Obesite

Obesite

Une volonte de luter Les societes et les pouvoirs publics doivent agir pour endiguer cette epidemie. Les politiques nationales doivent encourager et faciliter une plus grande activite physique et ameliorer la disponibilite et l’accessibilite d’aliments sains. Elles doivent egalement favoriser la participation de differents secteurs des pouvoirs publics, de la societe civile, du secteur prive et d’autres parties interessees. Le XXe siecle aura ete celui de la lutte contre le tabagisme, le XXIe sera celui de la lutte contre l’obesite.

Une nouvelle campagne de communication ! « Au moins 5 fruits et legumes par jour » et « Des feculents a chaque repas ». Retrouvez ici la derniere campagne du PNNS. L’objectif de cette campagne est de permettre une meilleure comprehension de ces reperes pour que chacun se les approprie. Il s’agit egalement de favoriser le passage a l’acte, en valorisant la notion de plaisir. Pedagogiques, les messages de cette campagne donnent a tous des idees concretes et pratiques pour mieux manger.

Deux spots TV Diffuses du 5 au 27 juin 2008 sur les chaines hertziennes, les chaines du cable et dans les DOM, deux spots de 30 secondes expliquent et mettent en scene deux reperes de consommation : « Au moins 5

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fruits et legumes par jour » et « Des feculents a chaque repas ». Ces spots ont pour objectif de mettre fin aux idees recues liees a ces deux reperes et apportent des solutions concretes pour mettre en pratique leur consommation. Des fiches-conseils

Deux depliants sur les deux reperes du PNNS ont ete edites. Ludiques et illustres, ils apportent de nombreuses informations sur la mise en pratique de ces deux reperes de consommation sous la forme de questions/reponses tout en expliquant pourquoi leur consommation est benefique pour la sante. Ils seront diffuses dans plusieurs grandes villes via une operation de partenariat avec le journal « 20 minutes ». Ils seront egalement diffuses aupres de tous les acteurs de terrain concernes par la nutrition.

Les Francais grossissent , tout le monde le sait, mais a tel point que la lutte contre l’obesite est devenue, au meme titre que l’alcool et le tabac,une priorite des acteurs de la sante publique! L’OMS definit l’obesite comme « un exces de masse grasse qui entraine des consequences nefastes pour la sante ». L’obesite est une maladie chronique evoluant en trois phases : constitution, maintien et resistance a la perte de poids… Pour Xavier Bertrand, ministre de la sante,L’obesite constitue un des defis majeurs de sante au XXIe siecle. les pouvoirs publics commencent a engager une campagne de prevention.

Mais il aurat fallu du temps pour que la question de l’obesite soit prise au serieux par le gouvernement, les interets economiques de la filiere agroalimentaire faisant pression pour ne pas lutter contre ce nouveau fleau (Nestle. Danone… ) En 1998, Le directeur general de la sante, le professeur Joel Menard a du faire preuve de courage pour convaincre les politiques sur la necessite de mettre en oeuvre une politique nutritionnelle afin de prevenir des pathologies en expansion telles que le diabete, l’hypercholesterolemie ou les maladies cardio-vasculaires.

Depuis, tout s’est accelere. Le grand public a vu fleurir les campagnes de sensibilisation recommandant de « manger cinq fruits et legumes par jour », de faire « au moins l’equivalent de 30 minutes de marche rapide quotidiennement » ou encore de « manger moins souvent des produits gras et sucres ». La suppression de la collation distribuee dans la matinee aux enfants des ecoles maternelles a ete recommandee, l’Agence francaise de securite sanitaire des aliments (Afssa) a mis en accusation les glucides ajoutes dans les aliments industriels (boissons gazeuses, biscuits, desserts lactes, etc. , et l’obesite a fini par s’inviter dans les rapports et les debats parlementaires. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls sur le creneau de l’obesite. Pendant que les acteurs de sante tentent de sensibiliser la population aux bienfaits d’une alimentation equilibree, l’industrie agroalimentaire, avec une tout autre force de frappe financiere, developpe plus que jamais le marketing sante. Les arguments nutritionnels « riche en vitamines et mineraux », « allege en sucre » et les allegations sante « accelere le transit », « diminue le cholesterol », « aide nos defenses naturelles », etc. dont la plupart ne sont pas prouves scientifiquement, fleurissent sur les emballages. Difficile pour le consommateur de faire le tri entre tous ces messages et de comprendre la composition en glucides, lipides et autres calories inscrite sur les produits. Mort a la graisse et a bas le mal manger! tel pourrait etre le slogan de cette guerre contre les dangers de la gourmandise qui est un vilain defaut chez pas mal de nos concitoyens.. Mais , il faudra aussi penser aux consequences d’une tel campagne sur d’autres fleaux alimentaire tel que l’anorexie qui frappe des milliers de jeunes filles chaque annee en France..

Alors que les pays europeens sont de plus en plus confrontes a la question de l’obesite, le projet de reglement interdisait aux fabricants de produits trop gras, trop sucres ou trop sales de mettre en avant, sur leur emballage, des messages vantant de pretendus bienfaits comme : « Riche en calcium et magnesium » ou « Enrichi en vitamines » ­ de ceux qui fleurissent sur les paquets de biscuits et autres boites de cereales. Las ! Les parlementaires europeens ont rejete le principe selon lequel toute allegation devait reposer sur les qualites nutritionnelles reelles du produit.

Pour justifier leur position, ils ont repris le meme argument que les industriels, qui combattaient depuis de longs mois cette disposition : il n’y a pas de « mauvais » ou de « bons » produits, mais seulement de bons ou de mauvais regimes alimentaires. EFFETS DU MARKETING « Certains industriels surfent sur la vague de l’obsession « sante » sans se soucier reellement des effets de leur marketing sur la sante publique et notamment celle de nos enfants » , souligne Jim Murray, directeur du BEUC.

Les agences sanitaires europeennes, et notamment l’Agence francaise de securite sanitaire des aliments (Afssa), reconnaissent aussi que la pression commerciale est un element sur lequel il faut agir pour lutter contre l’obesite. deux mesures, inscrites dans les articles 29 et 30 de la loi du 9 aout 2004 relative a la politique de sante publique, devraient bientot etre appliquees. Tout d’abord, a compter du 1er septembre, les distributeurs automatiques de sodas et de barres chocolatees seront interdits dans les etablissements scolaires. « Il est acquis que cette disposition sera maintenue, il ne faut pas que les jeunes soient tentes »

GRANDES MANOEUVRES » La seconde mesure prevoit d’imposer, des le 1er janvier 2006, un message sanitaire dans les publicites televisees ou radiodiffusees pour des boissons sucrees et des produits manufactures. S’ils refusent ce message, les annonceurs devront verser une taxe, correspondant a 1,5 % des sommes investies dans la diffusion des spots, au profit de l’Institut national de prevention et d’education a la sante (Inpes) ­ une taxe jugee « scandaleuse » par l’Association nationale des industries alimentaires. Ce plan sur cinq ans, jusqu’en 2010, insistera notamment sur la consommation de fruits et legumes et sur l’activite physique.

Il vise aussi un depistage precoce et une meilleure prise en charge des populations defavorisees et des personnes en situation de precarite, les plus touchees par le phenomene de l’obesite. « C’est un enjeu de sante majeur et de justice sociale », Des industriels s’engagent contre l’obesite Face a l’augmentation de l’obesite en France, les acteurs economiques sont appeles a se mobiliser Carrefour, Casino, Coca-Cola, Ferrero ou encore McDonald’s ont ainsi formule des promesses d’engagement dans la lutte contre l’obesite qui, une fois validees par un comite d’experts, deviendront des chartes definitives.

Ferrero propose, par exemple, de reduire la quantite de sucres simples dans ses produits. Casino s’engage a mettre en valeur les fruits et legumes dans ses supermarches. McDonald’s promet de limiter la proportion des acides gras dans ses aliments… Parallelement, un decret imposant des messages sanitaires dans les publicites alimentaires paraitra avant la fin du mois et devra etre applique immediatement par les industriels. Une reclame pour une barre chocolatee devra desormais annoncer « pour votre sante, evitez de manger trop gras, trop sucre, trop sale » ou encore « pour votre sante, evitez de grignoter entre les repas ».

Cette mobilisation des pouvoirs publics s’explique par le poids que prend le probleme de l’obesite en France depuis vingt ans. Dans le pays, un enfant sur quatre est en surpoids aujourd’hui, 3,6 millions d’adultes l’etaient en 2003 et les pathologies liees a une mauvaise nutrition se multiplient. McDonald’s pense que, pour lutter contre l’obesite, il faut mener, en meme temps, des actions en matiere de nutrition et pour developper l’activite physique. C’est dans cette logique que McDonald’s cherche aussi a developper l’activite chez les enfants. Dans 80 % des restaurants il y a une aire de jeu ou de sport. 2 restaurants mettent a la disposition des enfants un terrain de sport. McDonald’s organise aussi le « Kids iron tour » et, en partenariat avec le Centre national de developpement du sport (CNDS), le « McDonald’s sport tour ». 60 % des franchises McDonald’s sponsorisent des operations visant a favoriser le developpement d’activites physiques au plan local. McDonald’s a aussi ete l’un des principaux sponsors des derniers jeux olympiques. Par ailleurs, McDonald’s a exerce sa responsabilite d’annonceur en decidant, volontairement, au mois de mars 2007, de ne plus faire de publicite dans les emissions eunesse. McDonald’s a aussi engage une reflexion concernant sa facon de faire de la publicite et notamment pour mieux distinguer la publicite des programmes. Dans certaines villes, le restaurant McDonald’s a remplace le bistrot de quartier. McDonald’s est en effet souvent le seul lieu ouvert le soir ou peuvent se retrouver les jeunes, ce qui permet de maintenir le lien social. Pour lutter contre l’obesite, l’Europe se mobilise La restauration rapide et les grandes firmes alimentaires sont pointees du doigt, et plusieurs gouvernements europeens tentent de reagir pour proteger, en premier lieu, les enfants.

Les mesures prises par le gouvernement francais vont timidement dans cette direction. De nombreux pays europeens se mobilisent pour enrayer les ravages de la « malbouffe » et de l’obesite, illustres par le cas dramatique du jeune Anglais de 8 ans, Connor McCreaddie. qui pese 90 kilos. Cet enfant eprouve des difficultes a se vetir, a se laver et ne peut meme pas « marcher pendant sept minutes, jusqu’a son ecole, sans vomir ». Les differents gouvernements europeens visent notamment la publicite des grandes enseignes de boissons sucrees et d’aliments bourres de gras et de sel.

Aux Etats-Unis, pres d’une personne sur trois est obese. Meme si cette statistique n’est pas atteinte en Europe, des signes avant-coureurs sont visibles. Le « vieux continent » totaliserait des dizaines de millions de personnes souffrant de surpoids ou d’obesite, favorisant ainsi l’hypertension, les maladies cardiaques, certains diabetes et cancers. En Grande-Bretagne, ou le cas de Connor McCreaddie a eu un tres grand retentissement, un enfant sur trois souffre d’une surcharge ponderale ou d’obesite. Les Britanniques sont les plus touches par ce fleau en Europe. Il faut dire que ce pays st le paradis du « snacking » et du grignotage: les Britanniques devorent, par exemple, 7,2 kg de chips par habitant et par an, contre 1 kg en Italie. Quelques 23% des Britanniques sont obeses, contre 8% des Italiens, 9% des Francais ou 12% des Allemands. La France, pays de l' »excellence gastronomique », s’est longtemps crue a l’abri, pensant que l’obesite etait reservee aux Etats-Unis, patrie des McDonald’s et consorts. Pourtant, la France compte aujourd’hui pres de 20 millions de gens en « surpoids » dont 5,9 millions d’obeses. A noter que ce phenomene touche surtout les classes populaires.

Divers pays europeens, comme la Pologne et la Croatie, ont commence a bannir les sucreries des ecoles et souhaitent favoriser la consommation de fruits et de legumes. Le prince Charles a preconise une issue plus radicale, proposant d' »essayer d’interdire » les restaurants americains McDonald’s. Il y a deux semaines, le gouvernement italien a valide un programme « Gagner la sante » pour apprendre aux enfants a manger sainement. L’objectif est in fine d’aider les ecoles, les hopitaux et les entreprises a proposer des fruits et des legumes dans les distributeurs automatiques.

En Espagne, le ministere de la Sante a annule fin decembre un accord signe en 2005 avec les principaux groupes d’agroalimentaire, face aux manquements repetes de Burger King. La chaine a notamment fait de la publicite pour un hamburger geant « XXL », representant a lui seul 50% des apports energetiques quotidiens d’un adolescent. En France, le gouvernement, par l’intermediaire du ministre de la Sante, Xavier Bertrand, vient d’imposer que les publicites pour les boissons sucrees et les aliments riches en graisses, sucre et sel comportent des messages d’avertissement contre le grignotage, les aliments nefastes.

Ainsi apres les slogans sur l’alcool comme « l’abus d’alcool est dangereux pour la sante », les publicites alimentaires devront obligatoirement diffuser l’un de ces quatre messages: « mangez au moins cinq fruits et legumes par jour », « evitez de manger trop gras, trop sucre, trop sale », « pratiquez une activite physique reguliere », ou encore « pour votre sante, evitez de grignoter entre les repas ».

Toutes les entreprises qui souhaiteraient deroger a cette regle devraient s’acquitter d’une taxe de 1,5% du montant de leurs investissements publicitaires dont le produit sera reverse a l’Institut national pour la prevention et l’education a la sante (INPES). Des associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir, ont juge que les mesures prises par le gouvernement etaient insuffisantes et ont exige que les messages sanitaires, qualifies de « veritable galejade », soient revus par des dispositions reglementaires afin de « proteger les enfants ».

Le defi de l’obesite dans la Region europeenne de l’OMS et les strategies de lutte Pour faire face a l’epidemie d’obesite, le Bureau regional de l’OMS pour l’Europe a organise, en novembre 2006, une conference qui a donne lieu a deux publications. Cet ouvrage en est la deuxieme. (La premiere etant le resume a l’adresse des responsables politiques). Il comprend les nombreux documents techniques rediges pour la Conference et mis a jour pour la publication par un grand groupe d’experts en sante publique, nutrition et medecine.

S’inspirant de tout un ensemble de bases factuelles provenant des pays de la Region europeenne de l’OMS et d’autres regions, cet ouvrage illustre la dynamique de l’epidemie d’obesite et ses effets sur la sante publique dans l’ensemble de la Region, en particulier dans les pays de sa partie orientale. Il montre comment les facteurs aggravant le risque d’obesite sont a l’? uvre dans differents contextes, tels que la famille, l’ecole, le cadre de vie local et le lieu de travail.

Il presente des arguments ethiques et economiques en faveur d’une intensification des mesures dirigees contre l’obesite et analyse des programmes et des politiques efficaces dans differents secteurs de l’action publique, tels que l’education, la sante, l’agriculture, le commerce, l’urbanisme et les transports. Cet ouvrage indique egalement la facon de concevoir des politiques et programmes de prevention de l’obesite et d’en suivre les progres. Il demande enfin la prise de mesures precises par les acteurs concernes : les pouvoirs publics et le secteur prive en particulier l’industrie alimentaire, les secteurs de la publicite et du commerce), les associations professionnelles et de consommateurs, et des organisations internationales et intergouvernementales telles que l’Union europeenne. Il est temps d’agir : il est prevu que 150 millions d’adultes et 15 millions d’enfants de la Region seront obeses d’ici 2010. L’obesite nuit a la sante et au bien-etre d’une grande partie de la population et engendre des depenses importantes dans les services de sante. Elle a en outre des effets considerables et inacceptables sur les enfants.

Ce livre s’inspire des bases factuelles pour enoncer des idees et fournir des informations qui permettront aux parties prenantes de l’ensemble de la Region, en particulier les responsables politiques, d’agir pour porter un coup d’arret a l’epidemie d’obesite qui sevit en Europe et ensuite l’inverser. Une lutte inefficace McDonald’s: 1,7 milliard de dollars pour le marketing Le premier exemple est celui de McDonald’s. McDonald’s c’est, en 2005: 20,5 milliards de $ de chiffre d’affaires, 2,6 milliards de benefice, pres de 32’000 points de vente dans 119 pays, 50 millions de clients par jour.

En 2005, McDonald’s a depense 1,7 milliard de dollars en marketing dont la moitie dans des medias «mesures». Le rapport entre ce volume publicitaire et le chiffre d’affaires, de meme que celui entre benefice net volume d’affaires, est deja tout un programme. Face aux critiques, McDonald’s a integre a son image les themes de la sante et de l’alimentation saine. Mais, constatent les auteurs de l’etude, «en meme temps, McDonald’s a pris des decisions qui annulent ces efforts. La compagnie ne s’est fixee aucun objectif mesurable.

Elle n’a fait aucune promesse de stopper la publicite ciblant les enfants pour ses produits moins sains ou de reduire l’apport calorique ou les sucres contenus dans la plupart de ses produits. McDonald’s a [ainsi] accompagne chaque pas positif de contre-mesures pouvant affaiblir les efforts visant a promouvoir une alimentation plus saine. […] Alors que McDonald’s a fait des efforts pour offrir davantage de plats plus sains, son marketing de base a l’attention des enfants continue a promouvoir des hamburgers, des boissons sucrees et des fritures. »

L’autoregulation de l’industrie ne protege pas de maniere adequate les enfants contre une publicite inappropriee vantant une nourriture malsaine. » [11] Ils posent ensuite une question interessante: «Pourquoi est-ce que les entreprises produisent des aliments de qualite nutritionnelle inferieure pour les enfants ? » Leur reponse: «L’obesite juvenile represente un dilemme insoluble pour l’industrie agroalimentaire. Les enfants devraient manger des fruits, des legumes et des cereales completes et non des aliments transformes prets a etre consommes ou de la cochonnerie, meme si elle est «meilleure».

Mais les entreprises agroalimentaires sont un business; leur premiere allegeance est a l’egard des investisseurs. Si l’on considere le probleme du point de vue du business, cela coute moins – et c’est plus rentable – de developper de «meilleures» versions de produits courants que d’offrir des aliments qui seraient le moins possible transformes et vraiment meilleurs pour la sante Que vaut le message de mise en garde « mangez moins gras et bougez plus » au bas d’une publicite pour barre chocolatee?

Que pesent les « cinq legumes et fruits a consommer par jour » face au gros pot de pate a tartiner et autres hamburgers appetissants qui se promenent sur les ecrans de tele aux heures des repas ? Dans le cadre de son plan nutrition et obesite, la ministre de la Sante, Roselyne Bachelot, a fait mesurer l’impact de ces messages accompagnant les publicites de l’industrie agroalimentaire et va presenter cette evaluation aujourd’hui ainsi qu’une serie de nouvelles mesures. Une etape de plus dans la lutte contre l’obesite qui continue de progresser en France, notamment chez les enfants, et passe immanquablement par des changements alimentaires.

Mais le combat est inegal. Autant les publicites des fabricants sont allechantes et les emballages accrocheurs, autant celles des campagnes de prevention manquent de force. « Toute l’information passe par la publicite de l’agroalimentaire, il y a peu de place pour le discours officiel des specialistes, qui reste ringard, pas assez vivant », observe le Pr Bernard Vialettes, chef du service de nutrition, des maladies metaboliques et endocrinologie a l’hopital de la Timone a Marseille.

Selon l’OMS, les moyens de lutte contre l’obesite sont insuffisants 17% des enfants americains sont obeses. Si rien ne change, ils seront 20% a la fin de cette decennie. Face a cette inquietante epidemie, les travaux de recherche et les programmes de prevention fleurissent dans tous les Etats-Unis. Pourtant, des experts de l’Institut de medecine (IOM) tirent la sonnette d’alarme. Dans un rapport diffuse hier, ils jugent les efforts faits pour s’attaquer a ce probleme majeur de sante publique « eparpilles et insuffisamment finances ».

Les scientifiques soulignent egalement qu’au jour d’aujourd’hui, on n’est toujours pas en mesure de dire quels programmes sont vraiment efficaces pour aider les enfants a perdre du poids. Pour eux, il faut evaluer de maniere plus systematique ces programmes et identifier les methodes capables d’inverser la courbe. On sait depuis longtemps que l’obesite est un facteur de risque tres important de diabete, d’hypertension arterielle, d’hypercholesterolemie, de problemes de sommeil et de maladies cardiovasculaires. « C’est un probleme que l’on ne peut pas traiter comme une infection aigue.

Pourtant, il doit etre pris aussi serieusement en consideration explique Jeffrey Koplan, de l’Emory University, le responsable du comite d’experts de l’IOM. Pour faire face a l’epidemie d’obesite, le Bureau regional de l’OMS pour l’Europe a organise, en novembre 2006, une conference au cours de laquelle tous les Etats membres ont adopte la Charte europeenne sur la lutte contre l’obesite, qui enonce des principes directeurs et indique des domaines d’action clairs aux niveaux local, regional, national et international a l’intention d’acteurs tres divers.

Ce livre contient la premiere des deux publications de la Conference. Il inclut la Charte et resume les notions et les conclusions des nombreux documents techniques rediges en vue de la Conference par un grand groupe d’experts en sante publique, nutrition et medecine. Ce resume, a la fois bref, clair et accessible, illustre la dynamique de l’epidemie d’obesite et ses effets sur la sante publique dans l’ensemble de la Region europeenne de l’OMS, en particulier dans les pays de sa partie orientale. Il montre que les facteurs qui augmentent le risque d’obesite sont a l’? vre dans des lieux divers, tels que le foyer, l’ecole, le cadre de vie local et le lieu de travail. Il presente des arguments ethiques et economiques en faveur d’une intensification des mesures dirigees contre l’obesite et analyse des programmes et des politiques efficaces dans differents secteurs de l’action publique, tels que l’education, la sante, l’agriculture, le commerce, l’urbanisme et les transports. Ce resume indique egalement la facon de concevoir des politiques et programmes de prevention de l’obesite et d’en suivre les progres. Il demande la prise de mesures precises par les cteurs concernes : les pouvoirs publics et le secteur prive (en particulier les fabricants d’aliments, les publicitaires et les commercants), les associations professionnelles et de consommateurs, et des organisations internationales et intergouvernementales telles que l’Union europeenne. Il est temps d’agir : il est prevu que 150 millions d’adultes et 15 millions d’enfants de la Region seront obeses d’ici 2010. L’obesite nuit a la sante et au bien-etre d’une grande partie de la population et engendre des depenses importantes dans les services de sante, mais a egalement des effets considerables et inacceptables sur les enfants.

Ce livre presente brievement et de facon claire des idees et des informations qui permettront aux acteurs de l’ensemble de la Region, en particulier les responsables politiques, d’agir pour porter un coup d’arret a l’epidemie d’obesite qui sevit en Europe et ensuite l’inverser. Un regard qui change L’analyse des sculptures et peintures, des ecrits et photos ainsi que celle, plus recente de la presse feminine, a permis de degager l’image fluctuante du corps feminin selon les epoques. Au cours de la prehistoire, deux types de silhouette cohabitent.

Femmes tres charnues avec gros seins, ventre rond et hanches larges, symbolisent la fertilite tandis que les femmes longilignes illustrent la beaute et l’art. Filiformes ou rondes, les caracteres sexuels n’en sont pas moins affirmes, soulignant le role nourricier et geniteur de la femme. Dans l’Antiquite et notamment chez les Grecs, la beaute sportive est a son apogee, les femmes s’entrainant comme des athletes au gymnase. Au Moyen-age, le modele feminin est gracile et, pour lui ressembler matieres grasses et sucres sont deja bannis de l’art culinaire alors que volaille et pain blanc leur sont preferes.

A la fin du XVIe siecle, la graisse triomphante symbolise la femme oisive de la bonne societe par opposition a la maigreur de celle du peuple annoncant maladie et mort. Les peintures de l’ecole flamande du XVIIe affichent le gout pour les femmes « epanouies » qui va de pair avec celui de la cuisine grasse et sucree. Etre gros est alors synonyme de reussite sociale. Le XVIIIe marque la decouverte de la dietetique qui ne concerne que les riches au corps mince. Vers1900, c’est plutot le modele sablier.

Apres la deuxieme guerre mondiale, c’est la pin’ up du cinema americain qui s’impose. Dans les annees 60, les mannequins sont volontiers androgynes et de plus en plus freles. A partir de 1980, c’est le modele « fitness » des salles de musculation. Depuis 10 ans, la chirurgie plastique plutot que reparatrice permet de remodeler le corps avec poitrine avantageuse et les rondeurs mal placees sont « aspirees ». Les annees 70 marquent le passage, dans un contexte de contestation et de revendications feministes, a un modele mince/maigre, voire androgyne, cette periode revendique sur le plan limentaire le manger moins dans un esprit normatif associe a une logique de culpabilisation. – Le debut des annees 80 se vit sur le mode de la rationalisation et du management. Le corps doit etre maitrise, modele, mince et muscle. Le modele feminin est celui de la femme active et sportive A la fin des annees 80, on redecouvre l’alliance du corps et de l’esprit, la dietetique et la gourmandise ne paraissent plus inconciliables. Les alleges le permettent : le principe est de manger sans. Le modele feminin de l’epoque est celui de la femme pulpeuse incarnee par Isabelle Adjani ou Madonna. Les annees 90, sur fond de crise economique et de sida, sont des annees de doute qui suscitent une recherche d’authenticite et de verite. Les modeles de l’epoque sont des personnages charismatiques (au feminin, Emma Thomson). La revendication sur le plan alimentaire est de manger vrai : partout s’exprime un cri de ras le bol de la dietetique, l’heure est a l’equilibre alimentaire, au retour en force du gout et des produits de terroir. On voit bien que les representations de l’ideal du corps, comme celles des principes alimentaires, ne sont pas independantes des grandes tendances socio-culturelles qui caracterisent chaque epoque. Si, dans l’Antiquite, le corps a ete un objet d’admiration et de culte (tels qu’en temoignent les nus dans la peinture et la statuaire), avec la naissance du christianisme se developpe un discours nouveau, prepare par les idees stoiciennes de maitrise de soi : le corps s’oppose categoriquement a l’ame (caro et anima). Puisque la vie ici-bas n’est qu’une preparation a l’au-dela et que seule l’ame continuera a vivre apres la mort, le corps, enveloppe de l’ame, n’a pas d’importance. Il devient, pour les Peres de l’Eglise, « la prison » ou « la tombe » de l’ame.

Les premiers moines irlandais par exemple, cherchent a mortifier et a blesser leur corps pour punir ce qui represente pour eux une entrave aux choses spirituelles, le receptacle de tous les vices et de toutes les tentations. On les voit ainsi se plonger dans des etangs glaces pour combattre les ardeurs de la concupiscence, prier pendant des heures les bras en croix, s’imposer des regimes alimentaires tres stricts, jeuner pendant de nombreux jours. ? Il faut attendre le debut du vie siecle et la naissance du monachisme benedictin pour voir se developper un discours plus modere sur le corps.

Selon saint Benoit le corps ne doit pas etre meprise, mais controle et dompte. Le discours seculier et, a partir des xiie-xiiie siecles, laique se montre beaucoup moins severe a l’egard du corps que ne l’etaient les reguliers du haut Moyen Age. Il existe cependant un corps, toujours objet du discours des hommes (d’Eglise), qui attire la mefiance et la defiance : celui des femmes. Ce dernier represente, en effet, la tentation diabolique. Il est frequent de voir dans l’iconographie medievale, le corps d’une femme (d’une jeune fille ou d’une ieille femme) aux cotes de Satan. A partir de la fin du Moyen Age, les moralistes condamnent avec vehemence les exces somptuaires des femmes — critique des coiffures trop hautes, des traines trop longues, des couleurs trop vives — et la facheuse habitude de se farder. Le corps, surtout celui des femmes, doit certes etre habille pour cacher la nudite, car c’est a cause du peche originel que l’homme et la femme doivent revetir des vetements — si l’homme et la femme n’avaient pas commis le peche originel, ils auraient pu se regarder nus, sans pudeur.

Mais, en aucun cas, le corps ne doit etre le lieu de la dissimulation. Dans la pensee chretienne, le corps de la femme vient rappeler aux hommes que c’est par la faute d’Eve que l’humanite est en souffrance et attend la Resurrection. ? Pour un chretien du Moyen Age et de l’epoque moderne, il existe un autre corps : le corps glorieux. Le corps mort retourne a la terre et se putrefie, comme le rappelle cette phrase biblique prononcee souvent lors des funerailles : « Tout vient de la poussiere et tout retourne a la poussiere. Il arrive dans les recits hagiographiques que les saints, en recompense divine et pour montrer a tous qu’un corps terrestre dompte completement par l’ame peut etre valorise, ont un corps qui echappe a la decomposition. Au xiiie siecle, dans un contexte de recherche des reliques, Thomas de Cantimpre fait exhumer un certain saint Theodulphe, abbe de Treves au viie siecle, et l’on decouvre alors, avec admiration, que son corps est intact. Thomas de Cantimpre ecrit : « Je crois […] que saint Theodulphe a aussi recu la gloire de la non-corruption dans son corps en signe de la preservation de sa virginite dans sa chair. ? Les artistes de la Renaissance ont recherche des formes antiques de l’art et ont dessine et peint des corps nus. On assiste, cependant, au cours de l’epoque moderne, a une protection accrue du corps. La pudeur prend alors une grande importance. Les gestes du corps sont plus discrets. D’ou un souci nouveau de dissimuler certaines parties du corps. Au debut du xvie siecle, l’humaniste Erasme evoque « les parties du corps que la pudeur naturelle fait cacher ». Chacun a en memoire la fameuse tirade du Tartuffe de Moliere, « Cachez ce sein que je ne saurais voir. Chez les protestants, comme chez les catholiques de la Contre-Reforme, la nudite doit se cacher. Les artistes de l’epoque moderne jettent donc des draperies ou des feuilles de vignes sur les nus de la Renaissance. Il est symptomatique d’ailleurs que certains actes corporels soient desormais caches : on n’urine ou on ne defeque plus en public. Les lieux d’aisance qui, aux siecles precedents etaient publics, se privatisent. L’essor de l’intimite a l’epoque moderne modifie aussi le regard porte sur le corps. Le rituel qui consiste a accompagner les jeunes maries jusque dans leur lit, le soir des noces, a tendance a reculer.

Jean-Baptiste de La Salle ecrit : « La bienseance veut aussi qu’en se couchant on se cache a soi-meme son propre corps et qu’on en evite les moindres regards. » On assiste a une telle protection du corps que, paradoxalement, on en vient a nier l’intimite puisqu’on ne peut plus meme regarder son propre corps. C’est pour cette raison qu’a l’epoque moderne les soins se concentrent sur le visible. L’eau est desormais percue comme capable de s’infiltrer dans le corps ; l’eau chaude est supposee fragiliser les organes. On lave les vetements, un peu le visage et les mains et c’est tout.

On a pu parler, pour cette epoque, de toilette « seche » qui se limite a l’essuyage et aux parfums. Se farder est une pratique vivement conseillee ; elle apparait comme un signe de distinction sociale, meme si les hommes d’Eglise continuent de critiquer cet usage. Les femmes soulignent leurs yeux, rehaussent leur teint, s’epilent les sourcils. L’hygiene de l’epoque moderne est basee sur des poudres et des cosmetiques et ce n’est qu’a partir des annees 1740-1750 que l’eau est a nouveau utilisee, comme elle l’etait abondamment a l’epoque medievale (voir histoire de l’hygiene). Il faut attendre la fin du xviiie siecle pour que se developpe une nouvelle esthetique feminine qui rappelle, a certains egards, les conceptions medievales : la femme doit etre plus proche de la nature et il n’est pas necessaire que les cosmetiques cachent le corps. Jean-Jacques Rousseau est l’un des premiers a proner ce retour a la nature, et son discours annonce le Romantisme. Mais le xixe siecle voit egalement un souci tres grand de proteger le corps dans un contexte d’essor de la medecine et du discours hygieniste.

On assiste a une inflation d’ecrits medicaux qui multiplient les conseils pour entretenir son corps. Le plaisir et la sexualite sont particulierement vises et devalorises. En temoignent les luttes farouches menees contre la masturbation qui devient l’un des maux les plus graves qui affecte le corps. Le celebre ouvrage du docteur Tissot, Onania (1760), connait de tres nombreuses reeditions qui traduisent sans doute moins un essor de cette pratique qu’une volonte medicale et morale de la juguler : on previent l’enfant qui s’adonne a cette habitude qu’il sera malade, faible et qu’il connaitra une senilite precoce.

Dans cette moralisation des attitudes a l’egard du corps, l’ecole primaire joue un role tout a fait essentiel, comme elle permet de diffuser largement aupres des jeunes generations le nouveau discours sur l’hygiene et sur la proprete. L’installation des bains-douches commence a etre une preoccupation des municipalites, et les appartements bourgeois du debut du xxe siecle s’equipent progressivement de baignoires ou de cabinets de toilette. ? Le corps feminin a continue a etre cache jusqu’a la fin du xixe siecle.

Puis on voit apparaitre des corps de femmes parfumes, fardes, aux habits colores, en dentelle et en soie pour les plus riches. Cette mise en valeur du corps de la femme contraste avec le vetement sombre des hommes ; opposition de la representation sexuee des corps qui peut apparaitre comme une des caracteristiques majeures du xxe siecle. Les corps se decouvrent progressivement. Ainsi, au debut des annees vingt, les scouts font encore scandale lorsqu’ils adoptent les culottes courtes qui laissent voir leurs jambes nues.

Depuis quelques decennies, l’affirmation de l’individu et le declin de la tradition chretienne rehabilitent le corps ; la vieille conception du corps prison de l’ame commence a reculer. Apparait alors un souci nouveau de l’apparence physique : le vetement ne doit plus servir a cacher le corps, mais a le mettre en valeur. Cette mutation est plus nette chez les femmes, pour lesquelles les vetements doivent souligner les lignes du corps. La femme doit seduire ; etaler son bronzage, montrer ses cuisses ou ses seins sur les plages sont devenus des habitudes et ne sont plus des pratiques indecentes.

Dans cette optique, se developpe chez les femmes un elan « pilophobe » : depuis la « garconne » des annees vingt qui a fait scandale en coupant ses cheveux a hauteur d’oreille jusqu’a l’epilation des sourcils et des jambes, qui doivent etre lisses, offertes au soleil et au regard des autres. Se farder n’est plus desormais reserve aux prostituees. Aujourd’hui, dans toutes les tranches publicitaires abondent les marques de produits de parfum, deodorants, cremes, filtres solaires (Ambre solaire lancee en 1937), rouge levres (apparu au milieu des annees vingt), produits de rasage, etc. Les publicitaires ont ? uvre avec les hygienistes pour inciter les hommes et les femmes a se laver. Les medias ont permis une formidable extension sociale de l’usage de tout ce qui soigne et embellit le corps et une grande homogeneisation de la perception des corps. L’entretien du corps est d’autant plus central dans la periode contemporaine qu’une grande attention est portee a ce qui fait grossir. Aussi le sport se developpe-t-il partout : salles de gymnastique, jogging. Etre bien dans son corps » devient un but. Puisque le corps exhibe en tous lieux est un beau corps, sain et jeune, nos contemporains eprouvent une veritable hantise face a un corps gros, faible, malade ou vieux. La pudeur a recule mais, en consequence, progressent le controle anatomique devant son miroir ou sur sa balance et la surveillance sanitaire quotidienne — sans parler des operations chirurgicales qui traduisent le refus de voir son corps changer ou qui manifestent la volonte de posseder le nez, les seins, les fesses des modeles proposes.

La nouvelle perception du corps a cree d’autres formes d’alienation. A l’age de l’echographie, de la radiographie et du scanner, comment va-t-on demain percevoir l’interieur de son corps ? 2. ? Le corps meprise 3. ? Le corps controle 4. ? Le corps glorieux 5. ? Le corps cache 6. ? Le corps surveille et puni 7. ? Le corps sportif et bronze