nouveau roman

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Alors, tu vas vraiment faire ça? « Evoquer tes souvenirs d’enfance » 1 Qui parle? Est-ce la voix de Nathalie Sarraute, ou celle de son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, l’aide à faire surgir « quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, des ces épaisseurs ouatés qui se défont et disparaissent avec l’enfance »? Cet incipit singulier met l’accent sur un élément, voire une technique littéraire peu fréquente dans le p g récit autobiographique, ? vraiment et avant tout d’une a ‘existence d’une idéo e.

Or, s’agit-il d en considération que (le cas de Paul Valéry, Julien Green, Gertrude de Stein, etc)? II est bien connu que Nathalie Sarraute a laissé clair lors de deux interviews que. ce n’est pas une autobiographie. Elle a affirmé qu’elle avait horreur de l’autobiographie et suggérait implicitement qu’elle ne venait aucune manière d’en commettre une avec Enfance: « Je n’aime pas l’autobiographie, parce que je n’ai aucune confiance dans les autobiographies, parce qu’on sy décrit toujours sous un jour…. eut se montrer sous un certain jour. Et puis c’est toujours très artial, enfin, mol, je n’y crois jamais. Ce qui m’intére to vien « ext

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m’intéresse toujours quand je lis les vraies autobiographies, c’est de voir « ah bon c’est comme ça qu’il voulait qu’on le voit »2 . Sarraute introduit également une objection plus inquiétante encore que celle formulée dans le préambule abandonné des Confessions, une critique qui relève de son point de vue de lecteur. Si le lecteur ne croit pas à l’autobiographie, celle- Cl se décompose littéralement, faute d’un crédit que personne d’autre peut lui donner »3 Mais voici que Sarraute se souvient de quelqu’un uquel elle a fait confiance: le Rousseau des Confessions, et la voilà toute retourné sur l’enjeu du débat: « Ecoutez, je crois qu’un des textes que j’admire le plus de tous les textes littéraires, ce sont Les Confessions de Rousseau. Alors, ça suffirait déjà pour que je ne puisse pas dire du mal d’une autobiographie.

Je trouve surtout premier volume admirable d’un bout à l’autre, quelque chose qui jamais été dépassée, ni même atteinte »4 Nathalie Sarraute, en refusant alors de considérer Enfance comme une autobiographie ne se réfère pas à la conception poéticienne ormulée par Philippe Lejeune qui, dès 1 972, la définit comme étant: « un récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, particulier sur Phistoire de sa personnalité »5 « Cela implique -comme le souligne Monique Goss 6 2 DE 3 personnalité »5 . Cela implique —comme le souligne Monique Gosselin- un pacte6 suivant lequel le nom du signataire -Nathalie Sarraute- est identique à celui de la narratrice et à celui de [‘héroïne -Natacha ou Tachok— dont la vie est racontée »7 A ce titre, Enfance serait sans le moindre doute une autobiographie ême si Sarraute ne s’appesantisse pas sur ce problème d’identité. NOTES 1 | SARRAUTE, Nathalie, Enfance, Ed. Gallimard, coll. « FOIi0 », 1983, p. l. | Émission de 5 avril 1984 de Jean Montalbetti, sur FranceCulture: Entretien avec Natacha Sarraute. La transcription est effectuée par Philippe Lejeune, cité par LECARME, Jacques, et LECARME-Tabone, Eliane, Cautobiographie, A. Colin, 1997. 3 | Ibid. 41 LECARME, Jacques, et LECARME-Tabone, Eliane, op. cit. p. 10. 5 | LEJEUNE, Philippe, e Pacte autobiographique, Ed. du Seuil, coll. « Poétique », 1975, p. 13-14. 6 | Concept utilisé par Philippe Lejeune (Le pacte 3