Migrations Causes Effets Et Interactions Avec Le Developpement

Migrations Causes Effets Et Interactions Avec Le Developpement

Séminaire méditerranéen de l’OSCE Rabat 8 / 9 septembre 2005 Migrations, causes, effets et interactions avec le développement Mehdi Lahlou Professeur de Sciences économiques Insea, Rabat, Maroc e. mail : Résumé La migration de pers d’études au de reche a des effets favorabl à l’échelle des perso des pays d’origine et e travail, mais aussi , sc ux et économiques, Ces effets sont d’autant plus positifs que les pays concernés ont un niveau de développement proche, que les migrants disposent d’un potentiel élevé d’intégration dans les régions où ils veulent s’installer et qu’ils gardent leur liberté de mouvement.

En ce sens, le développement de l’Europe du sud (Portugal, Grèce, mais surtout Espagne et Italie) doit beaucoup au mouvement migratoire des années 1960 et 1970. Et, aujourd’hui l’un des facteurs importants de relèvement du niveau de vie au sein de l’Union européenne est la capacité des citoyens qui la composent à s’installer là où ils veulent sur territoire de l’Union en apportant capacité de globalement négative et porteuse de facteurs de précarisation sociale et de nivellement par le bas prlncpalement pour les régions d’accueil.

Notre objet, à travers cette déclaration, est de démontrer en ecourant à des exemples tirés de la situation du Maroc

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et des relations migratoires que ce pays entretient avec certains des principaux pays membres de l’Union européenne, que la migration A constitué, et continue de le faire, une aubaine démographique pour l’Europe, avec tout ce que cela comporte comme conséquences sur l’évolution de la population active, et donc sur les capacités humaines de production de richesses et aussi sur le financement des caisses sociales.

De la sorte elle ne peut être considérée aujourd’hui comme « seulement » un problème ou un risque pour les pays uropéens, mais elle continue à représenter une chance de développement économique national et ? l’échelle des régions (développement de la recherche, opportunités nouvelles d’activité, sauvetage d’activités traditionnelles ou de secteurs menacés, tels la petite agriculture, etc. ).

Comme elle peut représenter un facteur de stabilité régionale et de consolidation d’un espace euro-méditerranéen qui serait capable, sur les plans politique et économique, de faire face au bloc asiatique mené actuellement par la Chine et, bien sûr, à ‘hyperpuissance américaine. Contribue aujourd’hui, à travers les transferts de revenus réalisés par les Marocains PAGF OF des ménages et sur les réserves en devises du pays.

Cependant, si cette migration participe aussi, pour partie, à la réduction des pressions sur le marché de l’emploi au Maroc, elle prive ses entreprises et ses centres de recherche d’une part importante des personnels qualifiés que ses écales ont formés comme elle a tendance à vider des zones complètes de leurs ressources humaines vives, certaines régions n’étant plus habitées – en raison de l’émigration de la partie la plus dynamique de la population – que ar des enfants et des personnes âgées.

Notre objectif est aussi d’indiquer des axes d’approche politico- économique qui devraient permettre de : Réduire les tensions actuelles autour du phénomène des migrations irrégulières, qui apparait désormais comme étant le seul concerné par les débats sur les migration, et qui dans tous les cas de figure doit être jugulé pour des motifs dabord humains et éthiques De rendre plus visibles les effets positifs des migrations sur le développement dans les pays de départ et d’accueil D’instaurer une relation plus équilibrée (moins déséquilibrée) entre les pays de ‘UE et le Maroc, de telle sorte qu’on tende vers une diminution de la propension à émigrer de populations qui ont peu de chances d’être intégrées dans un pays autre que le leur De faire de l’ensemble du Ma hreb un relais de développement entre l’UE et PAGF 3 OF possible à brève échéance mais serait intenable – politiquement, socialement et économiquement – sur le long terme. I : Les motifs des migrations: L’attraction qu’exercent le mode et le niveau de vie des populations d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord sur les populations africaines, tant au nord qu’au sud du Sahara intervient aujourd’hui très puissamment, articulièrement auprès des jeunes citadins dont l’espoir d’une vie meilleure chez eux s’estompe à mesure que fléchissent les économies de leurs pays. our ces jeunes, de sexe masculin dans l’ensemble mais auxquels se joignent de plus en plus de femmes, l’Europe toute proche (de même que les Etats-Unis d’Amérique et le Canada) représente « ce qu’il y a de mieux » en termes de conditions de vie, de liberté, de garantie des droits, de loislrs, Ce phénomène d’attraction a été doublé d’un facteur psychologique grossissant qui a été attaché à la généralisation des visas dans l’ensemble des pays iches potentiels d’accueil. Cet élément, en limitant singulièrement les migrations légales, a ajouté ? l’attrait qu’exerce l’Europe, le sentiment qu’elle serait devenue « interdite », contribuant ainsi grandement à l’accroissement des mouvements effectués dans la clandestinité. De la sorte, une partie des mouvements humains qui se produisaient, jusqu’au milieu des année turellement, dans les 2 6 partie grandissante de sa population, au fur et à mesure que s’accroit la pauvreté et que perdure le « mal de vivre » ambiant.

Pour faire face à l’afflux de migrants qui s’est développé en apport avec cette situation, l’Europe, après avoir mené tout au long des années antérieures une politique migratoire laissée au libre arbitre de chacun de ses Etats membres, semble suivre depuis 1999 – et surtout depuis le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme qui a fait suite aux attaques du 1 1 septembre 2001 contre le territoire américain – une politique migratoire à contours essentiellement « sécuritaires », s’agissant des migrations irrégulières, dont l’un des fondements déclarés a été d’instituer des frontières extérieures à l’est, puis au sud, dans des pays sûrs, vec lesquels elle est en relation de voisinage. Dans les faits, l’Europe en se construisant institutlonnellement, politiquement et économiquement, a fini par se dessiner trois niveaux de frontières . ?? Des frontières politiques et institutionnelles, c’est-à-dire, celles de l’Europe à 6, puis à 12, puis à 15, puis à 25 depuis le 1er mai 2004. • Des frontières politiques et économiques, soit celles qui la relient à tous les pays avec lesquels elle a signé des accords pour l’institution de zones de libre échange. Il s’agit en particulier ici des pays du Maghreb et sud- éditerranéens de façon générale. PAGF s 6 subsaharienne. Le problème est que ces trois niveaux de frontières se sont construits dans une absence totale de convergence entre révolution des niveaux de richesse et de la situation économique et sociale globale des pays concernés, plus spécifiquement de part et d’autre de la Méditerranée.

Ainsi, d’une certaine façon, à un enrichissement continu des pays du nord du bassin méditerranéen, on a assisté, au mieux, à un décrochage de la plupart des pays du sud; du sud de la Méditerranée et, encore plus nettement, des pays sud-sahéliens. A – La pauvreté apparente, un cocktail de croissance démographique qui se maintient et de pauvreté qui s’amplifier L’évolution de la situation en Afrique – au sud du Sahara, en particulier – depuis le milieu des années 1960, et plus nettement au cours des deux dernières décennies, est globalement marquée par un ensemble d’éléments/problèmes majeurs, qui résument l’ampleur et la profondeur du dilemme africain en ce début de siècle.

L’Afrique, en effet, connaît encore une ère d’exubérance démographique; la pauvreté est en train de s’y étendre comme nulle part ailleurs au monde; les ressources aturelles à la disposition de ses habitants — l’eau notamment — sont de moins en moins abondantes; et, conséquence d’une multitude de raisons – dont les trois causes ci-dessus et les multiples interférences extérieures aussi bien, politiques, du temps de la « euerre froide » que, éco PAGF 6 OF d’inverser les tendances notamment en termes économiques, étant donné que l’insécurité représente un facteur de forte répulsion aussi bien pour les investisseurs locaux (dont le nombre est a priori réduit) que pour des investisseurs potentiels étrangers. A ce niveau, deux déterminants directs, intimement liés dans la ituation africaine actuelle, sont à mettre plus particulièrement en avant. La croissance démographique qui se poursuit à un rythme élevé et la pauvreté, qui lui est attachée tout en la renforçant, et qui devient de plus en plus générale, de plus en plus marquée.

En ce sens, l’Afrique qui comptait 221 millions d’habitants en 1950 et de la population mondiale de l’époque, en compte aujourd’hui près de 800 millions (soit près de 1 de la population mondiale), et devrait regrouper 1,3 milliard d’habitants en 2025 et 1,76 milliard en 2050. C’est, aujourd’hui, le continent le plus en retard en erme de transition démographique. Cependant, si le facteur démographique joue un rôle dans les mouvements de départ de populations d’une région à une autre ou d’un pays à un autre, cela ne se vérifie que si d’autres éléments sont réunis, qui deviennent dès lors les moteurs de la migration. Abstraction faite de facteurs politiques d’ordre général (en rapport avec l’existence de l’Etat de droit, ou plus fondamentalement aux conditions de sécurité prévalant dans un pays ou une région), il est bien évident entre situation économique et mouvements migratoires.

En terme d’a PAGF 7 6 a croissance s’installe a dépression dure longtemps, sans perspective crédible de « sortie de crise « , tel que c’est le cas de nos jours en Afrique. Les départs ne s’opèrent pas, cependant, de façon uniforme. S’agissant des migrations vers l’Europe, le constat est celui de l’existence d’une espèce de graduation dans les mouvements des personnes, des citoyens des pays les plus pauvres allant d’abord chez le voisin, plus riche, le plus proche. Ainsi est la situation entre le Niger, le Mali, le Tchad, d’un côté, et la Libye, de l’autre ou entre les 2 premiers pays et l’Algérie. C’était aussi le cas, jusqu’au milieu des années 1990, entre le Burkina Faso, et à une moindre mesure le Mali, la Côte d’Ivoire.

Chez les pays africains du sud du Sahara, le motif déterminant de départ (dans les conditions où cela s’effectue) serait d’abord la pauvreté extrême. Et c’est cela qui explique l’installation de migrants dans un pays voisin plus riche (Burkinabais en Côte d’Ivolre – avant la crise actuelle dans ce dernier pays; Nigériens et Maliens au sud de l’Algérie; Nigériens, Maliens ou Tchadiens en Libye) ou les migrations transfrontalières de courte durée, notamment entre les pays sus-cités. C’est dans ce sens que les estimations disponibles ur ce type de migrations indiquent que sur 100. 000 Africains du sud du Sahara passant en Afrique du Nord chaque année, près de 15 % seulement tentent d’aller jusqu’en Europel.

La migration de travail (pour « survivre » ou pour mieux vivre, avec un salaire/revenu plus « décent ») vers un voisin lus riche est notamment justifiée par l’écart significatif PAGF 8 6 de PIB par habitant existant entre pays limitrophes, ou pas très éloignés. Cest cet écart là, tel qu’indiqué au tableau ci-après, qui explique la présence de Maliens, Nigériens ou Tchadiens en Algérie, ou, plus encore, en Libye. Tableau 1: Ecart de PIB par habitant entre pays limitrophes de part et d’autre du Sahel central Pays Mali Niger Tchad Burkina Faso Algérie 7,16 10 7,8 Libye* 25 35 27,3 Tunisie 8,3 11,7 9 ‘k Calculs faits sur la base d’une estimation d’un revenu de 6. 000 USD / habitant. Source : Tableau fait par nous sur la base des données 2002, publiées par le Bilan du M PAGF 6 Monde. 2003.

Plus proches de l’Europe, les Maghrébins (à l’exception des Libyens qui n’émigrent pas étant donné l’abondance de leur richesse pétrolière et qui, justement pour cette raison et pas pour des motifs de transit, accueillent depuis près e 3 décennies des migrations de travail de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, mais aussi -selon les circonstances politiques du moment- des autres pays du Maghreb, d’Egypte ou de Palestine) auraient pour raisons essentielles de départ vers l’Europe, outre des considérations politiques et de sécurité (tel que cela a été confirmé par les conditions où se sont déclenchés les mouvements de départ massifs que l’Algérie a connus au cours des années 1 990) le chômage, et notamment le chômage urbain et celui des diplômés (les illettrés trouvant généralement plus facilement un emploi) et, surtout, les écalages croissants de PIB — et donc de niveau de vie – vis-à-vis de l’Europe, et du voisin immédiat, l’Espagne, en l’occurrence pour le Maroc ou l’Italie pour la Tunisie, et la France pour l’ensemble. Ainsi, comme le montre le tableau ci-après, partout au Maghreb central, le taux de chômage se situait au début de ce siècle à plus de 15 % en moyenne. En milieu urbain, il était de 25,1 % en 2001 en Algérie, de 19,5 % au Maroc et de 15,6 % en Tunisie à la même année2. Par ailleurs, il apparait bien que ce chômage, outre qu’il est d’abord urbain, affecte essentiellement les perso formations supérieures.