Libre echange ou protectionnisme

Libre echange ou protectionnisme

Chapitre 2  » LES POLITIQUES COMMERCIALES ENTRE LIBRE-ECHANGE ET PROTECTIONNISME Plan 1. Les hesitations de l’Histoire 1. Libre-echange et Protectionnisme 1. Definitions 2. Inventaire (typologie ? ) des mesures protectionnistes 2. Panorama historique 1. Avant 1947 : le protectionnisme est la regle, le libre-echange l’exception 1. L’essor du libre-echange 2. Retour au protectionnisme 2. Apres 1947 : le libre-echange devient la regle mais le protectionnisme demeure vivant 1. Fonctionnement du GATT 2. Les limites du GATT 3. Apports et limites de l’OMC 3.

Le verdict ambigu de l’Histoire 1. Paul Bairoch sur le XIXeme siecle 2. Point methodologique : les difficultes de la verification historique des theories economiques 3. Travaux sur le XXeme siecle, analyses recentes 2. Les enseignements complexes de la theorie economique 1. Le commerce : un jeu a somme positive 1. Rappels sur le mercantilisme 2. Commerce et gains de productivite statiques 3. Commerce et gains de productivite dynamiques 4. Libre-echange  » Productivite et Croissance 2. Le probleme du partage du gain 1. A la recherche des termes de l’echange 2.

Des avantages en dynamique : la question de la deterioration des termes de l’echange 3. De l’importance de la specialisation 4. Le partage du gain a l’interieur des Nations 3. Les avantages comparatifs ne tombent

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pas du ciel 1. Economies d’echelle et avantages comparatifs 2. Effets d’apprentissage et protectionnisme educateur 3. La politique commerciale strategique 4. Les couts et les limites du protectionnisme 1. Le cout du protectionnisme 2. Le protectionnisme, otage d’interets particuliers 3. Le risque de represailles Cours Les hesitations de l’Histoire 1 Libre-echange et Protectionnisme Definitions Libre-echange : theorie, doctrine et pratique qui preconisent la suppression de toute entrave aux echanges internationaux (« laisser-faire » devenant « laisser-passer » au niveau international) Attention : liberalisation, notion plus large que libre-echange (echanges de biens et services) ; a differencier aussi de la notion d’ouverture Protectionnisme : ensemble de mesures visant a proteger la production d’un pays contre la concurrence etrangere Le probleme est de savoir ou se situe la frontiere entre protectionnisme et libre-echange, un pays etant souvent les deux a la fois. Inventaire (typologie ? ) des mesures protectionnistes Protection tarifaire (droits de douane) : – droits ad valorem : pourcentage de la valeur des produits – droits specifiques : somme fixe par produit ( le mouvement des prix est a prendre en compte; si les prix augmentent, la protection ad valorem se renforce ; si les prix baissent, c’est la protection specifique qui se renforce – la notion de protection effective : (valeur ajoutee avec droit de douane  » valeur ajoutee au prix mondial) / valeur ajoutee au prix mondial Le probleme : – Pays A veut proteger son secteur d’assemblage Il etablit un DD de 25% sur les voitures ( A quelle protection effective du secteur de l’assemblage cela correspond-il ? Recuperer la suite Protection non-tarifaire (tout le reste ! ) : « protectionnisme gris » – limitations quantitatives : o quotas imposes ou decides conjointement o Restriction Volontaire d’Exportation (RVE) : Arrangements Multifibres (demantelement en 2005) (cf. voir cours First Lap), 130 accords pour 10% du commerce mondial en 1986 surtout dans l’automobile, l’electronique – mesures indirectes : o normes : techniques, sanitaires, environnementales ex : notice en francais, tous les magnetoscopes importes devaient passer par le bureau des douanes de Poitiers en 1985… o subventions : a la recherche, a l’exportation, credits a taux preferentiel ? ex : PAC, subventions aeronautiques, subventions agricoles americaines o attribution des marches publics o manipulation du taux de change : monnaie sous-evaluee ( produits nationaux moins chers a l’etranger et produits etrangers plus chers sur le marche national ? ex : yuan chinois, yen japonais 1 Panorama historique 1 Avant 1947 : le protectionnisme est la regle, le libre-echange l’exception L’essor du libre-echange Avant 1840 : protectionnisme generalise (Acte de Navigation britannique, Zollverein allemand, USA, Japon et Russie protectionnistes) 1840-70’s : mouvement partant de Grande-Bretagne se propageant en Europe et dans le reste du monde (sauf USA) dans les annees 50 (traite de libre-echange France-Angleterre en 1860 : clause de la Nation la plus favorisee) 2 Retour au protectionnisme Entre 1870’s et 1913 : le protectionnisme redevient la regle (tarif Meline en 1892, Bismarck en Allemagne en 1879) sauf en Grande-Bretagne

Entre-deux-guerres : renforcement du protectionnisme, meme en Grande-Bretagne ; repli aggrave par la crise de 1929 (devaluations successives, preference imperiale) ; tentative de renouveau libre-echangiste fin des annees 30 2 Apres 1947 : le libre-echange devient la regle mais le protectionnisme demeure vivant Octobre 1947 : signature du General Agreement on Tarifs and Trade (GATT) entre 23 pays Mars 1948 : charte de la Havane prevoyant la creation d’une Organisation Internationale du Commerce (OIC) Abaissement plus important et rapide des droits de douane : 40% de DD en moyenne avant le GATT pour 4% aujourd’hui (DD divises par 10 en 50 ans) Actuellement, 40% des echanges se font sans droits de douane, « en franchise totale » ? Elargissement progressif de l’accord : 23 pays au depart, 120 au debut des annees 90 et 147 a l’OMC actuellement 1 Fonctionnement du GATT Negociations multilaterales regulieres pour l’abaissement des droits de douane Organisations de « cycles de negociation » (« Rounds ») Principe de l’accord global : negociation globale et non sectorielle, par produit ( consensus

Principe de non-discrimination : « clause de la nation la plus favorisee » (meme si l’autre Etat ne fait pas partie du GATT) Deux exceptions a cette clause : – constitution d’unions regionales (zone de libre-echange ou union douaniere) a l’unique condition que cette union ne provoque pas la hausse de la protection de la zone vis-a-vis des pays partenaires en dehors de l’union – traitement differencie des pays en developpement : acces privilegie des produits des PED aux marches des pays developpes sans generaliser a tous les partenaires du GATT

Principe de consolidation : on ne revient pas sur un accord passe, sauf si on accorde alors de nouvelles concessions Ne sont pas prises en compte les protections non tarifaires ; d’ou la mise en place d’un « « code de bonne conduite » » : seule la protection douaniere est autorisee formellement, interdiction des mesures non tarifaires (quotas, subventions) Le probleme est de definir cette protection non tarifaire : code des marches publics, code des subventions, code anti-dumping (ces deux derniers sont definis lors du Tokyo Round en 1979)

En cas de litiges entre partenaires, processus d’arbitrage : discussions bilaterales puis, si echec, constitution de « groupes speciaux » d’experts Exceptions : – « clause de sauvegarde » (article XIX) : si la concurrence internationale risque de porter un prejudice grave aux Etats, ils peuvent mettre en place des mesures de protection (aides, quotas…) mais application temporaire (4 ans), a tous les partenaires et compensation des pertes dans les pays affectes par les mesures ex : Arrangement MultiFibres, PAC

Paul Krugman parle de « mercantilisme eclaire », d’un « dogme du libre-echange » Chaque pays essaie de proportionner son ouverture a l’obtention de concessions de la part de ses partenaires Le GATT correspond a une volonte de creer une regulation internationale pour eviter les circonstances d’avant-guerre (tout le monde se protegeait de ses voisins, devaluations en cascade…) ; volonte de coordination des politiques economiques 2 Les limites du GATT 1) Des negociations de plus en plus difficiles Chaque pays doit faire des concessions

Au depart, les accords sont assez faciles mais au fur et a mesure, il est devenu difficile de ne pas toucher aux domaines sensibles des Etats (ex : l’agriculture, les services…) Les problemes sont apparus lors de l’Uruguay Round, lorsque qu’on a voulu elargir le domaine d’application des negociations a l’agriculture, les services et la protection de la propriete intellectuelle 2) Detournement des principes du multi-lateralisme Suite a des negociations bilaterales et des mesures unilaterales, les Etats ont negocie des accords sous couvert de respecter le GATT, au nom du GATT et du non-respect par les partenaires : droits anti-dumpings et droits compensateurs ( mesures discriminatoires, surtout prises par de grands pays (USA, Canada, Australie, Europe) ; le nombre de cas traites par les groupes speciaux est tres faible par rapport a ceux traites par les Etats de facon bilaterale ou unilaterale – sanctions unilaterales ex : Trade Act (USA, 1974) “section 301” ( autorise le President americain a lever des mesures de retorsion a l’encontre des pays qui ne respecteraient pas les accords commerciaux ou qui seraient coupables d’une pratique « injustifiable, deraisonnable ou discriminatoire et reduirait ou mettrait en difficulte e commerce americain ». Autrement dit des qu’un pays etranger met en oeuvre une regle moins liberale que les USA, ces derniers s’autorisent a mettre en ‘ uvre une mesure de retorsion ; renforce par la « super 301 » en 1988 qui identifie quelques pays « coupables », cibles privilegiees de la politique commerciale : Japon, Inde, Bresil ; les pays disposent de 1 a 2 ans pour engager des negociations pour se mettre en conformite ! 3) Un systeme tres inegalitaire Leadership americain et europeen 992 : accords de Blair-House (USA-Communanute Europeenne)( mise en place de compartiments pour les subventions, pour decider ce qui sera ou non negociable : « boite verte » non negociable (aides a la production : politique environnementale, gel des terres…), « boite bleue » a negocier plus tard (aides forfaitaires, non-proportionnees a la production : aides a l’irrigation, au remembrement) et une derniere boite qui pourra etre negociee (aides proportionnees a la production : subventions a l’exportation…) ; les partenaires se mettent aussi d’accord sur une baisse programmee de 36% des droits de douanes sur les produits agricoles d’ici la fin de la decennie. 3 Apports et limites de l’OMC Desormais, il s’agit d’une organisation, le siege etant a Geneve, basee sur le principe d’une voix par pays.

Mise en place de conferences ministerielles : reunion entre ministres du commerce des pays (Europe representee par un unique representant, actuellement Peter Mendelson) 1999 : conference de Seattle ( echec fracassant (emergence du mouvement alter-mondialiste) 2001 : debut du cycle de Doha (Qatar) baptise le « cycle du developpement » 2003 : echec de la conference de Cancun 2005 : accord a Hongkong pour poursuivre les negociations Septembre 2006 : a Rio de Janeiro, les Etats ont reaffirme leur volonte de poursuivre les negociations Deux problemes ont bloque les negociations : l’agriculture et la propriete intellectuelle Les PED ne veulent pas ouvrir des negociations sur l’ouverture des marches des services reclamee par les pays developpes si ces derniers n’acceptent pas de negocier sur l’agriculture.

Quant a la propriete intellectuelle, la question est epineuse sur l’acces aux medicaments pour les pays en developpement ; un accord a ete trouve en 2001 : PED autorises a produire des medicaments generiques pour leur marche ; autorisation pour les PED incapables de les produire de les importer des PED precedents. A Cancun ont emerge les acteurs du Sud qui se sont regroupes pour faire entendre leur voix (globalement sur la question agricole, avec le G-20) ; ils se sont organises en sous-groupes (G-20 avec Mercosur, Inde, Chine… et G-90 avec Afrique, PMA, Caraibes-Pacifique), ils ont mis en place des accords structures. Reussite de l’OMC : creation de l’Organe de Reglement des Differends (ORD) Ex : cf. dossier 1 page 19 ; meme taux entre Nord et Sud quand a l’issue des affaires

Face a l’echec de l’OMC, on constate le developpement d’accords bilateraux (encadres par l’OMC) : Europe-Mercosur… ces accords couvriraient la moitie des echanges mondiaux 2 Le verdict ambigu de l’Histoire 1 Paul Bairoch au XIXeme siecle Les politiques protectionnistes n’ont pas toujours ete inefficaces Mythes et paradoxes de l’histoire economique (Paul Bairoch) Le protectionnisme n’a pas forcement ete inefficace ; pourtant l’idee dominante est favorable au libre-echange ( Paradoxe Idee dominante remise en cause actuellement (progression a suivre) Paul Bairoch fait 4-5 etudes differentes (essentiellement sur le XIXeme) : 1) les effets du libre-echange au Royaume-Uni (1846-1860) 2) l’Europe continentale 3) les pays neufs non-europeens ) les pays en developpement 1) Indeniable succes du libre-echange britannique : forte croissance des exportations (6% de moyenne par an), croissance du revenu par habitant surtout (depasse les 2% par an) Le commerce a ete un des piliers du developpement britannique : – acces aux matieres premieres – importation de produits alimentaires bon marche – debouches pour les produits industriels britanniques Ce commerce permet de retarder l’etat stationnaire de Ricardo : baisse des salaires de subsistance ( restauration du profit ( retardement de l’Etat stationnaire Nuances : – le commerce etait deja dynamique avant la mise en place du libre-echange le libre-echange avait ete precede par une periode protectionniste, periode durant laquelle s’est effectue le decollage de la RI – on ne peut pas generaliser les effets benefiques du libre  » echange aux autres pays car le Royaume-Uni a une position particuliere : domination technique sur le reste du monde 2) Liens entre la politique commerciale et la Grande depression : – la depression eclate a l’apogee de la periode libre-echangiste – la reprise s’effectue au moment ou les mesures protectionnistes deviennent significatives – le Royaume-Uni souffre moins de la depression alors qu’il reste libre-echangiste – les pays europeens connaissent une reprise beaucoup plus forte avec le protectionnisme Paul Bairoch explique ca par les differences de structure entre les pays Ex : le poids de l’agriculture (a peine 20% de la population active en GB contre souvent + de 50% dans les pays europeens) Libre-echange ( afflux de produits agricoles en provenance du Nouveau Monde ( baisse des prix agricoles ( baisse des revenus agricoles ( Depression Libre-echange ( baisse des prix ( hausse du pouvoir d’achat ( hausse de l’activite ( hausse des debouches 2) Pour les pays d’Europe continentale, les echanges commerciaux ont connu une croissance plus rapide pendant la periode protectionniste que pendant la periode de libre-echange (cf. tableau XII dossier 2 page 5) ) Les Etats-Unis ont connu une croissance plus forte que l’Europe pendant la Grande depression, ils sont restes protectionnistes et les vingt meilleures annees de croissance americaine pendant le XIXeme ont ete realisees lors des periodes les plus protectionnistes 4) Phenomene de desindustrialisation (exemple de l’Inde et de l’Angleterre) lie aux echanges avec les metropoles : textile, metallurgie… Conclusion : Le libre-echange n’a pas le meme effet sur les pays suivant le developpement de ces pays 2 Point methodologique : les difficultes de la verification historique des theories economiques Recherche d’une correlation entre croissance et echanges commerciaux 4 problemes : – definition des periodes : o la baisse des prix dans le cas de droits specifiques provoque la hausse de la protection interpretation du traite de libre-echange France/Grande-Bretagne (1860) o etudes des politiques menees (difficiles a interpreter) ou des droits de douane (probleme de mesure) – sens de la relation : quel facteur est la consequence de l’autre ? o croissance ( ? ( developpement des echanges, ouverture, politique de libre-echange – interactions strategiques entre pays : les effets des politiques commerciales d’un pays dependent de celles menees par les autres pays o Grande-Bretagne  » Europe continentale : le libre-echange britannique aura permis aux pays europeens de connaitre une forte croissance grace a leur protectionnisme : ils profitent des produits britanniques tout en protegeant leurs produits probleme des raisonnements « toutes choses egales par ailleurs » : seules les politiques commerciales varient entre les periodes ; ce qui n’est pas le cas dans la realite (politiques industrielle, budgetaire, monetaire…) D’autres explications sont possibles, autres que le role du commerce, si on introduit un delai : – « grappes d’innovation » ( forte croissance ( politique libre-echangiste – ralentissement de l’innovation ( faible croissance ( politique protectionniste 3 Travaux sur le XXeme siecle, analyses recentes Libre-echange : – etudes de la Banque Mondiale : les pays les plus dynamiques sont aussi les pays les plus ouverts – le taux d’ouverture ne traduit pas forcement une politique de libre-echange – Dani Rodrik (cf. Figure 1 page 1) : travaux remettant en cause la relation Centre d’Etudes de Prospective et d’Information Internationale (CEPII) : apporte une nuance dans la relation ; sur la periode 1990-2000, le taux de croissance des « pays ouverts » ou « s’ouvrant sur la periode » est superieure a celui des pays « fermes » ; cependant il y a heterogeneite entre les pays ouverts ; il distingue donc les pays a bas revenus et a revenus moyens et constate que la relation vaut pour les pays a revenus moyens ; cela credite l’idee que le libre-echange n’est favorable qu’a partir d’un certain niveau de developpement. Les enseignements complexes de la theorie economique 1 Le commerce : un jeu a somme positive 1 Rappels sur le mercantilisme

Avant les analyses classiques du commerce international (Smith et Ricardo, puis Stuart Mill), les mercantilistes consideraient le commerce international comme un jeu a somme nulle : ce que les uns gagnent, les autres le perdent. C’est le point de vue de marchands predisposes a reflechir en termes de parts de marche. C’est le merite des Classiques d’avoir montre que le commerce international pouvait etre a l’origine d’un gain mutuel a l’echange. Les mercantilistes consideraient, eux, que seuls les Etats qui degageaient un excedent commercial (entree d’or dans le pays) gagnaient a l’echange commercial. 2 Commerce et gains de productivite statiques Pour les Classiques, le commerce permet un jeu a somme positive. Smith : si les pays se specialisent selon eurs avantages absolus, tous les biens sont produits plus efficacement ( gain total que les pays vont se partager. Ricardo : si les pays se specialisent selon leurs avantages comparatifs, un gain global d’efficacite apparait aussi, meme si un pays moins efficace s’occupe d’un des biens ; les pays les moins productifs auront un taux de salaire plus faible ; les pays qui « jouent » les bas salaires y gagnent aussi. Krugman parle de « pop internationalism » (theorie « pop » du commerce international) : cette theorie met en competition les Nations, suite a une incomprehension du modele ricardien. Theorie sur les bas salaires (cf. Cours de Flebi) 3 Commerce et gains de productivite dynamiques

Le modele classique ne tient pas compte des echelles de rendements croissants ; la specialisation fait qu’on produit a plus grande echelle, permettant ainsi une hausse de la productivite. Smith, Recherche sur la nature et les causes de le Richesse des Nations : la division du travail est limitee par l’etendue du marche ; plus le marche est vaste (d’ou l’ouverture internationale), plus la specialisation se renforce, plus les gains de productivite sont favorises. « Effets d’agglomeration » d’activites : cumuler autour de certaines filieres un ensemble de structures (enseignement, sous-traitance…) ; exemple de la Silicon Valley « Effets d’apprentissage » : innovation, progres technique Les innovations sont encouragees par l’etendue du marche.

Hausse de la diversite des produits (plus de choix) : plus de consommateurs, d’entreprises Hausse de la concurrence ( innovations 4 Libre-echange  » Productivite et Croissance Schema a integrer 2 Le probleme du partage du gain 1 A la recherche des termes de l’echange Exemple : – le Portugal se specialise dans le vin – la Grande-Bretagne se specialise dans le drap – Prix vin – Port / px drap Port (1) ; px vin / px drap (3) ; px vin GB / px drap GB (2) (1) et (2) : situation en autarcie (3) termes de l’echange mutuellement avantageux Plus le terme de l’echange se rapproche du rapport de prix d’un pays, plus se pays est perdant dans l’echange Exemple chiffre : – 1 /3 ; 1 /1 ; 3 / 2 avant, au Portugal, une unite de vin permettait d’avoir 1/3 d’unite de drap ; avec le terme de l’echange 1/1, une unite de vin produit permet d’avoir une unite de drap. John Stuart Mill fait intervenir la demande relative des biens au niveau mondial ; cette demande va fixer les termes de l’echange. Plus les termes de l’echange sont eloignes des termes de l’echange en autarcie, plus le gain est important. Si les biens que vous exportez sont relativement peu demandes par rapport aux biens que vous importez, les termes de l’echange ne vous sont pas favorables. Si vous exportez des biens dynamiques au niveau de la demande mondiale et si vous importez des biens moins demandes, les termes de l’echange se fixent a un niveau plus favorable pour vous.

D’ou l’importance du choix de la specialisation. Nuance : tout le monde y gagne quand meme, meme si certains y gagnent plus que d’autres 2 Des avantages en dynamique : la question de la deterioration des termes de l’echange Deux causes de la deterioration : * Evolutions de la technologie : le rythme du progres technique et donc des gains de productivite differe d’un bien a l’autre * Evolutions de la demande Pour conserver un gain, il faut que les pays s’adaptent aux evolutions de la demande et de la technologie. Il faut faire evoluer sa specialisation au niveau mondial. These controversee de la deterioration des termes de l’echange (pays du Sud)

Hans Singer et Raul Prebisch (1950), analyse statistique des termes de l’echange entre 1876 et 1938 : entre 1876 et 1905, les termes de l’echange (indice de la valeur des exportations / indice des la valeur des importations) ont chute de 15% ; acceleration de cette chute durant l’entre-deux-guerres ( deterioration des termes de l’echange des pays du Sud ; les pays du Sud n’auraient aucun avantage a participer au commerce international, ce dernier serait le signe d’un appauvrissement plus que d’un enrichissement. Exemple fictif : – un pays du Sud exporte du cacao, 1 000 E la tonne, 10 millions de tonnes exportees, recette de 10 milliards – achat au Nord des voitures, 10 000 E la voiture donc 1 million de voitures achetees – augmentation de la production de cacao, 1 000 E la tonne, 12 millions de tonnes exportees, recette de 12 milliards – achat au Nord des voitures, 15 000 E la voiture donc 800 000 voitures ( « croissance appauvrissante » Cependant, on dit que les chiffres des auteurs ont ete critiques. De plus, la hausse du prix des importations sont expliques par une hausse de la qualite. En outre, les importations ont ete onsideres en CAF et les exportations en FAB ; donc la baisse du prix des importations peut s’expliquer en partie aussi par la baisse du cout du transport ; d’ou un biais dans la deterioration des termes de l’echange. Les importations considerees en FAB auraient amene une diminution moindre. CNUCED : la deterioration a surtout affecte les pays les moins avances (PMA) Explications de cette deterioration : – les structures sociales de production sont differentes au Nord et au Sud Gain de productivite au Nord ( hausse des salaires et des profits (syndicats, situation oligopolistique) Gain de productivite au Sud ( baisse des prix (concurrence, pas de syndicats)

Du cote de la demande, celle des produits primaires est moins dynamique – la structure du marche mondial Produits primaires : quelques acheteurs face a une multitude de producteurs ; concentration chez les acheteurs, dispersion chez les vendeurs Plans d’Ajustement Structurel : privatisation des offices de commercialisation 1988, Houphouet Boigny, president de Cote d’Ivoire alors : il decide de stocker son cacao pour faire augmenter les prix ; les couts de stockage se sont reveles prohibitifs, d’autres producteurs (Malaisie) ont pu approvisionner le marche Instabilite des termes de l’echange des producteurs de produits primaires 3 De l’importance de la specialisation

Toutes les specialisations ne se valent pas : « bonne » et « mauvaise » specialisation CEPII : classification Les pays qui ont « converge », ceux qui ont rattrape les pays les plus riches, sont ceux qui ont su adapter leur specialisation au mieux : Japon, NPI d’Asie. Les PMA sont specialises sur les produits les moins dynamiques (produits primaires). Les PI sont specialises sur les produits a fort contenu technologique, en innovation. 4 Le partage du gain a l’interieur des Nations * Effets redistributifs a l’interieur des Nations HOS : au Nord baisse des salaires, hausse des profits ou hausse des salaires du travail qualifie, baisse des salaires des non-qualifies Difficultes de reconversion * Commerce international ((? chomage et/ou inegalites au Nord HOS : – liberaux ( hausse des inegalites – socio-democrates ( hausse du chomage des travailleurs non qualifies Exces d’offre de travail non qualifie au Nord ( baisse des salaires non qualifies Exces de demande de travail qualifie au Nord ( hausse des salaires qualifies La plupart des economistes considere que le commerce international n’est pas responsable de ces evolutions : estimations chiffrees : en France, dans les annees 1990, meme les etudes les plus pessimistes concluaient que 300 000 emplois ont ete supprimes en raison du commerce international avec le Sud (sur plus de 3 millions de chomeurs) Raisonnement :

Echanges avec le Sud limites : surtout echanges Nord-Nord ( 60% du commerce europeen est intra-europeen) ; si on ne tient pas compte des matieres premieres qui ne sont pas en concurrence avec nos productions, il ne reste plus grand chose. Echanges avec ces pays presque equilibres : exportations en direction du Sud donc creations d’emplois qui compensent les pertes dans les rares branches concurrentielles avec le Sud Limites : exportations ne comportant pas le meme type d’emploi que les importations / exportations comportant moins d’emplois que les importations Quelles explications a ces inegalites : – evolutions vers emplois plus qualifies de la structure des emplois (tertiarisation, demande differences de la part des consommateurs…) – desyndicalisation…

Daniel Cohen, Richesse du Monde. Pauvrete des Nations : – evolution de l’organisation du travail parallelement a la revolution technologique (NTIC) ( travail organise autour de travailleurs qualifies ; surtout acceleration a partir des annees 1980 – hausse des inegalites intra-groupes : « appariements selectifs », « effet O-ring » (a chaque niveau d’une production (surtout si elle est importante), il faut les meilleurs, de l’ingenieur a l’ouvrier ( hausse des salaires de ces meilleurs employes, les meilleurs sont avec les meilleurs et on les paie en consequence) Adrian Wood, How trade hurt unskilled workers, Journal of Economic Perspective, 1995 : il conteste la comparaison entre les importations et les exportations (contenu et type d’emplois) – le progres technique peut etre en partie induit du commerce international : « innovations defensives » ; les branches les plus concurrencees, les plus ouvertes connaissent la plus forte progression de la productivite totale des facteurs qui explique le progres technique 1 Les avantages comparatifs ne tombent pas du ciel En partie, la specialisation des pays est arbitraire une fois qu’on integre les rendements d’echelle, elle ne depend plus d’avantages naturels : on n’est plus les meilleurs la ou on produirait le mieux mais la ou on est specialise. Libre-echange generalise : politique la plus efficace et la plus « juste »

Le partage du gain etait influence par la specialisation des pays ( le protectionnisme est une politique rationnelle pour un pays, d’autant plus si les autres pays influent sur leur specialisation La specialisation des pays a un moment donne est le produit de l’Histoire ; le protectionnisme peut donc se reveler une politique realiste mais aussi efficace (pour le monde entier) et juste, legitime 1 Economies d’echelle et avantages comparatifs L’existence d’economies d’echelle peut renforcer les gains issus de la specialisation, donc favorise les echanges internationaux (elargissement des marches) Avantages comparatifs ( interet a specialisation Ou specialisation ( economies d’echelle ( avantage comparatif

La specialisation d’un pays peut devenir le fruit du hasard ou de l’Histoire, elle peut etre construite par des politiques publiques (subventions a un secteur industriel donne…). Si les pays developpes sont specialises sur les secteurs les plus porteurs du commerce international, c’est le resultat en partie de leur Histoire, des politiques publiques mis en place par la passe. Regard different sur le role des FTN : si on considere que les FTN exploitent les avantages comparatifs des pays, elles exploitent des differences naturelles entre pays (vision traditionnelle) ; mais si on considere que la specialisation depend de l’Histoire d’un pays i. e. st arbitraire, ce sont les FTN qui construisent les avantages comparatifs des pays par leur strategie. 2 Effets d’apprentissage et protectionnisme educateur On devient de plus en plus efficace au cours du temps car il existe des effets d’apprentissage du fait de se consacrer a une production : progres induit par l’activite economique (learning by doing) Donc le premier pays qui se specialise dans une production va acquerir une avance sur les autres producteurs ; cette avance va lui faire tenir le marche et les concurrents potentiels ne pourront pas venir contester cette position, a cause de leur retard. La technologie n’est pas mobile au niveau mondial.

Plus on considere que l’information circule parfaitement, plus il y aura de concurrence, moins ses effets d’apprentissage seront effectifs. D’ou l’idee d’un protectionnisme educateur pour beneficier de ces effets ; apres cette periode de protectionnisme educateur, un avantage comparatif sera peut-etre revele lors de la mise en concurrence avec les autres pays. Mais ce protectionnisme est temporaire : subventions aux « industries naissantes ». Sans ce protectionnisme, les producteurs locaux etant moins efficaces, les firmes etrangeres peuvent s’emparer du marche et tuer dans l’’ uf cette industrie locale. Si les entreprises sont plus efficaces a terme dans cette production, il y a un avantage mondial de ce protectionnisme.

List, Systeme national d’Economie Politique (1841) Il justifiait la protection de l’industrie allemande naissante pour lutter contre la competitivite de l’Angleterre ; d’ou la creation du Zollverein pour reduire la zone des echanges entre des pays qui se developpent ensemble sur un avantage comparatif. «  Le libre-echange est notre but, le protectionnisme notre voie » On retrouve cette idee dans le GATT avec le « principe de traitement differencie », derogation au principe de non-discrimination ( donner un acces privilegie aux pays du Sud sur les marches du Nord Ex : accords de Lome (Europe et pays d’Afrique, Caraibes et Pacifique), annees 70-80 accords de Cottonou, annees 90

Juillet 1991 : la Commission europeenne met en place une protection temporaire (jusqu’a decembre 1999) de l’industrie automobile pour leur laisser le temps de se moderniser et d’affronter la concurrence japonaise. 3 La politique commerciale strategique Les theoriciens de la Nouvelle theorie du commerce international ont justifie la mise en ‘ uvre de politiques de protectionnisme ; ils ont demontre que dans le cadre d’une concurrence imparfaite, les politiques publiques protectionnistes pouvaient se reveler efficaces pour les pays qui les menent. J. Brander et Barbara Spencer Concurrence imparfaite ( situation oligopolistique voire monopolistique 2 Les couts et les limites du protectionnisme 1 Le cout du protectionnisme Protectionnisme ( perte d’efficacite par rapport au libre-echange (au plus a court terme)

Droits de douane (-) ( hausse du prix ( perte de bien-etre pour les consommateurs ( effets en cascade (consequence sur d’autres secteurs, surtout si la protection porte sur un produit souvent utilise en consommations intermediaires) (+) ( recettes douanieres ( gain pour les producteurs nationaux qui vendent plus et plus cher Moins de concurrence peuvent aussi ne pas produire d’effets educateurs : les entreprises nationales peuvent prelever une rente sur leur marche captif et n’ont pas interet a innover Ex : Accords MultiFibres : – but : amortir le cout social du desengagement dans cette industrie – hausse de l’intensite capitalistique de la production gaspillage de capital – effet sur l’emploi limite Libre-echange : le gain peut etre redistribue pour qu’il n’y ait que des gagnants 2 Le protectionnisme, otage d’interets particuliers Ecole du Public Choice (James Buchanan…) : s’interesse a la prise de decisions publiques, par des hommes politiques interesses par leur reelection. Dans ce cadre d’analyse, on peut comprendre pourquoi certains pays sont protectionnistes, les lobbys protegeant le pays etant plus puissants que ceux promouvant le libre-echange. Les perdants sont disperses et supportent chacun un cout faible, les gagnants sont organises (syndicats, groupes de pression) et chacun gagne beaucoup.

Pression des lobbies et choix des elections Ex : lobbies agraires en Allemagne (revirement de Bismarck), tarifs Meline, FNSEA (France) Cette theorie est une des justifications du « mercantilisme eclaire » du GATT 3 Le risque de represailles Meme si le protectionnisme peut etre plus efficace et plus juste, il comporte toujours des couts et des risques de degeneration en protectionnisme generalise. Economies d’echelle : Dans une situation de concurrence pure et parfaite, la taille n’a pas d’influence. En concurrence imparfaite, les rendements croissants expliquent les echanges de biens similaires entre pays similaires (chaque pays va se specialiser ans un pays et ainsi tirer profit des economies d’echelle car le marche sera plus vaste) ( gain a l’echange ; cela explique aussi le partage inegal du gain a l’echange, car les produits ne se valent pas, n’ont pas les memes economies d’echelle. Element a considerer lors du choix de la specialisation. Externalites et industries strategiques : Definition : un comportement d’un agent a des effets sur d’autres sans que ce soit sanctionne par le marche Externalites positives : infrastructures publiques… Externalites negatives : pollution… Lien avec le commerce international : certaines industries sont source d’externalites fortement positives ; d’ou l’interet de s’y specialiser (connaissances, technologies…) ; par exemple, la connaissance est non rival, c’est un bien public.

Le libre-echange permet des transferts de technologie ; mais le choix de produire, c’est considerer qu’il existe des externalites plus fortes dans le cadre d’une production locale. Competitivite : – entreprises : capacite a gagner des parts de marche, du moins les conserver o concurrence par les prix ( competitivite-prix o concurrence par les produits ( competitivite hors-prix ? qualite des produits ? services… – Nations ? o les Etats ne font pas faillite o les Etats sont des marches les uns pour les autres (raisonnement non applicable au niveau des entreprises) ( le commerce mondial est un jeu a somme positive o le niveau de vie d’un pays depend d’abord des determinants internes au pays ; a long terme, les gains de productivite ermettent la hausse du niveau de vie o competitivite-cout d’une economie : ? couts salariaux unitaires : evolution des salaires en fonction de l’evolution de la productivite o competitivite-prix d’une economie : ? prise en compte des taux de changes : dans le cas d’une depreciation, les produits exprimes en monnaie etrangere deviennent moins chers. ? politique de devaluation ou de « desinflation competitive » • rigueur salariale (desindexation des salaires en 1982 en France sous Delors : les salaires ne sont plus indexes sur la competitivite) • limite : si chaque pays le fait, les effets s’annulent o competitivite hors-cout : ? technologie : probleme de specialisation un pays specialise dans un pays a fort contenu technologie pourra retirer une rente de monopole de cet avantage technologique sur le RDM (Vernon) ? structurelle : les structures des marches nationaux ont une influence sur votre capacite de conquerir des parts de marche ; construire des « champions nationaux » : permettre a des entreprises d’atteindre une taille critique leur permettant de s’imposer dans le commerce mondial ; zones franches ; marche interieur ———————– Taux d’ouverture Taux de croissance Composants 6 000 Euros Composants 6 000 Euros Assemblage 2 000 Euros Assemblage 2 000 Euros Voiture 10 000 Euros prix mondial + DD Chez A, DD de 25% sur les autos importees Voiture 8 000 Euros prix mondial