Leurope de 45 a 91

Leurope de 45 a 91

Etre Ingenieur Civil ou Bioingenieur a l’aube du XXIe siecle Atouts et Handicaps ! Un rapport de la Federation Royale d’Associations Belges d’Ingenieurs Civils et d’Ingenieurs Agronomes Preface Prefacer une etude interessante a plus d’un titre est un grand plaisir pour un Ministre de l’Enseignement superieur Les accords de Bologne augmentent encore l’acuite des questions qu’on peut se poser a la lecture de cette etude concernant le contenu et les finalites de la formation des Ingenieurs Civils et des Bioingenieurs:

• correspond-elle aux exigences du monde d’aujourd’hui ? lui permettra-t-elle de s’adapter a celui de demain

• faut-il integrer et preparer la formation continue. L’etude presentee ici a le grand avantage de se baser sur des reponses a des questionnaires precis s’adressant tant aux enseignants dans les universites, qu’aux diplomes actifs dans des entreprises publiques ou privees, ainsi qu’aux responsables de ces entreprises. Elle nous informe ainsi sur la place et le role de l’ingenieur civil dans notre societe, sur le role qu’il y joue, mais aussi sur celui qu’il devrait y jouer et, par extrapolation, sur la maniere dont il faconnera l’Europe de demain.

S’il est reconnu que, sur le marche du travail international ou dans les echanges academiques, la formation actuelle de

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
nos ingenieurs n’a rien a envier a celle de leurs collegues etrangers, il est, je crois, possible de l’ameliorer en nous inspirant des conclusions de la presente etude. Il ne s’agit nullement de la remettre totalement en question, mais simplement d’essayer tous ensemble, en gardant en arriere-plan le formidable elargissement europeen, de lui donner une valeur plus grande via les orientations et les approfondissements divers qui sont proposes: mettre l’ accent sur les aspects sociaux et humains du milieu dans lequel il evoluera.

• promouvoir le travail en equipe, d’autant plus primordial que souvent l’Ingenieur sera le moteur d’un groupe de collaborateurs qui attendront beaucoup de qualites chez leur meneur

• elargir le domaine de ses connaissances en dehors du domaine de sa specialite, par exemple en langues, en economie ou en communication en general

• accepter l’idee qu’une formation continuee ne peut qu’apporter un plus a sa formation initiale

Le reexamen des contenus des programmes des etudes a la faveur du processus de Bologne sera l’occasion d’integrer ces aspects. De plus, nos facultes participent deja a de nombreux reseaux d’echanges internationaux qui favoriseront encore ce souhait d’ouverture des formations. J’ai soutenu cette etude parce que je souhaite que chacune de nos universites fasse siennes les conclusions auxquelles elle aboutit, afin que le label ”Ingenieur forme en Communaute francaise de Belgique” devienne, la reference europeenne de qualite superieure, tant humaniste que technique.

Le pouvoir des médias dissertation

Francoise DUPUIS

Message du President de la FEB Ingenieur Civil ou Bioingenieur. Deux metiers differents, des bases communes fortes. Depuis la deuxieme guerre mondiale et sauf une courte periode d’excedent au milieu des annees nonante, le monde industriel a pratiquement toujours ete en manque d’ingenieurs de formation universitaire. Leur vocation est claire et l’attente importante: il ou elle va devoir montrer aussi bien la capacite de la comprehension de la pratique que l’analyse et la constitution des mysteres expliquant la pratique afin de l’ameliorer et la modifier pour le mieux de l’humanite.

En plus, il ou elle devra de preference posseder des capacites de mener et motiver des equipes et de s’adapter a tout et a tous. L’Europe d’aujourd’hui et le monde de demain forment des merveilleuses opportunites pour les jeunes etudiants ou grades de se forger un avenir brillant, convaincus qu’ils sont que leur pays n’est plus, ne pourrait plus etre, la limite de leurs reves et espoirs. Nos ingenieurs belges ont recu tous les formations necessaires et d’un niveau tres eleve pour qu’ils puissent etre parmi les meilleurs agents pour ameliorer le monde de demain dans sa totalite.

Luc Vansteenkiste Avant-propos La F. A. B. I. est une federation qui regroupe 10 associations d’ecoles d’ingenieurs civils et de bioingenieurs (et/ou d’ingenieurs agronomes et d’ingenieurs chimistes et des industries agricoles)en communaute francophone de Belgique: l’A. Ir. Br, l’A. I. G. , l’A. I. Lg, l’A. I. Lv, l’U. I. Lv, l’A. I. Ms, l’A. I. M, l’A. I. A, l’A. I. Gx, l’A. I. A. Lv. La F. A. B. I.. compte ainsi quelque 9. 000 ingenieurs membres effectifs de ces associations federees, dont plus de 8. 000 travaillent en Belgique.

Un bon millier exerce la profession a l’etranger dans environ 60 pays a travers le monde. Parmi ces membres on compte 9% de femmes. Les principaux objectifs de la F. A. B. I. sont:

• Mettre en valeur la place de l’ingenieur dans la societe.

• Defendre le titre d’Ingenieur civil ou Bioingenieur au niveau national et le statut de l’Ingenieur au niveau international

• Promouvoir le metier d’Ingenieur civil ou Bioingenieur Pour cela, la F. A. B. I. se doit:

• d’etre a l’ecoute des besoins de l’economie et particulierement ceux des entreprises, d’etre l’interprete des besoins presents et futurs aupres des Facultes des Sciences Appliquees, des Ecoles Polytechniques et des Facultes des Sciences Agronomiques;

• de developper des activites d’information et de coordination, propices au rayonnement des ingenieurs et de l’activite economique belge. C’est dans cet esprit que la F. A. B. I. a constitue au cours de l’annee 2003, trois groupes de travail afin de recueillir les avis du monde economique, du monde administratif et du monde academique sur leur vision du metier d’Ingenieur civil ou Bioingenieur en ce debut du 21ieme siecle.

Formation management belgique

Il s’agit des groupes de travail:

• ”FABI-Entreprises”

• ”FABI-Pouvoirs Publics et Politiques”

• ”FABI-Universites”

Ces groupes de travail se sont mis a l’ouvrage durant le second semestre 2003 et le premier trimestre 2004 et ont realise un certain nombre d’interviews de responsables dans des entreprises et des administrations. Le document qui suit, reflete la synthese des avis recueillis par ces groupes de travail et donne les conclusions pour l’ensemble des acteurs concernes par le developpement de la fonction d’Ingenieur civil et de Bioingenieur Prof. Ir. Emile Peeters

President NB: Par souci d’alleger le texte qui suit, le terme ingenieur y sera utilise pour designer les Ingenieurs civils et les Bioingenieurs. Tout autre titre d’ingenieur sera specifie in-extenso. SOMMAIRE Preface de Francoise Dupuis, Ministre de l’Enseignement Superieur de la Communaute Francaise Message du President de la FEB Luc Vansteenkiste Avant-propos

Sommaire Introduction

Chapitre 1: Les constats

Chapitre 2: Le role de l’ingenieur dans la Societe

14 2. 1. L’ingenieur dans l’entreprise d’aujourd’hui

2. 1. 1. La definition de l’ingenieur

2. 1. 2. La position de l’ingenieur dans l’entreprise

2. 1. 3. Le metier d’ingenieur aujourd’hui

2. 2. Le role de l’ingenieur dans les services publics

2. 2. 1. Le role de l’ingenieur dans l’administration

2. 2. 2. Les attentes des services publics vis-a-vis des ingenieurs

2. 2. 2. 1. Les buts et l’esprit de la reforme de la fonction publique

2. 2. 2. 2 Consequences pour les ingenieurs

2. 3. Le role de l’ingenieur dans le monde universitaire

Chapitre 3: Les besoins des employeurs en ingenieurs

3. 1. La demande du monde economique en ingenieurs .

2. L’offre des universites et du ”marche” en matiere d’ingenieurs

3. 3. Besoins compares en ingenieurs et autres diplomes

Chapitre 4. : La refonte de la formation des ingenieurs

4. 1. L’attrait des jeunes d’aujourd’hui pour les etudes d’ingenieur

4. 2. Souhaits et reproches a l’egard de la formation actuelle des jeunes ingenieurs

4. 3. Situation actuelle dans l’evolution des etudes d’ingenieur

Chapitre 5. : L’ingenieur dans le contexte europeen / international

5. 1. Les effets de l’harmonisation europeenne des etudes universitaires

5. 2. La comparaison actuelle avec les ingenieurs de niveau universitaire formes a l’etranger

Conclusions

Annexes p. 35 N° 1 Groupes de Travail de la F. A. B. I. N° 2 Enquete menee par le GT FABI-Entreprises: Liste des entreprises, des organisme et des personnalites contactees N° 3 Enquete menee par le GT FABI-Entreprises: liste des dix questions cles des interviews N° 4 Enquete menee par le GT FABI-Pouvoirs Publics et Politiques: Questionnaire adresse aux administrations N° 5 Table ronde organisee par le GT FABI-Universite: Liste des participants du 17 decembre 2003 N° 6. Nombre d’Ingenieurs Civils et Bioningenieurs diplomes en Communaute Francaise N° 6. 2 Aantal Burgerlijk Ingenieurs en Bio-ingenieurs in de Vlaamse Gemeenschap N° 7 Membres de la F. A. B. I.

Introduction Le titre de cette etude ” Etre Ingenieur civil ou Bioingenieur a l’aube du 21ieme siecle: atouts et handicaps? ”, peut, sans doute, faire sursauter certaines personnes qui se demanderont en quoi porter ces titres universitaires peut entrainer des handicaps. En effet, ces titres jouissaient et jouissent toujours, aupres d’une grosse majorite de la population, d’un prestige certain.

On y associe encore tres facilement la notion de personnes ayant un role important a tous les niveaux de la societe, tant dans les administrations de l’etat que dans les entreprises privees. Les detenteurs de ces diplomes ont toujours eu une image de ’’savoir technologique’’ amenant aux postes superieurs de decideur dans l’economie du pays. Cette image, meme si elle se verifie encore dans de nombreux cas, est cependant remise en question par les bouleversements qui ont affecte le monde economique et social, au cours des dernieres decennies.

Des facteurs, tels que la globalisation de l’economie, la suppression des frontieres politiques en Europe, l’avenement des nouvelles technologies, ont entraine, dans nos regions, des modifications fondamentales au niveau des attentes du marche de l’emploi, vis-a-vis des diplomes universitaires. En effet, les anciennes structures industrielles, basees essentiellement sur l’industrie lourde, ont vu leur importance reduite drastiquement au profit d’une economie de plus en plus axee sur les services, et dans laquelle l’aspect technologique perd de son importance relative vis-a-vis des criteres de marketing, communication, service au client.

En outre, la modification des structures hierarchiques, la place prise par les syndicats, ont donne une importance primordiale aux relations sociales, a tous les niveaux de l’entreprise ou de l’administration. De meme, les nouvelles methodes de gestion ont mis en evidence, l’importance de la maitrise des couts et de la gestion financiere meme aux niveaux les plus bas des organisations. Et encore faut-il prendre en compte la complexification galopante des legislations qui s ’appliquent dans tous les domaines: droit des societes, droit commercial et financier, social, environnemental etc. …

Tous ces facteurs font qu’une fonction de cadre dans une entreprise ou une administration, fait de plus en plus appel pour pouvoir etre menee a bien, a des connaissances dans des disciplines diverses dont les fondements s’averent souvent necessaires meme en debut de carriere. Plus on s’eleve dans la hierarchie et plus ces connaissances diversifiees prennent ensuite de l’importance. Cela a comme premiere consequence qu’un cadre, quelle que soit sa formation de base, doit savoir qu’il devra, au cours de sa carriere, acquerir de nouvelles connaissances dans sa specialite mais aussi dans des domaines qui, a priori, ne lui sont pas familiers.

La formation continue est maintenant un fait acquis et incontournable. Ensuite, il faut savoir si, avec toutes les transformations de la vie economique citees ci-dessus, cette formation de base, dispensee dans les universites, repond toujours aux exigences de la demande du marche de l’emploi. Les ingenieurs n’echappent pas a ces contraintes. La F. A. B. I. , dans son role de defense du titre d’ingenieur en Belgique, a voulu s’assurer que le diplome delivre par les universites francophones du pays, garde une valeur telle que son porteur a toujours les plus grandes chances d’atteindre des postes de responsabilites mportantes dans la societe actuelle et d’en retirer la reconnaissance sociale et financiere qui y est attachee. Ceci est a considerer dans un contexte de concurrence nettement accrue, due a l’ouverture du marche de l’emploi aux diplomes d’autres pays europeens: concurrence voulue par la communaute europeenne qui, en meme temps, par le biais du processus de Bologne, essaie de normaliser les differents niveaux d’etude dans les etats membres. L’etude qui suit concerne aussi bien les administrations publiques que les entreprises privees.

En effet, bien que le contexte de travail et les objectifs propres a ces deux aspects de l’activite economique, soient differents, on constate que les positions des differents interlocuteurs qui ont repondu aux enqueteurs de la F. A. B. I. , se rejoignent sur les differents aspects du probleme, chacun insistant cependant plus sur telle ou telle facette. Cette convergence entre les attitudes dans les administrations publiques et les entreprises privees se renforce avec la reforme des administrations qui est actuellement en cours.

En effet celle-ci amene ces administrations a utiliser les techniques du prive pour la selection, la promotion et certaines formes de remuneration de leurs cadres. L’etude trouve son origine dans un certain nombre de constats repris dans le chapitre 1.

Chapitre 1 : Les constats L’etude de la F. A. B. I. part des constats suivants: 1°. La diminution relative du nombre de diplomes ingenieurs et les risques que cela comporte pour l’economie du pays Les annexes 6. 1 et 6. montrent l’evolution du nombre de diplomes Ingenieurs civils et Bioingenieurs en Belgique de 1995 a 2003. On constate que, si le nombre de diplomes universitaires croit de facon reguliere et importante, tant le nombre d’ingenieurs sortant des etudes ces dernieres annees est pratiquement inchange tant en Flandre qu’en Communaute Francaise. La desaffection pour ce type d’etudes est egalement constatee dans d’autres pays d’Europe. Cette reduction relative du nombre d’ingenieurs disponibles sur le marche du travail est usceptible d’avoir des consequences importantes au niveau de l’economie. Cela a ete demontre pendant la periode de croissance de la fin des annees 90 ou ce fut tres difficile pour certaines entreprises de trouver des jeunes ingenieurs pour couvrir leurs besoins. Cela avait entraine la federation professionnelle Fabrimetal, aujourd’hui Agoria, a lancer un appel pour que, dans l’enseignement, on essaie de re-motiver les jeunes pour ce type d’etudes.

Depuis lors, la crise du debut des annees 2000 a amorti les effets de ce deficit mais si l’activite economique repart et se maintient, le probleme risque de se representer avec encore plus d’acuite et les consequences pourraient en etre graves. En effet cela pourrait avoir un impact sur le developpement des entreprises technologiques, creatrices de valeur. NB: il faut noter que beaucoup de responsables interviewes n’etaient pas conscients de ce probleme et ne semblaient pas s’en inquieter, sans doute parce que la situation actuelle ne les confronte pas a un probleme de penurie. °.

La diminution relative du nombre d’ingenieurs dans les postes superieurs des entreprises et des administrations. Alors qu’il y a quelques annees, la toute grosse majorite des postes superieurs dans les entreprises industrielles et dans certaines administrations etaient occupes par des ingenieurs, il faut bien constater que cette situation n’est plus d’actualite et que ces fonctions superieures sont maintenant devolues en grande partie a des diplomes d’autres orientations, juristes, economistes, ingenieurs de gestion ou licencies en sciences commerciales, etc. et cela, meme dans des entreprises de haute technologie. Meme s’il est evident que pour ces postes de haute responsabilite, les qualites personnelles des individus prennent le pas sur leur formation de base, cela semble tout de meme demontrer que, si la formation actuelle des ingenieurs est encore tres appreciee, elle n’est plus un gage suffisant d’accession aux plus hauts niveaux.

Cela renforce la desaffection vis-a-vis de ces etudes dont question au paragraphe precedent car les jeunes hesitent a se lancer dans des etudes reputees difficiles, s’ils ne sont pas certains qu’elles debouchent sur des evolutions de carrieres gratifiantes. 3°. Les deux types de carriere: Quelle que soit sa formation de base, un cadre universitaire pourra developper sa carriere essentiellement dans deux directions:

– la specialisation

– le management

Un specialiste est une personne qui acquiert dans un domaine determine une expertise largement superieure a la moyenne des autres individus s’interessant au meme domaine d’activite et qui fait de cette expertise le centre de ses preoccupations professionnelles. Ce specialiste est bien entendu confronte a des problemes de gestion (gestion budgetaire, conduite d’une petite equipe,…) mais ceux-ci restent d’un niveau assez faible et ne demandent que des connaissances relativement simples pouvant etre facilement acquises par la pratique du metier.

Un manager est une personne qui, meme si elle debute sa carriere dans une specialisation determinee, va se trouver rapidement confrontee a des problemes d’autre nature qui vont prendre une place de plus en plus importante dans son travail au fur et a mesure qu’il progressera dans la hierarchie et qui vont l’obliger a acquerir des connaissances differentes de sa formation de base, essentiellement dans les divers aspects de la gestion: le social, le financier, le juridique, le marketing, etc. Certaines formations universitaires sont resolument orientees vers la gestion: economistes, ingenieurs de gestion et licencies en sciences commerciales, etc. … Dans l’eventail des carrieres d’ingenieurs, le nombre de personnes qui, en Belgique, peuvent exercer leur art uniquement dans une specialisation et atteindre ainsi des niveaux eleves dans la societe, est tres restreint.

On les trouve dans l’enseignement universitaire, dans certains postes de centre de recherche ou de bureaux d’etude. Dans la grosse majorite des cas, les fonctions importantes s’apparentent au management car les problemes de gestion des personnes, de gestion administrative, financiere, d’organisation, etc… sont tres presents dans toutes les activites economiques et la majorite des ingenieurs sont amenes a les exercer tres rapidement.

Ce qu’il faut noter, c’est que les institutions chargees de former les ingenieurs, c’est-a-dire les universites, sont des lieux ou l’expertise est justement la plus valorisee, ce qui peut induire, chez les enseignants charges d’elaborer les programmes, une connaissance incomplete des besoins majoritaires des futurs ingenieurs qu’ils forment.

Chapitre 2 : Le role de l’Ingenieur dans la

Societe 2. 1. L’ingenieur dans l’entreprise aujourd’hui

2. 1. 1 La definition de l’ingenieur: En general, l’ingenieur est vu comme: une personne qui a mene a bien des etudes longues, difficiles et specialisees en sorte qu’elle est formee pour devenir un specialiste de haut niveau, capable de valeur ajoutee par sa disposition a integrer toutes notions technologiques et scientifiques afin de resoudre les problemes lies a ces matieres et de les traduire en realisations industrielles ou d’entreprises qu’il lui appartient de justifier et de defendre. • une personne capable de raisonnements ”pointus” mais dont le profil est tel qu’elle reste souvent cantonnee dans l’univers relativement etroit de sa specialite. une personne qui, avec son excellent acquis technique de base, son esprit critique d’analyse et sa demarche pragmatique, est capable de faire merveille dans les carrieres specifiques d’etudes et de techniques appliquees; grace a ces memes atouts, elle peut en outre occuper des fonctions de manager pour autant qu’elle accepte l’obligation qui y est liee, d’ouvrir plus largement sa formation aux concepts ”clientele”, ”gestion”, ”creativite”, ”leadership”, ”esprit d’entreprise” incluant le gout du risque.

Ceci conduit beaucoup de nos interlocuteurs a constater qu’il existe en general dans les entreprises et les administrations, un clivage net entre la carriere que peut mener un ingenieur en tant qu’ingenieur ”expert” et celle qu’il peut mener en tant qu’ingenieur ”manager’’.

2. 1. 2. La position de l’ingenieur dans l’entreprise Plutot que sur une definition theorique du metier, nos interlocuteurs s’expriment plus volontiers sur les fonctions qu’ils voient possible d’attribuer aux ingenieurs, ainsi que sur les qualites qu’ils voudraient pouvoir trouver en eux et ceci sans doute parce que l’ingenieur d’aujourd’hui n’apparait plus clairement et indiscutablement pour tous, comme un diplome qui correspond pleinement a des besoins precis des employeurs. En ce qui concerne la position reservee aux ingenieurs dans l’entreprise, une large majorite d’interlocuteurs partage l’opinion que les possibilites sont theoriquement multiples puisque l’ingenieur dispose d’un bagage offrant un large eventail de capacites ce qui decoule d’une formation qui parait encore le plus souvent comme ”la meilleure”, mais qui s’avere pour beaucoup insuffisante telle quelle, pour aborder les bifurcations de carriere que l’on attend pour un pareil diplome.

C’est ainsi que si l’on reconnait largement aux ingenieurs la maitrise de toutes fonctions ayant rapport aux chiffres et a la precision des resultats, une serie de fonctions qu’on leur confierait volontiers risque cependant de leur echapper s’ils se maintiennent au cours de leur carriere, dans un profil d’expert pouvant les conduire a s’affirmer dans une filiere professionnelle de specialistes plutot que d’ingenieurs ”d’affaire ou de projet”. Si l’ingenieur occupe toujours, aujourd’hui en tout cas, au debut de sa carriere, des fonctions essentielles pour l’entreprise, de calculateur, de concepteur, de maitrise de la production, il doit aussi evoluer dans un monde qui change tres vite, pour faire face aux exigences d’autres fonctions, plus diversifiees et plus complexes auxquelles sa formation de base ne l’a pas prepare. La majorite des interlocuteurs ne voit pas l’ingenieur qui est reste aujourd’hui ” tres technique”, sans ouverture vers le monde et sans une formation complementaire, occuper avec succes d’autres fonctions dans l’entreprise que celles qui sont encore strictement limitees a la technologie et a la science … pour autant qu’il en reste encore! En particulier, si on s’interroge sur les perspectives de carriere de l’ingenieur et sur ses possibilites d’acces aux plus hautes fonctions de l’entreprise, une large majorite d’avis se prononce dans un sens tel qu’il faut tirer les conclusions suivantes:

1. Tel quel, le diplome d’ingenieur d’aujourd’hui ne suffit plus, a conduire avec certitude l’ingenieur vers les responsabilites les plus hautes dans les entreprises, d’autant que la technique n’y tient plus une place predominante et bien que sa formation de base constitue pourtant un atout indeniable pour s’ouvrir a d’autres notions.

2. L’ingenieur d’aujourd’hui presente au sortir de l’universite toute une serie de carences en matiere de connaissances essentielles pour son avenir d’eventuel gestionnaire: cela a ete exprime plus avant. Il est donc indispensable, alors que la gestion des entreprises devient de plus en plus complexe, qu’il complete sa formation ou que celle-ci soit remaniee s’il veut faire evoluer sa carriere vers des fonctions de direction generale et vers des responsabilites de gestionnaire de haut niveau.

3. Rien n’est plus acquis d’avance pour l’ingenieur qui devra faire face a la concurrence d’autres diplomes, souvent mieux ”armes” que lui pour occuper des postes de haut niveau dans les entreprises; ceci est d’autant plus vrai que l’ingenieur d’aujourd’hui s’identifie souvent a une image tronquee, defavorable et mensongere de la science et de la technologie, et qu’il apparait donc comme un ”mal aime”

4. Si l’ingenieur travaille le cote ”personnalite” et s’il sort de la coquille du ”rationnel” pour laisser la place a ”l’emotionnel”, par exemple par une formation complementaire en gestion (type MBA, etc. , il se cree d’excellentes conditions pour acceder aux plus hauts niveaux. Plusieurs de nos interlocuteurs soulignent cependant qu’acceder au ”top” n’est pas une fin en soi mais plutot une consequence de la structure de nos societes actuelles qui n’octroient de gros salaires qu’a la tete de la pyramide: il n’est pas habituel en Belgique de remunerer a leur juste valeur des profils tres scientifiques, experts brillants, sans leur confier des fonctions manageriales importantes…!

De plus, il est un fait que l’un des criteres d’avancement de carriere (et donc de developpement de salaires) reste le nombre de personnes controlees… Ils precisent, en outre, qu’au-dela des diplomes, la selection vers le ”top” est aussi basee sur les qualites personnelles et le caractere de l’individu (ambition, aptitude a la communication, charisme, capacite de vision et d’anticipation…).

2. 1. 3. Le metier de l’ingenieur aujourd’hui. Si une majorite d’interlocuteurs precisent explicitement ou sous-entendent implicitement que les fondements du metier restent les memes que par le passe, et que ceci exige toujours la meme formation de base tres solide, surtout pour assurer des fonctions purement techniques, une grande majorite admet que l’exercice du metier d’ingenieur appelle pour celui-ci un profil different et des connaissances complementaires importantes pour faire face a l’evolution de la societe et du monde des affaires qui va toujours s’accelerant.

Ceci est tout aussi vrai pour l’ingenieur expert oblige de se maintenir sans cesse au faite des connaissances de sa specialite, que pour l’ingenieur manager oblige d’integrer en permanence tous les aspects de son metier pour assurer la capacite concurrentielle de son entreprise.

– A cet egard nombreux sont les interlocuteurs qui relevent que le metier d’ingenieur se vit aujourd’hui dans un contexte ou: la ”production” n’a plus la place centrale qui etait generalement la sienne dans les entreprises qui evoluent aujourd’hui dans un environnement plus tertiaire qu’industriel; le ”produit” et la relation client, ainsi que l’organisation de l’entreprise, deviennent de plus en plus les facteurs de competitivite.

• les entreprises doivent continuellement se remettre en question et leurs ingenieurs doivent, des lors, pouvoir y gerer l’incertitude tout en ayant le devoir de l’anticiper. le facteur ”humain” a pris une importance essentielle qui exige une formation a la relation avec autrui, a la communication et au leadership. • la solution de problemes economiques, financiers et sociaux conditionne le rendement et la perennite de l’entreprise au moins autant et souvent plus, que la maitrise des problemes techniques.

• la formation continuee devient indispensable pour l’ingenieur au gre de l’evolution de sa carriere et pour qu’il reste au fait des connaissances de pointe dans les domaines qui lui sont necessaires. l’aspect juridique des affaires et leurs donnees commerciales doivent etre regulierement pris en compte.

• l’organisation du travail, anciennement basee pour l’essentiel sur un modele hierarchique, appelle souvent l’ingenieur a travailler aujourd’hui en equipes pluridisciplinaires, transversales, qui regroupent autour d’un meme projet l’ensemble des disciplines (marketing, commercial, finances, recherche & developpement, production, etc. ) afin de permettre une integration complete du projet des sa conception.

Ceci est d’autant plus vrai que le cycle de vie des produits et des services s’est considerablement raccourci.

• l’ingenieur, responsable final, se doit d’etre un gestionnaire, donc aussi un organisateur, surtout dans les P. M. E. ou ”l’Ingenieur- Patron” est un modele qui devrait se rencontrer d’autant plus frequemment que les grands groupes industriels integres se font plus rares.

• l’ingenieur, souvent etranger aux notions qui precedent, a perdu de son ”aura”.

• la mondialisation des activites impose de plus en plus des besoins de mobilite, d’adaptation a d’autres cultures et de pratique des langues etrangeres.

Toutes ces caracteristiques nouvelles font ressortir l’importance du profil ”humain” et de la capacite ”d’ouverture d’esprit” dans l’evolution de la carriere d’un ingenieur.

2. 2. L’ingenieur dans les services publics.

2. 2. 1 Le role de l’ingenieur dans l’administration. Les services publics federaux, communautaires, regionaux, communaux, parastataux et autres administrations doivent faire face a des problemes divers de conception creative et technique ou les ingenieurs ont un role important a jouer.

La responsabilite de l’Etat, sous toutes ses formes, envers les citoyens etant un principe fondamental de notre societe, il importe qu’il puisse l’exercer avec le maximum de competences, de garanties et de securite en respectant l’egalite de tous quant a l’acces a ses services. Une administration se doit d’etre efficace dans la definition et la poursuite d’objectifs pertinents. Elle doit etre une reference incontestee pour tous. Cela demande de la precision et de la rigueur dans l’elaboration des regles a respecter, caracteristiques de base de la formation de l’ingenieur.

Ses roles de conception, de creativite, de gestion, de surveillance, de normalisation et de controle devraient ainsi positionner avantageusement l’ingenieur dans la fonction publique et sont essentiels pour une garantie de bon usage des deniers publics. La reforme et la modernisation de l’administration federale integre le savoir-faire des ingenieurs en tant que concepteurs specialises. Mais cette reforme exige aussi de l’ensemble des cadres et donc de ses ingenieurs, des talents d’organisateur, de planificateur et une sensibilite forte aux aspects ” relations sociales ” dans la societe, bref des capacites de gestionnaire.

Certains responsables politiques et administratifs peuvent se demander s’il faut reellement un ensemble de techniciens diriges par des ingenieurs au sein d’une administration, meme dans des services techniques specialises comme l’Equipement et les Transports ou l’Agriculture, par exemple. ”Ne pourrait-on se contenter de quelques managers (largement payes) pour gerer un service public avec l’aide de specialistes, qualifies certes, mais consideres comme de simples personnes ressources ponctuelles, de seconde main en quelque sorte? La reponse de nos interlocuteurs sur ce point est negative, car ils estiment que la gestion economique et efficace du patrimoine public exige de maintenir un niveau suffisant de competences techniques dans les services de l’Etat pour que celui-ci puisse realiser ses missions de facon independante de toute pression externe. Cela demande donc un ensemble adequat d’ingenieurs qualifies en technique mais aussi en gestion, travaillant sur le long terme, en symbiose avec le secteur prive chaque fois que les circonstances l’exigent.

Or, dans l’etat actuel de la situation de beaucoup de services publics federaux ou regionaux, il faut bien constater que le diplome d’ingenieur n’a pas la faveur par rapport a d’autres, moins specifiques, et que la fonction d’ingenieur est de plus en plus ecartee des organigrammes et consideree, par les generalistes, comme inadaptee au management administratif et au surplus chere et genante dans bien des cas.

2. 2. 2. Les attentes des services publics vis-a-vis des ingenieurs.

2. 2. 2. 1. Les buts et l’esprit de la reforme de la fonction publique.

La reforme modernisant la fonction publique vise notamment la valorisation des formations specialisees (ingenieurs, medecins, etc.. ) et envisage de creer des filieres metiers qui permettraient le developpement de carrieres specifiques reconnues. Ces mesures sont donc favorables a une meilleure valorisation de l’expertise dans les fonctions d’ingenieur au sein des services publics, selon des criteres objectifs et transparents et non plus exclusivement politiques. Cette reforme devrait permettre: la differenciation des carrieres repondant a la necessite de disposer d’agents polyvalents capables de diriger des equipes et de specialistes maitrisant des competences de plus en plus pointues – la diversification permettant aux agents d’enrichir leur carriere en changeant de metier ou de departement. D’autre part, l’acces aux plus hauts niveaux de la hierarchie administrative est possible, pour autant que les efforts personnels necessaires d’adaptation, de perfectionnement et de diversification des connaissances soient accomplis. C’est un choix individuel.

2. 2. 2. 2.

Consequences pour les ingenieurs. Ces dispositions montrent que l’ingenieur des services publics, a l’instar de celui du secteur prive, doit s’adapter a l’evolution de son environnement social, juridique, administratif, economique et humain et qu’il sera, s’il veut atteindre les niveaux superieurs de la hierarchie, de plus en plus mis en concurrence avec d’autres types de formations et de diplomes. En tout etat de cause, le souci d’ameliorer le fonctionnement et l’efficacite des services publics doit prevaloir et le metier d’ingenieur dans les administrations devra s’y adapter. .

3. Le role de l’ingenieur dans le monde universitaire. Dans la plupart des cas, le monde universitaire engagera des ingenieurs au profil tres scientifique. Leur activite sera tournee le plus souvent vers l’enseignement et la recherche. Pour eux, l’enseignement universitaire actuel semble bien adapte. La connaissance des langues etrangeres devrait etre encouragee avec mention speciale pour la langue anglaise afin de pouvoir presenter les resultats de leurs travaux a une audience internationale.

L’art de communiquer ne serait pas a negliger tant vis-a-vis des etudiants que vis-a-vis du monde exterieur que ce soit le monde scientifique ou celui des entreprises. Si la connaissance des matieres financieres, comptables, juridiques, commerciales et autres ne leur est pas indispensable, ils doivent savoir que ces matieres seront necessaires aux etudiants qu’ils cotoient regulierement et donc qu’elles ne doivent pas etre sous-estimees.

Chapitre 3 : Les besoins des employeurs en ingenieurs

3. 1. La demande en ingenieurs dans les mondes economique, administratif et universitaire Il apparait que les besoins en ingenieurs restent inchanges voire meme sont en augmentation et plus particulierement lorsqu’il s’agit de pourvoir a des fonctions specifiquement techniques ou d’etudes (R&D, production, conduite de processus, maintenance, etc…) Le plus grand reservoir d’ingenieurs se trouve bien sur dans le monde des entreprises, mais les administrations, federales, regionales,communautaires ou plus locales sont aussi des acteurs importants sur le marche de l’emploi.

Quant aux universites elles utilisent une quantite particulierement marquante d’ingenieurs dans les domaines de l’enseignement, de la recherche, dans la direction de projets en collaboration avec l’industrie, dans la gestion de batiments, en securite etc…Et il faut encore noter la presence de nombreux ingenieurs dans l’enseignement technique. Si pour les universites et l’enseignement en general, la formation actuelle de l’ingenieur repond parfaitement aux besoins, il faut bien remarquer que chez les autres employeurs, d’autres attentes se font jour.

La toute grosse majorite des interlocuteurs insiste sur la haute technicite imperativement attendue de nos ingenieurs universitaires mais aussi sur l’importance de leurs qualites personnelles et de leur formation complementaire, atouts indispensables pour repondre aux exigences nouvelles du metier et ceci afin de ne pas voir d’autres formations leur etre preferees lors de la devolution de fonctions a plus hautes responsabilites dans la hierarchie de l’entreprise ou de l’administration.

Les ingenieurs doivent faire preuve d’ouverture aux autres disciplines que la leur et d’aptitude a la communication sous peine de se voir preferer, par exemple et suivant les cas, des ingenieurs industriels, souvent plus en phase avec le ”terrain”.

3. 2. L’offre des universites et du ”marche” en matiere d’ingenieurs Certains interlocuteurs soulignent que la quantite d’ingenieurs disponibles est insuffisante en ce qui concerne certaines specialites, (electromecaniciens et metallurgistes notamment, ou encore dans les domaines de l’aeronautique ou du nucleaire) et ceci, aussi bien pour les jeunes diplomes que pour des candidats d’experience.

Pour les autres personnes interrogees le probleme de penurie ne se pose pas actuellement; encore faut-il remarquer que quelques-unes d’entre elles repondent ainsi parce que leurs besoins actuels en ingenieurs sont limites voire tres faibles. Plusieurs interlocuteurs soulignent l’impact conjoncturel de la periode 1998-2000 pendant laquelle la quantite d’ingenieurs disponibles sur le marche de l’emploi s’est rarefiee (attrait des ”dot. coms”, passage a l’an 2000, passage a l’euro). En ce qui concerne la qualite des candidats a l’embauche, la grande majorite de nos interlocuteurs emettent des reserves avec des nuances d’importance diverse.

Ces reserves ne portent, en general pas chez l’ingenieur sur la qualite qui resulte de sa formation technique de base, que l’ on s’accorde majoritairement a trouver de tres bon niveau, mais bien sur les points deja releves precedemment, de manque general d’ouverture et de connaissances pour les autres aspects de la vie de l’organisation dans les domaines sociaux, financiers, relationnels avec les clients, economiques, juridiques, etc … ainsi que sur une conscience insuffisante de la dimension internationale des affaires.

Certains interlocuteurs vont meme jusqu’a dire que le meilleur ingenieur est celui qui, des son entree dans l’entreprise, oublie et fait oublier qu’il possede un diplome ”fameux” pour se mettre a l’ecoute de cette entreprise et de ses besoins, en utilisant l’acquis de ses etudes ainsi que ses qualites personnelles pour s’adapter a toutes les circonstances de son nouveau metier.

3. 3. Besoins compares en ingenieurs et en autres diplomes

Rares sont ceux parmi nos interlocuteurs qui affirment preferer resolument aux ingenieurs des formations universitaires alternatives a base de sciences humaines, ou de type ”commercial et gestion” Ces dernieres pouvent pourtant etre considerees par certains comme plus ouvertes et conduisant a un eventail plus large de competences: ces competences allant meme jusqu’a une connaissance generale dans quelques matieres scientifiques car les facultes universitaires dispensatrices de cet enseignement ont fait un effort pour completer leurs programmes en ce sens.

Nombreux, par contre, sont ceux qui maintiennent que l’ingenieur a toujours une position irremplacable dans le fonctionnement des entreprises, et ceci va de leur affectation a la solution de problemes pointus, a la priorite pure et simple donnee aux ingenieurs pour de nombreuses autres fonctions. Ceux-la cependant regrettent le deficit deja mentionne a plusieurs reprises, dans la formation actuelle de nos ingenieurs des notions deja evoquees: relations humaines, communication, finances, economie, juridiques.

Si l’ingenieur est generalement reconnu comme presentant, de par sa formation, une ”garantie” incontestable d’intelligence basique applicable a de nombreux problemes, il n’en reste pas moins que pour certains problemes tres specifiques, on leur prefere a l’engagement: – dans le domaine des sciences: des docteurs ou des licencies en sciences – dans le domaine technique: des ingenieurs industriels ou des gradues (pour des problemes exigeant plus d’aptitudes pratiques que theoriques) dans une partie des competences reservees jadis a l’ingenieur et aujourd’hui fractionnees par suite de son defaut ”d’universalite”, des ingenieurs de gestion et des licencies en sciences commerciales. On constate, en tout cas, de facon generale, qu’il est exclu de parler de veritable desaffection pour le grade d’ingenieur, au profit de l’engagement alternatif systematique de n’importe quel type d’autres diplomes universitaires, meme si certains d’entre eux representent pour l’ingenieur, aujourd’hui beaucoup plus que par le passe, une concurrence certaine pour de nombreuses fonctions.

Si on aborde plus particulierement en terme de comparaison de diplomes les perspectives que la formation d’ingenieur et les autres formations universitaires peuvent legitimement avoir si elles ambitionnent, pour leurs diplomes, d’occuper des fonctions de haut niveau hierarchique dans les entreprises, il ressort de facon generale des interviews menees, que le responsable d’une grande entreprise d’aujourd’hui doit avant tout etre un integrateur, un stratege, un communicateur et un leader, car l’extraordinaire circulation de l’information et la pression des milieux financiers font qu’une telle entreprise vend au moins autant son image, son dynamisme et le charisme de ses dirigeants que le produit qu’elle fabrique ou les services qu’elle est capable de rendre. Sans une adaptation de la forme et du contenu des programmes universitaires et sans un effort particulier des ingenieurs eux-memes pour se remettre sans cesse en question, l’acces de ceux-ci aux postes hierarchiques les plus eleves de l’entreprise continuera a s’eroder.

Chapitre 4 : La refonte de la formation des ingenieurs

4. 1. L’attrait des jeunes d’aujourd’hui pour les etudes d’ingenieur Il n’est pas evident de determiner clairement les raisons de la desaffection des jeunes pour les etudes d’ingenieur (y compris au niveau europeen).

Les avis sont partages a ce sujet. Les personnes interviewees citent notamment: – la difficulte et la longueur des etudes – la peur vis-a-vis de la Science et de la Technologie – l’image de l’ingenieur peu soucieux de l’environnement, du developpement durable et de l’ecologie qui passent apres les preoccupations techniques – les nouvelles attitudes societales: la recherche de l’art de vivre, du bien-etre: la rigueur et la methode obeissant a des regles severes, apanages du mode d’action de l’ingenieur, ne cadrant pas avec les tendances de la societe d’aujourd’hui – une image d’un metier mal defini, plutot ennuyeux – des etudes peu valorisantes, ennuyeuses la recherche, par les jeunes, d’etudes plus ”soft”, plus ouvertes sur l’etre humain (le ”vivant”) et sur la solution de nos problemes journaliers, a base de finance, d’economie, de commerce, etc – l’existence d’ un examen d’entree (uniquement en Communaute francaise). Afin de raviver l’interet des jeunes, les interlocuteurs de la F. A. B. I. proposent: – d’assurer une meilleure ”promotion” des aspects positifs du metier en general et, notamment, aupres des parents et des enseignants du secondaire, souvent reserves voire negatifs a cet egard. – de revoir la maniere de donner certains cours de sciences exactes du secondaire pour mettre en lumiere le role et l’art de l’ingenieur dans le developpement de produits et de technologies indissociables de ’environnement des jeunes d’aujourd’hui et ainsi rapprocher les matieres enseignees de leur finalite. – de reviser les programmes des etudes d’ingenieurs pour les ”ouvrir” sur le monde et la pratique, et les rendre ainsi plus attirants. – de mettre en avant les ingenieurs connus, devenus des personnalites incontestables de notre monde d’aujourd’hui. – de refuter resolument des raccourcis mensongers du type “ingenieur = industrie = pollution” et ce, notamment, aupres de certains courants politiques et des enseignants du secondaire. – de developper chez les jeunes le gout d’entreprendre. – de revaloriser le role de l’ingenieur dans les services publics – de mettre en evidence la contribution de l’ingenieur aux progres de l’humanite. de mettre en evidence le role positif de la Science et de la Technologie au travers de medias adaptes, grace a des emissions ou articles a caractere scientifique mais aussi a des emissions ”grand public” voire a des films. – d’encourager la collaboration entre pouvoirs publics et entreprises pour organiser et promouvoir des ”journees technologiques / journees portes ouvertes”. – de s’appuyer sur les federations professionnelles (Agoria, Fedichem, etc. ) pretes a s’impliquer davantage pour promouvoir le metier d’ingenieur. – de mener une etude typologique des etudiants ingenieurs actuels pour analyser les facteurs les ayant influences positivement et en tirer les lecons necessaires d’engager les ingenieurs eux-memes, et les organismes qui les representent, a ameliorer l’image qu’ils donnent d’eux-memes.

4. 2. Souhaits et reproches a l’egard de la formation actuelle des jeunes ingenieurs Plusieurs interlocuteurs, ingenieurs ou non, admettent qu’ils connaissent mal les formations actuelles des ingenieurs et les correctifs apportes aux programmes depuis leurs propres etudes universitaires. Il y a la matiere a reflexion pour les Facultes de Sciences Appliquees (F. S. A. ) et les Facultes de Sciences Agronomiques (F. S. A. ). Les opinions de nos interlocuteurs sont, des lors, basees sur l’image des etudes projetee par les diplomes qu’ils ont engages ou par l’experience de leurs propres enfants.

Toutes les personnes rencontrees sont d’avis que la formation technique et scientifique de base donnee aujourd’hui aux ingenieurs universitaires constitue un bagage de qualite qu’il n’est question ni de devaluer ni de grignoter. Plusieurs interlocuteurs estiment cependant que cette formation devient beaucoup trop pointue et que nos F. S. A. devraient accorder plus d’importance a la formation des ”hommes” au sens large. Ils considerent que, dans le cadre de l’enseignement technique et scientifique donne aujourd’hui, la theorie l’emporte trop souvent sur l’application pratique que l’ingenieur sera amene a gerer sur le terrain et a laquelle il est insuffisamment prepare, au contraire de l’ingenieur industriel.

D’autres plaident egalement pour le maintien du caractere ”generaliste et de haut niveau” de la formation d’ingenieur. Beaucoup d’interlocuteurs souhaitent que les F. S. A. s’inspirent, pour se faire mieux connaitre, du dynamisme des Ecoles de Commerce, omnipresentes dans les colloques et offrant une formation continue mieux ciblee. L’unanimite des avis se fait egalement sur la necessite pour l’ingenieur d’aujourd’hui de disposer de nombreuses connaissances supplementaires dans les domaines suivants:

– travail en equipes pluridisciplinaires

– relationnel client

– relations sociales

– communication (savoir s’exprimer, savoir ecouter)

– langues

– economique

– financier

– juridique.

Tous s’accordent donc a trouver necessaire, une refonte des programmes pour: elaguer les cours techniques purement documentaires remplacer (s’ils existent) les cours magistraux de droit, d’economie, de matieres sociales par des etudes de cas bien cibles sur les problemes pratiques rencontres en entreprise a savoir:

• analyse des contrats

• business plan

• conflits sociaux

• analyse de bilans et de comptes d’exploitation

• etablissement de plans marketing

• etudes de marches

• gestion de la communication et des interfaces comprenant: ? la direction de reunions ? la comprehension correcte des problemes du client (sur le plan economique, social, emotionnel etc. ) ? l’expose d’un probleme ? la redaction d’un rapport ? le management d’une equipe ? le leadership etc. connaissance approfondie d’au moins une langue de pratique internationale en plus de sa langue maternelle.

• eveil a la prospective technologique. Par cette liste d’ailleurs non exhaustive, nos interlocuteurs n’entendent pas alourdir les programmes theoriques existants mais concoivent plutot l’initiation a ces notions par seminaires de courte duree et diriges par des professionnels reconnus pour leurs competences dans ces matieres. Ces notions sont, pour la plupart, necessaires pour l’evolution de la carriere d’un ingenieur de projet, d’affaires, ou futur grand patron; cela parait moins indispensable pour certaines carrieres ”d’expert” technique et scientifique.

Quoiqu’il en soit, une partie du debat porte alors sur la necessite ou pas, d’inclure dans les programmes universitaires du diplome cette formation a des notions que l’ingenieur d’aujourd’hui rencontrera presque certainement, ne serait-ce que dans ses contacts journaliers avec d’autres disciplines. Dans ce nouvel environnement professionnel, l’avis general est que la formation traditionnelle des ingenieurs ne met pas suffisamment l’accent sur les sciences humaines et economiques, qui devraient leur permettre d’exprimer leur savoir-faire, en liant le scientifique, l’organisationnel et le relationnel. En outre, la connaissance des langues n’est pas suffisamment pratique et operationnelle au sortir des etudes et un effort devrait etre fait dans ce sens sous forme de laboratoire pratique des langues importantes en Belgique et a l’etranger: neerlandais, anglais et espagnol.

Il est a noter toutefois que ces connaissances de base devraient etre mieux acquises au cours des etudes secondaires. L’informatique va de soi, mais il est indique de s’assurer que les connaissances de base importantes sont maitrisees par tous a la fin de leurs etudes (ateliers pratiques). Beaucoup de personnalites interrogees penchent pour introduire un enseignement de base de ces matieres dans les programmes des F. S. A. Un plus petit nombre estime que la formation a ces notions, si elle s’avere necessaire, doit s’accomplir a l’initiative de l’individu concerne ou de son entreprise, en cours de carriere, sur ”le tas” ou par suivi de programmes complementaires de formation post-graduee.

Plusieurs interlocuteurs preconisent la combinaison des deux options precedentes avec l’introduction des notions de base precitees dans le cursus de l’ingenieur suivie, ulterieurement, par une formation post-graduee de type ”Master of Business Administration” (MBA) pour les approfondir a la lumiere de l’experience industrielle. On relevera, en tout cas, une tendance majoritaire pour reprocher aux etudes actuelles d’ingenieurs leur manque d’ouverture sur la realite du monde de l’entreprise et des affaires et une demande massive pour que, sans en devaluer la teneur de base actuelle sur les plans technique et scientifique, les programmes de F. S. A. oient remanies en ce sens, puisqu’il semble generalement que, telles quelles, les etudes conduisant aujourd’hui au diplome d’ingenieur ne constituent plus une ”fin en soi”. L’un des regrets exprimes par plusieurs interlocuteurs est le manque d’interet de certains professeurs de F. S. A. pour les travaux de fin d’etudes (T. F. E. ) realises en collaboration avec des entreprises. Plusieurs interlocuteurs regrettent vivement le manque de stages en entreprises durant les etudes, tout en reconnaissant que la restriction du nombre de stages provient probablement des entreprises elles-memes sous la pression de contraintes economiques immediates, voire de pressions syndicales…

Une meilleure collaboration entre universites, entreprises et pouvoirs publics pour la formation des jeunes ingenieurs aux nouvelles technologies avec partage des outils couteux serait aussi un element interessant. Plusieurs interlocuteurs, enfin, se felicitent du succes des programmes internationaux d’echanges (de type ”Erasmus”) qui permettent aux etudiants ingenieurs de rencontrer d’autres cultures et, souvent, de pratiquer activement une ou plusieurs langues etrangeres durant leurs etudes.

4. 3 Situation actuelle dans l’evolution des etudes. Les autorites academiques reconnaissent la necessite d’adapter les programmes d’etudes pour repondre au mieux aux besoins des entreprises tant publiques que privees.

Cependant, les facultes des sciences appliquees et agronomiques maintiennent que leur priorite reste la formation dans le domaine technico-scientifique. Elles estiment que tout developpement d’une formation dans d’autres domaines comme celui du droit, des sciences humaines,des sciences commerciales et celui des langues etrangeres ne pourrait se faire qu’au detriment de la premiere ce que regretteraient probablement les entreprises si l’on se base sur les reponses obtenues par l’enquete de la F. A. B. I.. L’evolution du monde des entreprises etait deja percue par le monde universitaire et plusieurs actions ont ete engagees pour mieux repondre aux attentes du monde industriel, et des entreprises tant privees que publiques.

Dans ce but trois axes de changement se sont developpes dans toutes les facultes de sciences appliquees et des sciences agronomiques et ce a un degre different suivant la faculte. Ce sont: les projets interdisciplinaires, l’amelioration de la connaissance des langues avec l’accent sur la langue anglaise et un nombre important d’ ECTS (qui peuvent aller jusqu’a 30) reserves a un domaine autre que le principal.

– Le projet interdisciplinaire:il existe sous differentes formes suivant la faculte. Le programme inter-facultaire de formation a la creation d’entreprises permet aux etudiants qui le desirent de suivre durant leurs 3 dernieres annees d’etudes un ensemble de cours specifiques a la gestion et la creation d’entreprises. Le travail de fin d’etudes est dedie a un projet de creation ’entreprise et est realise par un groupe de trois etudiants:un juriste, un ingenieur de gestion et un ingenieur civil ou agronome. On trouve egalement la formation au travail en equipe et a la pratique de l’interdisciplinarite dans un projet mene par des groupes d’etudiants de differentes disciplines sous la direction d’une equipe d’enseignants, de chercheurs ou d’experts exterieurs. Ces nouvelles pratiques devraient permettre aux jeunes candidats ingenieurs d’approcher leur futur metier avec une meilleure perception.

– La formation en langue anglaise a ete intensifiee dans certaines facultes et les modalites d’apprentissage mieux adaptees aux niveaux atteints par les apprenants.

De plus ces facultes investissent actuellement dans la modernisation de leur laboratoire delangues. Le programme ERASMUS permet egalement aux etudiants qui le desirent de faire une partie de leurs etudes a l’etranger dans une autre langue, de meme,l’existence de reseaux inter-universitaires comme le reseau TIME qui regroupe actuellement 40 des meilleures ecoles europeennes d’ingenieurs avec des accords de double diplome. Il existe egalement des accords avec des universites americaines qui permettent des echanges d’etudiants. Au niveau belge la possibilite de faire une annee en neerlandais existe pour certaines facultes. L’etudiant a donc la possibilite d’acquerir la connaissance d’une autre langue s’il en a la volonte. La formation dans les domaines autres que celui du technico-scientifique: dans toutes les facultes un effort a ete realise pour aborder les matieres qui concernent tous les aspects de la vie de l’entreprise. Pres d’une demi annee est prevue dans certaines facultes pour l’apprentissage de ces matieres. Dans une faculte, pour l’ingenieur electromecanicien specialite gestion, la cinquieme annee se partage en une demi annee de cours de gestion et l’autre demi est consacree au travail de fin d’etude avec un stage de 4 mois minimum. Dans d’autres cas des cours a options sont prevus en cinquieme et ce jusqu’a 24 ECTS parfois. De plus toutes les facultes ont conscientes de la necessite des stages en entreprise, a condition d’etre bien prepares et structures. Cette structure devrait etre mise au point par la F. A. B. I. , les universites et les entreprises representees par l’Union des Entreprises de Bruxelles (U. E. B. ), par l’Union Wallonne des Entreprises (U. W. E. ) et par la Federation des Entreprises de Belgique (FEB). En conclusion, de nombreuses initiatives ont ete prises dans les differentes facultes afin d’initier les etudiants a certaines matieres autres que techniques. Il est certain que l’ampleur de ces cours sera limitee si l’on veut conserver une formation scientifique de haut niveau.

Certes on pourrait conseiller aux jeunes diplomes d’obtenir un MBA soit en Belgique soit a l’etranger. Cette solution n’a pas que des avantages: cout supplementaire non negligeable,rallongement d’etudes deja considerees comme longues et difficiles et une utilite pas encore suffisamment percue par les jeunes ingenieurs. Une solution plus pragmatique serait d’encourager a suivre cette formation apres quelques annees de pratique dans l’entreprise. Cette formation serait organisee par les universites en horaire decale et tiendrait compte de la formation anterieure de l’ingenieur.

Chapitre 5 : L’ingenieur dans le contexte europeen/international

5. 1. Les effets de l’harmonisation europeenne des etudes universitaires

Dans ce contexte, il est important que le diplome d’ingenieur soit reconnu a sa juste valeur, quelle que soit son origine. L’exigence de connaissance des matieres specifiques a l’ingenieur doit etre la meme pour tous les pays d’Europe: sciences, mathematiques, statistiques, logique, methodologie, rigueur, faculte d’analyse, de formulation et d’appreciation des processus de production et de developpement (indicateurs de resultats) sont des elements fondamentaux qui permettront a l’ingenieur de se mettre en valeur. La caracteristique de l’ingenieur est son aptitude a pouvoir aborder tous les problemes, a la recherche de solutions et au perfectionnement continu de ses connaissances, son sens critique et ses capacites d’assumer des postes de responsabilite.

Il y a lieu de faire remarquer qu’une bonne partie de nos interlocuteurs reconnaissent ne pas bien connaitre les accords de ”Bologne”; leur avis est donc generalement plus instinctif et de bon sens que de conviction raisonnee. Les points de vue exprimes peuvent, des lors, etre departages en risques et opportunites tels que nos interlocuteurs les voient dans les nouvelles dispositions prises. Au rang des risques, on releve: – de facon generale, on craint que l’harmonisation prevue n’entraine un nivellement vers le bas de la valeur des diplomes. – quelques-uns de nos interlocuteurs craignent que l’application pratique de ces decisions soit difficile, voire dangereuse ou impossible, vu les differences profondes qui existent aujourd’hui entre les divers pays concernes. la scission, en ce qui concerne les ingenieurs, d’une periode homogene et inextensible de 5 ans d’etudes en deux phases (3 ans: bachelier + 2 ans: maitre) entrainera une redistribution en deux cycles des matieres enseignees. Ceci comporte un risque de perte de substance et d’efficacite, et la question se pose de la valeur reelle du diplome de bachelier en sciences de l’ingenieur. – considerant que les universites ont pour mission: – l’enseignement – la recherche et le developpement – le contact avec l’industrie (avec ses perspectives d’emploi pour les diplomes) et qu’elles se font actuellement concurrence sur chacune de ces trois facettes de leur activite, il est a craindre que l’harmonisation, qui ne touchera que le volet enseignement, ne restreigne donc cette concurrence aux deux autres volets.

Ceci pourrait avoir des consequences restrictives sur le choix que l’etudiant fera d’un etablissement d’enseignement plutot qu’un autre. Au rang des opportunites, on releve par contre que: – a l’inverse de l’opinion qui vient d’etre exprimee, pour certains de nos interlocuteurs la reforme devrait permettre une revision des programmes d’etudes, conduisant a l’ouverture souhaitee pour les ingenieurs, quitte au besoin, precisent d’aucuns, a utiliser tout ou partie de la phase des annees d’etudes qui suivent la maitrise pour parfaire la formation des ingenieurs dans les domaines ou il y a carence (eventuellement en horaire decale). – dans le meme ordre d’idee, ces nouvelles dispositions devraient permettre une plus grande souplesse dans le choix des matieres etudiees. pas mal de points de vue se rejoignent aussi sur l’avantage d’une meilleure lisibilite de la valeur relative des diplomes delivres et la qualite plus grande qui en decoule lorsqu’il s’agit de recrutement. – plusieurs interlocuteurs mentionnent la possibilite de favoriser la mobilite de nos ingenieurs par la prise d’habitude, des les etudes, de ”regarder par-dela les frontieres et de se familiariser avec des langues et des cultures etrangeres. ” – sont encore soulignes:

• l’ouverture plus grande vers le marche du travail offerte aux jeunes bacheliers

• un pas en avant vers la fin des corporatismes

• l’ouverture plus grande des entreprises a de nouveaux marches

• la possibilite offerte aux universites d’une meilleure collaboration.

Un des effets les plus importants sera la reconnaissance europeenne de la valeur des differents diplomes. Ceci permettra une mobilite plus grande de nos ingenieurs a travers l’Europe, gage d’une carriere moins contrecarree par des notions de nationalite.

5. 2. La comparaison actuelle avec les ingenieurs de niveau universitaire formes a l’etranger A la quasi-unanimite, nos interlocuteurs sont formels: rien ne leur demontre que les ingenieurs formes a l’etranger sont meilleurs que les notres. La grande majorite confirme, au contraire, l’excellence des ingenieurs belges, d’ailleurs reconnue a l’etranger, meme si quasiment tous confirment egalement que la formation de base de nos ingenieurs manque d’ouverture aux notions deja evoquees. A et egard, plusieurs voix s’elevent pour souligner l’excellence des formations complementaires (techniques ou non, MBA par exemple) dispensees aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, ou les universites et autres etablissements prives d’enseignement post-gradue dispensent des matieres susceptibles de completer nos formations et de changer radicalement la capacite de vision et de recul de nos ingenieurs pour le plus grand bien de leur carriere et des entreprises qui les emploient. Si le choix d’un ingenieur etranger s’impose, il s’agit en general de cas particuliers et d’un choix guide par des contraintes bien precises: disposition a la mobilite ou attache a un pays cible – connaissance d’une langue particuliere – connaissance particuliere d’un marche donne carence en Belgique ou plus grande disponibilite a l’etranger d’ingenieurs experimentes dans une filiere donnee (aeronautique, plasturgie, etc.) – cout salarial annuel global d’un ingenieur belge qui peut etre dissuasif si on le compare a des ingenieurs ”free-lance” etrangers, surtout pour des postes localises hors Belgique. Conclusions Cette etude montre que la formation d’ Ingenieur civil ou de Bioingenieur reste une de celles qui est la plus recherchee et la plus appreciee par le monde economique, administratif et universitaire. Son haut niveau de connaissances techniques et scientifiques la rend incontournable pour le developpement de nos entreprises, de nos services publics, de nos universites et de notre recherche.

Les ingenieurs belges disposent d’une excellente formation qui en fait de tres bons specialistes qui n’ont rien a envier a leurs collegues etrangers. Les porteurs de ces titres disposent donc de tres gros atouts pour se situer au mieux au sein de la societe en general et dans toutes les activites economiques en particulier et y atteindre les postes de hautes responsabilites. MAIS Le mon