Nourrir la planete

Nourrir la planete

?I. Les enjeux environnementaux B) Nourrir la planete Depuis le debut de l’humanite, l’alimentation est au c? ur des preoccupations des societes humaines. La faim reste aujourd’hui, un probleme aux dimensions planetaires qui risque de s’aggraver dans certaines regions du monde si des mesures drastiques ne sont pas prises. Un tiers de l’humanite souffre aujourd’hui de malnutrition et quelque 850 millions de personnes de sous-alimentation chronique dont 820 millions dans les pays en developpement, 25 millions dans les pays en transition et 9 millions dans les pays industrialises.

Cette crise alimentaire, touche de plein fouet les pays les plus pauvres et provoque des emeutes en Afrique et en Asie. Au cours du prochain demi-siecle, la population mondiale va passer de 6 a 9 milliards, faisant exploser les besoins en matiere d’alimentation et d’energie. C’est une opportunite et un defi pour l’agriculture. Pourra-t-elle demain nourrir l’humanite tout en menageant les ecosystemes terrestres ? Nombre de personnes sous-alimentees dans le monde (en millions) Asie et Pacifique 156 millions Chine 135 millions Inde 214 millions Afrique subsaharienne 198 millions

Amerique latine et Caraibes 53 millions Proche-Orient et Afrique du Nord 41 millions Pays en transition(Eur. Cent. , ex-URSS, Laos, Camb. Viet Nam) 34 millions Pays industrialises 10

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millions Total monde 841 millions. Sources : FAO, 1999-2001. Les causes d’une malnutrition dans le monde: Les crises alimentaires sont provoquees par de multiples causes. La croissance demographique implique une augmentation de la consommation alimentaire (+2% l’an). Dans les quarante dernieres annees, la population mondiale est passee de 3,1 milliards d’individus a 6,3 milliards et devrait atteindre 9 milliards en 2050.

Cette croissance demographique s’explique en partie, par la forte baisse de la mortalite dans un grand nombre de pays en developpement. Ces grandes tendances demographiques ont influe sur les besoins nutritionnels de l’humanite et par la meme, sur les disponibilites alimentaires necessaires pour satisfaire ses besoins… La croissance economique annuelle a deux chiffres de pays tres peuples comme la Chine, l’Inde et quelques autres (soit pres de 3 milliards d’individus) se traduit par une augmentation du pouvoir d’achat de centaines de millions de consommateurs qui font entrer dans leur nourriture davantage de produits laitiers et carnes.

En Chine, la consommation de viande a augmente de 150%. Or, il faut entre 4 et 10 proteines vegetales pour produire 1 proteine animale. Si la disponibilite alimentaire est passee de 2 500 a 3 000 kcal/jour/habitant, elle reste tres inegalement repartie (de 2 400 en Afrique subsaharienne a 4 000 kcal/jour/habitant dans les pays de l’OCDE) et 850 millions d’humains sont toujours sous-alimentes. Ainsi, le marche des cereales s’en trouve desorganise, entrainant la flambee des prix alimentaires et provoquant les recentes « meutes de la faim » dans certaines populations d’Afrique et d’Asie dont la part de l’alimentation avoisine 75% de leur budget total contre 15% dans les populations plus aisees. Les consequences d’une malnutrition dans le monde: En ce debut de XXIe siecle, sur quelque 6 milliards d’humains que compte la planete, la moitie environ vivent dans la pauvrete, avec un pouvoir d’achat equivalent a moins de 2 dollars des Etats-Unis par jour. La malnutrition sous la forme de carences en vitamines et mineraux essentiels reste la cause de maladies graves ou de deces chez des millions d’individus a travers le monde.

Plus de 3,5 milliards de personnes souffrent de carence en fer, 2 milliards sont en danger de carence en iode et 200 millions d’enfants d’age prescolaire sont victimes d’insuffisance en vitamine A ce qui signifie qu’elles ne disposent pas de maniere continue d’une ration alimentaire suffisante pour couvrir leurs besoins energetiques de base autrement dit qu’elles ont faim presque tous les jours. Environ 200 millions d’enfants de moins de cinq ans presentent des symptomes aigus ou chroniques de malnutrition et ce nombre s’accroit au cours des penuries alimentaires saisonnieres ainsi que pendant les periodes de famine et de conflits sociaux.

Une carence en fer peut entrainer des retards de croissance, un amoindrissement de la resistance aux maladies, des deficiences a long terme du developpement intellectuel et moteur et une alteration des fonctions reproductives. Environ 20 pour cent des deces lies a la grossesse lui sont imputes. Une carence en iode peut provoquer des atteintes cerebrales irreversibles, un retard mental, l’arret des fonctions reproductives, une diminution des chances de survie chez l’enfant et l’apparition de goitres. Pour la femme enceinte, une carence en iode peut provoquer chez le nouveau-ne differents degres de retard mental.

Chez les enfants, une carence en vitamine A pourra entrainer la cecite ou la mort. Des troubles de la croissance et un affaiblissement de la resistance aux infections peuvent aussi lui etre imputes, augmentant ainsi la mortalite chez les jeunes enfants. De plus, la malnutrition est une des causes principales d’insuffisance ponderale a la naissance et de troubles de la croissance. Les enfants qui survivent a un faible poids de naissance risquent de subir des retards de croissance et de souffrir de maladies pendant l’enfance, l’adolescence et l’age adulte.

De plus, les femmes ayant subi un retard de croissance seront predisposees a perpetuer le cycle vicieux de la malnutrition en donnant naissance a leur tour a des bebes de faible poids. Il apparait egalement le lien entre la malnutrition a une periode precoce de la vie et le developpement a une periode plus tardive de la vie peut entrainer des maladies chroniques : maladies coronariennes, diabete et hypertension. Chaque annee, quelques 30 millions d’enfants naissent dans les pays en developpement avec des troubles de roissance dus a des carences nutritionnelles en cours de grossesse. La malnutrition peut aussi entrainer toute une serie de maux : pertes de productivite et incapacite a travailler ; pertes educatives chez les enfants trop affaiblis ou maladifs pour frequenter l’ecole ou etudier de maniere correcte ; couts de sante pour soigner les personnes atteintes de maladies liees a la nutrition ; et des couts sociaux pour s’occuper de ceux que ces maladies handicapent et, dans certains cas, de leurs familles.

Quelle que soit leur gravite, des plus benignes aux plus serieuses, les consequences d’une mauvaise nutrition et d’un mauvais etat de sante entravent le bien etre general et la qualite de vie et reduisent les possibilites de developpement du potentiel humain. Les solutions: Pour supprimer la malnutrition et la faim, il faudrait selon les experts, augmenter la production agricole mondiale de 30% et la doubler pour faire face a l’augmentation de 50% de la population mondiale a l’horizon 2050 (sur la base d’une ration alimentaire de 2 425 k/cal. . L’innovation et la recherche seront certainement les cles permettant d’atteindre ce triple defi de l’alimentation, de l’energie et du climat. Entre productivite agricole et production biologique, existent de vastes possibilites (developpement durable, signes de qualite et labels, agriculture raisonnee, securite alimentaire…).

Dans le meme temps, une traque au gachis a tous les niveaux doit s’organiser. En Afrique, entre 15% a 35% des produits alimentaires sont perdus des les champs de cultures. Dans les pays developpes, 14% a 30% des produits sont elimines au niveau de la consommation et 10% a 15% seraient perdus en amont de la vente (transformation, transport, stockage…).

Enfin, certains specialistes pronent de reinvestir massivement dans l’agriculture vivriere a haute densite environnementale, de developper de nouvelles especes et varietes mieux adaptees aux fluctuations climatiques, d’insister sur l’importance des echanges mondiaux pour assurer l’adequation entre l’offre agricole et la demande alimentaire a l’echelle de la planete, tout en garantissant des productions plus durables… Sous reserve de tenir compte de cet ensemble de reflexions, la faim ne devrait plus apparaitre comme une fatalite…

Selon l’ONU, la production alimentaire doit augmenter de 50 % d’ici 2030 pour faire face a la demande, ce qui exige un effort financier de 15 a 20 milliards de dollars par an. Les emeutes contre la « vie chere » ont fait prendre conscience qu’il fallait produire plus et vite. Selon les projections 2007 du Food and Agricultural Policy Research Institute (Fapri), un centre de recherche americain, le monde aura besoin de 200 millions de tonnes de cereales supplementaires des 2015 – il en a produit 2,1 milliards en 2007. Pour produire plus, deux leviers existent : l’augmentation des surfaces et celle des rendements.

Selon la FAO, il y a 1,5 milliard de terres cultivees a l’echelle mondiale, et 4 milliards de cultivables. Avec plus ou moins de potentiel neanmoins, car celles cultivees aujourd’hui sont les meilleures et les plus accessibles. Cependant, cela se fera au detriment des forets ou des patures, des surfaces importantes pour le stockage du carbone et la biodiversite. Le niveau eleve des prix agricoles devrait constituer l’une des principales incitations a produire davantage. Selon la Commission, l’UE pourrait, dans les dix ans, augmenter sa production de cereales de 50 millions de tonnes (256 millions en 2007).

Elle envisage d’en gagner 38 millions par une hausse de 1 % des rendements par an, le reste provenant d’hectares supplementaires. La jachere pourrait etre supprimee. Face a cette evolution, il faut egalement traiter la question cle des subventions agricoles dans les echanges mondiaux. L’OMC soutient par exemple que si la liberalisation joue contre les pays importateurs de denrees parce qu’elle entraine une hausse des prix, elle represente une chance pour les pays en voie de developpement et leurs fermiers.

Actuellement, pour un dollar de denrees qu’il produit, un agriculteur d’un des 30 pays membres de l’OCDE recoit en moyenne pres de 30 cents de subvention. Il peut ainsi vendre moins cher ses aliments tout en realisant un profit. Prive de subventions, le producteur du tiers monde ne peut concurrencer ces prix artificiellement bas, et se voit exclu du marche. B) Energie Dans le domaine de l’energie, le 21eme siecle sera un siecle de transition. Les ressources en hydrocarbures ne pourront repondre indefiniment a la croissance de la demande energetique mondiale.

La deuxieme cause d’inquietude pour l’avenir reside en effet dans notre consommation d’energie, elle aussi en augmentation incessante depuis les annees 1880. Aujourd’hui l’energie est necessaire pour la realisation de toutes les activites humaines : l’agriculture, l’electricite specifique, le chauffage, les raffineries, les transports, etc. … Cette forte consommation d’energies fossiles et son augmentation est d’autant plus preoccupante car on ne peut pas simplement remplacer une source d’energie epuisee ou trop polluante par une autre qui serait plus satisfaisante…

Au rythme de consommation actuel, les reserves prouvees d’energie fossile sont de 40 annees pour le petrole, 63 pour le gaz, 218 pour le charbon et 71 pour l’uranium. Si, au lieu de raisonner a consommation constante, on tient compte de l’augmentation annuelle de la demande (supposee egale a 2%/an), dans 50 ans l’ensemble des reserves prouvees sera epuise. On decouvrira bien sur d’autres gisements (plus chers). Mais si on considere maintenant les reserves ultimes d’energie, c’est a dire la totalite de celles que l’on pense pouvoir decouvrir et extraire un jour, la croissance de la demande aura eu raison de ce gisement ultime… n 2115, soit d’ici un siecle. Il n’y aura alors plus une seule « goutte » d’energie fossile a disposition de l’homme. Les biocarburants sont pointes du doigt par un certain nombre d’experts. Face au defi environnemental et a l’envolee du prix du petrole, les biocarburants sont devenus une alternative a l’or noir, detournant des terres de la chaine alimentaire (soit 20 a 50% de la production mondiale de colza et de mais) et mettant a mal l’alimentation des pays en voie de developpement.

Le Bresil et les USA sont les deux plus importants producteurs d’agro-carburants avec 70% du marche mondial de l’ethanol. Ce dernier absorbe 20% du mais aux Etats-Unis et 50% de la canne a sucre au Bresil. A terme, la demande croissante d’agro-carburants entrainera une hausse importante de leurs cours pour avoisiner ceux du petrole. Environ 60% de l’energie consommee dans le monde (65% pour l’Europe et 49% pour la France) provient des ressources en hydrocarbures. Or, comme toutes les ressources, celle des hydrocarbures s’epuise.

Le debit de petrole qui sort des puits mondiaux passera dans les prochaines annees par un «pic» qui correspondra au moment ou les capacites mondiales de production de petrole atteignent leur maximum avant de decroitre ineluctablement. Quelle que soit l’echeance de survenue du pic, nous devons d’autant plus nous preparer a l’apres petrole qu’il faudra environ 30 ans, dans le meilleur des cas, pour changer notre systeme energetique. Cette evaluation deja alarmante par elle-meme, se trouve aggravee par un autre constat : la mondialisation liberale repose aujourd’hui sur des ransports bons marche utilisant le petrole. Or, dans un contexte mondial d’augmentation de la demande de petrole pour les pays developpes mais aussi et surtout pour les pays en voie de developpement, la diminution progressive de la production mondiale de petrole ne peut entrainer qu’un ecart croissant entre l’offre et la demande. Dans cette conjoncture, le prix du petrole ne peut que grimper, sans que l’on puisse en preciser la limite. Le recours croissant au gaz ne change pas globalement l’echeance de cette crise puisque le pic gazier sera decale de 10 ans environ par rapport a celui du petrole.

Consequences: Les decouvertes de petrole diminuent depuis longtemps, et il en est de meme pour le gaz. De plus, les reserves sont inferieures a la consommation depuis 20 ans pour le petrole, et 10 ans pour le gaz. La courbe de production de petrole aux Etats-Unis suit avec un decalage de 30 ans celle des decouvertes, ce qui nous permet de faire l’estimation du maximum de production d’ici a 30 ans, d’apres les donnees d’EXXON : Courbe de production de petrole aux Etats-Unis et courbe des decouvertes (Le decalage des courbes est de 10 a 15 ans pour le gaz.

Ceci nous amene au probleme suivant : la consommation d’energie ne sera pas assuree pour les 40 ans a venir. Quand on parle de reserves, il faut bien faire la distinction entre reserves, et reserves ultimes restantes. Depuis 30 ans, les estimations sont stables : on estime les ressources ultimes a environ 3000 milliards de barils. Par ailleurs, il est important de souligner que depuis 30 ans, la consommation mondiale d’energie fossile augmente de 2% par an.

Le fait que nous allons dans un futur proche constater l’epuisement de nos reserves de petrole et de gaz naturel est donc aujourd’hui totalement incontestable. Tout le debat reste : dans combien de temps exactement? ) Le charbon quant a lui, present sur Terre en quantite dix fois superieure au petrole, se heurte cependant encore a un probleme de competitivite par rapport au petrole (cout de la liquefaction du charbon par rapport au prix du baril de brut).

Par ailleurs il se trouve dans tous les pays ou il n’y a quasiment pas de petrole (Asie, Pacifique, Russie, Europe, Amerique). Enfin, lorsqu’on sait que les dernieres reserves de petrole se trouvent en immense majorite dans les pays ou on ne le consomme pas, ou du moins ne se trouvent pas dans les pays qui en consomment le plus (USA, Europe de l’Ouest, …), on comprend que ces problemes de localisation des ressources mondiales risquent tres fortement d’aboutir a des problemes geopolitiques majeurs. Il y aura egalement un defi crucial dans le domaine de l’energie.

La Chine et l’Europe, confrontes a une insuffisance du petrole ont deja pris des mesures concretes: l’agriculture tient un role important dans la reduction de l’utilisation du petrole tels que la production, le traitement et la distribution, et la creation d’alternatives au petrole comme le fuel bio, le plastique bio etc… Solutions: Le charbon apparait comme un recours energetique possible pour le futur afin d’obtenir un bouclage difficile a realiser autrement entre demandes mondiales d’energie et ressources terrestres.

L’Europe doit participer a l’effort de recherche et developpement consacre a cette ressource. Cela est necessaire pour assurer son independance energetique a long terme et pour aider les pays en voie de developpement a acquerir les equipements lourds moins polluants dont ils auront besoin. Comment reussir la transition energetique ? Il y a quatre grands defis a relever pour reussir cette transition. Le premier est d’ordre comportemental. Nous devons modifier nos modes de consommation et economiser l’energie partout ou cela est possible.

Le second consiste a optimiser le petrole. Dans ses usages d’une part, en le reservant aux secteurs pour lesquels il est aujourd’hui difficilement et rapidement substituable, tels les transports et la petrochimie*. Dans son exploitation et sa transformation d’autre part. L’enjeu n’est pas de produire le petrole jusqu’a la derniere goutte, mais de donner a notre societe le temps necessaire au developpement des energies susceptibles de venir progressivement le remplacer. Actuellement, on ne recupere, en moyenne, que 35 % du petrole contenu dans un gisement.

Il apparait donc essentiel d’ameliorer l’efficacite de la production. Concretement, une augmentation de 1 % du taux de recuperation sur l’ensemble des gisements procurerait l’equivalent de 2 ans de consommation mondiale ! Optimiser le petrole, c’est aussi obtenir davantage de produits petroliers a partir d’une meme quantite de petrole brut, notamment en ameliorant le rendement du raffinage et en le rendant plus propre. C’est enfin consommer moins dans les transports en ameliorant les moteurs pour les rendre moins gourmands en energie.

Troisieme defi pour reussir la transition energetique, le developpement de nouvelles technologies et sources energetiques, notamment dans les transports et la petrochimie. Biocarburants, hybridation, gaz naturel, carburants de synthese, hydrogene : toutes ces filieres doivent etre explorees. Notre marge de progres est grande puisque, a titre d’exemple, les biocarburants ne representent aujourd’hui que 1,2 % de l’energie consommee dans les transports en Europe ! Enfin, et ce n’est pas la le moindre des defis, la reussite de la transition energetique passe par la reduction des emissions de CO2.

Au-dela des necessaires economies d’energies qui concernent chacun de nous dans sa vie quotidienne, des technologies sont developpees pour capter le CO2 dans les fumees des industries les plus polluantes et le stocker dans le sous-sol. C’est en travaillant en parallele sur ces quatre axes que nous pourrons mettre en place un bouquet energetique equilibre entre les energies fossiles (petrole, gaz et charbon) et les energies alternatives dont nos societes vont avoir besoin…