Methode pour la dissertation de philosophie

Methode pour la dissertation de philosophie

Preparation de la dissertation de philosophie : I- Que faire face a l’intitule du sujet ? 1) souligner tous les termes du sujet – les definir ; en donner les differents sens – notamment, le  » peut-on  » est important : a) possibilite reelle (j’ai les moyens de faire quelque chose) ; b) possibilite morale (j’ai le droit de faire) 2) les mettre en rapport pour reformuler la question Cet exercice vous permet de chercher : le presuppose (que sous-entend la question ? ) ; l’enjeu (que se passe-t-il si je reponds oui ou non a la question ? u’est-ce qui serait alors a redefinir, qu’est-ce que l’on perd, qu’est-ce que l’on gagne, etc. ) ; enfin, le probleme (le fond du sujet, la question de la question) ou la  » problematique « , qui est le fil directeur, ce que vous devrez resoudre et ce a quoi vous devrez repondre. 3) exemple :  » autrui n’est-il qu’un moyen ou qu’un obstacle ?  » – autrui : a) definition generale : l’autre que moi ; b) dans une perspective moderne, c’est l’autre sujet/ conscience/ moi (Descartes) ; dans une perspective plus classique, avant Descartes, c’est l’autre homme, tout simplement (cf. Aristote). n’est-il : remarquer la formulation negative de la question ; et qu’il s’agit de l’etre d’autrui (interrogation ontologique) – obstacle : ce qui me gene,

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m’empeche de faire quelque chose ; mais quoi ? tout ce que je veux, ou de m’accomplir ; ma liberte ; ce qui est donc a eliminer Mais qu’autrui soit et soit seulement un obstacle, cela suppose : – que je peux me definir tout seul (ce que semble croire Descartes –cf. le cogito, cours autrui- mais ce que critique Sartre –cf. texte cours autrui- et, dans une perspective plus politique, Aristote –cours Etat texte Politique, I, 2 : l’homme est un animal politique) que le mode des rapports entre les hommes (autrui, c’est aussi l’autre homme) ne peut qu’etre le conflit (Hobbes, Sartre) ; conception opposee : Rousseau ; notre experience meme : avez-vous spontanement tendance a vous ruer sur les autres dans la rue ? Ne sont-ils que des adversaires, des ennemis ? On peut opposer a cela la pitie ; l ‘existence meme de la cite : les autres nous permettent de faire des choses que nous ne pourrions faire seuls (survivre, notamment ; parler, ensuite –cf. les premiers § des Politiques d’Aristote, encore ! )

Interroger ce que presuppose, sous-entend, une these, permet donc de trouver a la fois ce qui fait vraiment probleme dans le sujet, mais aussi, vous le voyez ici, de trouver des arguments pour critiquer cette these dans une autre partie – Moyen : un moyen, c’est quelque chose qui vous sert a obtenir quelque chose d’autre ; il s’oppose a la fin, qui elle, ne sert a rien d’autre mais existe pour elle-meme; c’est quelque chose qui n’a pas de valeur absolue, mais seulement relative. Si autrui est un moyen, vous le considerez donc comme ayant seulement une valeur relative.

Vous pouvez vous en servir pour autre chose, comme monnaie d’echange, etc. Autrui n’est alors qu’une chose. Il faut alors se demander pourquoi on suppose ici qu’autrui ne pourrait etre qu’un moyen : ne serait-ce pas parce qu’autrui nous apparait d’abord comme une chose du monde, puisque je ne vois ou n’apprehende de lui que son corps, son aspect exterieur ? (ne serait-ce pas la consequence ultime de la conception cartesienne de l’homme comme sujet et comme conscience ? ). Cela serait aussi ce qui mene a concevoir autrui comme un obstacle (point commun de ces deux termes …, a creuser)

Ici, on repondra bien entendu que on peut se rapporter a autrui autrement : nous le respectons, nous le considerons comme quelqu’un et non comme quelque chose, comme quelqu’un qui est non un moyen mais une fin en soi, i. e. , qui a une valeur absolue, envers qui j’ai des responsabilites, qui m’enjoins de ne pas me tuer … (Kant, imperatif categorique, cours autrui et droit) cf. enjeu: rapports entre les hommes = harmonieux ou non etc. Et des lors, qu’on doit se rapporter a autrui autrement qu’en termes d’obstacle ou de moyen ! (non plus possibilite physique/ reelle, mais devoir moral)

Le probleme ultime pose par le sujet est donc de savoir si autrui est une chose ou une personne, et si je peux etre sans autrui. Il s’agit de savoir si l’homme est un etre intersubjectif ou non, qui a besoin des autres pour se definir ou bien si nous sommes seulement des sujets, n’ayant besoin de rien d’autre que nous memes pour exister. L’homme est-il un animal politique ? Presuppose : autrui serait bien un obstacle ou un moyen, mais n’est-il que cela ? cela est-il la definition meme, ou encore la constitution meme, d’autrui ? ) ; il s’agit donc de savoir pourquoi ou comment on peut etre amene a dire ca, et de trouver une alternative

II- L’introduction C’est une mise en forme du travail preparatoire. Doivent donc figurer dans une introduction : – les definitions des termes (qu’on appelle des concepts) – la (les) reformulation (s) de la question, le presuppose, l’enjeu, le probleme (qui doit etre amene par toute une serie d’interrogations ; a la suite de quoi vous aboutissez a la formulation du probleme veritable pose par la question, pour montrer au lecteur de votre copie que c’est ce probleme-ci que vous allez vous attacher a resoudre) – vous pouvez evoquer otre plan, mais toujours sous forme de questions (soit vous l’evoquez suite a la position explicite du probleme, soit avant juste avant d’arriver au probleme) (si vous bloquez sur les termes a utiliser, regardez tout simplement cette reponse faite a un eleve sur le forum) III- Le developpement 1) Le developpement est la reponse argumentee au probleme. a) C’est-a-dire que vous devez y repondre mediatement, en prenant en compte diverses solutions du probleme (qui sont confrontees) ; chaque partie doit envisager une solution differente, et vous devez a chaque fois justifier cette solution (meme si vous n’y adherez pas).

Pourquoi et comment peut-on soutenir telle reponse ? En prenant les termes du sujet en quel sens ? Quelles difficultes pose cette reponse ? Peut-etre son presuppose n’est-il pas valide ? Peut-elle rate-t-elle un aspect important des termes en question ? Pourquoi et comment peut-on soutenir telle autre these ? Vous partez pour cela des difficultes soulevees par la solution premiere : peut-etre devrez-vous attaquer son presuppose, ou bien le caractere partiel de ses definitions, etc.

Vous ne faites donc pas quelque chose du genre :  » oui  » ;  » non  » mais vous argumentez reellement : vous dites pourquoi et comment on peut soutenir une these, et si vous la critiquez ou ne la soutenez pas, vous montrez pourquoi ; si vous soutenez une autre these, ce n’est pas la these strictement opposee ; exemple : vous avez repondu oui et ensuite non, certes ; mais dans les deux parties, les termes du sujet ont un sens different, le presuppose n’est plus le meme, etc. Sinon, on ne voit pas pourquoi  » oui  » et ensuite  » non « … b) Souvent, votre plan sera de la forme suivante :

I- Opinion commune (qui sera rejetee) : exposition de la these (en precisant, j’insiste, en quel sens sont pris ici les termes du sujet) ; arguments en sa faveur (pourquoi et comment peut-on soutenir une telle these) ; difficulte (s) soulevee (s) (elle ne rend pas compte d’un autre aspect du concept ; elle part d’un presuppose qui est contestable ; son raisonnement ne tient pas, etc. ) – attention : cette ou ces difficulte (s), vous commencez a la/ les soulever, en vous posant des questions ( » mais, si certes on peut dire que …, ne faudrait-il pas pourtant … « )

II- A partir des difficultes soulevees, on passe alors a une seconde partie ; nouvelle question, developpement de la difficulte, et comment on peut resoudre cette difficulte a l’aide de la nouvelle these Etc. Exemple :  » autrui….  » : II- mais dire que (…) cela ne presuppose-t-il pas telle conception de l’homme, telle definition d’autrui ? Or, autrui ne serait-il pas au contraire essentiel a mon etre ? etc. 2) Quelques precisions a) l’utilisation des exemples : ils ne doivent jamais remplacer une idee et /ou faire office de justification d’une idee.

Un exemple ne demontre rien, car on peut toujours lui opposer d’autres exemples. Cf. Socrate et l’invention du concept : a la question  » qu’est-ce que la beaute « , Hippias lui repond par une enumeration successive : la beaute, c’est une belle fille, une belle jument, etc. Socrate ajoute alors ironiquement : et une belle marmite ! Ce qu’on veut savoir, c’est ce qui peut s’appliquer a toutes les choses qu’on dit belles, i. e. , pourquoi elles sont belles. Ce qui est essentiel a la definition de la beaute, et non ce qui lui est accidentel. ) utilisation des references philosophiques : Elles sont essentielles, si vous voulez justifier vos reponses, et, il faut bien le dire, pouvoir trouver les questions de votre plan, ainsi que le probleme meme pose par le sujet. Mais attention : vous ne devez pas faire un expose d’histoire de la philosophie. Ce serait encore une enumeration. Vous devez absolument bannir les plans du type : I- Oui (Platon) ; II- non (Kant). Ainsi que les formulations du type :  » Pour Platon … » Comment faire alors ?

Vous devez amener ces references par votre questionnement. Il faut en quelque sorte savoir  » ruser  » : par exemple, si vous connaissez bien la these d’un auteur ou d’un mouvement de pensee concernant le sujet, vous allez soigneusement reconstituer toutes les etapes de l’argument, qui est une reponse possible a la question posee ; puis, vous allez formuler une question (celle a laquelle repond cet argument, ou celle dont l’argument peut etre la reponse argumentee) s’inserant dans votre plan.

Alors, vous pourrez repondre a votre question a l’aide de cet auteur. Citez l’? uvre a laquelle vous vous referez en la soulignant. Plutot que le resume d’une doctrine, on prefere un texte ou un argument precis (d’ou l’utilite des fiches ! ) N’oubliez pas de traiter toujours du sujet, en repondant de temps en temps explicitement a la question (exemple : developpement de la these d’un auteur ; retour au sujet).

Ni de montrer en quel sens l’auteur prend les termes du sujet. c) utilisation des concepts Elle me parait encore plus imperative que l’utilisation des references aux auteurs ou mouvements de pensee. Vous devez non seulement utiliser des definitions precises, en cherchant toutes les caracteristiques des notions en jeu dans l’intitule, mais encore, vous referer a ce a quoi elles s’opposent.