L’etranger d’albert camus

L’etranger d’albert camus

On cherchera à comprendre les raisons du malaise qui saisit le lecteur à la première lecture, mais surtout à en déduire les mplications dans la construction du personnage ambigu qu’est Meursault. ne écriture désincarnée. Oralité apparente du discours. Phrases apparemment très simples. Voir les trois dernières lignes. Écriture parfois sous forme de notes « cela ne veut rien « toujours à cause de l’habitude » « c’était vrai Structure dire » très simple de la phrase : sujet-verbe-complément.

Propositions placées de façon très classique : « Comme il était occupé, J’ai attendu un peu. Marque du journal intime et gage de vérité, pas de soupçon du lecteur. Succession d’actions mécanisées. e premier malaise arrive rapidement. Une succession d’évènements très brève, car les faits sont consignées de la façon la plus épurée possible. Absence frappante de mots de liaison ( asyndètes ) qui crée l’illusion dune succession d’actions mécanisées. « l’asile est à deux km. J’ai fait le chemin à pied. J’ai voulu voir maman tout de suite. Conclusion partielle. Découverte d’une intériorité mais d’une intériorité particulière, qui si elle semble s’offrir au lecteur n’en est pas moins problématique par sa neutralité évidente. Le lecteur se trouve face à un

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genre romanesque inhabituel et perd ses repères. 2 : Absence de descriptions. 2 sont réduits à leurs simples prénoms ou fonction et à leur propos. Seul le directeur de l’asile est légèrement décrit. Les lieux ne pas non plus décrits. Donc les actions n’en prennent que plus d’importance car le récit se concentre sur leur enchaînement.

La personnalité des personnages est passé sous silence, il n’y a aucun signe de psychologie. Une complète objectivité. ‘étude des temps et personnes conduit à parler de focalisation nterne ( chaque événement est vu à travers les yeux du narrateur Cependant, l’absence de description s’accompagne d’absence totale de subjectivité, d’implication personnelle de Il exprime sa pensée et ses choix, mais sans jamais s’impliquer de façon affective. « J’ai dis oui pour ne plus avoir à parler » On ne sait pas pourquoi il ne veut pas parler.

Le lecteur est donc amené à formuler lui-même des interprétations. L’impression de neutralité est totale. Les auto corrections vont dans le même sens, en montrant la volonté ferme de ne dire que le vrai : aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier. Je ne sais pas Être au plus près du réel. On se demande alors le but de ces exigences du récit. Est-ce dans un but réaliste ? Mais l’absence de description tend à évincer ce choix du réalisme. C’est au plus près de la 3 Meursault que cette Isolement du présent de l’indicatif qui semble être la seule référence possible du narrateur. Aujourd’hui » « hier » « demain Les trois instances apparaissent dès les premières lignes. On a l’impression que le narrateur ne peut ni se souvenir, ni se projeter. Disparition de la hiérarchie. Un récit des évènements qui semble s’abstraire de toute échelle d’importance. C’est peut être cette donnée qui est surtout l’origine du malaise. Finalement la date exacte de la mort de la mère est un acte aussi essentiel pour le lecteur que d’expliquer pourquoi Emmanuel a une cravate noire. Les évènements s’enchaînent dans la même linéarité.

Aucune implication personnelle du héros. Au final une impression que le héros ne s’implique jamais dans sa narration, tout est raconté sur le même ton. La narration privée des prolepses, ellipses ou ralentissements, emble plate, machinale et désincarnée. On en vient à se demander si, tout comme sa narration, ce n’est pas à un héros « privé de sens » qu’on a affaire. Il : Un Héros lui aussi désincarné. 4 manifestation de tristesse. Les seuls éléments négatifs relèvent du contexte et des éléments matériels, pas du vécu : « odeurs d’essence ; « j’ai attendu un peu b.

Enfin le dern er paragraphe est choquant : il explique le refus daller voir la mère « l’effort pour aller à l’autobus La présence du tiret après « ça me prenait mon dimanche » accroit encore ce écalage de l’explication peu glorieuse. Plus le narrateur se force à décrypter et expliquer ses actes, plus il semble inhumain. Sentiments uniquement présents chez les autres personnages. Seuls ceux qui l’entourent plaignent cette disparition. Mais ces marques d’intérêt semblent le gêner. La poignée de main l’embarrasse.

Tout contact amical est considéré comme gênant. Une expression réduite au minimum. Absences de modalisateurs. Les seuls commentaires que se permet le narrateur à propos de tout autre chose que la mort de la mère : « j’étais un peu étourdi ( en montant les étages ? 2 : Une logique à part et déstabilisante. Étrange utilisation des connecteurs logiques. La logique de la narration S ncertante. Les quelques dernier paragraphe, « Elle aurait pleuré si on l’avait retirée de l’asile… le « pour cela » est loin d’être évident.

Parce que sa mère est habituée ? Parce qu’elle n’aurait pas voulu sortir de l’asile ? La logique de la réflexion nous échappe et accroît son aspect sordide. La nécessité du lecteur de combler les manques. Un lecteur finalement obligé de combler les manques. Et de rajouter des connecteurs logiques où il ne sont pas. Mais le lecteur ne comble jamais ces manques à l’avantage de Meursault : c’est toujours l’explication la plus négative qui vient l’esprit, toujours l’attitude la plus sordide que l’on comprend. obsession de la lucidité. 3: Les marques implicites de l’affectif. peut être qu’il faut lire son attitude étrange sous un autre angle, et qu’il existe véritablement de l’affectif : la marque d’un choc ? D’un déni ? Qui le ferait réagir étrangement, comme un traumatisme. De la même façon « j’ai voulu voir maman tout de suite » indique un côté précipité, la marque d’un trouble certain. Enfin, le dernier paragraphe, entre les remarques impersonnelles et choquantes, montre cependant un souci de son bien-être.

II n’est pas indifférent au récit des derniers mois de sa mère, fait par le directeur, et l’emploi du terme « maman » et non « mère » reste un indice d’affection. S parle à son parton « ce n’est pas de ma faute » « je n’aurais pas dû dire cela » ou au directeur « j’ai cru qu’il me reprochait quelque chose S’excuser de la mort de sa mère c’est en quelque sorte en faire un événement important. Finalement, on peut omprendre à travers cet incipit qu’on a affaire à un homme qui cherche à se persuader lui, et les autres, qu’il a fait en sorte que sa mère meure heureuse.

Une dimension prophétique. Cet incipit concentre en réalité tous les éléments qui seront retenus contre Meursault lors de son procès. Maladresse dans les justifications à l’internement de sa mère, actions mécaniques, apparente froideur, et le malaise qui rend douteuses les motivations et actions du personnage. Conclusion. Un incipit particulièrement déconcertant. Le lecteur est coupé des codes habituels du genre romanesque, il est placé devant a conscience d’un personnage dont il peine à comprendre le fonctionnement.

Le lecteur ne trouve pas les réactions émotionnelles attendues. Le malaise créé chez le lecteur rend le personnage antipathique. Son refus d’interpréter ses actes n’est pas tant la preuve d’un refus de communication ou d’une dimension « monstrueuse » du personnage, que le refus de ne donner qu’une seule signification à ses actes. Cest au lecteur d’apprécier et de combler les lacunes de la narration, mais aussi de rester ouvert à la différence, et surtout de s’interroger sur cette personnalité déstabilisante.