Ltranger, albert camus

Ltranger, albert camus

?L’etranger, Albert Camus Resume de l’Etranger Premiere partie Meursault, le narrateur, est un jeune et modeste employe de bureau habitant Alger. Le recit commence le jour de la mort de sa mere. Au petit matin, il recoit un telegramme de l’asile de vieillards de Marengo, situe a quatre-vingt kilometres d’Alger lui annoncant son deces. Elle y sejournait depuis trois ans. Meursault demande et obtient un conge de quarante huit heures et va dejeuner chez Celeste, un restaurant ou il a l’habitude d’aller. Vers deux heures de l’apres-midi, il prend l’autobus.

Il fait chaud, Meursault dort pendant presque tout le voyage. L’asile etant a deux kilometres du village, Meursault termine le trajet a pied. Apres les formalites, il a une entrevue avec le directeur de l’asile, qu’il ecoute d’une oreille distraite. Ce dernier lui indique que sa mere n’etait pas malheureuse a l’asile. Il lui annonce egalement que l’enterrement religieux est fixe au lendemain matin. Puis Meursault se rend dans une salle blanchie a la chaux ou se trouve entrepose le corps de sa mere mais il refuse de voir le corps.

Il a une conversation avec le concierge. Cet homme bavard lui raconte sa vie et lui propose de diner au refectoire. Meursault,

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decline l’invitation. Le concierge lui offre alors un cafe au lait que Meursault accepte. Puis a lieu la veillee, interminable : les amis de sa mere, tous semblables, y assistent. Ils s’installent autour du cercueil et laissent echapper des bruits bizarres de leurs bouches edentees. Une vieille femme pleure sans cesse. Meursault a la desagreable impression que ces vieillards sont la pour le juger. Le jour se leve.

Meursault admire la beaute de ce nouveau matin. Apres une toilette rapide et un nouveau cafe au lait que lui a prepare le concierge, le narrateur se rend chez le directeur ou il accomplit de nouvelles formalites administratives. Puis le cortege funebre se rend vers l’eglise du village, situee a trois quarts d’heure de marche. Un vieillard suit peniblement le cortege, il s’agit de Thomas Perez, un compagnon d’asile de la mere de Meursault. les voisins se moquaient d’eux en les appelant « les fiances ». La chaleur est insoutenable.

L’enterrement defile comme un songe dans l’esprit de Meursault : l’eglise, le cimetiere, l’evanouissement du vieux Perez, l’attente, puis la joie quand l’autobus le ramene enfin a Alger. Meursault a enterre sa mere sans larmes et n’a pas voulu simuler un chagrin qu’il n’eprouvait pas. A son reveil, le samedi, Meursault essaye de comprendre le mecontentement de son patron : deux jours de conge pour l’enterrement de sa mere, puis les deux jours de week-end, cela fait quatre jours d’absence. Des? uvre, Il decide d’aller se baigner au port. Il y rencontre par hasard Marie

Cardona, une ancienne dactylo de son bureau dont il avait « eu envie a l’epoque ». Ils nagent, s’amusent dans l’eau. Leurs corps s’effleurent. Puis ils s’endorment ensemble sur une bouee, Meursault posant sa tete sur le ventre de Marie. Quand ils se rhabillent, Marie decouvre, en voyant sa cravate noire, que Meursault est en deuil. Elle montre sa surprise lorsqu’elle apprend qu’il a perdu sa mere la veille. Le soir, ils vont au cinema voir un film de Fernandel. Pendant la seance il lui caresse les seins et l’embrasse. Ils passent la nuit ensemble. Le dimanche matin elle part avant son reveil.

Meursault reste au lit toute la matinee a fumer des cigarettes. Le midi il fait cuire des ? ufs et les mange a meme le plat. Des? uvre, il passe tout l’apres-midi a son balcon, et observe les allees et venues des gens de son quartier. Le soir, « j’ai pense que c’etait toujours un dimanche de tire, que maman etait maintenant enterree, que j’allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n’y avait rien de change ». Le lundi, Meursault retourne au bureau. Apres une matinee banale, il dejeune comme d’habitude chez Celeste avec son collegue Emmanuel.

Puis sieste chez lui, et retour au bureau en tram, ou il travaille « tout l’apres-midi »; le soir, le plaisir simple de rentrer chez lui en marchant le long des quais. Dans l’escalier de son immeuble, Meursault rencontre le vieux Salamano, son voisin de palier, accompagne de son chien, un epagneul couvert de croutes, qui ne le quitte pas, et qu’il injurie ; cela fait huit ans que Meursault assiste quotidiennement a cette scene immuable. Puis des qu’il a quitte Salamano, son autre voisin de palier, Raymond Sintes, l’invite a venir « manger un morceau » avec lui ; soupconne d’etre un souteneur, ce voisin a mauvaise reputation.

Il porte ce soir-la un pansement a la main : il s’est fait blesser au cours d’une rixe dont il fait le recit. Raymond Sintes se confie a Meursault : l’homme avec qui il s’est battu est le frere d’une femme qu’il « entretient « , et qu’il veut punir parce qu’il s’est apercu  » qu’il y avait de la « tromperie ». il veut lui ecrire une lettre, pour la faire revenir, et ensuite l’humilier. Il demande a Meursault de rediger cette lettre et ainsi l’aider a realiser sa vengeance. Meursault l’ecrit. Raymond est satisfait et reconnaissant : « Maintenant, tu es un vrai copain ». La semaine s’acheve. Meursault a bien travaille. C’est samedi, il retrouve Marie.

Ils prennent le bus pour aller a la plage situee a quelques kilometres d’Alger. Le soleil ; l’eau, le gout du sel, et les jeux amoureux dans les vagues :  » Sa langue rafraichissait mes levres et nous nous sommes roules dans les vagues pendant un moment.  » Tous deux reviennent chez Meursault : « J’avais laisse ma fenetre ouverte et c’etait bon de sentir la nuit d’ete couler sur nos corps bruns ». Le dimanche matin, Marie est restee. Elle souhaite savoir si Meursault l’aime ? Il lui  » a repondu que cela ne voulait rien dire, mais qu’il (lui) semblait que non.  » Marie a eu l’air triste, puis la bonne humeur est revenue.

C’est a ce moment-la, qu’ils entendent les bruits d’une dispute chez Raymond ; celui-ci frappe une femme en l’injuriant. Meursault et marie sortent sur le palier. L’arrivee d’un agent met fin a la dispute. La fille accuse Raymond d’etre un souteneur, ce qui lui vaut d’etre convoque au commissariat. Apres le depart de Marie, vers 13 heures, Meursault dort un peu. Puis Raymond vient le voir. Il est heureux de sa vengeance et lui demande de venir temoigner. Meursault accepte. Ils sortent ensemble l’apres-midi. Meursault trouve que « c’est un bon moment ». A leur retour, ils trouvent Salamano sans son chien.

Le vieil homme est completement desempare et leur explique comment celui-ci s’est sauve. Les deux hommes le rassurent et lui indiquent que le chien a pu s’egarer, mais qu’il allait revenir. Le soir, Salamano vient rendre visite a Meursault,. « Puis il m’a dit : « Bonsoir ». Il a forme sa porte et je l’ai entendu aller et venir. Son lit a craque. Et au bizarre petit bruit qui a traverse la cloison, j’ai compris qu’il pleurait. Je ne sais pas pourquoi j’ai pense a maman ». Meursault est au bureau et Raymond l’appelle pour les inviter lui et Marie a passer le dimanche suivant chez un ami, dans un cabanon au bord de mer, pres d’Alger.

Raymond lui indique aussi que toute la journee un groupe d’Arabes l’a suivi, parmi lesquels se trouvait le frere de son ancienne maitresse. Peu apres le patron de Meursault le convoque. Il propose de l’envoyer a Paris ou il envisage de creer une agence. Meursault montre peu d’enthousiasme et son patron lui reproche son indifference et son manque d’ambition. Le soir Marie vient chercher Meursault et lui demande s’il veut se marier avec elle. Meursault lui explique que cela n’a aucune importance et que si elle desire ils peuvent tres bien se marier. Puis les deux amants se separent car Marie  » avait a faire ».

Diner chez Celeste, a la meme table qu’une petite femme affairee qui a un comportement d’automate. De retour chez lui, sur le pas de la porte, Meursault retrouve Salamano, qui lui annonce que son chien est definitivement perdu. Ils evoquent le chien, puis Salamano parle de sa jeunesse, de son ambition d’alors, de sa femme et de chien qu’il avait acquis a la mort de celle-ci. Puis il evoque la mere de Meursault : dans le quartier, on l’a mal juge quand il l’a mise a l’asile, mais lui, Salamano, connaissait bien Meursault et il savait qu’il aimait beaucoup sa mere.

Pour la premiere fois depuis qu’ils se connaissaient, les deux hommes echangent une poignee de main. Le dimanche. Marie appelle Meursault et le reveille. Ils frappent ensuite a la porte de Raymond. La veille, Meursault a temoigne au commissariat que la fille avait « manque » a Raymond. Marie est heureuse de passer la journee au bord de la mer avec Meursault. Au moment ou ils vont prendre l’autobus, Raymond apercoit sur le trottoir d’en face un groupe d’Arabes (dont le « type » de Raymond) qui les regardent. Ils prennent l’autobus pour se rendre chez l’ami de Raymond, Masson, un grand gaillard sympathique.

C’est en plaisantant qu’ils arrivent au cabanon de Masson, situe a l’extremite de la plage. Il attend ses invites en compagnie de sa femme, une « petite femme ronde a l’accent parisien ». Masson, Meursault et Marie partent se baigner. Meursault et Marie nagent ensemble (« nous nous sentions d’accord dans nos gestes et dans notre consentement ») puis s’allongent au soleil. Le dejeuner est arrose, il est encore tot et l’eclat du soleil sur la mer est insoutenable. Pendant que Marie aide Mme Masson a faire la vaisselle, Meursault, Raymond et Masson vont se promener sur la plage. Tout au bout, ils apercoivent soudain deux Arabes. C’est lui », dit Raymond reconnaissant son adversaire. Raymond frappe  » son type » et Masson s’occupe de l’autre. Meursault ne prend pas part a la bagarre. L’un des Arabes a tire un couteau, Raymond est blesse, sans gravite. Il part se faire soigner chez un medecin. Meursault, lui, reste avec les femmes. A son retour, vers une heure et demie, Raymond retourne sur la plage, Meursault l’accompagne. Les deux Arabes sont encore la, allonges pres d’une source. Raymond provoque son adversaire mais Meursault, par precaution, l’oblige a lui remettre son revolver. Les deux Arabes se retirent tranquillement. La chaleur est insoutenable.

A peine de retour au cabanon, Meursault eprouve le besoin de revenir se promener sur la plage, et il se dirige vers le coin ombrage de la source pour y trouver un peu de fraicheur. Le « type » de Raymond est revenu. Du fait du soleil ecrasant, Meursault va vivre la suite des evenements dans une espece de semi conscience ; il serre le revolver de Raymond dans sa poche, envisage de faire demi-tour, mais sent la plage « vibrante de soleil » qui se presse derriere lui ; l’Arabe tire son couteau, la lumiere gicle sur l’acier ; les yeux aveugles de sueur, la main de Meursault se crispe sur le revolver, le coup part. C’est la, dans le bruit a la fois sec et assourdissant, que tout a commence. J’ai secoue la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais detruit l’equilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage ou j’avais ete heureux. Alors, j’ai tire encore quatre fois sur un corps inerte ou les balles s’enfoncaient sans qu’il y parut. Et c’etait comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur ». Deuxieme partie Meursault est arrete et subit plusieurs interrogatoires au commissariat, puis chez le juge d’instruction. Trouvant son affaire  » tres simple » Meursault ne juge pas utile de prendre un avocat.

On lui en designe un d’office. Il questionne Meursault sur sa mere et les sentiments qu’il avait pour elle. Les propos a la fois sinceres et naifs de Meursault genent son avocat. Nouvel interrogatoire chez le juge. Il lui demande lui aussi s’il aimait sa mere. Il souhaiterait egalement comprendre pourquoi il a attendu entre le premier et les quatre autres coups de feu. Meursault ne manifeste aucun regret, et reste muet. Le juge, lui, est febrile. Il invoque Dieu et le Christ et brandit un crucifix. . L’instruction, va durer onze mois.

Maintenant que l’avocat y assiste, Meursault a l’impression d’en etre un peu exclus  » Le juge discutait des charges avec mon avocat. Mais en verite, ils ne s’occupaient jamais de moi en ces moments-la ». Le jour de son arrestation, Meursault se retrouve enferme avec d’autres prisonniers. Puis tres vite, il se retrouve seul dans une cellule. De sa fenetre, il peut voir la mer. Visite de Marie au parloir. Le bruit des autres conversations de prisonniers couvre les paroles de Marie. Meursault a du mal a se concentrer. Il ne lui repond que par des monosyllabes. Pourtant, il aimerait tant la prendre dans ses bras.

Puis Marie lui envoie une lettre, ce sera l’unique. Meursault souffre au debut de cette privation de liberte. La mer lui manque, il a envie de cigarettes, il a des desirs de femme. Puis il s’habitue peu a peu aux privations et ne se trouve « pas trop malheureux ». Pour tuer le temps dans sa cellule : il dort, il lit, il songe a ses souvenirs, et lit et relit un fait divers trouve par hasard sur un vieux morceau de journal sous son matelas. Un soir il se regarde dans le miroir de sa gamelle :  » Il m’a semble que mon image restait serieuse, alors meme que j’essayais de lui sourire. « 

Le proces aux assises a lieu en juin. « Les debats se sont ouverts avec, au dehors, tout le plein de soleil.  » . Le matin, Meursault se confie a un gendarme et lui avoue l’interet qu’il eprouve a assister a un proces. Il n’a jamais eu l’occasion d’y participer. La salle du tribunal est bondee. On se presse pour le voir. Meursault decouvre l’assistance depuis son box d’accuse. Il y a les jures alignes comme sur une banquette de tramway, les journalistes, la cour, les temoins. Les rires, la febrilite qui regne dans cette salle, et les conversations semblent l’exclure : il se sent de trop. Entree de la cour.

La seance debute par des questions administratives, puis c’est l’enonce des faits. Le president interroge Meursault sur sa mere, sur le meurtre de l’Arabe. Les temoins defilent les uns apres les autres : le directeur de l’asile, le concierge, Thomas Perez. Le tribunal apprend que Meursault n’a pas pleure a l’enterrement de sa mere, qu’il a refuse de la voir une derniere fois, et qu’il a fume dans la morgue. La salle est deconcertee, le procureur, lui, savoure sa victoire. Celeste, vient a la barre et peut juste confier que ce qui arrive a Meursault est un « malheur » ; il ne peut en dire plus.

Harcelee par le procureur, Marie avoue que sa « liaison irreguliere » avec Meursault date du lendemain de l’enterrement, et qu’ils sont alles le soir meme de leur rencontre voir un film de Fernandel. Puis elle craque, parce  » qu’on la forcait a dire le contraire de ce qu’elle pensait.  » Le procureur en conclut « que le lendemain de la mort de sa mere, cet homme prenait des bains, commencait une liaison irreguliere et allait rire devant un film comique.  » Le tribunal accorde ensuite peu d’attention aux temoignages de Masson et de Salamano. Puis l’avocat general revele a la cour que Raymond est un « souteneur » ; Meursault a ecrit la ettre qui est a l’origine du drame, il a fourni un temoignage de complaisance en faveur de Raymond : ces deux hommes sont complices, et le crime de Meursault est evidemment un crime crapuleux. Les derniers propos du procureur sont accablants : « J’accuse cet homme d’avoir enterre sa mere avec un c? ur de criminel ». L’avocat proteste. A la reaction de son avocat, Meursault comprend que le proces tourne mal. Puis l’audience est levee, Meursault regagne sa cellule. Meursault se sent exclu de ce proces, aussi bien des plaidoiries de son avocat que celles du procureur. Il assiste au proces comme s’il y etait etranger.

On parle de lui, mais sans jamais lui demander son avis. Quelques points cependant eveillent son interet. Ainsi le procureur qui l’accuse d’avoir premedite son crime. : L’indifference qu’il a manifeste a la mort de sa mere prouve son « insensibilite». Le procureur va meme jusqu’a assimiler son crime a celui du parricide qui sera juge le lendemain : Meursault est un monstre, qui n’a « rien a faire avec une societe » dont il meconnait « les regles les plus essentielles ». Emporte par sa demonstration, le procureur reclame la tete de l’accuse. Le president demande ensuite a Meursault s’il souhaite apporter un commentaire.

Pour la premiere fois, l’accuse demande la parole. Il indique qu’il n’avait pas l’intention de tuer l’arabe et que ce crime a eu lieu a cause du soleil. Il prend conscience du ridicule de la situation : la salle eclate de rire. L’avocat plaide les circonstances attenuantes. Il vante les qualites morales de Meursault. Mais celui-ci est ailleurs, il ne l’ecoute plus ; sa vie lui revient en memoire. Il eprouve une grande lassitude. Puis on s’empresse autour de son avocat pour le feliciter. Pendant les deliberations ce dernier se montre confiant, il croit en un verdict favorable.

Une longue attente, un brouhaha, le silence de la salle, enfin le president fait lecture de la condamnation : Meursault aura « la tete tranchee sur une place publique au nom du peuple francais ». Meursault refuse pour la troisieme fois de voir l’aumonier. Il pense au « mecanisme implacable » qui le conduira a la mort, a ses chances de s’y soustraire. Apprendre qu’une seule fois, la roue s’est arretee, que le condamne a mort est parvenu a s’echapper, lui suffirait :  » mon c? ur aurait fait le reste ». Il se souvient de son pere qui avait assiste a une execution capitale.

Lui s’il etait libre, il irait assister a toutes. Il pense a tous elements de la mise en scene : la guillotine, l’aube … Meursault sait que c’est a l’aube que les bourreaux viendront le chercher. Lorsque le matin arrive, il sait qu’il a gagne un jour de sursis supplementaire. Il lui arrive meme de songer a l’eventualite d’une grace. Cette pensee le remplit d’une joie insensee. Meursault pense a Marie, qui a cesse de lui ecrire, quand l’aumonier penetre dans sa cellule. La conversation s’engage entre les deux hommes. Les paroles de douceur et d’espoir de l’aumonier mettent Meursault hors de lui.

L’aumonier insiste pour que Meursault se repente, mais le condamne a mort lui repond qu’il ne sait meme pas ce qu’est le peche. En le quittant l’aumonier indique a Meursault son intention de prier pour lui. Meursault se precipite sur l’aumonier, le saisit au collet et l’insulte. Apres son depart, Meursault retrouve le calme et se laisse transporter par la nuit estivale : « Devant cette nuit chargee de signes et d’etoiles, je m’ouvrais pour la premiere fois a la tendre indifference du monde. De l’eprouver si pareil a moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais ete heureux, et que je l’etais encore.

Pour que tout soit consomme, pour que je me sente moins seul, il me restait a souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon execution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine ». Dissertation : L’etranger, Albert Camus Mersault, le personnage principal de Camus est un « etranger » a la societe. Ce n’est pas parce que il est « etrange », plutot dans le sens ou il ne fait pas partie des conventions de la societe. A la premiere lecture, il est difficile d’imaginer Mersault comme un etranger. Apres tout, il nous montre qu’il est capable d’avoir des relations avec les autres personnages.

Il avait de bons rapports avec les gens dans sa vie, comme les gens chez Celeste (10), qui avaient pitie a l’annonce de la morte de sa mere. Aussi, on voit que Mersault est compatissant envers Salamano lors de la perte de son chien (74). Il est aussi sensible a l’embarras du concierge aux commentaires des enterrements a Paris. Il n’est pas, non plus, adverse a la ville. Il regarde les passants de son balcon (37), et il imagine dans sa cellule « les bruits familiers d’une ville que j’aimais » (148). Alors, il est clair que il n’est pas un etranger aux gens. Mais il est bien etranger a la societe.

Il faut comprendre que la societe est plus que les gens et l’environnement. La societe a laquelle Mersault est etranger est la moralite du peuple et ses conventions. Bien qu’il puisse lier amitie avec des individus, il ne peut se conformer a la collectivite. On voit la distinction des gens a travers la narration de Mersault. A l’asile, il observe a grands details le visage de M Perez (pg 30). Mais devant un groupe, comme les jures il dit « je ne peux pas dire ce qui les distinguait les uns des autres ». Camus fait une distinction en donnant des noms propres aux personnages qui sont allies avec Mersault. Les personnes ui representent le jugement de la societe n’ont que des titres ; L’aumonier, le juge, le procureur, l’avocat, le journaliste, les Arabes. Tous ces personnages representent des idees plutot que des individus. C’est a eux que Mersault est un etranger, et lui-meme le reconnait. Mersault est different car il rejette les conventions sociales. Son patron est surpris de son manque d’ambition (69). Mersault ne comprend pas pourquoi il ne peut pas fumer devant le biere de sa mere, et il boit du cafe au lait quand il sait bien que les conventions ne le permettent pas. Meme au niveau du langage, il choisit de ne pas se conformer.

Quand Marie lui demande s’il l’aime, il dit que « cela ne voulait rien dire » (59). On voit aussi que Mersault a des problemes avec le langage a la page 153, ou il ne comprend pas le procureur quand « il disait et pour moi, elle etait Marie ». On voit sa distance envers la societe lors du proces. Dans toute l’affaire, Mersault est un etranger. Il dit « On avait l’air de traiter cette affaire en dehors de moi. Tout se deroulait sans mon intervention. Mon sort se reglait sans qu’on prenne mon avis »(151). Pendant tout le proces, la societe essaye de le changer. L’avocat lui supplique de mentir (102), mais Mersault ne veut pas.

L’aumonier appelle Mersault « mon fils », pour qu’il fasse partie de la famille des Chretiens, mais Mersault dit « Cela m’a enerve, et je lui ai rependu qu’il n’etait pas mon pere il etait avec les autres ». Ici on voit la peur presque paranoiaque que Mersault a d’etre associe a la societe. Peut-etre le point le plus forte que Camus fait dans son roman est que Mersault est un etranger a la societe parce qu’il est completement honnete avec lui-meme et avec les autres gens. Quelqu’un d’autre ne mourrait pas comme Mersault. Si Mersault avait choisi de mentir, il aurait pu se liberer. Apres tout, il y a beaucoup des choses a dire pour sa defense.

On peut dire qu’il avait reagi pour se defendre, en effet l’Arabe etait arme d’un couteau. Il aurait aussi pu dire que il etait trouble a cause de la mort de sa mere, et qu’il n’avait pas pense normalement. Mais il a dit la verite, qu’importent les consequences. Il refuse de sortir de lui-meme, et c’est pour cela qu’il etait un etranger, et pour cela qu’il a ete condamne par « le peuple francais » (167) INTRODUCTION Le texte presente est extrait de L’Etranger de Camus, paru en 1942. L’? uvre de camus se caracterise par deux themes principaux: celui de l’absurde qui nait du decalage entre un besoin d’ideal et le monde reel (cf.

Le Mythe de Sisyphe, 1951 ou encore La Peste dans lequel l’auteur depasse cet absurde en proposant un nouvel humanisme: celui de l’entraide) et celui de la revolte cree par le spectacle des crimes engendres par l’humanite. Dans L’Etranger, Camus presente un homme que des circonstances exterieures vont amener a commettre un crime et qui assiste, indifferent, a son proces et a sa condamnation a mort. LECTURE ANNONCE DES AXES I/ le recit II/ Le personnage III/ Une explication de son attitude ETUDE I/ Le recit 1. Un journal? – presence intense du narrateur par l’utilisation du point de vue nterne (perception des evenements se fait uniquement par le personnage) + 22 fois « je » en anaphore, renforce par les pronoms possessifs. – Simultaneite entre moment ou il ecrit et le deroulement des evenements. Le lecteur est projete dans le present du heros. 2. la chronologie – elle est a peu pres respectee puisque la succession des evenements suit la progression des paragraphes: « je prendrai […] a deux heures » « j’ai pris […] a deux heures. « ? – Les temps: present d’enonciation (« je ne sais pas ») qui s’allie avec le futur et l’imparfait. On trouve plus bizarrement du passe compose dont nous verrons la valeur plus loin. 3.

Absence de description des lieux – une remarque spatiale (« Marengo ») mais elle est faussee par l’intervention du narrateur. A cause de la technique du journal, ce ne peut etre le personnage qui se precise a lui-meme ou se trouve l’asile. – on ne sait rien du restaurant, de chez Emmanuel, du paysage lors du voyage en bus. ? Donc, un personnage enferme en lui-meme dont seul compte ce qu’il ressent. II/ Le personnage 1. Absence de description – pas de nom. On apprendra plus tard qu’il se nomme Meursault. La semantique de ce nom peut nous renseigner quant a la suite du roman. En effet, « Meur » rappelle la mer et le meurtre et « sault » le soleil. Pas de description physique due a la technique du journal. Le lecteur peut ainsi s’identifier au personnage. – Seules les sensations donnent plus de precisions: tactile  » tres chaud », olfactive  » odeur d’essence « , visuelle  » reverberation ». ? Il reagit en fonction des sensations. A premiere vue, on pourrait conclure que c’est un homme simple. 2. Ses relations avec les autres Elles sont marquees par l’indifference et le manque de communication. – indifference par rapport a sa mere: absence d’emotion car il s’attache a l’analyse du telegramme et conclut: » Cela ne veut rien dire. « . Le deuil le derange meme: « affaire classee ». Avec son patron: relation tendue « pas l’air content ». – Au restaurant: neutralite: « comme d’habitude ». – Avec le militaire: a l’attitude ouverte du soldat, le personnage oppose un mutisme marque: « pour n’avoir pas a parler ». ? Un personnage qui centre tout sur lui: absence d’emotions, de communication. III/ Explication de cette attitude 1. les marques temporelles – elles font apparaitre l’absurdite de son comportement car elles sont tres nombreuses, on a l’impression qu’il nous livre son programme mais il y a un manque d’enchainement logique qui est renforce par l’utilisation du passe compose.

Le personnage a une vision floue du monde. 2. Un style simple. – C’est un enfant: lexique + banalite du style avec verbe introducteur du D. D toujours le meme « dit » + phrases courtes qui montrent une pensee peu elaboree. 3. Un etranger – on note une volonte de respecter les codes sociaux avec modalisateur: « il a fallu » + soucis du respect des usages: « je pourrai veiller », « cravate noire », « brassard ». – Mais il reste tout de meme etranger aux sentiments qui accompagne ces codes sociaux car il n’essaye pas de paraitre triste. CONCLUSION

Ce texte presente un personnage en l’apparence assez simple mais qui devient plus complexe, notamment par son extreme sensibilite aux sensations et a sa vision confuse du monde qui annoncent le meurtre. On peut rapprocher ce texte de La Condition Humaine d’Andre Malraux a la difference que Meursault est un personnage passif, qui va subir les evenements, alors que Tchen est un homme actif, qui agit pousse par un ideal. L’Etranger : Resume Le narrateur, Meursault, employe de bureau a Alger, apprend que sa mere est morte, dans un asile.

Il va l’enterrer sans larmes, et sous un soleil de plomb qui ne fait qu’augmenter son envie d’en finir avec la ceremonie. De retour a Alger, il va se baigner et retrouve une ancienne collegue, Marie. Ils vont voir un film comique au cinema, et elle devient sa maitresse. Un soir, Meursault croise Salamano, un voisin, et est invite par Raymond, un autre voisin de palier. Ce dernier, ancien boxeur, lui raconte sa bagarre avec le frere de sa maitresse, et lui demande d’ecrire une lettre qui servira sa vengeance. Quelques jours plus tard, Raymond se bat avec sa maitresse et la police intervient. Meursault accepte de l’accompagner au commissariat.

Invite par Raymond a passer un dimanche au bord de la mer dans le cabanon d’un ami, Masson, Meursault s’y rend avec Marie. Apres le repas, les hommes se promenent sur la plage et rencontrent deux Arabes, dont le frere de la maitresse de Raymond. Ils se battent et Raymond est blesse. De retour au cabanon, Meursault le tempere et lui prend son revolver, pour lui eviter de tuer. Reparti seul sur la plage, il retrouve par hasard le frere, qui sort un couteau. Assomme par le poids du soleil, il se crispe sur le revolver et le coup part tout seul; mais Meursault tire quatre autres coups sur le corps inerte. Meursault est emprisonne.

L’instruction va durer onze mois. Il ne manifeste aucun regret lorsqu’il est interroge par le juge, aucune peine lorsque son avocat l’interroge sur les sentiments qui le liaient a sa mere. Le souvenir, le sommeil et la lecture d’un vieux morceau de journal lui permettent de s’habituer a sa condition. Les visites de Marie s’espacent. Le proces debute avec l’ete. L’interrogatoire des temoins par le procureur montre que Meursault n’a pas pleure a l’enterrement de sa mere, qu’il s’est amuse avec Marie des le lendemain et qu’il a fait un temoignage de complaisance en faveur de Raymond, qui s’avere etre un souteneur.

Les temoignages favorables de Masson et Salamano sont a peine ecoutes. Le procureur plaide le crime crapuleux, execute par un homme au coeur de criminel et insensible, et reclame la tete de l’accuse. L’avocat plaide la provocation et vante les qualites morales de Meursault, mais celui-ci n’ecoute plus. Le president, apres une longue attente, annonce la condamnation a mort de l’accuse. Dans sa cellule, Meursault pense a son execution, a son pourvoi et a Marie, qui ne lui ecrit plus. L’aumonier lui rend visite, malgre son refus de le rencontrer. Meursault est furieux contre ses paroles, reagit violemment et l’insulte.

Apres son depart, il se calme, realise qu’il est heureux et espere, pour se sentir moins seul, que son execution se deroulera devant une foule nombreuse et hostile. L’importance du soleil dans l’? uvre : « Le soleil et la lumiere jouent un role primordial dans la prise de conscience de l’absurde chez Meursault. Il les trouve derangeants parce qu’ils laissent apparaitre un monde etranger que le personnage refuse de voir jusqu’a la fin du roman, car il lui est difficile de voir ses illusions s’envoler du jour au lendemain.  » Albert Camus – L’Etranger (1942) Biographie de l’auteur :

Albert Camus ne le 7 novembre 1913 a Mondovi en Algerie et decede le 4 janvier 1960 a Villeblevin (Yonne) est un ecrivain et philosophe francais. Il a developpe dans son oeuvre tres diverse un humanisme fonde sur la prise de conscience de l’absurde de la condition humaine. Albert Camus, journaliste et resistant impose des son premier roman, L’Etranger (1942), le sentiment de l’absurde et l’angoisse de l’homme moderne. Avec La Peste (1947) et ses essais, il developpe une reflexion sur la condition humaine entre solidarite, action et responsabilite. Il a recu le prix Nobel de la litterature en 1957.

Biographie de l’oeuvre : L’Etranger est un roman d’Albert Camus, paru en 1942. Il fait partie du « cycle de l’absurde », trilogie composee d’un roman (L’Etranger), d’un essai (Le Mythe de Sisyphe) et d’une piece de theatre (Caligula) decrivant les fondements de la philosophie camusienne : l’absurde. Le roman a ete traduit en quarante langues. De son vivant, Albert Camus a toujours refuse de voir porter a l’ecran L’Etranger mais une adaptation cinematographique a ete realisee par Luchino Visconti en 1967. Le fait divers et sa mise en abyme dans le roman :

L’Etranger s’ouvre sur l’enterrement de la mere de Meursault, petit employe qui vit sans avoir reflechi a la presence de la mort dans tout ce qui est vivant. Au cours du roman, il tue, sur la plage, un Arabe sans meme prendre conscience de la gravite de son geste. Il sera condamne a mort. (+) Ce roman met en scene un narrateur personnage, Meursault, vivant en Algerie a l’epoque ou celle-ci est encore francais. Emprisonne, il attend un an avant d’etre juge. Au cours du proces, on lui reproche surtout son absence d’emotion a la mort de sa mere et sa vie insouciante apres le deuil.

On comprend alors qu’il est condamne a mort pour ne pas s’etre conforme aux moeurs de sa societe. Analyse et commentaires : Il s’agit d’un roman (Camus a un jour ecrit « Si tu veux etre philosophe, ecris des romans ») dont le personnage principal, mysterieux, ne se conforme pas aux canons de la morale sociale, et semble etranger au monde et a lui-meme. Meursault se borne, dans une narration proche de celle du journal intime (l’analyse en moins), a faire l’inventaire de ses actes, ses envies et son ennui. Il est representatif de l’homme bsurde peint dans Le Mythe de Sisyphe, l’absurde naissant « de cette confrontation entre l’appel humain et le silence deraisonnable du monde ». La seconde partie du roman (qui debute aussitot apres le meurtre) voit toutefois le narrateur renaitre au monde et a lui-meme, comme si la mort approchant lui avait fait sentir combien il avait ete heureux. Meursault y est plus prolixe dans l’expression de ses sentiments et de sa revolte. Le tragique de l’absurde : Son histoire illustre la prise de conscience de l’absurde de toute vie vouee ineluctablement a la mort.

Dans sa cellule, durant son proces, Meursault s’ennuie et relit, pour passer le temps, un vieil article de journal. Celui-ci expose une affaire dont la trame servira de base au Malentendu (1944), une piece de theatre que Camus ecrira ensuite. Le Malentendu s’inscrit donc au sein de L’Etranger, instaurant entre le roman et theatre un systeme d’echos illustrant le tragique de l’absurde. Une question, l’absurde : « L’absurde nait de cette confrontation entre l’appel humain et le silence deraisonnable du monde ». Dans cette phrase est concentree la puissance d’un conflit, d’une confrontation qui supporte et emporte l’oeuvre de Camus.

Deux forces sui s’opposent : l’appel humain a connaitre sa raison d’etre et l’absence de reponse du milieu ou il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’a sa raison d’etre. L’absurde n’est pas un savoir, c’est un etat acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet etat demande une lucidite et necessite un travail, l’absurde c’est la conscience toujours maintenue d’une « fracture entre le monde et mon esprit » ecrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe (1942).

Ainsi l’homme absurde doit s’obstiner a ne pas ecouter les prophetes, a ne pas avoir assez d’imagination pour se representer l’enfer, a ne faire intervenir que ce qui est certain, et si rien ne l’est, « ceci du moins est une certitude ». Une autre maniere de trouve du sens serait d’en injecter : faire des projets en etablir des buts et par la meme croire que la vie puisse se diriger. Mais a nouveau « tout cela se trouve dementi d’une facon vertigineuse par l’absurdite d’une mort possible ». En effet, pour l’homme absurde il n’y a pas de futur seul compte l’ici et le maintenant.

La premiere des deux forces contradictoires, a savoir le silence deraisonnable du monde ne peut donc etre niee. Quant a l’autre force contradictoire permettant cette confrontation dont nait l’absurde, qui est l’appel humain, la seule maniere de la faire taire serait le suicide. Mais ce dernier est exclu car sa maniere « la suicide resout l’absurde ». Or l’absurde ne doit pas se resoudre. L’absurde est generateur d’une energie. Et ce refus du suicide, c’est l’exaltation de la vie, la passion de l’homme absurde. Ce dernier n’abdique pas, il se revolte. Une reponse, la revolte :

Oui, il faut maintenir l’absurde, ne pas tenter de le resoudre, car l’absurde genere une puissance qui se realise dans la revolte. L’homme absurde habite un monde dans lequel il doit accepter que « tout l’etre s’emploie a ne rien Achever », mais ce monde dont il est le maitre. Et a Camus, qui fait de Sisyphe le heros absurde, d’ecrire : « Il faut imaginer Sisyphe heureux. ». En effet Sisyphe, roi legendaire de Corinthe, celebre pour ses crimes. Il fut condamne a rouler sur la pente d’une montagne un rocher qui retombait sans cesse avant d’avoir atteint le sommet.

Ce mythe est considere comme le symbole de la condition humaine. Bien que Camus n’accorde aucune importance au futur : « il n’y a pas de lendemain », sa revolte n’en est pas pour autant amorale. « La solidarite des hommes se fonde sur le mouvement de revolte et celui-ci, a son tour, ne trouve de justification que dans cette complicite ». Tout n’est pas permis dans la revolte, la pensee de Camus est humaniste, les hommes se revoltent contre la mort, contre l’injustice et tentent de « se retrouver dans la seule valeur qui puisse les sauver du nihilisme, la longue complicite des hommes aux prises avec leur destin ».

Point de vue philosophique En tuant l’Arabe, Meursault ne repond donc pas a un instinct meurtrier. Tout se passe comme s’il avait ete le jouet du soleil et de la lumiere. En ce sens, la relation du meurtre prend une dimension quasi mythique, d’autant que ce soleil et cette lumiere sont omnipresents dans le roman, et agissent meme concretement sur les actes du narrateur personnage. La seconde partie du roman voit un Meursault emprisonne, contemplant sa mort en sursis, et oblige de reflechir sur sa vie et son sens.

Naissent alors la revolte devant l’injustice, la revolte contre une mort qui survient trop tot, et la reconciliation avec le monde et soi-meme. Si on percoit assez clairement la repugnance de Camus face a l’injustice et la peine de mort, on constate egalement que Meursault devient l’homme revolte que l’auteur evoquera plus tard. « Le contraire du suicide, ecrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe. Citations La mort de la mere de Meursault : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-etre hier, je ne sais pas. J’ai recu un telegramme de l’asile : “Mere decedee.

Enterrement demain. Sentiments distingues. ” Cela ne veut rien dire. C’etait peut-etre hier. » (Ce sont les premieres lignes du roman L’Etranger)* Meursault tue l’Arabe: « C’est alors que tout a vaciller. La mer a charrie un souffle epais et ardent. Il m’a semble que le ciel s’ouvrait sur toute son etendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon etre s’est tendu, et j’ai crispe ma main sur le revolver. La gachette a cede, j’ai touche le ventre poli de la crosse et c’est la, dans le bruit a la fois sec et assourdissant, que tout a commence. » Alors, j’ai tire encore quatre fois sur un corps inerte ou les balles s’enfoncaient sans qu’il y parut. Et c’etait comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.  » Meursault reflete sur sa vie : « Pour que tout soit consomme, pour que je me sente moins seul, il me restait a souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon execution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine » Le soleil, et l’influence sur Meursault : « C’etait le meme soleil que le jour ou j’avais enterre maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. « Le ciel etait deja plein de soleil. Il commencait a peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement.  » « Autour de moi, c’etait toujours la meme campagne lumineuse gorgee de soleil.  » La Religion : « Maman, sans etre athee, n’avait jamais pense de son vivant a la religion. » « Il voulait encore me parler de Dieu, mais je me suis avance vers lui et j’ai tente du lui expliquer une derniere fois qu’il me restait peu de temps. Je ne voulais pas le perdre avec Dieu. »