Limites du marches

Limites du marches

Apres avoir explique comment, sous certaines conditions, le marche peut etre efficace, vous mettrez en evidence ses limites. Le marche, c’est-a-dire le lieu de rencontre de l’offre et de la demande construit durant des siecles, est un mecanisme economique particulierement controverse. Cependant l’economie de marche , economie dont le fonctionnement repose sur le principe du marche, est etablie dans de nombreux pays, dont les plus puissants du monde. Dans quelle mesure le marche et en particulier le mecanisme du marche est-il efficace ?

Afin de repondre a cette question, nous etudierons d’une part les phenomenes qui marquent l’efficacite du marche puis nous analyserons ses limites, preuves incontestables de son imperfection. Le marche, outil utile aux echanges, comporte dans son fonctionnement une part d’efficacite. Cependant celle-ci n’est perceptible que selon certaines conditions. D’une part il est necessaire que le marche soit concurrentiel, c’est-a-dire qu’il n’y ait pas ou peu d’abus de position dominante, de cartels, d’ententes entre les entreprises.

Strategies qui affectent grandement la concurrence en empechant une multitude d’offreurs et une multitude de demandeurs (tous de petite taille). D’autre part, le marche doit etre assez grand pour pouvoir fonctionner. Si ces deux conditions principales sont respectees (cela n’est pas simple), il est possible

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d’observer l’efficacite du marche. Tout d’abord la concurrence qu’il peut y avoir sur un marche entre les offreurs est un important facteur d’efficacite.

En effet, la division du travail qui correspond a la repartition des activites entre les differentes unites de production qui se specialisent dans un domaine, et qui stimule la concurrence entre les differents et nombreux offreurs, a des repercussions sur la societe entiere d’un pays. Cela est explicable par le fait que les travailleurs specialises dans un domaine precis augmentent leur productivite ( ils repetent un mouvement sans cesse et sont ainsi de plus en plus rapides, cela s’apparente a du travail a la chaine ).

Cette hausse de la productivite favorise la croissance d’un pays qui voit ainsi le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population s’accroitre. Par consequent, a lieu une augmentation demographique qui permet d’augmenter la taille du marche. Cela favorise la division du travail, il y a donc une multiplication de l’offre et de la demande. Le cercle vertueux division du travail => extension du marche est au fondement de la these d’Adam Smith depuis 1776 (in La richesse des nations)

Or l’interaction entre l’offre et la demande, toutes deux rationnelles dans leurs agissements et cherchant pour l’une a augmenter son profit et pour l’autre a payer au tarif le plus bas possible, permet d’atteindre un point d’equilibre grace aux mecanismes propres du marche. En effet, le marche est caracterise par la loi de l’offre et de la demande. L’offre evolue dans le meme sens que le prix alors que la demande evolue dans le sens inverse du prix.

Par tatonnement, nous parvenons a un prix d’equilibre et a une quantite d’equilibre qui permettent de realiser le maximum d’echanges : on dit que le marche assure l’allocation optimale des ressources ; en effet, le point d’equilibre du marche garantit le maximum d’echanges et donc la satisfaction du nombre le plus eleve d’agents au prix le plus bas. Or selon la theorie de Vilfredo Pareto, un optimum est un etat dans lequel on ne peut pas ameliorer le bien-etre d’un individu sans deteriorer celui d’un autre.

En tout autre point du marche, il y a bien un equilibre mais qui s’etablit du cote court du marche ( il y a donc moins d‘echanges effectues) et qui penalise plus d’agents. Par ailleurs, coordonner ces echanges n’est pas simple, cela est permis par les prix qui jouent un role majeur quant a la coordination des activites. Ils sont en effet porteurs de nombreux renseignements et jouent le role d’un signal : ils refletent notamment les couts de production des entreprises, ils determinent les offreurs a vendre ou les demandeurs a acheter… Ils sont finalement un vecteur directeur du marche et traduisent son efficacite.

Le marche est aussi responsable d’une certaine stabilite dans un Etat. En effet, l’U. R. S. S. , caracterisee par une economie communiste donc totalement opposee au marche et a la recherche du profit caracteristique des economies de marche, s’est effondree. Or il n’y avait dans ce pays aucune incitation tant a produire qu’a consommer ( en d’autres mots, l’offre et la demande n’etaient pas stimulees) . L’U. R. S. S. s’est effondree en partie a cause de ce manque d’incitations. Le marche contribue donc a la stabilite d’un pays, c’est d’ailleurs pour cela que les etats d’ex-U. R. S. S. nt recu des conseils de la part des pays occidentaux les initiant a l’economie de marche. Le marche est donc efficace dans plusieurs domaines et offre certains avantages. Cependant il comporte de nombreuses limites. Tout d’abord l’atomicite du marche, c’est-a-dire la presence d’une multitude d’offreurs et d’une multitude de demandeurs peut etre remise en cause. Il existe en effet des justifications economiques a l’existence de monopoles ( un offreur pour une multitude de demandeurs). Il y a ainsi des monopoles naturels dus aux couts fixes exorbitants qu’imposent certaines installations en reseau (eau, electricite, telephone).

Une seule entreprise possede ces reseaux, cela permet de diminuer les couts pour le consommateur. De plus, il existe des monopoles legaux, autorises par l’Etat par le biais de brevets. Ces brevets sont donnes aux entreprises innovatrices qui ont ainsi le monopole de leur invention durant quelques annees. Seule la protection de l’innovation peut garantir l’efficacite economique puisque sans elle, chaque entreprise attendrait que les autres fassent des recherches a sa place tout en profitant des resultats de la recherche par imitation de l’invention (comportement caracteristique du « passager clandestin » ! ).

D’autre part, la concentration verticale, achat par une entreprise des entreprises en amont et en aval du cycle de production, est justifiee par l’existence de couts de transactions ( couts presents a chaque entreprise differente, du fournisseur au distributeur). Par ailleurs, la transparence du marche ( imposee en situation de concurrence pure et parfaite) est rapidement bafouee. Cela est du a l’asymetrie de l’information qui signifie qu’un seul parmi deux agents se livrant a une transaction detient une information que l’autre n’a pas. Cela a des consequences importantes. Nous pouvons citer la selection adverse qui empeche les changes. Ce phenomene consiste en une multiplication de mauvais produits sur le marche et en une disparition des meilleurs. Prenons l’exemple des voitures d’occasion de Akerlof : l’acheteur est victime de l’asymetrie de l’information et ne va donc acheter que les voitures a bas prix, craignant d’acheter a un prix eleve, une voiture peu fiable. Par consequent, les vendeurs d’occasion ne vont proposer sur le marche que des voitures a bas prix et donc de mauvaise qualite. La selection adverse a lieu avant la signature du contrat alors que l’alea moral, autre consequence de l’asymetrie de l’information a lieu apres.

Il consiste en un changement de comportement de l’agent : se sentant justement protege par la signature du contrat, il adopte un comportement moins efficace comme le montre le modele du tire-au-flanc sur le marche du travail. Le marche comporte egalement d’importantes defaillances. D’une part, les biens collectifs caracterises par la non-exclusion et la non-rivalite ne sont pas pris en compte par le marche. La non-rivalite qui permet a de nombreux agents de se servir du bien collectif simultanement sans se nuire les uns les autres empeche de reveler l’offre.

La demande ne peut, elle, pas etre revelee a cause de la non-exclusion qui interdit d’empecher les personnes non solvables d’utiliser les biens collectifs. Le marche ne prend egalement pas en compte les externalites, qu’elles soient negatives ( nuisances issues de l’activite d’un agent economique, non voulues et qui affectent l’activite d’un autre agent) ou positives ( avantage ou utilite gratuite accordee de facon indirecte a un agent economique par l’activite d’un autre agent). Les externalites, negatives en particulier ( pollution en general ) ont des couts sociaux, financiers… importants.

Cependant ces couts ne sont pas pris en compte par le marche . Seul l’Etat peut y remedier grace a l’internalisation ( reglementation, dedommagement ou taxation) . D’autre part la flexibilite du marche peut etre percue comme une defaillance. En effet, les salaries peuvent se trouver du jour au lendemain au chomage a cause de fusions-acquisitions entre leurs entreprises, d’une baisse de la demande, d’une baisse de salaires… Ainsi en 2003, 9,6 % des actifs allemands etaient au chomage alors que l’Allemagne est reputee pour le bien-etre, le niveau de vie eleve… de ses habitants.

Selon Keynes, le chomage est un chomage involontaire et son approche macroeconomique lui permet d’expliquer ce phenomene en « melant » plusieurs marches, en ne se concentrant pas seulement sur le marche du travail. Ainsi selon lui, la baisse de salaires a pour consequence une baisse de la demande de biens et services. Par consequent les entreprises produisent moins et ne sont pas dans une politique d’embauche ( anticipant la demande effective : demande de consommation des menages et demande d’investissement des entreprises).

Ce qui favorise le chomage. Enfin, abordons un dernier point qui illustre les limites du marche : il s’agit de l’irrationalite collective. Comme le montre le « dilemme du prisonnier », il arrive que la recherche de l’interet personnel par plusieurs agents aboutisse a l’irrationalite collective (c’est une contestation de la « main invisible » d’Adam Smith). Lors d’une bulle speculative, de nombreux actionnaires se portent acheteurs d’actions anticipant une hausse de leur prix. Or une bulle speculative se termine generalement par un krach boursier.

Tous les actionnaires veulent vendre leurs actions ( interet personnel), il y a donc un surplus d’offre et tous ces actionnaires sont perdants puisque ce comportement agrege fait baisser le cours des actions (? irrationalite collective). Nous avons donc vu que le marche pouvait etre, sous certaines conditions, d’une grande efficacite. Cela grace a une construction reflechie et progressive. En outre, il lui est impossible d’atteindre la perfection, comportant de nombreuses limites qui devoilent ses failles les plus dangereuses.