqu’on abordera celle-ci en terminale. – La reflexion sur la production et la reception des textes constitue une etude en tant que telle au lycee, alors qu’au college elle n’a fait l’objet que d’une initiation. En seconde, on s’interroge sur le processus meme de l’ecriture.

En premiere, on envisage les differentes formes de reecritures et de relations entre les textes. – Les elements de l’argumentation ont ete abordes au college; au lycee, ils sont envisages sur un mode plus analytique. La classe de seconde met surtout en lumiere les facons de convaincre et persuader ; la classe de premiere, les formes et pratiques liees a la deliberation. III – MISE EN ? UVRE Le francais au lycee doit donner une culture active. Elle est necessaire pour que se developpe la curiosite des lyceens, condition premiere du gout de lire et de s’exprimer et du plaisir pris aux lettres et aux langages.

A cette fin: – La lecture est privilegiee: des lectures abondantes et variees sont indispensables. On fait donc lire aux eleves au moins 6 ? uvres litteraires par an et de nombreux extraits. Pour l’etude des textes, qui est le but premier, il existe diverses demarches critiques; le professeur les choisit en fonction des situations d’enseignement, mais ces demarches, ainsi qu’un necessaire vocabulaire d’analyse qui doit rester limite, ne constituent pas des objets d’etude en eux-memes : elles sont au service de la comprehension et de la reflexion sur le sens. Les productions ecrites et orales sont diversifiees: elles permettent en effet une meilleure comprehension des lectures en meme temps qu’une amelioration de la maitrise de la langue, des discours et des capacites d’expression. Des exercices brefs et frequents developpent l’ecriture d’invention en meme temps que l’ecriture d’analyse et de commentaire. – Le travail sur la langue est realise a partir des textes etudies mais aussi a partir des productions des eleves, de facon a ameliorer la maitrise de la langue par la pratique en meme temps que par l’analyse. On developpe une organisation du travail en ensembles coherents, ou sequences, de facon a articuler autour d’objectifs communs le travail sur la langue, les lectures, l’expression orale et l’ecriture. Le programme indique les objets d’etude qui sont abordes a chaque niveau, de facon a assurer le cadre d’une progression commune de la seconde a la premiere. Mais le choix des ? uvres et des textes correspondants, ainsi que les modalites de leur etude et les exercices appropries relevent de la competence des professeurs.

En particulier, un objet d’etude peut etre aborde a l’interieur d’une ou plusieurs sequences; une sequence peut aussi rassembler des elements issus de plusieurs objets d’etude. En alliant connaissances, capacite de reflexion personnelle et mise en place de methodes de travail, on donne aux eleves des references solides et on les rend capables d’acceder ensuite par eux-memes a d’autres connaissances. 124 HORS-SERIE Le B. O. N° 7 31 AOUT 2000 RANCAIS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES F PROGRAMME DE PREMIERE I – OBJECTIFS

L’enseignement du francais en classe de premiere poursuit, pour les eleves de toutes les sections du lycee d’enseignement general et technologique, les objectifs fondamentaux du francais au lycee: une maitrise sans cesse accrue de la langue, la connaissance de la litterature, la constitution d’une culture et la formation d’une pensee autonome. – Pour la maitrise de la langue, le but est que les eleves soient aptes en fin d’annee a rediger un texte compose repondant a des questions ou des consignes precises, avec une syntaxe et un vocabulaire appropries, et a exprimer clairement leur pensee a l’oral. Pour la connaissance de la litterature, 6 ? uvres integrales seront lues dans l’annee (mais un nombre plus eleve est bien sur recommande), ainsi que des extraits. Conformement aux principes indiques dans le preambule “le francais au lycee”, ces textes sont etudies en ce qu’ils representent des formes d’expression qui mettent en jeu les proprietes des genres et des registres majeurs, qu’ils appartiennent a des periodes significatives de l’histoire litteraire et culturelle, qu’ils revelent des enjeux de l’experience humaine et participent de debats d’idees importants.

En fin de premiere, les eleves doivent disposer ainsi d’un ensemble de lectures constituant des references essentielles. – Pour la constitution de leur culture, les eleves sont amenes en fin d’annee de premiere, en s’appuyant sur les textes abordes dans cette classe ou dans les annees anterieures, a situer les grandes scansions de l’histoire litteraire et culturelle ainsi que les significations dont elles sont porteuses. Il ne s’agit pas a cet egard d’entrer dans tout le detail de l’histoire litteraire, mais de faire comprendre la nature et le sens des changements d’orientation esthetiques ou culturels les plus decisifs.

En serie L, cette mise en perspective historique fera l’objet d’une attention particuliere et sera plus approfondie. – Pour la formation d’une pensee critique autonome, au terme de l’enseignement commun obligatoire du francais, les lyceens doivent etre en mesure de lire, comprendre et commenter par eux-memes un texte, en reperant les questions de langue, d’histoire, de contexte, d’argumentation et d’esthetique, qui peuvent etre pertinentes a son sujet.

II – CONTENUS A – Les perspectives d’etude Dans la continuite de la classe de seconde, il s’agit avant tout d’amener les eleves a savoir construire la signification des textes et des ? uvres. A cet effet, on continue de privilegier quatre perspectives d’etude: – l’etude de l’histoire litteraire et culturelle; – l’etude des genres et des registres; – l’etude de l’argumentation et des effets sur les destinataires; – l’etude de la signification et de la singularite des textes.

La progression entre la classe de seconde et celle de premiere porte donc sur l’acquisition des connaissances et sur le developpement des aptitudes suivantes: – la capacite de deliberer; – la reflexion sur les registres; – la reconnaissance des principaux genres et la comprehension de leurs evolutions et combinaisons ; – la mise en perspective des grandes ruptures qui scandent l’histoire litteraire et de leur signification; – la familiarisation avec quelques grands debats ou idees qui ont marque l’histoire culturelle.

B – Les objets d’etude La liste des objets a etudier en premiere complete celle de la classe de seconde. Comme pour celle-ci, les objets d’etude retenus pour l’annee de premiere seront abordes selon: – une perspective dominante, qui constitue l’approche la plus pertinente pour chacun de ces objets d’etude; – une (ou des) perspective(s) complementaire(s) permettant d’etudier les textes et les ? uvres dans leur complexite. – Un mouvement litteraire et culturel francais et europeen du XVIeme au XVIIIeme siecle En partant des textes, en menageant des temps de recherche autonome et en s’appuyant sur les acquis de seconde en matiere de contextualisation, il s’agit d’amener les eleves a approfondir la notion de mouvement litteraire et culturel (auteurs, ? uvres, contextes) lorsqu’elle concerne un phenomene europeen; on construit des relations de comparaison et de chronologie avec les mouvements etudies en seconde. – Corpus: une ? uvre litteraire au choix du professeur et un ensemble complementaire de textes et de documents (y compris des images). Perspective dominante: histoire litteraire et culturelle. – Perspective complementaire: etude des genres et des registres. NB. Un mouvement est etudie en tant que tel; d’autres le sont a propos d’autres objets d’etude. Les documents d’accompagnement donneront des listes indicatives de mouvements appropries a la classe de premiere. 2 – La poesie L’analyse des enjeux des relations entre forme et signification permet de faire saisir aux eleves la specificite du travail poetique sur le langage. En situant une ? vre dans un mouvement litteraire, on fera discerner les continuites et les evolutions dans les conceptions de la poesie, notamment autour des representations de la modernite. Corpus : un recueil et/ou un groupement de textes, choisis par le professeur. Perspective dominante: etude des genres et des registres. Perspectives complementaires: approche de l’histoire litteraire et culturelle ; reflexion sur la production et la singularite des textes. 3 – Convaincre, persuader et deliberer: l’essai et le dialogue Il s’agit de developper la maitrise de la comparaison entre plusieurs opinions pour constituer la sienne propre.

Corpus : une ? uvre litteraire et un groupement de textes et de documents (y compris des images) au choix du professeur. Perspective dominante: etude de l’argumentation et des effets sur le destinataire. Perspective complementaire: etude des genres et des registres. RANCAIS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES F Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE 125 NB. Les documents d’accompagnement donneront a titre indicatif des problematiques appropriees a la classe de premiere. 4 – Le biographique Les rapports entre realite vecue, criture et fiction, a travers diverses formes du biographique (recits de vie, memoires, journal intime, biographie, autobiographie) sont analyses de facon a faire apparaitre les enjeux de l’expression de soi ou de l’image d’une personne. – Corpus:une ? uvre litteraire accompagnee de textes et de documents complementaires ou un groupement de textes et de documents, au choix du professeur. – Perspective dominante: etude des genres et des registres. – Perspectives complementaires: etude de l’argumentation et des effets sur le destinataire; etude de l’histoire litteraire et culturelle. – L’epistolaire Il s’agit de faire percevoir la diversite des formes de la correspondance (lettres authentiques, lettres ouvertes, romans epistolaires, correspondances d’ecrivains) et leurs fonctions esthetiques et argumentatives. Corpus : une ? uvre litteraire ou un groupement de textes, au choix du professeur. Perspective dominante: etude des genres et des registres. Perspectives complementaires: etude de l’argumentation et des effets sur le destinataire; etude de l’histoire litteraire et culturelle. – L’apologue Par la lecture de fables, de contes (en particulier philosophiques), d’exempla, d’utopies, il s’agit d’analyser le role du recit comme forme d’argumentation indirecte et de reperer les situations dans lesquelles ce genre a ete particulierement employe. Corpus : une ? uvre litteraire et/ou un groupement de textes et de documents (y compris des images) au choix du professeur. Perspective dominante: etude de l’argumentation et des effets sur le destinataire. Perspective complementaire: etude des genres et des registres. – Les reecritures L’analyse et la pratique des formes de reecriture par amplification, par reduction et par transposition (y compris par changements de style) font apparaitre le role des reecritures comme adaptation a des situations, des destinataires et des buts differents. On approfondit la reflexion sur l’usuel et l’original. Corpus : un groupement de textes au choix du professeur. Perspective dominante: reflexion sur la production et la singularite des textes. Perspectives complementaires: etude des genres et des registres; etude de l’argumentation et des effets sur le destinataire. – Ecrire, publier, lire au passe Par l’analyse des conditions de production et de reception des ? uvres et des textes a un moment significatif de l’histoire culturelle, il s’agit de faire saisir les effets de ces conditions sur la signification des ? uvres et de faire percevoir, a cet egard, la perspective d’evolution historique. Corpus : un ou plusieurs ouvrages du XVIIeme, XVIIIeme ou du XIXeme siecle, au choix du professeur, et divers documents et extraits. Perspective dominante: approche de l’histoire litteraire.

Perspectives complementaires: etude des effets sur le destinataire; reflexion sur la production et la singularite des textes. Les objets 1 a 4 ci-dessus sont obligatoirement etudies dans l’annee, dans toutes les series d’enseignement general et technologique. Le professeur traite en plus selon les sections et selon le projet pedagogique de la classe: • Series Technologiques: l’objet d’etude 7 (et l’objet 5 a titre facultatif). • Series S et ES: les objets d’etude 5 et 6 (et les objets 7 et 8 a titre facultatif). • Serie L: les objets d’etude 5, 6, 7 et 8. III – DEMARCHE

Le professeur assure la mise en ? uvre des objectifs et des contenus au moyen de sequences d’enseignement qui associent la lecture, l’ecriture, l’oral et le travail sur la langue. Comme en classe de seconde, un objet d’etude peut etre aborde a l’interieur d’une ou plusieurs sequences et, naturellement, une sequence peut rassembler des elements issus de plusieurs objets d’etude. La duree des sequences peut varier en fonction du projet du professeur et des reactions des eleves. On veillera a ce que la duree moyenne n’excede pas 14 heures. Le professeur choisit les textes et les ? vres qu’il fait lire et etudier ; il organise son enseignement en tenant compte du niveau de ses eleves et de son projet pedagogique. IV – MISE EN ? UVRE ET PRATIQUES A – La lecture La classe de premiere poursuit l’effort engage en seconde pour assurer des lectures aussi nombreuses que possible. Il convient que les eleves lisent au moins 6 ? uvres litteraires par an, ainsi que des textes et documents tres diversifies. On approfondit la maitrise des deux formes de lecture: lecture analytique et lecture cursive. La lecture analytique a pour but la construction detaillee de la signification d’un texte.

Elle constitue donc un travail d’interpretation. Elle vise a developper la capacite d’analyses critiques autonomes. Elle peut s’appliquer a des textes de longueurs variees. – Appliquee a des textes brefs, elle cherche a faire lire les eleves avec methode. – Appliquee a des textes longs, elle permet l’etude de l’? uvre integrale. Decouverte dans un premier temps grace a une lecture cursive, l’? uvre est ensuite reprise et etudiee de facon analytique. 126 HORS-SERIE Le B. O. N° 7 31 AOUT 2000 FRANCAIS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES

Les documents et extraits sont organises en groupements de textes, etudies en trois ou quatre semaines au maximum. De meme, l’etude d’une ? uvre integrale ne s’etendra pas sur plus de trois ou quatre semaines. La lecture cursive est la forme libre, directe et courante de la lecture. Elle se developpe dans la classe et en dehors de la classe afin de faire lire des eleves qui n’en ont pas toujours l’habitude ni le gout. Elle est avant tout une lecture personnelle et vise a developper l’autonomie des eleves. Elle n’amene pas a analyser le detail du texte mais a saisir le sens dans son ensemble.

Elle peut s’appliquer a des documents, extraits et textes brefs, mais son objet essentiel est la lecture d’? uvres completes. Elle constitue ainsi un moyen important pour former le gout de lire et permet aux eleves de determiner des criteres de choix. En classe, le professeur propose des textes, indique des orientations pour aider les eleves a avoir une lecture active, generalement en fonction d’un projet, et il etablit des bilans. Les lectures d’? uvres dans l’annee se repartissent entre lectures cursives et lectures analytiques (etudes d’? vres integrales), si possible de facon equilibree. Les lectures documentaires, analytiques ou cursives selon les situations et les besoins, deviennent en fin de premiere un moyen courant d’information. On continue a utiliser les dictionnaires et encyclopedies, la presse et les bases de donnees. On introduit des lectures de documents longs. La lecture s’applique aussi a l’etude de l’image. On utilise des images fixes et mobiles, y compris des films. L’analyse s’attache a degager les specificites du discours de l’image et a mettre en relation le langage verbal et le langage visuel.

L’ensemble des lectures constitue le fondement du travail d’histoire litteraire et culturelle: un mouvement est etudie a partir d’une ? uvre majeure, accompagnee d’extraits complementaires; des lectures cursives en enrichissent l’approche; les lectures documentaires nourrissent la reflexion a son sujet. En retour, l’histoire litteraire contribue a contextualiser les lectures. B – L’ecriture Le but est d’amener les eleves a la maitrise de l’expression ecrite autonome dans les trois domaines suivants: – ecrits d’argumentation et de deliberation, en relation avec les textes et ? vres etudies; les exercices d’analyse, de commentaire et de dissertation concourent a cette fin; – ecrits d’invention, en liaison notamment avec les differents genres et registres etudies; lecture et ecriture sont associees dans des travaux de reecriture qui contribuent a une meilleure comprehension des textes; on fait apparaitre les liens entre invention et argumentation; – ecrits fonctionnels, visant a mettre en forme et transmettre des informations et a construire et restituer les savoirs (en francais et dans les autres disciplines); les exercices de comptes rendus, de syntheses et de resumes sont utilises dans ce but.

C – L’oral En classe de premiere, l’objectif est de completer l’analyse des specificites de l’oral et d’en assurer une pratique effective. A cette fin, on associe: – l’ecoute que l’on continue a cultiver en insistant sur les exercices de reformulation des propos entendus; – l’oralisation des textes litteraires qui porte sur des textes plus longs qu’en seconde; – les pratiques de production orale, en privilegiant les comptes rendus, les exposes oraux de lectures et de points de vue personnels, les echanges et les debats. D – L’etude de la langue Cette etude constitue toujours en premiere un objectif majeur.

Etroitement associee aux lectures analytiques des textes ainsi qu’aux productions orales et ecrites des eleves, elle doit etre integree a chaque sequence. Le travail sur la langue privilegie en premiere la reflexion sur le sens et a pour objectifs essentiels: – l’enrichissement du lexique, et plus particulierement celui de l’abstraction et de la sensibilite; – la reflexion sur la subjectivite de la langue, liee a l’etude de l’enonciation; – la consolidation de la structuration et de la coherence des textes des eleves; – l’etude des variations historiques, sociales et culturelles de l’usage langagier.

V – RELATIONS AVEC LES AUTRES DISCIPLINES Discipline carrefour, le francais developpe les competences indispensables dans toutes les disciplines. Des relations plus precises seront etablies et indiquees comme telles aux eleves avec les isciplines suivantes: – les arts, pour l’etude des genres et registres, de l’histoire culturelle et l’analyse de l’image; – les langues anciennes, pour l’etude des genres et registres, de l’histoire litteraire et culturelle, du lexique; – les langues vivantes, en particulier dans l’approche des mouvements culturels europeens; – l’histoire, y compris l’histoire des sciences, pour la construction de problematiques d’histoire culturelle (plus que pour la recherche de coincidences temporelles, chacune de ces deux disciplines ayant sa propre chronologie); – la philosophie, que les eleves aborderont en terminale, par la reflexion sur les registres, sur l’histoire culturelle et sur la langue. Cette liste n’est pas limitative; chaque professeur l’enrichira en fonction du projet pedagogique de la classe et de l’etablissement. VI – DOCUMENTATION ET RELATIONS AVEC D’AUTRES PARTENAIRES

Pour les travaux de documentation (par l’usage des fonds documentaires multimedias et pluridisciplinaires) et pour organiser les lectures et des echanges autour des lectures, le professeur de francais developpera la liaison avec le professeur-documentaliste, dans le cadre d’un projet pedagogique. Il veillera aussi a developper l’attention des eleves a l’actualite litteraire et culturelle. Il est conseille de solliciter dans la mesure du possible des interventions de bibliothecaires, d’auteurs, d’acteurs, de metteurs en scene, de journalistes, d’editeurs, de plasticiens, qui s’inscrivent dans le cadre des projets d’etablissement. CLASSE DE PREMIERE N° X 27 JUIL. SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES 2000 HORS-SERIE LANGUES ANCIENNES Le B. O. 127 Annexe 2 Langues anciennes Enseignement obligatoire ou option facultative Nouveaux programmes applicables a compter de l’annee scolaire 2002 – 2003

I – PREAMBULE : LES LANGUES ANCIENNES AU LYCEE 1 – Finalites L’enseignement des langues anciennes au lycee repond a deux objectifs: – contribuer, en liaison avec l’enseignement du francais et des sciences humaines, a la formation de l’individu et du citoyen par l’acces, pour le plus grand nombre d’eleves, a l’heritage linguistique et culturel greco-romain; – favoriser la formation de specialistes des disciplines litteraires et de sciences humaines. Avec l’ensemble des disciplines des sciences humaines, les langues anciennes permettent de comprendre l’importance du monde greco-romain dans notre culture politique, historique, morale, litteraire et artistique.

Elles permettent par ailleurs de prendre conscience du fonctionnement des systemes linguistiques et renforcent l’apprentissage raisonne du lexique en langue maternelle. Elles contribuent enfin a l’acquisition de competences intellectuelles grace a la diversite des exercices qui structurent leur enseignement. La lecture et l’interpretation des textes grecs et latins, dans le prolongement du college, doivent permettre aux lyceens, en developpant leurs competences de lecteur: – de se situer dans l’histoire et de comprendre les evenements et idees d’aujourd’hui ; – de mieux comprendre et mieux maitriser, en l’enrichissant, leur langue maternelle par l’etymologie et par la traduction, comme par a comparaison avec les autres langues, romanes en particulier ; – de mieux maitriser les formes de discours ; – de former leur capacite a argumenter et a deliberer par l’approche des modes de pensee antiques politiques, religieux et philosophiques ; – de developper leur capacite d’imaginer par la connaissance des mythes et des representations de l’Antiquite. L’enseignement des langues anciennes contribue ainsi pleinement a la formation de la personnalite du lyceen comme individu et comme citoyen conscient, autonome et responsable. Il est donc en relation d’abord avec l’enseignement du francais, mais aussi de l’histoire et de l’education civique, juridique et sociale, de la philosophie; il renforce les competences developpees dans l’apprentissage des langues etrangeres. – Textes, genres et references historiques et culturelles La lecture et la traduction d’extraits authentiques des ? uvres majeures de la litterature latine et grecque contribuent a la constitution d’une culture commune. La lecture et l’etude de textes en traduction francaise visent a mettre en perspective des extraits etudies dans une ? uvre complete ou dans un groupement de textes. La lecture et la traduction se construisent a partir des competences et des savoirs acquis au college, en langues anciennes et en francais. Les eleves prennent progressivement conscience de la maniere dont les genres, les ? uvres, les problematiques s’inscrivent dans l’histoire romaine et grecque.

A partir de la lecture des textes est ainsi fixee une chronologie sommaire de cette histoire dans ses aspects politiques, religieux, sociaux, litteraires et philosophiques. Les textes et les references culturelles, les monuments et les sites etudies appartiennent a la periode qui s’etend, pour le latin, de la Republique a la fin de l’Empire, pour le grec, d’Homere a Plutarque. Dans ce cadre, le professeur peut faire parfois appel a des textes d’autres epoques. Mais il ne charge pas son enseignement de notions de civilisation ou de langue etrangeres au programme. NB : Les jalons historiques a memoriser seront specifies dans les documents d’accompagnement. 3 – Apprentissages et progression

L’etude des genres et des references culturelles part des acquis du college. En latin, cette etude prend appui sur les connaissances historiques, sociales et politiques memorisees concernant Rome, de ses origines a l’apogee de l’Empire de Trajan et Hadrien; elle reactualise les elements de la langue memorises ou identifies: lexique (800 a 1000 mots memorises), morphologie et syntaxe retenus en fonction des themes et textes etudies jusqu’en 3eme. En grec, cette etude prend appui sur les connaissances des mythes fondateurs d’Athenes et les representations de la democratie athenienne abordes en 3eme; elle consolide les elements de morphologie, de syntaxe et de lexique memorises en 3eme. 3. Lecture Au lycee, la lecture des textes reste au centre de l’apprentissage, completee par l’etude de l’image, de sites, et par la visite des musees. La com- 128 HORS-SERIE Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 LANGUES ANCIENNES CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES petence de lecture a ete progressivement construite au college par des recherches sur un texte accompagne d’une traduction, des exercices de traduction orale cursive, de traduction ecrite de brefs passages, des exercices structuraux, des exercices de resume en francais, des usages varies de traductions. Au lycee, la pratique de la traduction devient plus systematique pour tendre, en fin de formation, vers l’exercice traditionnel de la version ecrite.

Ces deux activites, lecture et traduction, sont fondees sur l’approche des genres, des problematiques et des textes porteurs de references, replaces dans l’histoire politique, institutionnelle et culturelle, romaine et grecque. Cette approche s’harmonise avec les objectifs du cours de francais. 3. 2 Langue Fonde sur des textes litteraires, l’apprentissage de la langue vise a l’acquisition d’un lexique, a l’etude de la syntaxe et des effets stylistiques et poetiques, condition necessaire a la comprehension du texte et au travail du commentaire. L’apprentissage du vocabulaire et celui de la grammaire sont conduits en relation avec la lecture des textes.

Ces faits de langue sont decouverts et reconnus dans les textes. Ils font aussi l’objet d’une presentation methodique et systematique qui permet une comparaison fructueuse avec la langue francaise. Cette comparaison se fait egalement, sous une autre forme, dans la traduction. L’apprentissage du vocabulaire, toujours en contexte, et sa memorisation sont organises autour des mots-outils et des champs lexicaux les plus frequents dans les textes etudies. En latin, les eleves disposeront en fin de lycee d’un bagage de 2000 a 2200 mots choisis en fonction de leur frequence dans les textes etudies et de leur productivite en francais; en grec, d’un bagage de 1000 a 1200 mots.

Connaitre ce vocabulaire en fin de formation implique de la part des eleves un effort specifique, regulier et soutenu, et de la part du professeur l’organisation de moments d’apprentissage. NB : Les listes de reference indiquees pour le college seront rappelees dans les documents d’accompagnement. En lisant, en traduisant eux-memes et en confrontant un texte ancien a une traduction francaise, les eleves s’interrogent sur la syntaxe et la morphologie latines et grecques en meme temps que sur celles du francais contemporain. Ils affermissent ainsi leur maitrise de la langue francaise. Le programme indique les elements a acquerir dans l’annee mais le professeur construit sa propre progression.

Si les textes a lire presentent du vocabulaire, des formes et des tournures syntaxiques que les eleves n’ont pas encore rencontres, ce n’est pas un obstacle a la lecture: le professeur donne la solution; mais il veille a ce que chaque texte propose ne comporte que quelques points etrangers aux acquis et aux apprentissages en cours. En fin de terminale, les eleves sont en mesure de lire et traduire, oralement et par ecrit, un texte appartenant a la litterature antique, ainsi que de le commenter; dans le commentaire, ils sont aptes a mettre en relation une problematique du texte latin ou grec avec l’une ou l’autre des problematiques abordees dans les cours de francais, d’histoire ou ’education civique, juridique et sociale. 4 – Activites ecrites et orales Quelles que soient les modalites de lecture et de traduction retenues, on se souvient que l’interet de l’eleve ne peut etre maintenu s’il se borne a lire trois lignes d’un texte par seance. Les pratiques de lecture incluent des exercices varies, oraux et ecrits, dont la memorisation de textes authentiques. Elles procedent selon les modalites suivantes: Le groupement de textes Le professeur choisit des extraits autour d’une problematique et / ou d’une thematique; les extraits choisis sont suffisamment representatifs pour donner aux eleves une idee de l’? uvre dont ils sont issus.

Selon la difficulte des textes retenus, les eleves lisent de larges extraits (au moins une page d’une edition universitaire), ou des extraits courts (d’une dizaine de lignes ou de vers) que le professeur resitue dans une traduction plus large donnee en francais. La lecture suivie d’une ? uvre Les eleves lisent soit une dizaine de pages formant un ensemble (une scene de theatre, une sequence narrative complete, une partie coherente dans un discours), soit une suite d’extraits appartenant a la meme ? uvre. Le commentaire La comprehension du contexte de production et des valeurs portees par les textes latins et grecs est une des visees du commentaire.

L’autre visee, tout aussi importante, est de faire acceder les eleves a la saisie intellectuelle et esthetique de ces textes pour nourrir leur reflexion d’aujourd’hui. Les ressources de l’audiovisuel et de l’informatique (traitement de texte et documents multimedia) sont mises a profit chaque fois que possible. Le programme definit la progression generale du lycee (textes, genres, problematiques). Il laisse au professeur la liberte d’organiser precisement son projet pedagogique annuel pour chaque classe. II – LATIN 1 – Textes, genres et references historiques et culturelles Le professeur organise son projet pedagogique annuel autour des entrees suivantes: 1. Un grand historien: Tite Live (vivier d’extraits pour une lecture suivie: Trasimene et Cannes, Scipion, histoire de Sophonisbe, Syphax, scandale des Bacchanales, discours de Fabius a Paul Emile … ). 1. 2 Sciences et philosophie – le naturel et le surnaturel – observations du monde, interrogations scientifiques et philosophiques (vivier d’auteurs pour deux groupements de textes: Lucrece, Pline l’Ancien, Ciceron, Seneque, Pline le Jeune). 1. 3 Expression de soi et choix de vie – lettres en prose, epitres en vers – poesie elegiaque et confessions (vivier d’auteurs pour une lecture suivie et un groupement de textes: Ciceron, Pline le Jeune, Horace, Ovide, Tibulle, Saint Augustin). N°7 CLASSE DE PREMIERE 31 AOUT SERIES GENERALES ET TECHNOLOGIQUES 2000 HORS-SERIE

LANGUES ANCIENNES Le B. O. 129 Le projet pedagogique repartit les sequences, au nombre de cinq par exemple, de maniere equilibree sur l’annee. Les lectures de textes sont l’occasion de faire connaitre aux eleves, en utilisant les ressources documentaires les plus variees, la cite de Rome, le site de Carthage, et differents lieux permettant d’illustrer les termes domus / villa. 2 – Langue 2. 1 Lexique Au fil des lectures, l’eleve memorise un lexique de 300 mots. Le professeur veille a reactualiser la memorisation du lexique appris au college et en classe de seconde. 2. 2 Morpho-syntaxe En fin d’annee, les eleves connaissent la morphologie nominale et verbale.

Ils ont rencontre, etudie et memorise en partie la plupart des elements syntaxiques; la lecture des textes est l’occasion de s’arreter sur les elements principaux pour les memoriser de facon definitive, en particulier sur l’expression des differentes circonstances: – but (finale, relative au subjonctif, gerondif) – cause (causale, relative au subjonctif, ablatif absolu) – temps (temporelle, ablatif absolu) – hypothese (systeme conditionnel et ses nuances) – consequence (ecart par rapport a la concordance des temps) 3 – Activites ecrites et orales On continue d’habituer l’eleve, a partir d’une traduction individuelle, a traduire en une langue francaise contemporaine qui tient compte des visees esthetiques du texte latin. L’eleve affine sa traduction de textes dont l’ampleur et la variete se modifient de la premiere a la terminale.

III – GREC ANCIEN 1 – Textes, genres et references historiques et culturelles Le professeur organise son projet pedagogique annuel autour des entrees suivantes: 1. 1 Un grand poete: Homere (vivier d’extraits de l’Odyssee pour une lecture suivie: a preciser) 1. 2 Conceptions de l’histoire: l’enquete, l’histoire encomiastique, l’histoire morale, l’analyse (vivier d’auteurs pour un groupement de textes: Herodote, Xenophon, Plutarque. Lecture de larges extraits en francais, completee par l’etude de courts extraits en grec de l’? uvre de Thucydide (par exemple, methode de l’historien, livre I, la peste d’Athenes, livre II, conjuration des Quatre Cents, livre VIII… ). 1. L’eloquence judiciaire et epidictique – l’eloquence judiciaire – l’eloquence epidictique: l’oraison funebre, le panegyrique (vivier d’auteurs pour deux groupements de textes ou pour un groupement de textes et une lecture suivie: Andocide, Lysias, Lycurgue, Isocrate … ) Le projet pedagogique repartit les sequences, au nombre de quatre par exemple, de maniere equilibree sur l’annee. Les lectures de textes sont l’occasion de faire connaitre aux eleves, en utilisant les ressources documentaires les plus variees, l’art minoen et mycenien et les lieux du discours a Athenes (areopage, heliee, boule, ecclesia). 2 – Langue 2. 1 Lexique Au fil des lectures, l’eleve memorise un lexique de 300 mots dont les verbes irreguliers qu’il rencontre frequemment. Le professeur veille a reactualiser la memorisation du lexique appris au college et en classe de seconde. 2. Morpho-syntaxe En fin d’annee, l’eleve connait: – la morphologie verbale; les particularites de la langue d’Homere sont l’occasion de memoriser la conjugaison des verbes contractes; le systeme de la conjugaison des verbes en – µ? est memorise; – la morphologie nominale des trois declinaisons et celle des pronoms-adjectifs; – les propositions subordonnees; ? – les emplois de ? v, en particulier dans la proposition infinitive et la proposition participiale. 3. 2 Accentuation Comme en 3eme, tous les mots presentes aux eleves portent leur accent; les eleves apprennent les regles les plus simples de l’accentuation qui leur permettent de distinguer le sens (accentuation des formes verbales, des homophones). – Activites ecrites et orales On continue d’habituer l’eleve, a partir d’une traduction individuelle, a traduire en une langue francaise contemporaine qui tient compte des visees esthetiques du texte grec. L’eleve affine sa traduction de textes dont l’ampleur et la variete se modifient de la premiere a la terminale. 130 Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE EDUCATION CIVIQUE, JURIDIQUE ET SOCIALE ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE SERIES GENERALES A. du 9-8-2000. JO du 22-8-2000 NOR : MENE0001919A RLR : 524-6 MEN – DESCO A4 Vu L. d’orient. n° 89-486 du 10-7-1989 mod. ; D. n° 90-179 du 23-2-1990; A. du 18-3-1999 mod. ; avis du CNP du 28-3-2000; avis du CSE du 25-5-2000

Article 1 – A compter de l’annee scolaire 2000 – 2001, le programme de l’enseignement obligatoire d’education civique, juridique et sociale, fixe en annexe du present arrete, est applicable en classe de premiere des series economique et sociale, litteraire, scientifique. Article 2 – Le directeur de l’enseignement scolaire est charge de l’execution du present arrete qui sera publie au Journal officiel de la Republique francaise. Fait a Paris, le 9 aout 2000 Pour le ministre de l’education nationale et par delegation, Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Paul de GAUDEMAR CJS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES E Le B. O. N°7 31 AOUT 2000 HORS-SERIE 131 Annexe 1 Education civique, juridique et sociale Series generales Nouveau programme applicable a compter de l’annee scolaire 2000 – 2001 PRINCIPES GENERAUX

Au sein du dispositif de renovation des lycees, la creation d’un enseignement d’education civique, juridique et sociale (ECJS) dans chacune des trois classes de seconde, premiere et terminale des lycees d’enseignement general et technologique, ainsi que dans les lycees professionnels, constitue une des principales innovations. Le nombre d’heures qui lui est globalement accorde etant modeste, c’est dans ses objectifs et par ses methodes que cette innovation doit etre significative. Concourir a la formation de citoyens est une des missions fondamentales du systeme educatif. On ne peut oublier que c’est au lycee qu’une partie des eleves, atteignant leur majorite civile, va se trouver confrontee au droit de vote qui en decoule ou a l’absence de ce droit pour les etrangers, aux questions que ces differences soulevent, a la decision d’exercer ce droit et de mesurer la portee de ce choix.

Au-dela de cette realite hautement symbolique, la citoyennete a bien d’autres dimensions dont le lycee doit permettre la comprehension avec l’aide de l’enseignement de l’ECJS. Que signifie “eduquer a la citoyennete” dans un systeme scolaire? Deux reponses sont possibles. – L’une consiste a faire de la citoyennete un objet d’etude disciplinaire, au meme titre que les mathematiques, la physique, la litterature etc. ; la citoyennete s’apprendrait a l’ecole avant de s’exercer dans la vie du citoyen. Ce choix correspond pour l’essentiel a la conception traditionnelle d’une instruction civique, en tant qu’inculcation de principes a mettre en actes dans un temps differe plus ou moins lointain.

Elle a eu sa place dans le systeme educatif: les missions du lycee, frequente par une petite minorite, n’etaient alors pas celles qui lui sont assignees aujourd’hui. – L’autre reponse part de l’idee que l’on ne nait pas citoyen mais qu’on le devient, qu’il ne s’agit pas d’un etat, mais d’une conquete permanente ; le citoyen est celui qui est capable d’intervenir dans la cite: cela suppose formation d’une opinion raisonnee, aptitude a l’exprimer, acceptation du debat public. La citoyennete est alors la capacite construite a intervenir, ou meme simplement a oser intervenir dans la cite. Cette derniere reponse peut etre mise en ? uvre au lycee aujourd’hui.

Deux conditions essentielles sont reunies: l’une correspond aux attentes des eleves telles qu’elles se sont exprimees au travers des consultations sur les savoirs; l’autre s’inscrit dans la continuite de ce qui a ete enseigne en education civique au college, et permet de montrer les dimensions sociale, ethique et politique de certains savoirs enseignes au lycee. De nombreux professeurs ont exprime leur interet pour cette demarche et leur desir d’y contribuer. Lorsqu’une pratique educative consiste a transmettre un savoir sous forme d’une succession d’evidences sanctionnees par les autres, l’eleve apprend en outre autre chose que ces contenus: il apprend que le savoir est detenu par des autorites, il a la tentation de ne le recevoir que passivement, il commence par admettre u’il peut etre delegue a “ceux qui savent”. Appliquee a l’ECJS, une telle pratique formerait des citoyens passifs, percevant le savoir comme deconnecte de ses enjeux sociaux, economiques et politiques. Certes, on ne cree pas le savoir, on le recoit; il est enonce et valide par quelqu’un qui fait autorite. Mais le savoir n’est pas seulement quelque chose de transmis; on doit aussi se l’approprier. L’eleve pourra exercer sa citoyennete grace au savoir, mais un savoir reconstruit par lui, dans une recherche a la fois personnelle et collective. L’education civique, juridique et sociale doit etre abordee comme un apprentissage, c’est-a-dire l’acquisition de savoirs et de pratiques.

Grace a ce processus doit s’epanouir, a terme, un citoyen adulte, libre, autonome, exercant sa raison critique dans une cite a laquelle il participe activement. Ainsi se constitue une veritable morale civique; celle-ci contient d’abord une dimension civile fondee sur le respect de l’autre permettant le “savoir-vivre ensemble” indispensable a toute vie sociale, mais elle suppose aussi une necessaire dimension citoyenne faite d’interet pour les questions collectives et de devouement pour la chose publique. L’ecole (le lycee ici) n’est pas et ne peut pas pretendre etre le seul lieu d’un tel apprentissage: elle doit y prendre, a cote d’autres, toute sa place.

L’ECJS ne doit ni pretendre se substituer, ni accepter d’etre consideree comme substituable a la formation qui resulte de pratiques citoyennes, au lycee et hors du lycee. Elle s’ouvre largement a la decouverte et a l’etude de ces pratiques. L’education civique, juridique et sociale n’est donc pas, parmi d’autres enseignements, une discipline nouvelle. A quelques exceptions pres, l’ECJS n’a pas a ajouter de savoirs aux connaissances acquises dans les principales disciplines enseignees au lycee. Elle peut, de surcroit, se fonder sur les acquis du college en matiere d’education civique, dont les programmes, desormais complets, preparent a cette nouvelle approche 132 HORS-SERIE Le B. O. N° 7 31 AOUT 2000 CJS CLASSE DE PREMIERE SERIES GENERALES E n combinant de solides bases en matiere institutionnelle a l’initiation a des reflexions personnelles. Il s’agit donc d’organiser le croisement et le dialogue de ces savoirs autour du concept integrateur de citoyennete. Le seul savoir nouveau auquel il faut initier, grace a l’ECJS, concerne le droit, trop ignore de l’enseignement scolaire francais. Il s’agit de faire decouvrir le sens du droit, en tant que garant des libertes, et non d’enseigner le droit dans ses techniques. Mobilisant un ensemble de connaissances disponibles, l’ECJS doit satisfaire la demande exprimee par les lyceens lors de la consultation de 1998 sur les savoirs, de pouvoir s’exprimer et debattre a propos de questions de societe.

Le debat argumente apparait donc comme le support pedagogique naturel de ce projet, meme s’il ne faut pas s’interdire de recourir a des modalites pedagogiques complementaires. Faire le choix du debat argumente n’est ni concession demagogique faite aux eleves ni soumission a une mode; c’est choisir une methode fructueuse. Le debat argumente permet la mobilisation, et donc l’appropriation de connaissances a tirer de differents domaines disciplinaires : histoire, philosophie, litterature, biologie, geographie, sciences economiques et sociales, physique, education physique… notamment, mais non exclusivement. Il fait apparaitre l’exigence et donc la pratique de l’argumentation.

Non seulement il s’agit d’un exercice encore trop peu present dans notre enseignement, mais au-dela de sa technique, il doit mettre en evidence toute la difference entre arguments et prejuges, le fondement rationnel des arguments devant faire ressortir la fragilite des prejuges. Il doit donc reposer sur des fondements scientifiquement construits, et ne jamais etre improvise mais etre soigneusement prepare. Cela implique qu’il repose sur des dossiers elabores au prealable par les eleves conseilles par leurs professeurs, ce qui induit recherche, redaction, exposes ou prises de parole contradictoires de la part d’eleves mis en situation de responsabilite et, ensuite, redaction de compte rendus ou de releves de conclusions. Le debat doit reposer sur le respect d’autrui et donc n’autoriser aucune forme de dictature intellectuelle ou de parti pris ideologique.

Il est une occasion d’apprendre a ecouter et discuter les arguments de l’autre et a le reconnaitre dans son identite. Un tel dispositif favorise les adaptations. Le meme theme du programme pourra etre aborde en fonction des activites ou des preoccupations propres a chaque classe. Les evenements de l’actualite pourront etre tout a la fois pris en compte et mis a distance. Le dossier documentaire sur lequel se fonde le debat est le temoin de la progression de cette demarche. Il peut prendre des formes variables: presentation de textes fondateurs ou de textes de loi, selection d’articles de presse, collecte de temoignages, recherche ou elaboration de documents photographiques, sonores ou video.

C’est ici que l’ECJS peut utiliser toutes les modalites interactives de la recherche documentaire actuelle. Quelques exemples sont soulignes dans le programme de chaque classe, sans leur donner un caractere limitatif qui serait contraire a la liberte pedagogique des professeurs. Le lien avec l’autre innovation que constituent les “Travaux Personnalises Encadres” (TPE) est ici evident et devra etre exploite. Dans le cadre de la liberte des choix pedagogiques, les eleves doivent acquerir des methodes a travers lesquelles ils seront inities a l’etude des regles juridiques et des institutions. On peut ainsi, a propos de situations concretes, enseignees ou vecues, et sans prejuger de l’usage d’autres pratiques, identifier trois moments remarquables. Le premier moment etudie les circonstances et les conditions de l’invention de la regle ou de l’institution. On a trop tendance a oublier l’origine et l’histoire d’une regle. Sa genese doit etre mise au jour. Ainsi, dans la famille, les regles qui guident l’autorite parentale a laquelle tout enfant est soumis ont subi une transformation a travers le temps, particulierement au cours des trois dernieres decennies, qui determine son exercice actuel. De meme, les regles qui determinent les relations du travail ne peuvent etre comprises qu’en connaissant les contextes et conflits qui, depuis un siecle, ont construit et construisent encore le droit du travail.

L’histoire est donc ici tres particulierement mobilisee; etudier les conditions de naissance d’une regle, en montrant qu’elle est une production historique et non un a priori absolu, contribue a humaniser la regle de droit: ce n’est plus un dogme mais une regle de vie. L’institution scolaire peut aussi servir d’objet d’etude: ainsi, le reglement interieur du lycee peut etre analyse et etudie quant a ses origines et son actualite, ce qui assure le lien avec les enseignements du college. – Le deuxieme moment privilegie l’etude des usages de la regle par les acteurs sociaux concernes. La regle n’est pas necessairement utilisee comme ses inventeurs l’avaient imagine: la pratique d’une regle peut s’eloigner des principes qui ont guide sa fondation. Il faut donc conduire l’eleve a se demander pourquoi les acteurs sont amenes a utiliser une regle dans un sens plutot que dans un autre.

On montrera alors qu’une meme regle peut avoir des utilisations differentes selon les contextes economiques et sociaux, selon les epoques ou selon les pays. Les apports de l’histoire, des sciences economiques et sociales, du francais (notamment a travers la lecture de textes d’actualite) seront mis a contribution. La legislation americaine antitrust, adoptee a la fin du XIXeme siecle, fut utilisee a l’epoque essentiellement contre les syndicats ouvriers: elle pourrait ainsi etre confrontee aux legislations et proces contemporains contre les monopoles qu’illustre le cas des multinationales de l’informatique. La geographie introduit a la notion d’espace et a la mise en evidence des interets, prives ou publics, individuels ou collectifs, qui peuvent se manifester a son propos.

Ainsi une zone franche, avec les derogations qu’elle implique, peut favoriser un quartier classe sensible, ou etre utilisee comme un paradis fiscal. Hors d’un champ disciplinaire particulier, l’ecole peut offrir a nouveau de nombreuses illustrations de ces comportements. – Le troisieme moment s’attache aux discours produits sur les regles. Chaque epoque produit des discours qui tentent de justifier rationnellement les regles existantes. D’une epoque a une autre, d’u