Mesure du chomage

Mesure du chomage

INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE ET DES ETUDES ECONOMIQUES DIRECTION GENERALE 18, boulevard Adolphe Pinard – 75675 PARIS CEDEX 14 Departement de l’Emploi et des Revenus d’Activite UNE METHODE D’ESTIMATION MENSUELLE DU CHOMAGE AU SENS DU B. I. T. DIFFERENCIEE PAR SEXE ET AGE Christine GONZALEZ-DEMICHEL et Sebastien SEGUIN F0104 Les auteurs de ce rapport remercient Pauline GIVORD, Fabrice LENGLART, Emmanuelle NAUZE-FICHET et Vladimir PASSERON pour l’aide methodologique qu’ils leur ont apportee.

Novembre 2001 2 TABLE DES MATIERES I- Le probleme pose 1- Chomage BIT et DEFM, deux concepts differents a) Le concept du chomage BIT b) Les differentes categories de DEFM c) Ecarts entre chomage BIT et DEFM 2- Estimer mensuellement un indicateur connu une seule fois par an 5 7 7 8 10 14 II- L’ancienne methode : un modele econometrique unique 1- Les raisons de l’adoption d’un modele econometrique en 1996 2- Rappel de la methode mise en place en 1996 3- Bilan de la methode mise en place en 1996 15 15 17 18

III- Un contexte nouveau 1- Revision de la serie brute du chomage au sens du BIT de 1991 a 2000 suite au recensement de population 1999 a) Revision des resultats des enquetes Emploi de 1991

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a 2000 b) Revision du nombre de chomeurs vivant en communaute 2- Des modifications sur le marche du travail 3- Un recul suffisant sur les DEFM 1+2+3 hors activites reduites 19 19 19 20 21 22 IV- La methode retenue : utiliser les DEFM 1+2+3 hors activites reduites et differencier le traitement des jeunes et des plus ages – S’orienter vers une estimation differenciee par sexe et age 2- Pour les jeunes : une equation econometrique prenant en compte les DEFM 1+2+3 hors activites reduites et l’interim a) Choix des variables b) Ecriture des modeles c) Performances des modeles 3- Pour les personnes de 25 ans et plus : evolution du chomage BIT calquee sur celle des DEFM 1+2+3 hors activites reduites 4- Comparaison des series ancienne et nouvelle methodes 26 26 27 27 27 29 34 35 ANNEXES 37 3 4 I- Le probleme pose

L’Insee a la responsabilite de la mesure du chomage au sens du Bureau International du Travail (BIT). Pour ce faire, l’Institut se base, en premier lieu, sur l’enquete Emploi realisee chaque annee au mois de mars. L’enquete Emploi est la seule source statistique qui permette de mesurer le chomage suivant une definition conforme aux normes internationales, susceptible de se preter a des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Mais elle ne permet pas actuellement un suivi des evolutions infra-annuelles1.

Parallelement, le Ministere de l’Emploi et de la Solidarite et l’ANPE exploitent les listes de demandeurs d’emploi inscrits a l’ANPE, ce qui permet la mise a disposition d’une statistique des demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM), disponible mensuellement par definition. Malgre l’avantage d’une disponibilite conjoncturelle, les DEFM, statistiques issues d’une source administrative, ne peuvent etre considerees directement comme une approximation correcte du nombre de chomeurs au sens du BIT pour des raisons tenant a la fois au champ couvert et a la definition precise du chomage suivant cette norme internationale.

Or, la disposition d’une information mensuelle, donc plus conjoncturelle, sur le chomage ne peut s’effectuer au detriment de l’adequation de l’outil de mesure aux concepts. L’estimation mensuelle du chomage au sens du BIT fait l’objet depuis de nombreuses annees d’une attention scrupuleuse de la part de l’Insee, qui s’est traduite par un souci constant d’investissement methodologique.

Depuis 19862, le principe general d’estimation du chomage au sens du BIT retenu par l’Institut consiste d’une part, a mesurer directement une fois par an le nombre de chomeurs au sens du BIT grace a l’information fournie par l’enquete Emploi, et, d’autre part, a utiliser au mieux l’information conjoncturelle disponible pour actualiser mensuellement le nombre de chomeurs au sens du BIT. Cette actualisation mensuelle est donc une estimation et non pas une mesure statistique directe ; elle est corrigee a posteriori lors du recalage sur les resultats de l’enquete Emploi suivante.

Entre 1986 et 1996, la procedure d’estimation mensuelle etait fondee sur la simple application, aux derniers resultats connus de l’enquete Emploi annuelle, des evolutions observees sur les DEFM par sexe et groupe d’age. En 1996, l’Insee constatait les imperfections d’un tel systeme. Celui-ci s’est en effet traduit a partir de la fin des annees 1980 non seulement par des revisions de series d’ampleur importante lors des recalages annuels, mais, qui plus est, par des revisions dont le sens etait en fait a priori previsible, car lie aux evolutions conjoncturelles du marche du travail.

Face a ce constat, l’Insee a alors adopte une methode d’estimation mensuelle du chomage BIT, qui vise a reduire l’ampleur de ces recalages annuels. Elle utilise, en plus des DEFM, d’autres variables du marche du travail (creations d’entreprises et emploi interimaire), afin de mieux prendre en compte la part d’evolution conjoncturelle qui etait jusqu’alors insuffisamment captee.

Au cours des cinq dernieres annees, cette methode s’est averee satisfaisante au niveau global : elle a conduit a des revisions faibles du nombre total de chomeurs au sens du BIT, une fois connus les resultats de l’enquete Emploi, tandis que l’ampleur des revisions par sexe et groupe d’age etait plus importante. 1 Du moins tant que l’enquete Emploi en continu, mise en place en juillet 2001, ne fournit pas encore de resultats exploitables. 2 Lettre de mission de reflexion et de propositions confiee par le Gouvernement a M.

Edmond Malinvaud pour la mise en place d’«indicateurs fiables et objectifs sur le marche du travail ». 5 Neanmoins, des interrogations pesaient sur la robustesse du modele reestime en juin 2001 : modification sensible des coefficients de l’equation suite a la revision des resultats de l’enquete Emploi sur la periode 1991-2000 (du fait de la prise en compte des resultats du recensement de population de 1999) ; difficultes d’interpretation de l’evolution du chomage au sens du BIT au cours des premiers trimestres de 2001.

En outre, les variables conjoncturelles composant cette equation ne jouent plus exactement le role qu’on attendait d’elles au moment du choix de la methode : moindre inertie des DEFM, caractere structurel plus affirme pour les creations d’entreprises et l’emploi interimaire. Les travaux du departement de l’Emploi et des Revenus d’Activite qui sont presentes et detailles ci-apres visent donc a affiner une nouvelle fois la methode d’estimation mensuelle du chomage au sens du BIT, afin de reduire l’ampleur des recalages annuels sur l’enquete Emploi, aussi bien au niveau global que par sexe et groupe d’age.

Pour ce faire, la nouvelle methode cherche en particulier a exploiter au mieux une source d’information maintenant disponible avec suffisamment de recul : celle des DEFM de categories 1, 2 et 3 hors activite reduite, dont la definition est conceptuellement proche de celle du chomage au sens du BIT. La methode consiste a effectuer un traitement differencie par sexe et groupe d’age.

Pour les jeunes hommes et les jeunes femmes, le chomage au sens du BIT mensuel est estime a l’aide de relations econometriques reliant l’evolution de cette variable a celles des DEFM de categories 1, 2 et 3 hors activite reduite et de l’emploi interimaire. Pour les personnes de 25 ans et plus, l’evolution mensuelle du chomage au sens du BIT est, a ce stade, calquee sur celle des DEFM de categories 1, 2 et 3 hors activite reduite, faute d’avoir pu retenir une relation econometrique suffisamment robuste entre les evolutions de ces deux variables.

D’ores et deja, la serie ainsi constituee s’inscrit plus aisement dans le diagnostic conjoncturel des trois premiers trimestres de 2001. En juin 2002, la mise a disposition des resultats de l’enquete Emploi de mars 2002 conduira a la revision habituelle de cette serie et a la reestimation des modeles presentes ici, pour chacune des categories de population. Il faut enfin rappeler que la logique du systeme retenu s’appuie sur l’organisation actuelle de l’enquete Emploi, c’est-a-dire des sequences d’enquetes ponctuelles annuelles.

La mise en place de l’enquete Emploi en continu, dont les premiers resultats seront disponibles en 2003, necessitera de redefinir l’articulation entre les donnees de l’enquete et les autres indicateurs statistiques, en vue de produire des nombres de chomeurs en fin de mois au sens du BIT et les taux de chomage correspondants. 6 I- 1. Chomage BIT et DEFM, deux concepts differents ) Le concept du chomage au sens du BIT L’Insee, qui a la responsabilite de la mesure du chomage au sens du Bureau International du Travail (BIT), se base pour ce faire essentiellement sur la source constituee par l’enquete Emploi realisee chaque annee au mois de mars. D’apres la definition internationale, trois conditions sont necessaires pour etre classe comme chomeur3 : – etre sans travail, c’est-a-dire ni pourvu d’un emploi salarie ni d’un emploi non salarie ; – etre disponible pour travailler sur un emploi salarie ou non salarie ; – etre a la recherche d’un travail.

Cette definition ne fait reference a aucun critere d’ordre juridique ou institutionnel tel que la perception d’allocation ou d’inscription dans un service officiel de placement, mais prend en compte la situation de fait de la personne pendant une semaine dite de reference4. La premiere condition – etre sans emploi – inclut le fait que les personnes ayant travaille ne fut-ce qu’une heure pendant la semaine de reference sont considerees comme pourvues d’un emploi et font donc partie de la population active occupee ; de ce fait, elles ne sont pas comptabilisees comme chomeurs meme s’il s’agit ’un emploi purement occasionnel. La notion de disponibilite pour travailler, presente dans la deuxieme condition, est relativement imprecise : on traduit cette exigence dans l’enquete en demandant a la personne interrogee si elle peut commencer a travailler dans un delai inferieur a quinze jours, delai porte a un mois en cas de maladie benigne. La deuxieme partie de la deuxieme condition fait reference a la recherche d’un emploi salarie ou non salarie ; de ce fait, le chomage concerne aussi les personnes recherchant un emploi non salarie.

Enfin, la definition internationale precise que le chomeur doit etre en quete d’un travail. On elimine d’abord les enquetes qui ne cherchent pas d’emploi a l’aide d’une question jouant le role de filtre5, mais la definition internationale demande plus qu’une simple declaration d’intention, en matiere de recherche d’emploi : il est precise que les chomeurs doivent avoir pris « des dispositions specifiques au cours d’une periode recente specifiee pour chercher un emploi salarie ou non salarie », et de telles dispositions sont enumerees.

Dans l’enquete, on exige, pour traduire cette condition, soit le maintien de l’inscription aupres de l’ANPE, soit un acte effectif de recherche pendant le mois precedant l’enquete (reponse a des petites annonces, recherche par relations personnelles, inscription aupres d’une agence de travail temporaire, etc. ). Si l’on considere les personnes repondant aux deux dernieres conditions (a savoir a la recherche d’un travail et disponibles pour travailler), 135 000 sont classees comme actives occupees en mars 2001 alors que leur duree de travail hebdomadaire effective est inferieure ou egale a 15 heures (soit moins d’un travail a mi-temps).

Parmi elles, 55 000 cherchent effectivement a travailler davantage (seconde activite ou emploi a duree de travail plus longue). Les principales autres circonstances liees a cette recherche d’emploi sont les suivantes : crainte de perdre l’emploi actuel (16 000), recherche d’un emploi non « declasse » (22 000) et recherche d’un emploi mieux remunere (23 000). 3 4 Cf. Insee-resultats n°177-178 « Enquete sur l’emploi de mars 2001 » La situation de l’enquete est prise en compte au cours d’une semaine de reference sur laquelle portent les questions. Il est pose aux enquetes la question suivante : « cherchez-vous un emploi, une situation ? » 7 Les chomeurs dits PSERE (population sans emploi a la recherche d’un emploi) satisfont a ces trois conditions. A ces chomeurs, la definition internationale ajoute une categorie de personnes qui, quoique n’etant pas des chomeurs au sens courant du terme, ni ne repondant aux trois conditions precedentes, sont cependant involontairement sans emploi au cours de la semaine de reference : il s’agit des « personnes sans travail et disponibles our travailler, qui ont pris des dispositions pour prendre un emploi salarie ou pour entreprendre une activite independante a une date ulterieure a la periode de reference ». L’harmonisation est recherchee en permanence au niveau international, notamment pour ce qui concerne l’interpretation des differents criteres. b) Les differentes categories de DEFM Depuis juin 1995, l’ANPE repartit les demandeurs d’emploi au sein de huit categories differentes. Le classement dans une categorie est lie au type d’emploi recherche et a l’activite exercee au cours du mois (cf. tableau 1).

Les trois premieres categories concernent les personnes sans emploi immediatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi. Sont considerees comme immediatement disponibles les personnes qui exercent ou ont exerce au cours du mois precedent une activite occasionnelle ou reduite n’excedant pas 78 heures par mois. Les demandeurs d’emploi en fin de mois de categorie 1 (DEFM 1) recherchent un emploi a duree indeterminee et a temps plein, les DEFM 2 un emploi a duree indeterminee et a temps partiel, les DEFM 3 un emploi a duree determinee, temporaire ou saisonnier.

Les categories 6 a 8 different respectivement des categories 1 a 3 sur le fait que les personnes ne sont pas immediatement disponibles, c’est-a-dire qu’elles ont exerce une activite reduite superieure a 78 heures6. Enfin, les DEFM 4 repertorient les personnes sans emploi non immediatement disponibles, non tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, mais a la recherche d’un emploi (ce sont essentiellement des personnes en stage de formation) ; les DEFM 5 sont des personnes pourvues d’un emploi, a la recherche d’un autre emploi (la plupart sont en contrat emploi-solidarite – CES).

Or, pour etre comptabilise comme chomeur au sens du BIT, il faut « ne pas avoir travaille ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de reference ». Au sein des trois premieres categories de DEFM, il convient donc de distinguer les demandeurs qui n’ont exerce aucune activite meme reduite dans le mois, afin d’approcher au plus pres le concept de chomage BIT. Par la suite, nous ferons reference a cette categorie de demandeurs d’emploi en employant le terme de « DEFM hors activites reduites (ou hors AR) ».

Cette categorie agregee presente l’avantage de n’etre affectee par aucun effet de seuil arbitraire d’activite reduite. En outre, elle ne depend pas du type d’emploi envisage par le demandeur d’emploi. 6 Les categories 6, 7 et 8 ont ete creees en juin 1995. Jusqu’a cette date, l’ANPE ne distinguait pas les demandeurs d’emploi ayant exerce une activite reduite superieure a 78 heures des autres. 8 Tableau 1 – Les differentes categories de DEFM (entre parentheses, effectifs bruts en milliers fin mars 2001) Type ’emploi envisage / activite exercee Personnes sans emploi, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, a la recherche d’un emploi a duree indeterminee a temps plein Personnes sans emploi, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, a la recherche d’un emploi a duree indeterminee a temps partiel Personnes sans emploi, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, a la recherche d’un emploi a duree determinee hors activites reduites (144) AR = 0 0 ; AR 78 heures DEFM 1 hors activites reduites (1 829)

DEFM 1 avec activites reduites (254) DEFM 6 (454) DEFM 2 hors activites reduites (371) DEFM 2 avec activites reduites (86) DEFM 7 (90) DEFM 3 DEFM 3 avec activites reduites (50) DEFM 8 (80) Personnes sans emploi, non immediatement disponibles a la recherche d’un emploi Personnes pourvues d’un emploi, a la recherche d’un autre emploi AR : activite reduite exercee au cours du mois DEFM 4 (162) DEFM 5 (127) 9 c) Ecarts entre chomage BIT et DEFM L’enquete annuelle sur l’emploi permet d’approcher les divergences de concept entre les DEFM et le chomage au sens du BIT.

En effet, on a vu ci-dessus que le critere « chomeur BIT » est une variable reconstituee a partir d’une batterie de questions de cette enquete ; par ailleurs, il y est demande aux enquetes s’ils sont inscrits a l’ANPE, sans pouvoir toutefois connaitre leur categorie d’inscription. On peut donc croiser les deux types d’information. Schema – Differences de concept entre chomage BIT et DEFM (entre parentheses, effectifs en milliers a l’enquete Emploi de mars 2001) Chomeurs BIT non inscrits (266) Chomeurs BIT inscrits (2 019) Inscrits inscrits actifs occupes (974) a l’ANPE (3 701) inscrits ne recherchant pas d’emploi 547) inscrits non disponibles (161) Guide de lecture : En mars 2001, sur les 3 701 000 demandeurs d’emploi inscrits a l’ANPE, 2 019 000 repondaient aux criteres du chomage au sens du BIT, les autres etant actifs occupes, ne recherchant pas d’emploi ou encore non disponibles. Inversement, 266 000 chomeurs BIT n’etaient pas inscrits a l’ANPE. 10 Graphique 1 : Evolution du nombre de chomeurs BIT (effectifs aux enquetes Emploi) en milliers 3200 3100 3000 2900 2800 2700 2600 2500 2400 2300 2200 2100 2000 1996 Source : Insee 1997 1998 Chomeurs BIT 1999 Chomeurs BIT inscrits ANPE 2000 2001 1 Graphique 2 : Evolution du nombre de chomeurs BIT et du nombre d’inscrits a l’ANPE (effectifs aux enquetes Emploi) 1 000 800 600 400 200 0 1996 Source : Insee 1997 Actifs occupes BIT inscrits 1998 Inactifs ne recherchant pas 1999 2000 Inactifs inscrits non dispo 2001 Chomeurs BIT non inscrits 12 Graphique 3 : Proportion de chomeurs BIT inscrits a l’ANPE (effectifs aux enquetes Emploi) en % 100 95 90 85 80 75 Ensemble Source : Insee H 15-24 H 25-49 1996 1997 H 50 et + 1998 1999 2000 F 15-24 2001 F 25-49 F 50 et + 13

En mars 2001, sur les 3,7 millions de demandeurs d’emploi inscrits a l’ANPE, seulement 2 019 milliers (soit 54,6 %) repondaient aux criteres du chomage au sens du BIT (cf. graphique 1 et schema). Parmi ces inscrits a l’ANPE, 19,2 % etaient en effet consideres comme inactifs car ils ne recherchaient pas activement un emploi ou bien n’etaient pas disponibles, et 26,3 % etaient actifs occupes au sens du BIT, car ayant travaille, meme ponctuellement, au cours de la semaine de reference : la premiere de ces deux proportions n’a que peu varie ces dernieres annees (cf. raphique 2), en revanche, la seconde a augmente sensiblement. Inversement, sur les 2 285 milliers de chomeurs au sens du BIT en mars 2001, 266 milliers (soit 11,6 %) ne sont pas inscrits a l’ANPE. Ce nombre est relativement stable depuis plusieurs annees. Cependant, suivant la categorie de sexe et d’age, la proportion de chomeurs BIT inscrits a l’ANPE varie fortement (cf. tableau 2). Ainsi, elle depasse 90 % chez les personnes agees de 25 ans et plus, et cette proportion est assez stable depuis quelques annees.

En revanche, cette proportion est plus faible chez les chomeurs BIT de moins de 25 ans : seulement 78 % d’inscrits a l’ANPE parmi les hommes et 83 % parmi les femmes. En outre, cette proportion a recule au cours des dernieres annees : 91 % des jeunes chomeurs BIT etaient inscrits a l’ANPE en mars 1997, ainsi que 89 % des jeunes chomeuses (cf. graphique 3). Tableau 2 – Proportion de chomeurs BIT inscrits a l’ANPE (en %) 996 Ensemble 15-24 ans 25-49 ans 50 ans et + Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans et + Femmes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans et + 90,0 87,8 90,1 92,9 90,9 86,4 91,6 93,2 89,3 89,0 88,8 92,6 1997 91,3 89,8 91,4 93,1 92,6 90,7 93,1 93,2 90,1 88,9 89,9 93,0 1998 90,8 86,7 91,2 93,7 91,8 86,2 92,9 93,7 89,8 87,2 89,8 93,8 1999 91,0 84,0 92,3 94,1 92,2 84,1 94,2 94,5 90,0 83,8 90,8 93,7 2000 90,0 82,5 90,9 94,2 90,9 81,9 93,0 93,2 89,3 83,2 89,4 95,2 2001 88,4 80,8 89,4 93,4 88,5 78,2 90,4 94,4 88,4 83,3 88,7 92,6 Source : Insee, Enquetes Emploi I- 2. Estimer mensuellement un indicateur connu une seule fois par an

Les taux de chomage mensuels au sens du BIT par sexe et age sont obtenus en rapportant le nombre de chomeurs (au sens du BIT) a la population active totale. Numerateurs comme denominateurs ne sont pas directement disponibles dans les sources statistiques mensuelles, et font donc l’objet d’estimations. L’obtention des niveaux de chomage mensuels par sexe et groupe d’age s’effectue en plusieurs etapes : 1) On determine a partir de l’enquete Emploi le nombre de chomeurs corrige des variations saisonnieres selon la definition du BIT par sexe et groupe d’age agrege (moins de 4 25 ans, 25-49 ans, 50 ans et plus) au 31 mars de chaque annee. Pour ce faire, trois corrections sont apportees aux resultats bruts de cette enquete : – l’addition du nombre de chomeurs hors du champ de l’enquete (c’est-a-dire hors menages ordinaires), estimes a partir du dernier recensement de la population ; le passage de ce niveau de chomage BIT brut de la date moyenne de l’enquete Emploi (realisee au cours du mois de mars) a un niveau de chomage BIT brut fin mars : pour ce faire, on applique le ratio i = DEFM ( mars ) 1 2 ( DEFM ( fevrier ) + DEFM ( mars )) ; la correction des variations saisonnieres de ce niveau de chomage BIT brut, en appliquant le coefficient saisonnier du mois de mars des DEFM8. 2) Entre deux enquetes annuelles sur l’emploi, le nombre de chomeurs au sens du BIT peut etre estime selon les methodes suivantes : simple actualisation en appliquant un indicateur mensuel d’evolution par sexe et age, ou bien estimation a l’aide d’une equation econometrique reliant les glissements du chomage BIT a des variables liees au chomage ou a l’emploi comme les DEFM et l’emploi interimaire.

Dans le cas d’une equation econometrique, celle-ci est estimee sur la base d’un modele annuel, liant le chomage BIT et les variables explicatives. Le modele retenu est ensuite mensualise, ce qui permet de fournir une estimation mensuelle du chomage BIT, pour laquelle on ne dispose pas de mesure directe, a partir de l’observation des variables explicatives qui, elles, sont disponibles mensuellement9. 3) Une fois les resultats de l’enquete annuelle suivante connus, on compare les estimations obtenues en mars de l’annee suivante et celles resultant de l’enquete.

Cette comparaison fait en general apparaitre une erreur d’evaluation qui conduit a un recalage du niveau de chomage, a une revision de la serie sur les douze derniers mois et, eventuellement, a un ajustement methodologique. II- L’ancienne methode : un modele econometrique unique II- 1. Les raisons de l’adoption d’un modele econometrique en 1996 Jusqu’en 1996, les variations mensuelles du chomage BIT etaient calquees sur l’evolution des DEFM de l’ancienne categorie 1 : cette categorie correspond desormais au regroupement des categories 1 et 6 et c’est cette terminologie qui sera retenue ici.

Cette methode etait pertinente tant que les evolutions annuelles du chomage au sens du BIT concordaient avec celles des DEFM 1+6. Or, au cours de la premiere moitie des annees quatre-vingt-dix, ces categories de DEFM ont eu tendance a amortir les evolutions conjoncturelles du chomage BIT. Ainsi, en periode de hausse du chomage, les DEFM 1+6 augmentaient moins vite que le 7 8 La categorie retenue pour les DEFM sera precisee en fonction de la methode. La categorie retenue pour les DEFM sera precisee en fonction de la methode. Naturellement, un tel principe n’a de sens qu’applique a des series prealablement corrigees de variations saisonnieres. En effet, le « parallelisme » que l’on constate sur les evolutions annuelles des differentes variables concernees, et que l’on cherche a exploiter par l’econometrie, ne peut en aucune facon etre calque sur la composante purement saisonniere de la variable a expliquer. 15 chomage BIT, alors qu’en periode de baisse du chomage, les DEFM 1+6 diminuaient moins vite que le chomage BIT.

De ce fait, les calages sur les enquetes annuelles sur l’emploi avaient conduit a de fortes revisions des estimations obtenues a l’aide des DEFM 1+6 (de l’ordre de 0,4 a 0,5 point de taux de chomage chaque annee), et le sens de ces revisions etait en realite previsible. Si cette methode avait continue a etre appliquee sur la periode recente, elle se serait traduit lors des recalages annuels par des revisions d’ampleur importante en 1997, 1998 et 2001(cf. tableau 3).

Tableau 3 – Revision des chiffres du chomage au sens du BIT evoluant comme les DEFM 1+6 (methode appliquee jusqu’en 1996, resultats de la simulation pour les annees suivantes) sur le niveau (en milliers) mars 1991 mars 1992 mars 1993 mars 1994 mars 1995 mars 1996 mars 1997 mars 1998 janvier 199910 mars 2000 mars 2001 – 64 + 45 + 138 + 93 – 163 + 118 – 88 – 127 – 12 + 31 + 78 sur le taux (en points) – 0,3 + 0,2 + 0,5 + 0,4 – 0,5 + 0,4 – 0,3 – 0,4 0,0 + 0,1 + 0,3 Guide de lecture : les chiffres de ce tableau representent des calages sur les enquetes Emploi : c’est l’ecart entre le chiffre apres calage et avant calage.

Ainsi en mars 1993, le calage sur l’enquete Emploi a abouti a remonter le niveau du chomage de 138 000. En mars 2001, si la meme methode avait continue a etre appliquee, la revision aurait ete de 78 000 a la hausse. Par ailleurs, les donnees administratives comme les DEFM avaient subi, du fait de l’evolution de la reglementation et des pratiques de gestion, des perturbations independantes du contexte economique. Ainsi de nouvelles categories de DEFM avaient ete creees en juin 1995 et la declaration de situation mensuelle (DSM) avait ete generalisee.

Ces differentes raisons avaient rendu necessaire la mise au point d’une nouvelle methode d’estimation mensuelle du chomage au sens du BIT, qui suive mieux les mouvements conjoncturels du chomage tout en attenuant l’impact des perturbations accidentelles des donnees de base, de facon a rendre compte le mieux possible de l’evolution conjoncturelle du chomage BIT11. 10 En 1999, l’enquete Emploi a eu lieu en janvier, compte-tenu de la realisation du recensement de population en mars 1999. 11 Cf. ocument de travail Insee n°F9622 « Nouvelle estimation mensuelle du chomage au sens du BIT », B. Ernst et N. Legendre (decembre 1996). 16 II- 2. Rappel de la methode mise en place en 1996 Depuis octobre 1996, le chomage BIT mensuel est obtenu en appliquant a la derniere observation du chomage au sens du BIT, issue de l’enquete annuelle sur l’emploi, des evolutions determinees a l’aide d’un modele econometrique visant a minimiser les revisions annuelles dues au calage sur l’enquete Emploi.

Il s’agit donc davantage d’un modele d’ajustement que d’un modele explicatif du chomage. Au depart, c’est une combinaison lineaire de deux modeles qui avait ete retenue12, chacun des deux modeles prenant en compte les DEFM, les creations d’entreprises decalees de trois mois et l’emploi interimaire egalement decale de trois mois. Le premier modele prenait en compte les DEFM de categories 1+6 confondues, alors que le second faisait intervenir les DEFM de la seule categorie 1.

Les coefficients de cette combinaison lineaire etaient euxmemes calcules par regression (en donnees annuelles) du glissement du chomage BIT sur ceux du chomage simule par chacun des deux modeles. Effectuee chaque annee a l’occasion du calage sur les resultats de l’enquete Emploi, la reestimation de ces modeles a conduit, a partir de juin 1999, a ne plus retenir qu’un seul modele, a savoir celui prenant en compte les DEFM de categorie 1 dont la definition tait plus proche du concept du chomage BIT : le coefficient du modele faisant intervenir les DEFM de categories 1+6 confondues n’etait plus significatif. Ce modele relie donc les glissements du chomage BIT a ceux de deux categories de variables : d’une part, le nombre de personnes inscrites a l’ANPE dans la categorie 1 des demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM 1) ; d’autre part, deux variables « reactives » a la conjoncture, toutes deux decalees de trois mois : les creations d’entreprises employeuses (exprimees en ecart a leur moyenne) et l’emploi interimaire (cf. encadre).

Encadre – L’emploi interimaire calcule par l’Unedic Depuis 1995, l’Unedic construit un indicateur mensuel de l’emploi interimaire en fin de mois, au moyen d’un serveur informatique recensant les missions d’interim a partir des fichiers de salaries des entreprises de travail temporaire. En raison de la forte variabilite journaliere, cet indicateur est realise sur la moyenne des cinq derniers jours ouvres et non au dernier jour ouvre du mois. L’Unedic calcule donc la moyenne des missions sur ces cinq jours et la compare au resultat du mois precedent, afin d’obtenir un taux d’evolution mensuelle.

Cette serie est recalee chaque annee sur la statistique annuelle. Au debut du mois m+2, sont connus les indicateurs provisoires du mois m et rectifies du mois m-1. La relation ainsi definie est estimee d’abord en glissements annuels bruts, puis mensualisee et appliquee aux donnees mensuelles desaisonnalisees des variables explicatives. Elle fournit alors directement une estimation mensuelle du chomage BIT corrigee des variations saisonnieres. Une fois connus les resultats de l’enquete annuelle sur l’emploi 12

Cette procedure d’estimation en deux temps avait ete adoptee pour tenir compte de la periode de disponibilite differente des series. 17 suivante13, la serie provisoire ainsi constituee est revisee et le modele est reestime pour servir de base aux estimations des douze mois suivants. Enfin, les estimations mensuelles de chomage BIT par sexe et groupe d’age etaient elaborees de maniere sommaire, en eclatant le niveau de chomage BIT estime a l’aide de la structure par sexe et groupe d’age des DEFM de categorie 1. II- 3. Bilan de la methode mise en place en 1996

Au cours des cinq dernieres annees, cette methode a conduit a des revisions du chomage au sens du BIT beaucoup plus faibles qu’auparavant, une fois connus les resultats de l’enquete Emploi (cf. tableau 4). Ainsi, le glissement CVS entre deux enquetes Emploi successives a ete surestime de + 21 000 en mars 1998, de + 25 000 en janvier 1999 et en mars 2000. Il a ete surestime de + 37 000 en mars 2001, mais l’ampleur de cette revision doit etre nuancee car elle integrait egalement, contrairement aux quatre annees precedentes, les modifications nduites par la prise en compte des resultats du recensement de population de 1999, se traduisant par la revision des resultats des enquetes Emploi depuis dix ans (cf. ciapres §III-1). Tableau 4 – Revision des chiffres du chomage global au sens du BIT sur le niveau (en milliers) mars 1997 mars 1998 janvier 1999 mars 2000 mars 2001 14 sur le taux (en points) – 0,3 0,0 + 0,1 0,0 0,0 – 98 + 21 + 25 + 25 + 37 Guide de lecture : les chiffres de ce tableau representent des calages sur les enquetes Emploi : c’est l’ecart entre le chiffre apres calage et avant calage.

Ainsi en mars 2001, le calage sur l’enquete Emploi a abouti a remonter le niveau du chomage de 37 000. Si l’ampleur des revisions du chomage BIT au niveau global a ete faible depuis 1997, il n’en est pas de meme pour les revisions par sexe et groupe d’age (cf. tableau 5). En particulier, en mars 2001, la revision du taux de chomage est particulierement importante pour les hommes de 50 ans et plus (- 1,1 point). L’ampleur des revisions est egalement sensible, aussi bien a la hausse qu’a la baisse, pour toutes les autres populations.

Enfin, ces revisions affectent le diagnostic conjoncturel, a travers leur impact sur les glissements annuels de taux de chomage : revision a la hausse du glissement du taux de chomage des jeunes (+ 0,6 point), malgre l’augmentation sensible de l’emploi des jeunes ; revision a la baisse (- 0,6 point) du glissement du taux de chomage des 50 ans et plus. De meme, la revision du glissement annuel du taux de chomage a ete sensible en mars 2001 pour les femmes (+ 0,4 point). 13 Precisons que les corrections effectuees sur le chomage BIT brut directement issu de l’enquete Emploi, necessaires lors de la procedure de calage (cf. I-2. ), utilisaient dans cette methode les DEFM de categorie 1 pour passer d’une donnee brute d’enquete en milieu de mois a la donnee CVS fin de mois. 14 En 1999, l’enquete Emploi a eu lieu en janvier, compte tenu de la realisation du recensement de population en mars 1999. 18 Tableau 5 – Revision des taux de chomage au sens du BIT par sexe et age (en points) HJ mars 1997 mars 1998 janvier 199915 mars 2000 mars 2001 + 1,4 – 0,1 + 1,3 – 0,6 – 0,4 HA – 0,2 0,0 – 0,1 + 0,2 – 0,2 HV – 0,6 – 0,6 + 0,3 – 0,7 – 1,1 FJ + 0,7 + 0,6 – 0,9 – 0,8 + 0,3 FA – 0,6 + 0,5 + 0,1 + 0,2 + 0,4 FV – 0,2 – 0,4 0,0 – 0,6 – 0,3

Guide de lecture : Six groupes ont ete constitues en croisant le sexe (H=hommes, F=femmes) et les classes d’age (J=15-24 ans, A=25-49 ans,V=50 ans et plus). III- Un contexte nouveau Malgre les faibles revisions globales effectuees au cours des cinq dernieres annees, des interrogations pesaient sur la robustesse du modele reestime en juin 2001 : modification sensible des coefficients de l’equation suite a la revision des resultats de l’enquete

Emploi sur la periode 1991-2000 (du fait de la prise en compte des resultats du recensement de population de 1999) ; difficultes d’interpretation de l’evolution du chomage au sens du BIT au cours des premiers trimestres de 2001. En outre, les variables conjoncturelles composant cette equation ne jouent plus exactement le role qu’on attendait d’elles au moment du choix de la methode : moindre inertie des DEFM, caractere structurel plus affirme pour les creations d’entreprises et l’emploi interimaire.

III- 1. Revision de la serie brute du chomage au sens du BIT de 1991 a 2000 suite au recensement de population 1999 Chaque annee, les resultats des enquetes Emploi sont cales sur les estimations annuelles de population totale realisees par l’Insee. En pratique, les coefficients de ponderation attribues aux menages interroges sont ajustes de telle maniere que l’on retrouve au total les estimations des nombres d’hommes et de femmes16 de 0 a 4 ans, 5 a 9 ans, …, 70 a 74 ans, 75 ans et plus.

Ces estimations de population sont etablies a partir des statistiques annuelles de l’etat civil et sont elles-memes calees sur les resultats des recensements generaux de la population. Suite au recensement de la population de mars 1999, ces estimations ont donc ete revues sur toute la periode 1991-2000 (sachant que le precedent recensement de la population datait de 1990). De ce fait, les resultats des enquetes Emploi ont egalement ete revus sur ces annees. a) Revision des resultats des enquetes Emploi de 1991 a 2000 La nouvelle population de reference de la France metropolitaine est de 58,5 millions de personnes au 1er janvier 1999.

Elle avait ete precedemment estimee a 59,0 millions de personnes, soit une revision a la baisse de pres de 500 000 personnes (480 545 personnes exactement), l’ecart etant relativement plus important pour les hommes et les personnes de 25 15 En 1999, l’enquete Emploi a eu lieu en janvier, compte tenu de la realisation du recensement de population en mars 1999. 16 Ce recalage s’entend sur la population des menages ordinaires. 19 a 30 ans. De ce fait, toutes les estimations de population relatives aux annees 1991 a 1999 ont ete revues a la baisse, de maniere a repartir progressivement l’ajustement global constate en 1999.

De meme, les estimations de population relative a l’annee 2000 s’appuient desormais sur la nouvelle population de reference au 1er janvier 1999. Les consequences de ces revisions sur les resultats des enquetes Emploi peuvent etre appreciees, a titre d’illustration, sur l’annee 2000 : la population active est desormais estimee a 25,9 millions de personnes (revision de – 303 000 personnes), dont 2 590 000 chomeurs (soit 36 000 de moins – cf. tableau 6). Tableau 6 – Nombre de chomeurs avant et apres prise en compte du recensement de population de mars 1999 (en milliers) vant revision Annee Chomeurs enquete emploi brut Janvier 1990* Mars 1991 Mars 1992 Mars 1993 Mars 1994 Mars 1995 Mars 1996 Mars 1997 Mars 1998 Janvier 1999* Mars 2000 2 254 2 228 2 496 2 781 3 115 2 935 3 098 3 152 3 050 3 060 2 626 Chomeurs vivant en communaute 50 50 57 65 75 69 75 77 74 74 63 – 26 274 294 343 – 186 169 56 – 105 10 – 445 Glissement annuel brut Chomeurs enquete emploi brut 2 254 2 214 2 476 2 757 3 075 2 899 3 059 3 105 3 007 3 014 2 590 Chomeurs vivant en communaute 50 48 52 57 63 56 58 57 53 52 44 – 43 267 286 324 – 183 162 45 – 103 6 – 432 Glissement annuel brut apres revision *) En 1990 et 1999, en raison du recensement de la population, l’enquete Emploi a eu lieu en janvier. b) Revision du nombre de chomeurs vivant en communaute Par ailleurs, l’estimation du nombre de chomeurs hors champ de l’enquete Emploi (chomeurs vivant en communaute) a egalement ete revisee sur la periode 1991 a 2000. Le nombre de ces chomeurs n’est en effet observe qu’au moment du recensement general de la population. Depuis 1990, on calquait l’evolution annuelle pour cette population de chomeurs sur celle, observee chaque annee via l’enquete Emploi, des autres chomeurs au sens du BIT.

Le nouveau denombrement issu du recensement de mars 1999 a conduit a un chiffre de 52 000 chomeurs vivant en communaute, contre 74 000 estime precedemment (cf. tableau 6). La procedure de calage a conduit a repartir progressivement cette revision a la baisse sur les annees intermediaires (1991 a 1998). Globalement, apres ajout des chomeurs vivant en communaute aux chomeurs du champ de l’enquete Emploi, le nombre de chomeurs BIT brut a ete revu a la baisse sur l’ensemble de la periode : la revision globale est de – 55 000 en 2000.

Or, c’est precisement sur cette variable, corrigee des variations saisonnieres, que porte l’ajustement. 20 III- 2. Des modifications sur le marche du travail La methode actuelle d’estimation du chomage au sens du BIT s’est averee satisfaisante ces dernieres annees dans la mesure ou les revisions suite aux calages sur les enquetes Emploi ont ete faibles, au moins au niveau global. Les tests effectues en juin dernier lors de la reestimation du modele nous ont amene, dans un premier temps, a actualiser comme chaque annee les coefficients de l’equation utilisee jusque-la.

A l’issue de cette procedure, l’equation retenue en juin 2001 pour la periode mars 2001-avril 2002, estimee sur la periode allant de 1988 a 2001, a ete la suivante (statistiques de Student entre parentheses sous les coefficients – donnees en milliers) : ? ? CHBIT = 0,746 ? DEFM 1 ? 2,46 ? INTERIM ? 9,19 (CREAT ? 3,84) + 9,04 (7,86) ( ? 5,57) ( ? 6,9) (7,08) R2=0,98; RMSE=41,2; DW=2,1617 ou ? CHBIT est le glissement mensuel CVS du chomage au sens du BIT ; ? DEFM1 est le glissement mensuel CVS des DEFM de categorie 1 ; ?

INTERIM est le glissement mensuel CVS de l’emploi interimaire, lisse par une moyenne mobile centree d’ordre 5 ; CREAT est le nombre de creations d’entreprises employeuses CVS, lisse par une moyenne mobile et decale de trois mois, auquel on retranche sa moyenne annuelle calculee sur la periode 1988-2000 et divisee par 12 (soit 3,84). Cette reestimation a entraine une revision beaucoup plus forte qu’a l’ordinaire des coefficients des differentes variables d’ajustement.

En particulier, les poids de l’interim et de la constante se sont accrus et le lien entre DEFM de categorie 1 et chomage BIT s’est trouve diminue (0,75 contre 0,90 dans l’equation precedente18). Formellement, l’ampleur de cette revision etait a relier a la prise en compte des nouveaux chiffres des enquetes Emploi sur la periode intercensitaire et a l’ajout du point de mars 2001, et c’est a ce titre qu’elle a ete dans un premier temps acceptee. Mais elle devait necessairement conduire a s’interroger sur l’evolution du statut des variables qui composaient l’equation.

S’agissant de la baisse du coefficient des DEFM 1, une explication pouvait etre le fait que cette categorie, depuis quelques annees, etait devenue progressivement plus reactive a la conjoncture, par comparaison a ce qui avait ete observe sur la periode 1988-1995. Ainsi, entre mars 1998 et mars 2001, periode de forte amelioration conjoncturelle sur le marche du travail, les DEFM 1 ont beaucoup plus diminue que le chomage BIT : pres de 100 000 de difference entre janvier 1999 et mars 2000, 80 000 entre mars 2000 et mars 2001.

Un tel changement peut etre en partie relie a l’evolution de la gestion des listes de demandeurs d’emploi par l’ANPE. Il semble notamment que les transferts entre les categories et les inscriptions dans les autres categories que la seule categorie 1 soient beaucoup plus frequents que par le passe. La reduction du coefficient des DEFM pouvait donc traduire la necessite nouvelle d’amortir sensiblement leur mouvement conjoncturel pour l’estimation du chomage BIT. Mais il s’agissait du meme coup d’une inversion des objectifs du modele, puisque 17 18

RMSE=ecart-type des residus; DW=statistique de Durbin-Watson. L’equation retenue en juin 2000 etait la suivante : ? CHBIT = 0,904 ? DEFM 1 ? 2,22 ? INTERIM ? 10,01(CREAT ? 4,17 ) + 5,75 ? 21 l’introduction des variables annexes visait initialement a amplifier le mouvement conjoncturel des DEFM de categorie 1. Par rapport a ce nouvel objectif, le role de la variable d’interim devenait plus complexe a analyser, d’autant plus que, au cours de la periode ecoulee, l’emploi interimaire a progressivement change de nature. Il reste certes, tres lie a la conjoncture et a garde un caractere fortement cyclique (cf. raphique A3 en annexe 1). Mais depuis quelques annees, ses variations ne relevent plus seulement de mouvements conjoncturels. Le recours a l’interim s’est fortement developpe, pour des raisons autant structurelles que conjoncturelles : on compte aujourd’hui plus de 500 000 interimaires, alors que leur nombre etait reste compris entre 170 000 et 250 000 entre 1990 et 1996. De ce fait, l’interim parait moins adapte pour refleter les seuls effets conjoncturels que l’on cherchait a capter lors de la mise en place de l’estimation econometrique du chomage en 1996.

Pour finir, les creations d’entreprises employeuses ont elles aussi perdu progressivement leur caractere cyclique, a compter de la fin 1996 (cf. graphique A2 en annexe 1). Par exemple, dans la phase de forte croissance de l’emploi en 1999 et 2000, il y a eu moins de creations d’entreprises employeuses qu’en 1993. Au final, apres prise en compte du tres net recul de l’emploi interimaire observe depuis le debut de l’annee 2001, l’equation conduisait a estimer une remontee du chomage BIT sensiblement plus forte que celle des DEFM 1 (+ 156 000 chomeurs BIT contre + 78 000 DEFM 1 entre fin avril et fin septembre).

Un tel differentiel etait incompatible avec le fait que les DEFM 1 semblaient etre devenues, globalement, plus reactives a la conjoncture. Le rythme d’augmentation du chomage BIT suggere par l’equation reestimee etait egalement difficile a reconcilier avec l’analyse que l’on peut faire de la situation actuelle sur le marche du travail. En effet, au cours du premier semestre 2001, bien que la croissance ait nettement ralenti, 166 000 creations nettes d’emploi dans les secteurs concurrentiels non agricoles avaient encore ete enregistrees19 (cf. raphique A1 en annexe 1). Cette croissance encore forte de l’emploi etait difficile a reconcilier avec la quasi stabilisation du chomage BIT suggeree par l’estimation econometrique sur la meme periode, car elle conduisait a une evolution de la population active bien plus dynamique que ce que suggerent les determinants demographiques. Ces considerations d’analyse conjoncturelle renforcaient donc elles aussi les doutes sur la validite du modele actuel.

Il convenait ainsi de chercher a l’ameliorer, en reinterrogeant en particulier sur la periode recente la pertinence des variables qui le composent. Pour traiter ces problemes, differentes variantes du modele de base ont d’abord ete testees, mais se sont revelees peu satisfaisantes (cf. annexe 3). Les travaux methodologiques se sont donc poursuivis dans d’autres directions. Ils ont vise notamment a prendre en compte une nouvelle source d’information en provenance de l’ANPE. III- 3. Un recul suffisant sur les DEFM 1+2+3 hors activites reduites

Comme evoque dans la premiere partie, la source administrative mensuelle qui se rapproche le plus de la definition du chomage au sens du BIT est constituee par les demandes Les doutes sur la fiabilite du modele retenu en juin 2001 sont encore renforces au vu de la croissance de l’emploi salarie des secteurs concurrentiels non agricoles au troisieme trimestre 2001 : + 0,3 % (cf. Informations Rapides n°317 du 16 novembre 2001). 19 22 d’emploi en fin de mois des categories regroupees 1, 2 et 3, hors toute activite reduite (cf. raphique 4). L’elimination complete des activites reduites permet en effet de mettre a l’ecart parmi les inscrits a l’ANPE les personnes comptabilisees comme actifs occupes au sens de la definition du BIT. Par ailleurs, en regroupant tous les demandeurs d’emploi quel que soit le type d’emploi recherche, l’agregation des ces trois categories permet d’obtenir un indicateur stable qui est tres peu affecte par les transferts de categorie et pas du tout par les effets de seuil arbitraire d’activite reduite (cf. raphique 5). Ainsi, sur les cinq dernieres annees, la hausse des DEFM de categories 2 et 3, qui peut s’expliquer par le fort developpement des types d’emplois recherches dans ces categories (temps partiel et contrats a duree determinee) mais aussi par des transferts entre categories, a compense en partie la baisse des DEFM de categorie 1 (environ un quart). Cette serie est publiee chaque mois en donnees brutes par le Ministere de l’Emploi et de la Solidarite depuis juin 200020.

Nous disposons a present du recul necessaire21 pour utiliser ces donnees sur les DEFM 1+2+3 hors activite reduite : – leur ventilation par sexe et age depuis 1995 est maintenant connue, et ceci constitue desormais une periode suffisamment longue pour estimer correctement des coefficients de correction des variations saisonnieres et ainsi les desaisonnaliser (cf. graphique A4 en annexe 1 pour la qualite des CVS) ; – les glissements annuels observes ces quatre dernieres annees pour cette categorie agregee de DEFM se rapprochent des glissements annuels du chomage BIT, ce qui n’etait pas le cas auparavant22.

Pour ces deux raisons, et parce que ces series se rapprochent de la definition du chomage au sens du BIT, il est naturel de chercher a introduire ces donnees dans la procedure d’estimation mensuelle du taux de chomage BIT. Depuis octobre 2000, un redressement est effectue, par le Ministere de l’Emploi et de la Solidarite, sur le nombre d’heures travaillees pour les cas ou le demandeur a indique avoir exerce une activite occasionnelle ou reduite au cours du mois sans toutefois en preciser la duree en heures.

Ce redressement a conduit a reclasser chaque mois environ 50 000 inscrits qui auraient ete classes en categorie 1, 2 ou 3 hors activite reduite dans l’ancien systeme, selon l’estimation de l’effet de ce traitement par le Ministere de l’Emploi et de la Solidarite. Sur la periode anterieure a octobre 2000, l’Insee utilise donc une serie retropolee de DEFM 1+2+3 hors activite reduite qui prend en compte cette correction. 21 La recherche de relations econometriques entre le chomage BIT et les variables d’ajustement necessite de disposer d’une serie temporelle suffisamment longue pour garantir la robustesse de l’estimation. 2 Ceci proviendrait d’une amelioration recente de la prise en compte des activites reduites dans les DEFM, les sanctions pour non-declaration d’activite reduite s’etant aggravees ; en outre, l’annee 1995 a ete fortement affectee par les modifications intervenues dans la gestion des listes de l’ANPE en juin de cette annee-la (creations des nouvelles categories et mise en ? uvre d’un nouveau document d’actualisation). 20 23 Graphique 4 : Chomage BIT et ensemble des DEFM CVS (selon la categorie agregee) 000 000 4 000 000 3 500 000 3 500 000 3 000 000 3 000 000 Chom age BIT 2 500 000 2 500 000 2 000 000 juin-95 juin-96 juin-97 juin-98 juin-99 juin-00 septembre-95 septembre-96 septembre-97 septembre-98 septembre-99 septembre-00 juin-01 septembre-01 decembre-95 decembre-96 decembre-97 decembre-98 decembre-99 decembre-00 mars-95 mars-96 mars-97 mars-98 mars-99 mars-00 mars-01 2 000 000 Source : Ministere de l’Emploi et de la Solidarite, ANPE, Insee DEFM 1,2,3 hors AR