Lettre du roi annonçant la victoire des Dunes et ordonnant sa célébration

Lettre du roi annonçant la victoire des Dunes et ordonnant sa célébration

Lettre du roi annonçant la victoire des Dunes et ordonnant sa célébration, 15 juin 1658. Introduction : En juin 1658, le royaume de France est toujours sous l’autorité de la régence d’Anne d’Autriche et Louis XIV a 19 ans.

Deux ans plus tôt en 1656, les Français ne sont pas parvenus à s’emparer du Hainaut : ils ont perdu plusieurs milliers d’hommes lors du siège raté de Valenciennes (15-16 juillet 1 656), et le prince de Condé, par sa contre-attaque, a pu leur reprendre Condé-sur-Escaut et a été près de faire tomber Saint-Ghislain (sauvée grâce a l’arm OF Le 23 mars 1657, ar le traité de Paris I gl n s’allient contre wipe next page l’Espagne.

Les armée e Ma des places du Nord, résiste au siège des a ussitôt à l’assaut ence mal : Cambrai onnant cette opération, Turenne marche sur Saint-Venant puis s’empare de Mardyck (30 septembre – 3 octobre), tandis que Henri de La Ferté- Senneterre prend Montmédy le 6 août au prix d’un siège long et coûteux. La bataille des Dunes et sa victoire le 14 juin 1658, scelle le sort de l’Espagne. Cette lettre, écrite le lendemain par De Guénégaud secrétaire d’Etat de la Maison du Roi, relate

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
dans n premier temps l’histoire de la victoire de la bataille des Dunes puis ordonne sa célébration dans un second temps.

Adressé directement a Swipe to Wew next page au maréchal de l’Hospital, gouverneur général de Champagne depuis 3 ans après avoir servi près de 40 dans l’Armée du roi, il demande à monsieur Rocolet, imprimeur et libraire du roi et de la Maison de Ville, par la demande du roi d’en faire part : « afin que vous la répandiez et en fassiez part à tous mes bons Serviteurs & Sujets de rétendue de votre charge » ligne 44-45, aux serviteurs et sujets du roi, c’est-à-dire à l’ensemble du peuple rançais.

Cette lettre met en œuvre une symbolique chrétienne et une victoire militaire, comme les instruments de la glorification dun pouvoir royal célébré. Le texte met en scène un roi de guerre comme administrateur des conquêtes et de l’Armée mais aussi comme premier rouage de la puissance royale. Une puissance façonnée par une symbolique chrétienne et renforcée par la victoire et sa célébration sur le territoire. I. Louis XIV, un roi de guerre. A. Le déroulement de la bataille : transmission d’une image glorificatrice du roi.

Turenne dispose de près de 20000 à 30000 hommes dont 3000 nglais de la New Model Army. La garnison espagnole du marquis de Lede avec ses 3000 hommes ne peut espérer tenir très longtemps, les anglais tiennent la mer. Les Espagnols décident donc d’envoyer une armée de secours de la ville assiégée. Cette armée commandée par Don Juan José d’Autriche et Condé, aligne environ 1 5000 hommes. Une bonne partie d’entre eux sont Français et combattent à leurs côtés près de 2000 a 0 15000 hommes. Une bonne partie d’entre eux sont Français et combattent à leurs côtés près de 2000 anglais, partisans des Stuart.

Prenant de laisser la responsabilité du siège à quelques ataillons, Turenne va se porter à la rencontre de l’armée de secours Espagnole. Cette dernière arrive le 13 juin dans les environs de Leffrinckoucke, au milieu des dunes qui ont donné son nom à la bataille. Elles n’ont pas pu jouir du soutien de l’artillerie. Lorsque s’engagent les combats, le lendemain vers 8 heures, les espagnols subissent de plein fouet l’assaut des piquiers anglais de Sir Lockhart. Cers derniers malgré une intense mousquetade n’ont pas hésité à s’en prendre à la dune fortifiée garnie de troupes d’élites.

Le centre et la droite du corps de bataille de Juan José sont alors enfoncés. Turenne fait ensuite donner sa cavalerie le long de la plage dégagée par la marée, prenant de flanc les espagnols et des frégates anglaises bombardent leur position. Seule la gauche espagnole, avec les troupes de Condé, tient. Ce dernier ose même charger 3 fois à la tête de sa cavalerie faisant fi de rapport de force. Pourtant Condé sait la bataille perdue. Ses actions n’ont pour but que de couvrir la retraite inévitable des troupes de Don Juan José En deux heures la bataille s’est jouée.

Les pertes espagnoles sont lourdes, près de 5000 hommes dont 4000 prisonniers. Turenne lui n’a perdu que 00 hommes, en grande majorité des anglais. On remarque une amplifica Turenne lui n’a perdu que 400 hommes, en grande majorité des anglals. On remarque une amplification de la puissance de l’armée française face à celle de l’Espagne, notamment dans le nombre de prisonniers espagnols fait par l’Armée française : « trois mille prisonniers » ligne 17, mais aussi par le rang des prisonniers : « entre eux beaucoup de Colonels, Maitres de camp, et autres gens de marque » ligne 17-18.

De Guénégaud, de plus, utilise un vocabulaire qui met en relief la supériorité française avec es termes comme : « taillé en pièce les vieilles troupes espagnoles » ligne 18, « et tout le reste a été mis en déroute » ligne 21 . Malgré la présence des plus braves et glorieux soldats espagnols présents, le roi et son armée den sont défait facilement. En général, le discours porté dans ce premier paragraphe est celui de la supériorité stratégique de l’armée française.

En effet, et quasiment à chaque instant, les initiatives françaises sont toujours les bonnes et les espagnols ne font que des mauvais choix « et qu’elle donne un grand pied dans la plus considérable de leurs provinces, en sorte que sa perte st capable d’attirer celle de plusieurs autres places de ce côté- là » ligne 9-10. « J’y ai gagné plusieurs drapeaux » ligne 19 met en scène, par l’utilisation du pronom « je », le roi Louis XIV lui- même et ainsi l’image du roi y est ici augmentée sous la plume de De Guénégaud.

Ainsi, ce premier paragraphe met en scène une victoire 4 0 augmentée sous la plume de De Guénégaud. Ainsi, ce premier paragraphe met en scène une victoire française, mais surtout une supériorité stratégique et militaire face à l’armée espagnole qui ne fait que subir les assauts français qui sont tous aussi judicieux es uns que les autres. Ce type de discours est utilisé dans la perspective de grandir la gloire du roi et d’affirmer sa légitimité devant un royaume, car cette lettre est le seul ou presque compte rendu du déroulement de la bataille des Dunes et c’est pourquoi il doit être embelli.

B. L’Armée, instrument de la puissance royale. Dans cette lettre, on voit bien l’utilisation de l’Armée comme le vecteur de la puissance du pouvoir royal sur le champ de bataille. En effet, par l’intermédiaire de son Armée qui a su lui prouver sa force la veille, il peut ainsi établir des stratégies de bataille et de onquête contre l’Espagne : « par le bon événement que Fon doit attendre de tout ce que je pourrais faire entreprendre durant le reste de cette Campagne » ligne 37.

A travers ses armées de Flandres et de Luxembourg, citées aux lignes 37 et 38, il peut ainsi transférer leur puissance militaire respective à la puissance militaire royale, celle qu’il représente « par ma dite Armée de Flandres que par celle de Luxembourg » par Futilisation de la possession par la marque du pronom personnel. CArmée devient donc un instrument et un enjeu du pouvoir royal Armée comme instrument de sa evient donc un instrument et un enjeu du pouvoir royal. Armée comme instrument de sa gloire et de sa puissance.

C. La guerre, manifestation du pouvoir monarchique. La guerre est le moyen d’affirmer le pouvoir monarchique car elle fonde sa légitimité, fortifie sa puissance et magnifie sa fonction : c’est un instrument par lequel la monarchie met en scène des représentations des outils symboliques. La guerre est bien la manifestation spectaculaire du pouvoir de puissance et de mort de l’Etat. Le roi veut la prospérité de son royaume. Il. La dimension chrétienne de la puissance royale. A. Gloire du Roi, gloire de Dieu.

Louis XIV à la vocation naturelle d’aimer la gloire du pouvoir, la sienne. Identification de la gloire du roi à celle de Dieu. Création d’une relation intrinsèque entre Dieu et le Roi, à travers la prière. La gloire du Roi est mise en œuvre dans le texte par son assimilation presque constante à celle de Dieu, donnant à la victoire de la bataille des Dunes une dimension chrétienne qui cristallise l’image de Louis XIV comme un « primus inter pares Il reconnaît que la victoire n’aurait pu être possible sans la bonté et la grandeur de Dieu, ligne 40. ar la suite, c’est bien par le emerciement de la grâce de Dieu que s’intensifie le rapport entre le Roi et Dieu, par les grâces et les prières d’un royaume et d’un roi afin que par la suite, Dieu lui verse ses bénédictions : « afin qu’il plaise à Dieu de verser 6 0 que par la suite, Dieu lui verse ses bénédictions : « afin qu’il plaise à Dieu de verser ses bénédictions sur mon royaume » ligne 50-51. 3. « Rex christianissimus Cette expression latine signifie « Roi Très-Chrétien », on peut ici l’assimiler au roi Louis XIV dans le cadre de son rôle de défenseur universel de la foi.

En effet, l’action guerrière du roi est nterprétée comme une perspective mystique et eschatologique, il est le libérateur par excellence de son royaume. La bataille des Dunes devient le moyen pour le roi et par le roi d’affirmer son rôle de défenseur du territoire français. Louis XIV prend forme en la synthèse d’un roi guerrier et triomphant et d’un roi sacré et thaumaturge : « donner une bonne paix à toute la chrétienté et d’affermir celle de l’Etat » ligne 54.

On peut y voir un rappel de la mission donnée lors du sacre du roi, celle de détruire le royaume des démons et des ténèbres pour fonder sur terre, la ité de Dieu. Cest une idée tirée du livre le roi de Guerre de Joëlle Cornette. C. Sacralité de l’autorité monarchique. La notion de sacralité de l’autorité monarchique est omniprésente dans la lettre du roi, on le voit à travers l’allusion au « Te Deum » à laquelle il faut s’attarder, ligne 45.

Ce chant est la manifestation de la victoire des armes du roi : c’est la mise en scène de l’autorité permise et renforcée par la guerre. « Rendre publiquement grâces à Dieu d’une victoire remportée » Dictionnaire de Trévoux la guerre. « Rendre publiquement grâces à Dieu d’une victoire emportée » Dictionnaire de Trévoux. Ce chant sacralise l’autorité monarchique et identifie la gloire de Dieu à celle du roi. La notion de prières publiques extraordinaires met en relief la relation triangulaire entre Dieu, Roi et ses Sujets.

On assiste à la transformation d’un roi de guerre en roi de victoire : manifestation divine du pouvoir monarchique, ou encore la manifestation de la force de l’Etat royal dans toutes les paroisses du royaume ligne 45-46. Ceci permet au roi une appropriation symbolique de l’espace du royaume avec Pallusion à la Cathédrale de Paris ligne 46, au service de la gloire royale. Ill. La victoire : objet de célébration et d’affirmation de la gloire. A. Mise en valeur de la puissance par le cérémonial. Aussi, on peut s’arrêter sur les termes de « canons » et de « feux de joies » ligne 48.

En effet, l’utilisation dans les rues du royaume de la canonnade amène la guerre dans les frontières, non plus du conflit armé, mais du royaume lui-même, jusque dans les rues : processus de domestication de guerre qui renforce l’effet de victoire face à l’ennemi espagnol. Le cérémonial devient ici le moyen de transfert de la victoire dans tout le royaume. La ictoire, une victoire augmentée et affirmée « SI grande, signalée et utile Victoire » d’une armée, d’un roi devient celle de chaque sujet et serviteur du territoire.

Le roi demande un effort de tout le B0 devient celle de chaque sujet et serviteur du territoire. Le roi demande un effort de tout le royaume, en passant par l’intermédiaire des « Grand Maitres ou le Maitre de Cérémonies » ligne 47. B. Glorification de ‘Armée. Le Maréchal de Turenne est le premier et le principal membre de l’armée de Louis XIV qui est mis en relief dans la lettre du roi. En effet, le rôle primordial qu’il a joué pendant la bataille lui vaut ne place importante dans la glorification de l’armée.

Aussi, ? plusieurs reprises, et notamment aux lignes 26 à 28, le roi, par la plume de son conseiller, met en avant les grandes qualités dont a fait preuve le maréchal lors de la bataille. Ainsi, en partant de la glorification du Maréchal, Louis XIV, effectue une digression qui lui permet ainsi de glorifier et de mettre en avant les grandes qualités de ses bellatores, comme avec le « Sieur Castelnau ou les Chefs » et « Officiers de mes Troupes » : mise en valeur du devoir de protection du royaume et aussi du devoir de chevalerie.

Cette mise en valeur lui permet également d’unifier toute l’Armée, usqu’au « moindre soldats » Conclusion : Louis XIV, sous la plume de son conseiller De Guénégaud, nous transmet un rapport détaillé de la victoire des Dunes qui offr’t le 25 juin, Dunkerque aux français à midi et finalement aux anglais le soir, puisque le roi la remet le jour même à l’Angleterre.

Quelques jours après Bergues et Furnes tombent aux mains des Français. Le 7 novembr l’Angleterre. Quelques jours après Bergues et Furnes tombent aux mains des Français. Le 7 novembre 1 659, le traité des Pyrénées celle la paix, et met fin à trente ans de guerre entre la France et l’Espagne. Turenne est récompensé en 1660 par Louis XIV et reçoit le titre de maréchal général des armées du roi.

Ainsi, la lettre met en relief la glorification d’un roi mais aussi d’un royaume au travers d’instruments comme la victoire militaire, le « te deum » ou encore un champ lexical de la célébration, contrastant avec une réalité de la guerre que De Guénégaud gomme pour mieux mettre en valeur un véritable dialogue triomphal. Il nous offre également l’image d’un roi « primus inter pares qui est le chef de guerre de l’administration des onquêtes et de l’Armée à la célébration de la victoire militaire. ne victoire qui permet de réaffirmer l’engagement du « Roi Très- Chrétien » de protéger le peuple français et de l’amener au salut, en fondant sur terre la cité de Dieu. Bibliographie : Ouvrages généraux : Cornette Joëlle, Absolutisme et Lumières, 1652-1783. Histoire de la France, Hachette supérieur, Paris, 7ème édition, 2014. Méthivier Michel, Le siècle de Louis XIV, Presses universitaires de France, paris, 3ème édition, 1996. Ouvrages spécifiques Cornette Joëlle, Le roi de Guerre, Payot Bibliothèque historique, pans, 1993. 0 0