Les yeux et lerus artifices

Les yeux et lerus artifices

Qu’est ce que les yeux ? Dans l’encyclopedie en ligne Wikipedia, nous pouvons trouver la definition suivante de l » »il : « L » »il, organe de la perception visuelle, permet d’analyser la lumiere afin interagir avec son environnement ». Cependant, l » »il est naturellement et presque universellement le symbole [pic] de la perception intellectuelle. Il faut donc considerer successivement l » »il physique -dans sa fonction de reception de la lumiere- et l » »il du c' »ur -qui recoit la lumiere spirituelle-. D’un point de vue physique … [pic]

Dans le monde animal il existe au moins quarante types d’organes visuels que l’on appelle « yeux ». Cette diversite, pose la question de l’origine de la perception visuelle. Les yeux les plus simples sont tout juste capables de deceler la difference entre obscurite et lumiere tandis que les plus complexes, comme l » »il humain, permettent de distinguer les formes et les couleurs. D’un point de vue linguistique … • Cet organe considere du point de vue de son aspect, de sa forme et en particulier l’iris pour sa couleur : Avoir les yeux bleus.  Cet organe considere comme l’expression du caractere, du sentiment ; regard : Il a l » »il vif. Regard attentif, surveillance, vigilance : Rien n’echappe a l » »il de la mere. Maniere de voir, de comprendre, d’interpreter, etc. : Regarder les

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evenements d’un ‘ »il froid. Voir quelque chose d’un bon ‘ »il, d’un mauvais ‘ »il, de facon favorable, defavorable. L » »il du maitre, vigilance de celui a qui rien n’echappe Mauvais ‘ »il, influence malefique. Familier. Mon ‘ »il ! , marque le doute, le refus (Le Petit Larousse) D’un point de vue culturel …

Les yeux, comme nous le savons, sont le fruit de nombreux artifices et l » »il peut se retrouver metamorphose par le maquillage ou la chirurgie esthetique. Le maquillage dans les societes antiques et actuelles s’applique a toutes les parties du corps et particulierement aux yeux. Influence par les cultures, les modes, il marque une identite, une appartenance qui peut donc passer a travers les yeux et ses ornements. Le maquillage egyptien A l’epoque des Pharaons, tous les Egyptiens se maquillaient. Pas seulement les femmes ou les reines d’Egypte.

Les hommes et les enfants, qu’ils fussent paysans ou pharaons, se maquillaient avec un art rarement egale a cette epoque. Le maquillage servait a la fois de soin et d’ornement. L’apparence etait donc un element essentiel en Egypte ancienne et la couleur avait un role particulierement important aussi car elle etait consideree comme un etre vivant : le terme « youn » signifiait a la fois « couleur » et « caractere d’un etre humain ». [pic] Le maquillage egyptien etait raffine : Les formes, les matieres (mates ou scintillantes), et les couleurs etaient differentes selon les epoques.

Source d’embellissement, il avait aussi une valeur therapeutique. Les fards, des l’Ancien Empire, etaient de veritables soins pour les yeux et la peau. Pendant l’Egypte antique, leurs palettes a ete diversement coloree mais toujours chargee d’une forte symbolique : le vert et le noir ont ete les bases successives du maquillage. Il a etait etablis que si toutes les couches sociales de la population avait pour habitude d’utiliser le maquillage, c’etait afin de s’identifier aux dieux et deesses qu’ils veneraient tous.

A cette epoque, tous les egyptiens de toutes les classes sociales, accordaient enormement d’importance a leurs apparences : Pour leur voyage dans l’au-dela, les notables egyptiens allaient meme jusqu’a emporter leurs palettes de maquillage, leurs trousses de toilettes et tous les elements necessaires a la fabrication des fards. (Nous pouvons remarquer que sur les illustrations antiques, les yeux prennent une place considerable dans le visage, ce qui peut montrer l’importance qui leur est accordee) [pic] Le maquillage gothique

Sensibles a l’elegance, les gothiques arborent un style qui peut paraitre froid et extravagant. Ce mouvement met la couleur noire a l’honneur avec un maquillage qui devient parfois artistique. Ce maquillage consiste a avoir un teint blafard, et le maquillage des yeux fait ressortir la couleur noire pour accentuer l’expression du regard. Etre gothique n’est ni une mode, ni une musique, ni une religion ; Ce sont des pensees, une facon de vivre, une culture artistique, une esthetique vestimentaire mais surtout un etat d’esprit qui refletent leurs ames.

Les Gothiques sont fascines par l’inquietant, l’etrange, le fantastique, les mysteres et les tourments de l’esprit et rejettent la religion en la presentant comme un sujet de discorde. Le mouvement gothique est une reaction a notre societe de consommation actuelle. [pic] Le noir qui est mis en valeur dans les habits et le maquillage, evoque l’etre dans sa dimension la plus sombre et profonde. Les gothiques sont dans un monde ou seule l’ombre compte pour eux.

Le noir est donc mis en avant comme pour dire que cette societe n’est pas faite que de bonheur de strass et de paillettes, que nous sommes tous mortels et un jour nous quitterons cette terre. Le maquillage des gothiques refletent donc totalement leur ames qui elle aussi est sombre : Ils veulent se differencier des autres en essayant de se faire remarquer par manque de confiance en sois ou parfois, du a des problemes psychologiques. (Nous pouvons nous demander si la burka imposee aux femmes musulmanes dans certains pays ne constitue pas une atteinte a l’identite et a l’individualite… ? [pic] La chirurgie esthetique des yeux La chirurgie esthetique des yeux concerne en fait les paupieres. Avec l’age, elles peuvent presenter des gonflements indesirables, ou s’affaisser et donner un regard triste ou fatigue. L’insatisfaction est la raison principale de la chirurgie esthetique destinee a rectifier la forme exterieure d’une ou plusieurs parties du corps, d’une femme mais aussi d’un homme. Dans notre societe, qui confond souvent l’apparence avec l’etre, l’allure generale et l’aspect physique revetent une importance capitale a tous les niveaux de la vie sociale.

Notre culture n’evalue pas les personnes que nous sommes, mais bien la minceur, la jeunesse et l’attraction. La pression qu’exerce la societe sur le patient a atteindre un ideal inatteignable, poussent des millions de personnes, chaque annee, a tenter cette experience. Plusieurs chirurgies coutent des milliers de dollars et certains patients deboursent, pour leur intervention, peu importe le prix. Ces patients ne reflechissent pas toujours avant d’agir, car ils sont tres influencables et determines a atteindre leur but : la perfection. La perfection, cette fausse image que l’on voit a la television et dans les magazines.

Sans meme pouvoir l’admettre, nous portons en nous le fantasme inconscient d’une image corporelle ideale. A la base, il existe donc un stress ou une souffrance, qui peut miner l’estime de soi, compromettre les rapports avec autrui ou meme les activites courantes. Ainsi les yeux forment une veritable reconnaissance identitaire ce qui cependant n’empeche pas les femmes asiatiques de pratiquer des operations sur leurs yeux afin d’en changer la forme. En effet, pour imiter le model europeen, le « debridage » des yeux est une operation assez courante en Chine et au Japon.

Cependant, la forme des yeux est ici la marque concrete d’une appartenance raciale (ainsi que la couleur de la peau etc. ). Cette pratique ne releve-t-elle donc pas d’un renie de civilisation ? Pouvons-nous considerer la forme des yeux comme un caractere identitaire ? Nous sommes tentees de repondre positivement a cette derniere question et d’en deduire une seconde problematique : est-ce que changer la forme de ses yeux c’est etre quelqu’un d’autre ? [pic] Cette derniere implique que les yeux soient le reflet de ce que l’on est, c’est-a-dire, de l’ame…

Mais l’ame d’une personne est-elle reellement sondable ? Peut-on l’isoler, l’analyser et surtout existe-t-il ce « moi » profond que l’on denomme ame ? Pour repondre a ces questions, nous nous appuierons sur une serie de definitions : qu’est ce que l’ame ? Qu’est ce que le reflet (fidele ou deforme) dont il est ici question ? Tout d’abord, selon le dictionnaire Larousse, l’ame est le « principe de vie, de mouvement et de pensee de l’homme, different de l’esprit, concu comme activite intellectuelle et frequemment oppose au corps, du moins dans la tradition judeo-chretienne ».

Siege de l’activite psychique et des etats de conscience de quelqu’un, l’ame est donc l’ensemble des dispositions intellectuelles, morales, affectives qui forment son individualite, son moi profond ; « esprit, intellect, c' »ur, conscience : Connaitre l’ame humaine. Avoir l’ame d’un poete. » Petit Collins Ainsi, selon cette definition, l’ame permet d’acceder a l’essence meme d’une personne. Les differents cultes a travers les ages et les civilisations ont etabli une reelle connexion entre l’ame et les yeux, plus precisement, le regard. En voici quelques exemples : D’un point de vue mythique…  Celui qui a des yeux » designe, chez les eskimos le chaman ; c’est-a-dire le clairvoyant. Les yeux sont identifies aux deux lumieres : le soleil et la lune. Ainsi, traditionnellement, l » »il droit (le soleil) correspond a l’activite et au futur ; l » »il gauche a la passivite et a passe. « La resolution de cette dualite fait passer la perception distinctive a la perception unitive, a la vision synthetique » Dictionnaire des symboles Le caractere chinois « ming » qui signifie lumiere est la synthese des caracteres qui designent le soleil et la lune : «  Mes yeux figurent le caractere ming » lit-on dans un rituel chinois. [pic]

Le troisieme  »il, ‘ »il frontal, correspond au feu : « Son regard reduit tout en cendres », Shiva, le bienfaisant et le plus venere des dieux indous exprime la condition surhumaine : celle ou la clairvoyance atteint la perfection. Il organise le monde et represente les tenebres. [pic] Dans sa representation, il a les yeux mi-clos car il les ouvre lors de la creation du monde et les ferme pour mettre fin a l’univers et amorcer un nouveau cycle. Egalement dit « ‘ »il interieur » ou « ‘ »il de l’ame », le troisieme ‘ »il est une allegorie qui designe, au-dela des yeux physiques, un troisieme regard, celui de la connaissance de soi.

Il represente donc l’introspection et s’assimile avec ce qui rend un etre unique et immortel : l’ame. [pic] Nait donc avec ces croyances, comme celles du bouddhisme qui presente l » »il du Dharma (sagesse) comme un organe de la vision interieur, une distinction entre l » »il-perception du monde et des autres, et l » »il-perception de soi. Ainsi le reflet, c’est-a-dire la representation d’un objet, l’image dans le miroir, peut differer selon l’agent qui l’observe : est ce que l’image refletee est deformee par la vision de l’autre ou est-ce que nous renvoyons aux autres le portrait fidele de ce que l’on percoit de nous?

Et dans ce dernier cas : est ce que ce que l’on percoit de nous meme est conforme avec ce que l’on est ? Comme vous pouvez l’observer, tout passe a travers le regard ; ainsi, ce dernier ne fait pas qu’emettre un reflet mais recoit egalement une image de l’autre et une image de soi. Finalement, l » »il permet trois fonctions : emettre, recevoir et creer. D’un point de vue litteraire et philosophique… [pic] Nous avons donc vu que plus qu’un reflet de l’ame, il existait a travers le regard de reels yeux DE l’ame.

Certains artistes et auteurs se sont empares de ce sujet et illustrent eux-meme le cycle naturel de l’inspiration. Nous nous expliquons : L’artiste voit un objet avec ses yeux, et va imprimer cette image dans son cerveau. Son ame, ayant une sensibilite particuliere, transforme cette image et en creee une representation differente ce qui donne lieu a la production d’une ‘ »uvre. Cette ‘ »uvre, observee par d’autres yeux, imprimera chez l’observateur une image differente de celle concretement observee : germe ainsi une troisieme representation du meme objet et ainsi de suite…

L’artiste produit donc une representation de ce que son ame voit et non pas de ce que son cerveau voit a travers ses yeux. Ainsi, lorsque Therese, le personnage de Jean Anouilh dans La Sauvage dit « j’aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces… Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empechera d’etre heureuse… », Elle se refere donc a un abandon qu’elle n’aura pas lieu de voir, puisqu’elle decide de fermer les yeux mais que son ame confectionne : elle voit avec les yeux de l’ame et c’est ce qui la rend malheureuse : le mal-etre n’est pas autour d’elle mais dans son sein. pic] Pablo Picasso decrete lui que l’ « on devrait crever les yeux aux peintres comme l’on fait aux chardonnerets pour qu’ils chantent mieux ». Cela montre bien que ce qu’il produit ne se trouve pas dans la nature mais en lui et qu’il n’a besoin que de son « ‘ »il interieur » pour creer. Ce qui pose la question suivante : est ce que ce que je percois est la realite ?

Descartes avait deja formule cette question dans Meditations Metaphysiques, lorsqu’il s’accorde a dire « …les paroles toutefois m’arretent, et je suis presque trompe par les termes du langage ordinaire car nous disons que nous voyons la meme cire (exemple de l’auteur pour demontrer sa theorie) , si on nous la presente, et non pas que nous jugeons que c’est la meme (…) d’ou je voudrais presque conclure que l’on connait la cire par la vision des yeux, et non par la seule inspection de l’esprit, si par hasard je ne regardais ‘une fenetre des hommes qui passent dans la rue, a la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes (…) et cependant que vois-je de cette fenetre, sinon des chapeaux et des manteaux, qui peuvent couvrir des spectres (…) et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui reside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux. » La frontiere entre le « vu » et le « cru voir » est donc tres etroite, ainsi, pour certains, les yeux sont traitres (Denis Diderot : « Je suis plus sur de mon jugement que de mes yeux »).

Mais pour d’autres, l’imagination est a la fiction ce que les yeux sont a la realite… Ainsi, St Thomas dit dans le Nouveau Testament : « je ne crois que ce que je vois » et sa volonte est satisfaite. Cependant, avec quels yeux a-t-il vu : ceux de la raison ou ceux de l’ame ? Nous avons pu observer jusque dans les ecrits bibliques la credibilite accordee aux yeux. D’autres auteurs desirant communiquer un enseignement moral utilisent les memes procedes comme Jean de La Fontaine dans ses Fables : « Mais enfin je l’ai vu, vu de mes yeux, vous dis-je ! ou bien Moliere dans Le Tartuffe : « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, Ce qu’on appelle vu […]. » ou encore Rabelais : « Croyez-le, si voulez ; si ne voulez, allez y voir. » Mais certains philosophes comme Platon remettent en question la fiabilite de ce que l’etre humain percoit a travers ses sens et particulierement la vue. Comme par exemple avec l’allegorie de la Caverne dans La Republique : « Un homme sense se rappellera qu’il y a deux sortes de troubles de la vue, dus a deux causes differentes : le passage de la lumiere a l’obscurite et le passage de l’obscurite a la lumiere.

Songeant que ceci vaut egalement pour l’ame, quand on verra une ame troublee et incapable de discerner quelque chose, on se demandera si venant d’une existence plus lumineuse, elle est aveuglee faute d’habitude, ou si, passant d’une plus grande ignorance a une existence plus lumineuse, elle est eblouie par son trop vif eclat. (…) La methode dialectique est donc la seule qui (…) vraiment, tire peu a peu l » »il de l’ame de la fange grossiere ou il est plonge et l’eleve vers la region superieure. » L’auteur etablit ici un etroit lien entre la vue et l’ame, mentionnant d’ailleurs directement « l » »il de l’ame »

En litterature, Oscar Wilde met egalement en scene un personnage trompe par ses yeux, trompe par son ame : Dorian Gray a commis un crime et voit son propre portrait, peint par Basil Hallward, la victime, se transformer progressivement et prendre le visage de l’horreur. « Il le prit (le miroir) (…) les yeux voiles de pleurs, il se mira dans son cercle poli (…) Il se demanda (…) si (…) le portrait n’avait pas change (…) il voulut aller voir. (…) Aucun changement n’etait visible, si ce n’est dans les yeux une expression nouvelle de ruse (…) Il avait pris plaisir autrefois a (…) le regarder vieillir.

Mais, depuis peu (…) ses villegiatures s’etaient passees a trembler qu’un autre ‘ »il que le sien ne vit l’affreux prodige. » Le Portrait de Dorian Gray (1891). Ici, nous pouvons remarquer que les yeux et leurs fonctions sont au centre du recit; par exemple, l’expression de la ruse passe par les yeux. Cependant le personnage craint le regard de l’autre sur la toile ; cette peur n’a pas lieu d’etre puisque le portrait est intact et que ce qu’il voit n’est que le frit de son imagination. Or ce que cree une personne provient de son interieur, de son « moi profond », ce qui nous amene de nouveau au concept de l’ame.

L » »il est donc une frontiere, entre l’espace exterieur et interieur, et c’est cet acces incertain et mysterieux a l’ame d’une personne a travers son regard qui produit l’interet tout particulier qu’on y accorde. Cependant, si le regard reflete l’ame, qu’en est-il des non-voyants ? Et comment montrent-ils leur ame ? Baudelaire emet un point de vue sur le sujet dans ce poeme extrait de Les Fleurs du Mal Les aveugles Contemple-les, mon ame ; ils sont vraiment affreux ! Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ; Terribles, singuliers comme les somnambules, Dardant on ne sait ou leurs globes tenebreux.

Leurs yeux, d’ou la divine etincelle est partie, Comme s’ils regardaient au loin, restent leves Au ciel ; on ne les voit jamais vers les paves Pencher reveusement leur tete appesantie. Ils traversent ainsi le noir illimite, Ce frere du silence eternel. ‘ » cite ! Pendant qu’autour de nous tu chantes, ris et beugles, Eprise du plaisir jusqu’a l’atrocite, Vois, je me traine aussi ! mais, plus qu’eux hebete, Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles Baudelaire fait ici part de son incomprehension face aux aveugles que leur cecite rend difficiles d’acces etant donne que le sens qui cree le premier contact est la vue.

Il l’exprime dans le dernier vers du sonnet : « Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ? » ; or le don de yeux aux non-voyants ou a ceux qui ont perdu la vue releve souvent du miracle de Dieu apres une bonne action, comme Lucie, vierge de Syracuse qui s’arracha les yeux pour les faire parvenir a son fiance et les retrouva quelques temps plus tard. Peut-on peut voir ici une allusion aux mythes judeo-chretiens ? (Representation de Lucie avec ses yeux dans une assiette) [pic] [pic] Representation de la Parabole des Aveugles par Pieter Brueghel

Nous pouvons observer, cependant, que l’auteur demande a son ame de voir les aveugles : nous rencontrons la meme idee de la contemplation par l’ame que l’on peut retrouver chez les auteurs de la litterature mystique comme St Jean de La Croix qui propose dans Canciones del Alma un poeme sur l’acces a Dieu, et donc au bien, a la verite par l » »il de l’ame, ( car selon eux, notre monde n’est qu’un reve et Dieu est la seule source reelle et ultime d’ou surgissent toutes les choses): Nuit obscure (extrait) Dans cette nuit de joie secretement, nul ne me voyait mes yeux ne voyaient rien qui soit ‘allais sans autre lumiere Que celle en mon c' »ur qui brulait [pic] St Jean de La Croix montre ici un abandon sans limites a Dieu. La lumiere qui brulait en son c' »ur montre qu’il est guide no par ses yeux mais par sa foi et par l’elevation de son ame vers Dieu ; car sa vue constitue ici un sens anesthesie par l’absence de lumiere et donc inutile pour voir Dieu. Platon insiste egalement sur cette notion : « Penses-tu qu’il soit etonnant qu’un homme qui passe des contemplations divines aux miserables choses humaines ait mauvaise grace et paraisse tout a fait ridicule (…) ? La poesie arabe et persane associe l » »il, dans ses multiples metaphores, ax notions de magie, de danger : le mauvais ‘ »il est une expression tres repandue dans le monde islamique, symbolisant la prise de pouvoir sur quelqu’un ou quelque chose par envie et avec une intention mechante. L’appellation « mauvais ‘ »il » vient du fait que l’envieux utilise son ‘ »il pour « envouter » quelqu’un. . [pic] (Pendentif pour eloigner le mauvais ‘ »il : la main chasse l » »il) Le Prophete aurait dit : « Le ayn’ (l » »il) est une realite.

Je me refugie aupres de Dieu contre le mal que fait l’envieux, quand l’envie le possede. » Chez les Scioux, peuple indien d’Amerique du Nord, « l » »il du c' »ur, c’est l’homme voyant Dieu mais aussi Dieu voyant l’homme ». En effet, jusque dans la religion chretienne, le Dieu omniscient grace a son ‘ »il divin qui voit tout est un argument de poids pour prevenir les debordements des croyants : ils sont surveilles, vigiles. [pic] En conclusion, l » »il permet de voir et de montrer l’ame.

Il est etroitement lie a cette derniere car souvent interferent l’un avec l’autre. On peut aussi distinguer deux sortes d’yeux : les yeux concrets et les yeux de l’ame qui amenent une dimension mystique a ces derniers. [pic] « Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler ! » Louis Poirier [pic] ———————– L » »il d’Horus est egalement symbolique de la mythologie egyptienne : dans un combat avec Seth, le Dieu des Morts, il aurait perdu un ‘ »il, d’ou la representation d’un ‘ »il unique.