L’etranger de camus

L’etranger de camus

Le texte presente est extrait de L’Etranger de Camus, paru en 1942. L’? uvre de camus se caracterise par deux themes principaux: celui de l’absurde qui nait du decalage entre un besoin d’ideal et le monde reel (cf. Le Mythe de Sisyphe, 1951 ou encore La Peste dans lequel l’auteur depasse cet absurde en proposant un nouvel humanisme: celui de l’entraide) et celui de la revolte cree par le spectacle des crimes engendres par l’humanite. Dans L’Etranger, Camus presente un homme que des circonstances exterieures vont amener a commettre un crime et qui assiste, indifferent, a son proces et a sa condamnation a mort.

LECTURE ANNONCE DES AXES I/ le recit II/ Le personnage III/ Une explication de son attitude ETUDE I/ Le recit 1. Un journal? – presence intense du narrateur par l’utilisation du point de vue interne (perception des evenements se fait uniquement par le personnage) + 22 fois « je » en anaphore, renforce par les pronoms possessifs. – Simultaneite entre moment ou il ecrit et le deroulement des evenements. Le lecteur est projete dans le present du heros. 2. la chronologie – elle est a peu pres respectee puisque la succession des evenements suit la progression des paragraphes: « je prendrai

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[…] a deux heures » ? j’ai pris […] a deux heures.  » – Les temps: present d’enonciation (« je ne sais pas ») qui s’allie avec le futur et l’imparfait. On trouve plus bizarrement du passe compose dont nous verrons la valeur plus loin. 3. Absence de description des lieux – une remarque spatiale (« Marengo ») mais elle est faussee par l’intervention du narrateur. A cause de la technique du journal, ce ne peut etre le personnage qui se precise a lui-meme ou se trouve l’asile. – on ne sait rien du restaurant, de chez Emmanuel, du paysage lors du voyage en bus. a Donc, un personnage enferme en lui-meme dont seul compte ce qu’il ressent.

II/ Le personnage 1. Absence de description – pas de nom. On apprendra plus tard qu’il se nomme Meursault. La semantique de ce nom peut nous renseigner quant a la suite du roman. En effet, « Meur » rappelle la mer et le meurtre et « sault » le soleil. – Pas de description physique due a la technique du journal. Le lecteur peut ainsi s’identifier au personnage. – Seules les sensations donnent plus de precisions: tactile  » tres chaud », olfactive  » odeur d’essence « , visuelle  » reverberation ». a Il reagit en fonction des sensations. A premiere vue, on pourrait conclure que c’est un homme simple. 2. Ses relations avec les autres

Elles sont marquees par l’indifference et le manque de communication. – indifference par rapport a sa mere: absence d’emotion car il s’attache a l’analyse du telegramme et conclut: » Cela ne veut rien dire. « . Le deuil le derange meme: « affaire classee ». – Avec son patron: relation tendue « pas l’air content ». – Au restaurant: neutralite: « comme d’habitude ». – Avec le militaire: a l’attitude ouverte du soldat, le personnage oppose un mutisme marque: « pour n’avoir pas a parler ». a Un personnage qui centre tout sur lui: absence d’emotions, de communication. III/ Explication de cette attitude 1. les marques temporelles elles font apparaitre l’absurdite de son comportement car elles sont tres nombreuses, on a l’impression qu’il nous livre son programme mais il y a un manque d’enchainement logique qui est renforce par l’utilisation du passe compose. Le personnage a une vision floue du monde. 2. Un style simple. – C’est un enfant: lexique + banalite du style avec verbe introducteur du D. D toujours le meme « dit » + phrases courtes qui montrent une pensee peu elaboree. 3. Un etranger – on note une volonte de respecter les codes sociaux avec modalisateur: « il a fallu » + soucis du respect des usages: « je pourrai veiller », « cravate noire », « brassard ». Mais il reste tout de meme etranger aux sentiments qui accompagne ces codes sociaux car il n’essaye pas de paraitre triste. CONCLUSION Ce texte presente un personnage en l’apparence assez simple mais qui devient plus complexe, notamment par son extreme sensibilite aux sensations et a sa vision confuse du monde qui annoncent le meurtre. On peut rapprocher ce texte de La Condition Humaine d’Andre Malraux a la difference que Meursault est un personnage passif, qui va subir les evenements, alors que Tchen est un homme actif, qui agit pousse par un ideal.