Littérature française moyen âge

Littérature française moyen âge

Tema 1 : Introduction à la vie littéraire du Moyen-Âge français 1. Définition de la « littérature » « médiévale » « française » 1. 1 Relativité du terme « Moyen Âge »: Datation et périodisation Pétrarque et les humanistes du XVIème siècle parlent déjà d’un « medium tempus », un temps intermédiaire entre la prestigieuse Antiquité Classique et ‘leur’ Renaissance.

Le « MOYEN ÂGE » est une terminologie qui date du XVIIème siècle, calquée de la forme latine MEDIUM AEVLJM et popularisée par l’historien Michelet au XIX siècle -siècle qui assiste également à la substitution de ‘adjectif « moyenâgeu « médiéval ». 30 r la forme actuelle harnière qui Le terme désignait e ri:. • S. v. p next page ‘séparait’ (MEDIUM) : la chute de l’Empire r la prise de Constantinople par les Turcs (1453) Période millénaire -dix siècles! – qui constitue l’âge intermédiaire entre « l’Antiquité » et « les Temps Modernes ».

La définition de ‘médiéval’ dans le contexte du cours partira des premières émergences des ‘langes vulgaires’ (VIII et IX) et, donc, de la parution des premiers textes ‘littéraires’ (XI et XII) et les différenciant de la Renaissance (XVI) par un autre événement ondamental, l’invention (plus ou moins en 1470) et utilisation de l’imprimerie et, avec elle, la fixation progressive de la langue et de sa mise

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en écritl . La dimension auditive de la récitation orale sera substituée par la perception visuelle de la parole écrite, la mobilité et la variance par l’immobilité et la permanence d Sv. ipe to de l’écriture imprimée. L’imprimerie modifie les relations de la littérature et de son récepteur, avec elle on ferme une époque, le Moyen Âge est le monde du passé2. Cette réduction à 5 siècles (XI-XV) n’implique pas une vision homogène de cette période. Jacques Le Goff signale l’existence de, au moins, DEUX ‘renaissances médiévales’ – la renaissance Carolingienne (800) Renaissance en langue latine -donc, hors de notre cadre d’études!! la renaissance du XIIème siècle (1150-1250) qui coïncide avec une rénovation littéraire fondamentale dans l’histoire de la ‘littérature française’: processus de désacralisation du littéraire et parution de la ‘courtoisie’ -c à d. la litt. amoureuse-. Imprégnation de la culture populaire et de la tradition classique -translatio studii. Le XIIIème siècle, le siècle de Saint Louis (1214-1270) st une période ‘seuil’ qui concède une nouvelle place à la figure du sujet dans l’œuvre littéraire et permet l’évolution et la modification des formes du siècle antérieur. . 2 Délimitation géographique et linguistique Le paradoxe d’une étude sur la ‘littérature’ ‘médiévale’ ‘française’ réside, justement, à Futilisation de ces trois termes d’application arbitraire dans le contexte qu’on analyse. Pour qu’il y ait une littérature il faut qu’il y ait quelque chose d’écrit : comme la glose était apparue (Définition : note en marge d’un texte latin, dans une langue que Hon connait, premières émonstrations du français), on sait que l’ensemble de plusieurs gloses est un glossaire.

Depuis une perspective linguistique ou géographique, l’utilisation de l’adjectif ‘Français/ 2 30 glossaire. de l’adjectif ‘Français/e’ exige une délimitation : Presque la totalité de la production ‘écrite’ conservé de la période médiévale reste véhiculée par la langue ‘littéraire’ par excellence : le latin. Cependant, ce n’est pas la ‘littérature écrite’ en latin qui nous intéresse. Notre étude s’organise autour d’un corpus beaucoup plus limité de textes ‘écrit’ en ‘langue romane rustique’ : le/les français.

La pratique scripturale d’une langue vernaculaire destinée à devenir ‘langue littéraire’ impose une imitation (‘imitatio’) mais aussi une rupture des formules et des tabous de la culture cléricale latine, impose la quête difficile de la parole poétique à travers un bois de dialectes. L’utilisation de cette/ces nouvelle/s langue/s comme ‘langue littéraire’ implique une affirmation de son pouvoir, la conquête du savoir résultat de la rencontre des plus subtils produits de la pensée et du jeu de la lettre et de la parole poétiques. our la détermination de limites spatiales du Moyen Âge ‘français’, l faut d’abord affirmer que l’universalité médiévale n’existe pas. Il existe une exigence réelle de détermination des territoires qui occupe tout le Moyen Âge et qui fait vaciller les frontières et les chronologies (cf. (Zumthor, 1987: 31 -ss). La toute première utilisation du mot ‘FRANCIA’ pour traduire le terme latin ‘GALLIA’ apparaît dans le Glossaire de Reichenau, texte du VIIIème siècle (approximativement).

Mais, exception faite du mirage impérial de Charlemagne (800-814), aucune idée d’État peut nous servir ? définir géograph 3 30 mirage Impérial de Charlemagne (800-814), aucune idée d’État eut nous servir à définir géographiquement la ‘France’ à la période médiévale. L’émiettement politique, géographique et linguistique de l’Empire Romain crée un paysage désorganisé en Occident. Pendant la première période (500-1000) les Francs dominent la région que l’on nomme aujourd’hui France.

Les Francs3 -et non pas les ‘Français’ – cette appellation détermine une nette séparation entre un groupe ethnique et les français actuels. Les Francs, organisés dans de grandes familles, vigoureuses et primitives, étaient solidement alliés autour d’un chef de famille qui partageait les biens et les territoires onquis dans la bataille parmi ses fils, comme s’ils étaient des possessions privées ; aucune idée d’état, aucune durabilité des frontières.

A la parenthèse unificatrice de Charlemagne suit une nouvelle dispersion des territoires : l’invasion normande de la Bretagne insulaire et la ‘révolution féodale’ (860-900). Deux siècles de paroxysme où prédomine la hiérarchie « châtelaine », abritée et agressive, où le ‘vassal’ s’incline et le ‘serf s’agenouille devant le ‘seigneur’. Le territoire ‘français’ s’en sort de cette seconde période de barbarie appuyée sur deux pouvoirs : l’église et le oi. A travers la ‘paix de Dieu’ et la croisade, le clergé canalise l’agressivité des chevaliers.

La dynastie des Capétiens s’appuie ‘Église et permet cette petite période dorée où Louis le Saint sur devient un personnage de culte. À partir du XIIIème siècle, la monarchie s’affirme et s’instaure insidieusement le royaume des ‘bourgeois’ -habitants des ‘bourgs’, 4 30 s’affirme et s’instaure insidieusement le royaume des ‘bourgeois’ -habitants des ‘bourgs’, des villes- ; les doctes rédigent les ‘Sommes’ du savoir. La ‘Guerre de Cents Ans’ 4 -féconde à la réation de héros (les bourgeois de Calais, Du Guesclin ou Jeanne d’Arc)- permet de construire les premiers ciments d’une nation.

I s’agit donc d’adopter une délimitation arbitraire pour doter de signification l’adjectif ‘français’, une ‘réalité’ Inexistante du point de vue politique ou géographique Les textes qui seront l’objet de notre étude se sont conservés dans des manuscrits (ms. ) rédigés dans différentes langues. De nouveau, le qualificatif ‘français/e’ se rend inadéquat : si l’une des définitions possibles de ‘littérature’ est l’ensemble de textes produits dans une même langue, on ne pourrait pas parler e ‘littérature française’ au Moyen Âge, mais de ‘littératures’.

Cexigence méthodologique et didactique s’impose et nous exige l’adoption —forcée et arbitraire- d’une terminologie claire et pratique : nous accepterons donc ‘français’ dans notre étude pour les textes conservés dans l’ensemble des structures dialectales que, se superposant les unes aux autres, servent ? construire la koinè artificielle dénommée langues ‘d’ail’, c’est-à- dire, celle qui – dès une perspective géographique – se situent à partir de la région frontalière aux territoires germaniques du ord et une ligne en arc qui unirait la région d’An à la Vendée ? travers Bourges et Châteauroux (cf. . e. Zumthor, 1972: 9). Cette limitation est toujours à transgresser (nous le ferons pour l’étude de la lyrique occitane des XII et XIIème siècle S 30 toujours à transgresser (nous le ferons pour l’étude de la lyrique occitane des XII et XIIème siècles).

La terminologie canonique telles « ancien français » ou langues « d’oc » et « d’oïl » est un outil didactique qui essaye de décrire une koinè qui n’existe pas mais qui permet de définir – facilement – rensemble de dialectes et variantes linguistiques qui, lus ou moins différentiées, ont été conservées par écrit et dans une codification hautement poétique. Notre tâche s’avère donc difficile puisqu’il s’agit d’analyser les mystères d’un texte canalisé à travers une langue dont nous ne possédons guère les clés de lecture.

Inutile donc de réitérer que notre connaissance de la ‘littérature médiévale française’ a été et continue à être soumise aux techniques et aux conditions de conservation du texte écrit : les traductions ou les transcriptions par écrit d’une instable et variable réalisation orale, soumises ? des conditionnements chronologiques et géographiques, phonétiques et graphiques déterminants, aux dépens de la virtuosité ou du manque d’habilité (scripturale ou littéraire) du copiste ou du « remanieur » qui les mit par écrit… es textes dits ‘français’ révèlent une diversité, une variance, une graphie erratique (même à l’intérieur du même manuscrit) qui empêche toute désignation monolithique ou générique de l’ensemble. 1. 3 ca ‘littérature’ ‘française’ Cf. [Real, 2002:12-13] LR: [Zink, 199013-16] La plupart des textes médiévaux nous sont parvenus dans de énibles conditions de conservation, dans peu de manuscrits que le temps a gravement abimés et mutilés.

La portion de textes conservés dans peu de manuscrits que le temps a gravement abîmés et mutilés. La portion de textes conservés reste donc une partie minimale de la production -production supposée- de textes littéraires; notre connaissance de l’univers et de la littérature médiévale se construit donc sur la fiction d’un matériel disparu et sur la réalité d’un nombre restreint de documents rencontrés. Nous sommes donc confrontés à l’étude d’une littérature faite de extes fragmentés et incomplets.

Littérature / oralité D’ailleurs, par une sorte de distorsion historique, on désigne la ‘littérature’ au Moyen Âge à travers d’un mot dérivé de « littera », c’est-à-dire, la ‘lettre écrite’ lorsque la plupart du corpus littéraire -tout au moins jusqu’au XIIIème et XIVème siècles- a eu une origine et une transmission -un colportage- ORAL, ce qui veut dire, basée sur la proximité de l’émetteur et du récepteur, tous les deux convoqués par une parole inséparable de la voix et du corps qui la prononce et qui l’écoute, une parole jamais dentique à elle-même.

Nous partirons donc d’une contradictio in terminis dont la solution reste difficile. Le terme « littérature » fait référence à un système de textes ÉCRITS dans une seule langue. Lorsque l’on parle de « littérature » il faut donc parler d’UNE LANGUE qui la véhicule; mais il n’existe pas une « langue française » qui donne naissance à une « littérature française ». Après le CONCILE DE TOURS (813), l’Eglise exigea des prêtres qu’ils traduisent la messe en Langue Romane Rustique, ou en langue germanique, afin que tous puissent comprendre plus facilement.

Cétait l’acte de baptême de la « langue Fran 30 germanique, afin que tous puissent comprendre plus facilement. Cétait l’acte de baptême de la « langue Française Orale » Le terme FRANCIA apparaît pour la première fois dans le Glossaire de Reichenau (VIIIème siècle) -qui illustre les marges du texte latin de la Vulgate de Saint Jérôme- et qui sert à traduire le terme GALLIA. Le latin s’émiette dans des DIALECTES LOCAUX qul donneront lieu à la naissance des LANGUES dites ROMANES. A cette période, les diversités géographiques imposent les différences dialectales.

Mais les tremblantes limites éographiques provoquent que les frontières linguistiques ne s’y correspondent plus. Les dialectes chevauchent les uns sur les autres, les structures dialectales se trouvent très proches les unes des autres. Une délimitation géographique sert cependant à établir le domaine de langues ‘françaises’ : la littérature française serait celle qui se produit dans le domaine spatial compris entre la frontière germanique et une lignée imaginaire qui irait de Bourges à la Vendée.

Cest le domaine linguistique connu comme LANGUE D’OiI (OUI) (Au nord du Massif Central). Dialectes d’Oll: francien (dialecte d’île de France), picard, anglo-normand, champenois, bougonnais. En face, le domaine linguistique et littéraire du SUD ou de LANGUE D’OC, langue occitane. Des raisons politiques – l’extension progressive du domaine royal – soutiendront le triomphe du FRANCIEN sur les autres dialectes et donnera la base du FRANÇAIS actuel.

Le domaine de la langue d’Oll s’étendra par la conquête de l’Italie du Sud et de la Sicile (1053) et puis de l’ANGLETERRE (1066 – Bataille de H 8 30 l’Italie du sud et de la Sicile (1053) et pus de l’ANGLETERRE (1066 Bataille de Hasting) par les normands – les grandes œuvres furent édigées en dialecte anglo-normand (La Chanson de Roland fut trouvée à Oxford; Marie de France habite à la cour d’Henri Il et d’Aliénor d’Aquitaine); champenois (Marie de Champagne fut la mécène de Chrétien de Troyes),’ et picard (st. pour la littérature urbaine du XIII). (Cf. Elena Real, 2002, pp. 2-13) La littérature conservée Jusqu’au IX siècle, la langue latine s’impose dans le territoire que l’on connaît aujourd’hui comme la France comme le seul véhicule d’expression écrite. L’an 842 voit apparaître le 1er texte écrit en langue ‘romane’: les SERMENTS DE STRASBOURG, mais ce ne sera qu’à la 1ère moitié u XIème siècle qu’apparaissent les premiers textes littéraires en ‘ancien français’, il est transcrit en trois langues : latin, français et allemand. La période archaïque (fin IX— fin XI) se caractérise par la rareté des textes conservés et leur cohérence thématique: fonctions liturgiques.

Ce sont des récits brefs en vers à propos de la vie de saints tels que LA VIE DE SAINT ALEXIS (1050) o la CANTILÈNE (OU LA SÉQUENCE) DE SAINTE EULALIE, un petit texte écrit de caractère religieux, comme une prière mais qui raconte l’histoire de la vie d’un saint. Ces récits hagiographiques sont rœuvre es clercs qui adaptent en langue romane des textes latins ? l’intention d’édifier et d’instruire le public par le moyen d’une langue qui puisse être comprise par tout le monde, mais ils n’adaptent évidemment que les textes qui les intéressent.

Durant le Concile de Tours, 9 30 mais ils n’adaptent évidemment que les textes qui les intéressent. Durant le Concile de Tours, des décisions sont adoptées : on propose de prononcer les sermons en langue romane rustique ou germanique. À la fin du XIème siècle deux formes littéraires radicalement différentes apparaissent simultanément en France, elles ont en ommun qu’elles sont des productions littéraires ORIGINALES EN LANGUES ROMANES, qu’elles rompent avec les modèles de la littérature latine.

Il s’agit de: La POÉSIE LYRIQUE des troubadours en LANGUE JOC Les CHANSONS DE GESTE en LANGE D’OIL À partir d’elles aura lieu l’éclosion de la littérature médiévale en territoire français. 2. Transmission de l’œuvre médiévale La rareté et la cherté du parchemin (le papier importé dès le XIIème siècle d’Espagne ne se répandra en Europe qu’au XVème) expliquent sans doute que toute littérature demeura longtemps de TRADITION ORALE. N’importe quelle œuvre médiévale qui nous soit donnée ? lire n’a pas un auteur unique.

Il est difficile de faire la différence entre: L’homme qui a donné une première forme aux conceptions de son imagination ou à l’attente de son public Aux remanieurs qui sont ensuite intervenus À la mémoire des récitants À l’initiative ou à la négligence des copistes Au parti pris d’un éditeur du XIX ou du XXI En définitive, tous ces homme-là sont des intellectuels qui ont soutenu le texte de leurs mains et l’ont travaillé par l’esprit. 2. 1 L’Église: détenteur de la culture médiévale CR [Baumgartner, 1988: 4549] 00F 130