L’ignorance est t’elle la seule raison d’e de nos croyances?

L’ignorance est t’elle la seule raison d’e de nos croyances?

Qu’est ce qu’une croyance ? *La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci independamment des preuves eventuelles de son existence, realite, ou possibilite. * »Supposez qu’en ma presence, quelqu’un avance des propositions auxquelles je ne souscris pas, que Cesar mourut dans son lit, que l’argent est plus fusible que le plomb, ou que le mercure est plus lourd que l’or : il est evident que, malgre mon incredulite, je comprends clairement ce qu’il veut dire et je concois exactement les memes idees que lui.

Mon imagination est douee des memes pouvoirs que la sienne, et il n’est pas possible a cet homme de concevoir une idee que je ne puisse concevoir, ni d’en ajouter une que je ne puisse ajouter. Je demande donc en quoi consiste la difference entre croire et ne pas croire a une proposition. Il est facile de repondre en ce qui concerne les propositions qui se prouvent par intuition ou par demonstration.

En ce cas, la personne qui donne son assentiment non seulement concoit les idees conformement a la proposition, mais elle est necessairement determinee a les concevoir de cette maniere particuliere, que ce soit immediatement ou par l’entremise d’autres idees. Tout ce qui est absurde

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est inintelligible, et il n’est pas possible a l’imagination de concevoir quoi que ce soit de contraire a une demonstration. Mais, comme cette ecessite absolue ne peut avoir lieu dans les raisonnements fondes sur la causalite et qui concernent des faits, et comme l’imagination est libre de concevoir les deux cotes de la question, je demande encore en quoi consiste la difference entre l’incredulite et la croyance, puisque dans les deux cas, il est egalement possible et egalement necessaire de concevoir l’idee. *   « Nous pouvons donc conclure que la croyance consiste uniquement a eprouver un certain sentiment, consiste en quelque chose qui ne depend pas de la volonte mais nait forcement de certaines causes et de certains principes determines dont nous ne sommes pas maitres.

Quand nous sommes convaincus d’un fait, nous ne faisons que le concevoir, avec un certain sentiment different de celui qui accompagne les simples reveries de l’imagination. Et quand nous exprimons notre incredulite au sujet d’un fait, nous voulons dire que les arguments en faveur de ce fait ne produisent pas ce sentiment. Si la croyance ne consistait pas en un sentiment different de la simple conception, tous les objets presentes par l’imagination la plus debridee seraient sur un pied d’egalite avec les verites les plus etablies, qui se fondent sur l’histoire et l’experience.

Il n’y a que le sentiment que l’on eprouve qui puisse les distinguer ». * « Au sens le plus large, une croyance est un certain etat mental qui porte a donner son assentiment a une certaine representation, ou a porter un jugement dont la verite objective n’est pas garantie et qui n’est pas accompagne d’un sentiment subjectif de certitude. En ce sens, la croyance est synonyme d’opinion, qui n’implique pas la verite de ce qui est cru, et s’oppose au savoir, qui implique la verite de ce qui est su.

A la difference d’un savoir ou d’une connaissance, qui sont en principe absolument vrais, la croyance comme opinion est plus ou moins vraie, et peut ainsi designer un assentiment a des representations intermediaires entre le vrai et le faux, qui ne sont que probables. Parce que la verite de ce qui est cru est seulement possible, et que l’adhesion de l’esprit au contenu d’une croyance peut etre plus ou moins forte, le sens de la notion varie selon le degre de garantie objective accorde a la representation et selon le degre de confiance subjective que le sujet eprouve quant a la verite de cette representation. . Quand la garantie objective d’une opinion est tres faible, ou nulle, bien que celui qui l’affirme puisse eprouver une conviction tres forte du contraire, « croyance » est simplement synonyme d’opinion fausse ou douteuse, et se decline comme prejuge, illusion, enchantement ou superstition. Ainsi les idees entretenues au sujet de phenomenes surnaturels ou magiques, comme es guerisons miraculeuses, des pouvoirs extralucides ou de sorcellerie, ou encore au sujet d’etres ou d’evenements merveilleux ou mythiques tels que fees, farfadets, fantomes ou rencontres du troisieme type. 2. Quand les croyances sont susceptibles d’etre vraies ou d’avoir un certain fondement objectif, ou sont en attente de verification ou de justification, on parle de soupcons, de presomptions, de suppositions, de previsions, d’estimations, d’hypotheses ou de conjectures. . Quand on veut designer des croyances reposant sur un fort sentiment subjectif mais dont le fondement objectif n’est pas garanti, on parle de convictions, de doctrines ou de dogmes. 4. On parle enfin de croyance en un dernier sens, pour designer une attitude qui n’est pas, comme l’opinion, proportionnee a l’existence de certaines donnees et de certaines garanties, mais qui va au-dela de ce que ces donnees ou garanties permettent d’affirmer.

C’est en ce sens qu’on parle de la croyance en quelqu’un ou en quelque chose, pour designer une forme de confiance ou de foi. Dans ce cas, le degre de certitude subjective est tres fort, bien que le degre de garantie objective puisse etre tres faible.  » Les raisons de nos croyances ? * »Si les hommes avaient le pouvoir d’organiser les circonstances de leur vie au gre de leurs intentions, ou si le hasard leur etait toujours favorable, ils ne seraient pas en proie a la superstition.

Mais on les voit souvent accules a une situation si difficile, qu’ils ne savent plus quelle resolution prendre ; en outre, comme leur desir immodere des faveurs capricieuses du sort les ballotte miserablement entre l’espoir et la crainte, ils sont en general tres enclins a la credulite. Lorsqu’ils se trouvent dans le doute, surtout concernant l’issue d’un evenement qui leur tient a c? ur, la moindre impulsion les entraine tantot d’un cote, tantot de l’autre ; en revanche, des qu’ils se sentent surs d’eux-memes, ils sont vantards et gonfles de vanite. … ] D’infimes motifs suffisent a reveiller en eux soit l’espoir, soit la crainte. Si, par exemple, pendant que la frayeur les domine, un incident quelconque leur rappelle un bon ou mauvais souvenir, ils y voient le signe d’une issue heureuse ou malheureuse; pour cette raison, et bien que l’experience leur en ait donne cent fois le dementi, ils parlent d’un presage soit heureux, soit funeste. [… ] Ayant forge d’innombrables fictions, ils interpretent la nature en termes extravagants, comme si elle delirait avec eux.  »    « Quand les raisons pour lesquelles nous donnons notre consentement a quelque proposition, ne sont pas tirees d’elle-meme, mais de la personne qui l’a mise en avant, comme si nous estimions qu’elle est si bien avisee qu’elle ne peut se meprendre, et si nous ne voyons point de sujet qu’elle voulut nous tromper, alors notre consentement se nomme foi, a cause qu’il ne nait pas de notre science particuliere, mais de la confiance que nous avons en celle d’autrui ; et il est dit que nous croyons a ceux auxquels nous nous en rapportons.

De tout ce discours on voit la difference qu’il y a, premierement, entre la foi et la profession exterieure : car celle-la est toujours accompagnee d’une approbation interieure ; et celle-ci en est quelquefois separee ; celle-la est une interieure persuasion de l’ame ; mais celle-ci n’est qu’une obeissance exterieure. Puis, entre la foi et l’opinion : car celle-ci est appuyee sur notre raisonnement, et l’autre sur l’estime que nous faisons d’autrui. Les fondements de la croyance ? * »158. Enfants, nous apprenons des faits, par exemple que tout homme a un cerveau, et nous y ajoutons foi.

Je crois qu’il y a une ile, l’Australie, qui a telle forme, etc. , je crois que j’ai eu des aieux, que les gens qui se donnaient pour mes parents etaient reellement mes parents, etc. Cette croyance peut ne jamais avoir ete exprimee, et meme la pensee qu’il en est ainsi peut ne jamais avoir ete pensee. […] 160. L’enfant apprend en croyant l’adulte. Le doute vient apres la croyance. 161. J’ai appris une masse de choses, je les ai admises par confiance en l’autorite d’etres humains, puis au cours de mon experience personnelle, nombre d’entre elles se sont trouvees confirmees ou infirmees. 62. Ce qui est ecrit dans les manuels scolaires, dans le livre de geographie par exemple, je le tiens en general pour vrai. Pourquoi ? Je dis : Tous ces faits ont ete confirmes des centaines de fois. Mais comment le sais-je ? Quel temoignage en ai-je ? J’ai une image du monde. Est-elle vraie ou fausse ? Elle est avant tout le substrat [1] de tout ce que je cherche et affirme. Les propositions qui la decrivent ne sont pas toutes egalement sujettes a verification. 163. Y a-t-il quelqu’un pour jamais verifier si cette table qui est la y reste lorsque personne ne lui prete attention ?

Nous verifions l’histoire de Napoleon, mais non si tout ce qui nous est rapporte de lui repose sur l’illusion ou l’imposture ou autre chose de ce genre. Oui, meme si nous verifions, nous presupposons deja ce faisant quelque chose que l’on ne verifie pas […] 164. Verifier n’a-t-il pas un terme ? 165. Un enfant pourrait dire a un autre : « Je sais que la Terre est vieille de plusieurs centaines d’annees » et cela voudrait dire : Je l’ai appris. 166. La difficulte, c’est de nous rendre compte du manque de fondement de nos croyances.  » L’efficacite de la croyance « La cure [1] consisterait donc a rendre pensable une situation donnee d’abord en termes affectifs – et acceptables pour l’esprit – des douleurs que le corps se refuse a tolerer. Que la mythologie du shaman ne corresponde pas a une realite objective n’a pas d’importance : la malade y croit, et elle est membre d’une societe qui y croit. Les esprits protecteurs et les esprits malfaisants, les monstres surnaturels et les animaux magiques, font partie d’un systeme coherent qui fonde la conception indigene de l’univers. La malade les accepte, ou, plus exactement, elle ne les a jamais mis en doute.

Ce qu’elle n’accepte pas, ce sont des douleurs incoherentes et arbitraires, qui, elles, constituent un element etranger a son systeme, mais que, par l’appel au mythe, le shaman va replacer dans un ensemble ou tout se tient. Mais la malade, ayant compris, ne fait pas que se resigner : elle guerit. Et rien de tel ne se produit chez nos malades, quand on leur a explique la cause de leurs desordres en invoquant des secretions, des microbes ou des virus. On nous accusera peut-etre de paradoxe si nous repondons que la raison en est que les microbes existent, et que les monstres n’existent pas.

Et cependant, la relation entre microbe et maladie est exterieure a l’esprit du patient, c’est une relation de cause a effet ; tandis que la relation entre monstre et maladie est interieure a ce meme esprit, conscient ou inconscient : c’est une relation de symbole a chose symbolisee, ou, pour employer le vocabulaire des linguistes, de signifiant a signifie. Un shaman fournit a sa malade un langage, dans lequel peuvent s’exprimer immediatement des etats informules, et autrement informulables.

Et c’est le passage a cette expression verbale (qui permet, en meme temps, de vivre sous une forme ordonnee et intelligible une experience actuelle, mais, sans cela, anarchique et ineffable) qui provoque le deblocage du processus physiologique, c’est-a-dire la reorganisation, dans un sens favorable, de la sequence dont la malade subit le deroulement. A cet egard, la cure shamanistique se place a moitie chemin entre notre medecine organique et des therapeutiques psychologiques comme la psychanalyse. Son originalite provient de ce quelle applique a un trouble organique une methode tres voisine de ces dernieres. « 

Notes personnelles : Analyser le rapport entre l’ignorance et la croyance. Le savoir repose sur du concret, sur une garantie de verite certes plus ou moins recevable mais tout de meme presente. A l’opposee la croyance ne repose sur aucunes garanties, croire est totalement subjectif. On peut croire en tout si tant est que nous sommes en mesure d’y croire=> c’est la toute la complexite de la croyance. Un etre humain est susceptible de croire en de nombreuses choses plus ou moins recevables si sont etat spirituel, mental ou autre lui confere la possibilite d’y croire. La croyance repose donc sur les failles de l’etre humain.

L’ignorance est une faille, en effet face a un mur ici symbolise par l’ignorance, l’etre humain a tendance a chercher des reponses ailleurs et si la croyance permet a son esprit d’acceder a ces reponses alors l’etre humain va accueillir cette croyance comme une chose tangible, douee de sens voire meme inalienable. La perte d’un etre cher est a mon sens l’exemple le plus demonstratif de cet etat de fait. En effet comment expliquer une mort accidentelle a une personne sensible voir perturbee. Lorsqu’une mere perd un enfant dans des circonstances horribles peut on croire que le soutient du reste de sa famille sera suffisant ?

Pour certaines ces probables mais pour nombre d’autres cela n’est pas le cas. On se met alors a chercher des reponses a des faits qui n’en on pas : c’est la qu’intervient la croyance, la femme dans ce cas est confrontee a une terrible ignorance qui la ronge et la croyance vient donc comble le trou, le besoin de savoir laisse par l’ignorance. La croyance etant fonde sur des choses non fondees ou du moins non demontrees donne reponse a tout. On peut resoudre n’importe quel dilemme avec la croyance dans le mesure ou elle n’a strictement aucunes limites…