Les relations internationales de 1871 1914

Les relations internationales de 1871 1914

Resume Les relations internationales de 1871 a 1914 Pierre MILZA Annee 2004-2005 Institut universitaire de hautes etudes internationales, Geneve Table des matieres Introduction 4 PREMIERE PARTIE : 5 De la preponderance allemande a l’hegemonie europeenne 5 1. L’Europe bismarckienne 5 L’EUROPE EN 1871 5 La preponderance allemande 5 La France 5 La Russie 5 L’Autriche-Hongrie 6 L’Italie 6 La Grande-Bretagne 6 LE PREMIER « SYSTEME » DE BISMARCK (1871-1878) 6 L’execution du traite de Francfort 7 « L’entente des Trois Empereurs » 7 La crise franco-allemande de 1875 7 La crise balkanique (1875-1878) 8

Le congres de Berlin (juin-juillet 1878) 8 Les consequences du congres de Berlin et la fin du premier « systeme » de Bismarck 9 LE SECOND « SYSTEME  BISMARCKIEN » 9 L’alliance austro-allemande 9 Le nouveau traite des Trois Empereurs 9 La Triple-Alliance (1882) 10 La crise balkanique 11 La crise franco-allemande 11 L’elargissement et l’apogee du systeme bismarckien 12 2. L’hegemonie europeenne 13 CAUSES DE L’EXPANSION EUROPEENNE 13 La poussee demographique 13 Les preoccupations economiques 13 Le developpement du sentiment national 13 Les preoccupations strategiques 14 Les oppositions 14

EFFACEMENT DES CONCURRENTS DE L’EUROPE 14 Les Etats-Unis 14 Le Japon 14 L’ESSOR ET LE HEURT DES IMPERIALISMES 15 L’affaire tunisienne 15 La rivalite franco-anglaise en Egypte 15 Rivalites coloniales en Afrique Noire 16 La rivalite anglo-russe en Asie centrale 16 La rivalite franco-anglaise en Indochine 16 Un tournant de la vie internationale 17 DEUXIEME PARTIE : 18 La fin de l’Europe bismarckienne et l’avenement de la « politique mondiale » (1890-1907) 18 3.

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Conditions nouvelles de la vie politique internationale 18 UNE NOUVELLE CONJONCTURE ECONOMIQUE 18 LES TRANSFORMATION DEMOGRAPHIQUES 19

L’EXASPERATION DU SENTIMENT NATIONAL 19 4. La liquidation de la Politique Bismarckienne 19 LA CHUTE DE BISMARCK 20 L’ALLIANCE FRANCO-RUSSE 20 L’abandon du traite de Contre-Assurance 20 La conclusion de l’Alliance franco-russe 20 La ratification 21 LE RAPPROCHEMENT FRANCO-ITALIEN 21 5. Le heurt des imperialismes europeens et la montee des jeunes puissances 22 LE CHOC DES IMPERIALSIMES EUROPENS 22 La question d’Orient 22 La rivalite franco-anglaise 23 La rivalite anglo-allemande 23 Les imperialismes en extreme-Orient 24 La premiere crise marocaine 25 LA MONTEE DES CONCURRENT DE L’EUROPE 25

L’eveil de l’imperialisme americain 26 Le Japon 26 6. Naissance de la Triple-Entente 27 L’Entente cordiale 27 Evolution de l’alliance franco-russe 28 La Triple-Entente 28 Troisieme partie : 30 Les epreuves de force et la course a la guerre 30 Situation generale 30 7. La crise bosniaque (1908-1909) 30 Les origines de la crise 30 L’annexion de la Bosnie-Herzegovine 30 La crise 31 Les consequences de la crise 31 8. La seconde crise marocaine 32 Les origines de la crise 32 La crise d’Agadir 32 Les consequences de la crise 32 9. Les conflits Balkaniques de 1912-1913 33 La Situation dans les Balkans 33

La premiere guerre balkanique (octobre 1912 – mai 1319) 33 La seconde guerre balkanique (26 juin – 10 aout 1913) 34 10. La crise de juillet 1914 34 LA SITUATION INTERNATIONALE EN 1914 34 Les rivalites internationales 35 Le resserrement des alliances 35 La course aux armements 35 La crise 36 Conclusion 37 Introduction L’annee 1871 et le traite de Francfort qui met fin a la guerre franco-allemande consacrent la preponderance du Reich sur le continent. Bismarck va pendant 20 ans tenter de maintenir un statu quo favorable a son pays. Les annees qui suivent la guerre 1870-1871 marquent aussi le debut de l’apogee europeenne.

Les grandes explorations, l’occupation de vastes territoires non exploites, la penetration economique des vieux empires, les progres de l’evangelisation, sont les manifestations de la volonte d’expansion europeenne. Tant que la colonisation demeure inachevee, les rivalites imperiales ne sont pas trop explosives. L’expansion coloniale peut meme apparaitre comme une « soupape de surete » propre a attenuer les tensions coloniales. A partir de 1890, les RI se trouvent profondement modifiees. Tout d’abord, l’avenement de Guillaume II en Allemagne provoque le depart de Bismarck.

En quelques annees, tout le systeme mis en place par ce dernier se decompose et la France parvient a rompre l’isolement. L’Allemagne s’engage a son tour dans la voie de la colonisation et de la penetration economique. Mais le Reich n’est pas seul a vouloir etendre son influence a la planete. Une tres severe competition economique stimule les rivalites entre les grandes puissances. Les grandes puissances du Vieux Continent vont egalement pour la 1ere fois trouver devant elles des concurrents qui s’affirment au fur et a mesure que s’accroissent leurs moyens d’actions : les USA puis le Japon.

C’est l’abandon de la diplomatie bismarckienne, jugee par Guillaume II trop europeenne qui provoque l’alliance franco-russe et c’est le reglement de questions coloniales qui amorce les rapprochements franco-anglais, franco-italien et anglo-russe, qui favorise donc le demantelement de la Triple Alliance et la genese de la Triple Entente, amenant la division de l’Europe en 2 blocs antagonistes. Si la competition economique demeure l’un des fondements majeurs des conflits, c’est le heurt des nationalismes qui met, en juillet 1914, le feu aux poudres et declenche WWI.

Les annees 1871-1914 sont donc marquees par 2 faits fondamentaux : la preponderance allemande sur le continent et l’hegemonie europeenne dans le monde. WWI sera fatale a cette double preeminence en provoquant la defaite militaire de l’Allemagne et le declin economique du vieux continent face a la montee des USA. PREMIERE PARTIE : De la preponderance allemande a l’hegemonie europeenne 1. L’Europe bismarckienne L’EUROPE EN 1871 La preponderance allemande Bismarck avait toujours pense qu’une guerre contre la France etait necessaire a l’achevement de l’unite allemande.

Domination du nouvel empire en Europe apres la guerre : 1) Demographie : excepte la Russie, c’est le pays le plus peuple d’Europe 2) Industrie : essor apres la guerre grace a main d’? uvre abondante, richesse du sous-sol (Charbon), indemnite de guerre versee par la France 3) Militaire : possede la meilleure armee terrestre du monde 4) Volonte de puissance, existence d’une cohesion et d’un orgueil national 5) Vertus traditionnelles allemandes : sens de la discipline et du devoir, gout de l’organisation, esprit d’entreprise. ) Le chancelier n’est responsable que devant l’empereur et non le Reichstag et dispose donc d’une initiative plus large, a l’ecart des fluctuations de l’opinion publique La France La guerre de 1870-71 a coute a la France la preponderance qu’elle avait exerce sur le continent, en raison de : 1) Pertes materielles et humaines 2) Cout financiers des operations militaires + indemnite de guerre (5 milliards) 3) Occupation d’une partie du territoire 4) Perte de l’Alsace et de la Lorraine (provinces industrielles tres riches) Cependant, la France va rapidement sortir de la crise et reconstituer une force militaire.

La defaite aura provoque un renouveau du sentiment national, l’armee devient un veritable culte, une forte vague nationaliste deferle sur le pays (mouvement boulangiste, etc. ), ce qui suscite des craintes de la part de Bismarck. La Russie La Russie est le pays le plus peuple d’Europe et possede d’immenses ressources naturelles. Cependant la Russie possede certaines faiblesses : 1) Nation presque exclusivement agricole 2) Force militaire n’est pas en rapport avec son potentiel (exiguite des ressources budgetaires, manque de cadres, insuffisance des moyens de transports, qualite inferieure de l’armement) ) Agitation des minorites nationales (notamment Polonais) Buts de sa diplomatie : acces a la Mediterranee pour assurer le controle des detroits et une expansion territoriale a travers la peninsule balkanique (en se posant en protecteur des population chretiennes des Balkans). Se heurte aux interets de la GB et de l’AH. L’Autriche-Hongrie Les faiblesse de l’AH : 1) Difficultes liees aux differentes nationalites (Tcheques, Roumains, Italiens, etc. ) Vienne est particulierement inquiete concernant les Serbo-Croates du Sud (« Slaves du Sud ») qui regardent en direction de la Serbie (cette erniere voulant rassembler tous les peuples de race slave). 2) Est essentiellement agricole 3) Moyens militaires modestes et effectifs mediocres Buts de sa diplomatie : limites, a savoir l’etablissement d’une sorte de protectorat sur les peuples des Balkans liberes du joug ottoman (se heurte a la Russie) L’Italie En 1871, l’Italie vient a peine d’achever son unite. 1) L’Italie possede un retard dans le domaine economique (pauvrete en ressources energetiques et minerales, faiblesse des moyens de transport, manque de capitaux) = pays rural ) Effectifs militaires faibles + difficultes financieres ne permettent pas d’entretenir une flotte de guerre Buts de sa diplomatie : ambitions limitees en raisons de ses faiblesses : volonte de reunir les territoires de langue et de sentiment italiens (Trentin et Trieste) encore sous domination etrangere (sous joug autrichien) = terres « irredentes ». Il s’y ajoute bientot une volonte de s’etendre en Mediterranee et de participer a l’expansion coloniale. Cependant en raison de ses faiblesses, l’Italie est contrainte de chercher des alliances, difficiles a trouver en raison de son poids minime.

Ses visees irredentistes et les ambitions balkaniques se heurtent a l’hostilite autrichienne, tandis que toute action en Mediterranee trouve devant elle les ambitions de la France. La Grande-Bretagne C’est la premiere puissance economique du monde (fondee sur le charbon), qui a l’empire colonial le plus vaste et la flotte de guerre la plus redoutable et jouit d’un sentiment de securite (ile). Buts de sa diplomatie : maintenir en Europe continentale l’equilibre des puissances, s’assurer de larges marches exterieurs (debouches + approvisionnement), ne souffrir aucune menace a son hegemonie navale.

LE PREMIER « SYSTEME » DE BISMARCK (1871-1878) Pour Bismarck, l’achevement de l’unite allemande, la proclamation de l’Empire et l’annexion de l’Alsace-Lorraine lui semblent suffisantes et il ne manifeste aucun desir de pousser plus en avant l’expansion territoriale de l’Allemagne. Il entend seulement maintenir sur le continent un statu quo territorial favorable a son pays. Or, il est persuade qu’un jour la France va vouloir se venger. Cette preoccupation est au centre de la construction politique que le chancelier allemand va s’efforcer de mettre en place, afin d’isoler la France.

L’execution du traite de Francfort Celui-ci impose a la France une indemnite de 5 milliards et le maintien de l’occupation allemande jusqu’au paiement. Pour Bismarck, le versement de cette indemnite est le meilleur moyen de retarder le relevement francais mais pense que la France ne va pas payer entierement et va donc laisser planer la menace de guerre preventive pendant quelques annees. Le paiement de la dette marque une detente dans les relations franco-allemandes. « L’entente des Trois Empereurs » Bismarck veut negocier une alliance avec d’autres puissances pour maintenir le statu uo europeen et isoler diplomatiquement la France. 1) L’Autriche-Hongrie : apres la defaite de Sadowa en 1866, l’Allemagne ne va pas humilier l’Autriche en annexant des territoires imperiaux. Le nouveau ministre des affaires etrangeres de Vienne abandonna toute idee de revanche, en se detournant vers les Balkans, tirant profit de la dissolution de l’empire ottoman. Bismarck va l’encourage dans cette voie. 2) La Russie : il n’existe pas de contentieux russo-allemand. Les liens economiques entre les 2 sont meme importants. Le seul probleme, c’est l’appui de Bismarck donne a l’AH concernant les Balkans.

Cependant il convint Alexandre II en utilisant l’argument de la solidarite monarchique en face de la France republicaine et agressive. Ainsi se noue en 1872-1873 « l’Entente des Trois Empereurs » qui isole diplomatiquement la France et qui prend la forme d’une serie de conventions entre les 3 puissances : 1) Accord germano-russe : en cas d’attaque d’un des empires par une puissance europeenne, l’autre interviendrait immediatement (= alliance defensive) 2) Accord entre AH et la Russie : s’engagent a se consulter en cas d’ « agression d’une tierce puissances » ou en cas de divergences d’interets.

L’Allemagne puis l’Italie y adherent a leur tour. La crise franco-allemande de 1875 Bismarck accueille mal l’eviction de Thiers et l’arrivee au pouvoir des monarchistes, dont les tendances « revanchardes » l’inquietent. Mais c’est surtout la reconstitution de l’armee francaise qui declenche la crise, avec notamment le service militaire obligatoire qui est fixe a 5 ans. Il pense que la France prepare la guerre. De nouveau, planent des menaces de guerre preventive. La France va alors porter l’affaire sur le plan international et sollicite la GB et la Russie.

Le tsar qui considere qu’une nouvelle defaite de la France entrainerait en Europe une hegemonie allemande sans contrepoids, decide d’intervenir personnellement. La crise prend fin. Bismarck n’avait probablement jamais envisage une guerre, mais voulait simplement intimider le gouvernement francais pour ralentir sa reconstruction militaire. C’est un echec : non seulement la France poursuivit son rearmement, mais en plus l’isolement de la France s’avere etre imparfait. La crise balkanique (1875-1878) Depuis le XIXe siecle, l’Empire ottoman connait un declin.

En 1871, seule la GB reste profondement attachee a l’integrite de l’Empire, seul moyen pour elle de s’opposer a une hegemonie russe en Mediterranee orientale et de controler la route des Indes. La France et l’Allemagne sont indifferentes, tandis que la Russie et l’AH souhaitent tirer profit de la faiblesse de l’Empire turc, pour etablir leur influence dans les Balkans. Les peuples chretiens soumis au joug turc supportent de plus en plus mal la domination ottomane. Certains sont devenus independants et appuient les revendications nationales des minorites encore soumises (Roumanie, Montenegro, la Serbie, tc. ). La Bulgarie et la Bosnie-Herzegovine sont encore soumis a l’autorite du sultan. La Serbie se montre particulierement active, elle developpe en Bosnie et en Herzegovine une intense propagande en faveur du nationalisme. Le meurtre par les Turcs d’un moine d’Herzegovine sera le pretexte d’un soulevement. Des raids contre les populations islamisees sont alors organises. En 1876, l’insurrection gagne les territoires bulgares. L’activite des agents russes (qui encourage les Bulgares a la revolte) a ete determinante. Les Turcs repliquent par de terribles represailles.

L’opinion publique internationale est indignee, mais seuls le Montenegro et la Serbie volent au secours des Slaves opprimes : ils declarent la guerre a l’Empire ottoman. La Russie se montre disposee a intervenir car le controle des detroits depend de la chute de l’Empire turc, mais aussi pour le prestige et par solidarite slave. Finalement, le Tsar fait connaitre son intention de prendre les armes si les puissances ne se mettent pas d’accord pour une action commune aupres du sultan. L’AH n’est pas opposee a une intervention qui lui permettrait de controler la poussee slave dans les Balkans et d’annexer la Bosnie-Herzegovine.

Mais la GB est hostile a tout demembrement de l’Empire ottoman. L’Allemagne n’est pas impliquee dans la crise et Bismarck se contente d’eviter les heurts entre les 2 allies continentaux. Son souci est d’ecarter tout risque de mecontentements susceptibles de chercher une consolation dans l’alliance francaise. Une conference se reunit alors a Constantinople en 1978 : aucune solution n’est trouvee. La Russie decide alors d’intervenir seule. Elle signe une convention avec l’AH du maintien de la neutralite autrichienne en echange de la Bosnie-Herzegovine.

Les Russes traversent alors les Balkans, l’empire turc est envahit des 2 cotes, Constantinople est menacee. C’est a ce moment que les autres puissances s’inquietent. L’AH estiment que les Russes vont trop loin. La GB n’acceptera pas l’installation d’une puissance etrangere a Constantinople. Le tsar du ceder et entreprendre des negociations de paix, qui aboutirent au traite de San Stefano, favorable a la Russie : l’AH se voit confier l’administration de la Bosnie-Herzegovine et il y a la creation d’une « Grande Bulgarie ». Mais la GB n’accepte pas le traite de San Stefano.

Consciente de son impreparation militaire et financiere, la Russie n’insiste pas et accepte la reunion d’un congres destine a modifier les clauses du traite Le congres de Berlin (juin-juillet 1878) Accord entre la Russie et l’AH : la Bulgarie n’atteindra pas la mer Egee et sera divisee en 2 principautes distinctes. Accord entre la Russie et la GB : la Russie s’engage a ne pas pousser plus loin ses conquetes en Asie mineure. L’acte final du Congres modifie les clauses du traite de San Stefano et est beaucoup moins favorable aux revendications des Slaves. La Serbie et le Montenegro maintiennent leur independance mais voient leurs cquisitions reduites. L’AH est autorisee d’occuper et administrer la Bosnie-Herzegovine. Quant a la grande Bulgarie, elle est divisee en 2 principautes. Les consequences du congres de Berlin et la fin du premier « systeme » de Bismarck 1) L’integrite de l’Empire ottoman a subi de rudes atteintes. Il semble destine a un demembrement, non pas au profit des minorites nationales, mais des grandes puissances. 2) Le probleme de la rivalite austro-russe n’a pas ete resolu par le Congres 3) Au cours du congres, une certaine detente s’est manifestee dans les rapports franco-allemands ) Mais surtout, le congres a provoque le mecontentement de la Russie qui a du se contenter de maigres annexions en Asie et renoncer a la creation d’une « Grande Bulgarie » satellite. Elle s’en prend a Bismarck, accuse d’avoir favorise l’AH. Au lendemain du congres, le tsar declare « morte » l’entente des Trois empereurs LE SECOND « SYSTEME  BISMARCKIEN » La crise orientale a montre l’impossibilite de faire coexister officiellement dans le meme reseau d’alliances la Russie et l’AH. Bismarck va donc opter pour l’AH comme base de son nouveau systeme diplomatique, tout en parvenant a maintenir un lien avec la Russie et a attirer l’Italie.

Ainsi l’isolement de la France est maintenu et meme renforce. L’alliance austro-allemande Alors que l’empereur Guillaume Ier favorise plus tot une alliance avec la Russie, Bismarck lui privilegie l’alliance austro-hongroise, car il la juge plus sure, plus efficace et plus proche de l’Allemagne. Contre qui doit etre tournee cette alliance ? Pour Bismarck c’est contre la France, pour Andrassy (AH) contre la Russie. Bismarck finit par accepter le point de vu autrichien et l’empereur finit pas donner son accord a la suite des menaces de demission de Bismarck.

Le traite est signe en 1879. Il prevoit une alliance militaire au cas ou une des 2 puissances serait attaquee par la Russie, la simple neutralite si l’agresseur est une autre puissance. Le traite donnait surtout satisfaction a l’AH. Pour Bismarck, il s’agit avant tout de montrer au tsar les inconvenients de l’isolement et ainsi espere t’il que la Russie reviendra a l’entente des 3 empereurs, en oubliant ses rancoeurs du congres de Berlin. Le nouveau traite des Trois Empereurs Bismarck sait que les interets de la Russie se heurtent en Asie centrale a ceux de la GB.

En cas de conflits germano-russe, Disraeli declare que la GB serait prete a lier son destin a celui du Reich. Mais Bismarck ne songeait pas reellement a obtenir l’appui de la GB. Il esperait en revanche inquieter la Russie pour que celle-ci, craignant un isolement complet, tournat a nouveau ses regards vers l’Allemagne. Il juge egalement improbable que l’autocrate de Saint-Petersbourg, qui haissait le regime republicain, se tourne vers la France. Finalement, Alexandre se montre favorable a un rapprochement. L’eventualite d’un conflit anglo-russe le pousse a obtenir au moins la eutralite des 2 « puissances centrales », a rentrer par consequent dans le systeme bismarckien. L’AH est moins pressee de voir la Russie s’y associer mais par peur de perdre l’amitie allemande finit par ceder. Le 18 juin, un nouveau traite des Trois Empereurs est conclu. Le traite, ne supprime pas la Duplice (alliance austro-allemande), mais s’efforce d’attenuer la rivalite austro-hongroise. Il porte essentiellement sur 3 points : 1) Neutralite des 2 autres puissances si la 3eme se trouve en guerre avec un pays etranger a l’alliance 2) L’AH et la Russie s’engagent a ne pas modifier de facon unilaterale le statu quo dans les Balkans ) Un protocole separe prevoit que l’AH pourra annexer la Bosnie-Herzegovine dont le congres de Berlin lui avait confie l’administration et que la Russie pourra de son cote reunir en un Etat unique les 2 principaute bulgares. Le traite favorise l’Allemagne (qui peut compter sur la neutralite russe en cas de guerre contre la France) et la Russie (garantie contre une intervention allemande ou autrichienne a l’occasion d’un conflit anglo-russe. Seule l’AH ne tire aucun benefice de l’entente, ayant du accepter de tenir compte des interets russes dans les Balkans.

La Triple-Alliance (1882) Le systeme mis en place par Bismarck en 1881 s’elargit l’annee suivante par l’adhesion de l’Italie. Contexte : 1) Des les premieres defaites francaises, les Italiens ont profite du rappel de la garnison imperiale pour s’emparer de Rome et y installer leur capitale. Aussi, le gouvernement italien voit avec mefiance s’installer en France la politique clericale de l’Ordre Moral. Jusqu’en 1877, il craint la pression des catholiques francais sur le gouvernement et la reprise d’une action en faveur du pape.

Il n’est pas etonnant que l’Italie se tourne alors vers Bismarck qui est lui-meme aux prises avec le pontife romain dans le combat engage contre le clerge catholique allemand. 2) Interets economiques : de plus en plus d’echanges avec l’Allemagne. 3) Desir de s’elever au rang de grande puissance : Bismarck apparait comme le grand homme de l’Europe Bismarck a peu de sympathie pour l’Italie, dont il m’eprise la faiblesse militaire et sa duplicite. Pour lui, le seul avantage c’est en cas de conflit europeen, la France soit obligee de proteger ses frontieres alpestres.

Aussi, une alliance avec l’Allemagne entrainerait inevitablement l’adhesion du royaume a la Duplice austro-allemande et condamnerait l’Italie a renoncer aux provinces irredentes : Trentin, Tyrol et Trieste. Le chancelier va alors pousser la France a s’engager en Tunisie, esperant a la fois que cela la detourne de l’Alsace et la Lorraine et aussi se heurte aux ambitions italiennes. La France se rend compte de l’influence grandissante de l’Italie en Tunisie et decide d’envoyer un corps expeditionnaire et obtient grace au traite de Bardo, le protectorat, sans que l’Italie puisse reagir, car depourvue d’armee et de flotte.

Humiliee, l’Italie se dit prete en 1881 d’adherer a la Triple Alliance. Le traite instituant la Triple Alliance est signe le 20 mai 1882. Il est avantageux pour l’Italie, dont l’isolement est rompu et qui se trouve garantie pour le cas ou un retour au pouvoir du parti catholique en France aurait pour effet la remis en question par la France de l’annexion de Rome. Mais le grand beneficiaire est Bismarck qui gagne une alliee contre la France et obtient pour l’AH l’assurance qu’elle n’aura pas a combattre sur 2 fronts en cas de guerre contre la Russie.

La signature de la Triplice marque l’achevement du second systeme bismarckien. L’isolement de la France est total. La Triple Alliance : 1) Si l’Italie est provoquee par la France, les 2 autres parties sont tenues de porter assistance avec toute leur force. 2) Meme obligation pour l’Italie en cas d’une agression non directement provoquee de la France contre l’Allemagne. 3) Neutralite si 1 des 3 puissances est menacee par un non signataire 4) Chacun reserve de prendre part a la guerre, pour faire cause commune avec son alliee. La tension internationale et les amenagements du systeme bismarckien

Mais de nouvelles tensions ne vont pas tarder a surgir La crise balkanique Le nouveau traite des Trois Empereurs n’empecha pas Russes et Autrichiens de chercher a etendre leur influence respective dans les principautes orientales. A partir de 1881, l’AH realise des progres spectaculaires : 1) En Serbie : l’influence de l’AH se developpe. Le prince de Serbie qui meprise son peuple et afin de se maintenir au pouvoir, sollicite l’appui et les subsides de l’AH en echange il s’engage a ne pas conclure d’alliances exterieures sans accord de l’AH 2) En Roumanie, la politique de l’AH est appuyee par la diplomatie allemande.

Le roi Carol (cousin du roi de Prusse) est anime de sentiments amicaux envers l’Allemagne. Il est moins favorable a l’AH mais craint d’avantage encore la Russie. Bismarck met a profit cette situation pour menager un accord entre Vienne et Bucarest. Un traite d’alliance defensive secret dirige contre la Russie est signe en 1883 (la Russie en connait l’existence). 3) En Bulgarie : les Russes au lendemain du Congres de Vienne, ont tente d’imposer leur protectorat. Depuis 1881, le prince est un neveu du Tsar (Alexandre de Battenberg) et laisse les Russes occuper des postes importants.

Devant la resistance de l’opinion publique bulgare, le prince tend cependant peu a peu a se rapprocher des elements nationalistes et proclame en 1885 l’union de la Roumelie et de la Bulgarie, reconstituant ainsi de son propre chef la « Grande Bulgarie » du traite de San Stefano. La Russie va favoriser un complot d’enlevement du prince, qui doit abdiquer. Cependant echec pour la Russie car remplacant proche de Vienne La Russie connait donc des echecs dans les Balkans. En 1887, elle a perdu tous les avantages acquis au congres de Vienne.

En 1887, le Tsar refuse de renouveler le traite des Trois Empereurs. La crise franco-allemande Bismarck appuie toutes les entreprises coloniales de la France pour lui faire oublier l’Alsace-Lorraine et va meme jusqu’a proposer une alliance, mais dans le but d’une brouille franco-anglaise, ce que la France refuse. Bismarck, qui craint la montee du nationalisme en France et notamment l’arrivee au ministere de la Guerre de Boulanger, dissout en 1887 le Reichstag qui refusait une augmentation des effectifs de l’armee et fait voter une nouvelle loi militaire. L’affaire Schn? ele en 1887 marque le point culminant de la crise et la guerre est evitee de justesse, grace au president Grevy qui refuse de suivre Boulanger. Pour les nationalistes francais, l’enlevement de Schn? bele etait une provocation de l’Allemagne dans le but d’accroitre ces moyens militaires et declencher une guerre preventive. L’elargissement et l’apogee du systeme bismarckien Les rivalites entre l’AH et la Russie n’ont cesse de s’accentuer dans les Balkans. La France quant a elle refuse un rapprochement avec l’Allemagne et n’a pas oubliee l’Alsace-Lorraine.

Situation difficile pour Bismarck, car les Russes en raison de leur mecontentement, pourraient se tourner vers la France (menace pour l’Allemagne sur deux fronts). La crise bulgare et la menace de guerre avec la France valorisent l’alliance avec l’Italie, ce dont l’Italie est consciente. L’Italie pose comme condition au renouvellement de la Triple-alliance : 1) garantie de statu quo en Mediterranee dirigee contre une eventuelle extension de la France en Tripolitaine 2) promesse de compensation si AH realise de nouveaux gains territoriaux dans les Balkans. Le traite est renouvele en satisfaisant les exigences de l’Italie : ) Italie et AH : acceptent un statu quo dans les Balkans (avec consultation et compensation si AH est contrainte d’occuper un territoire) 2) Allemagne et Italie : l’Allemagne donnerait son appui militaire en cas de guerre contre la France a propos de l’Afrique du Nord. Avec l’apaisement des relations franco-allemandes, Bismarck souhaiterait ne pas devoir assumer seul ces engagements avec l’Italie. Il encourage donc cette derniere a se rapprocher de la GB (accord anglo-italien) : 1) l’Italie s’engage a soutenir la GB en Egypte. 2) la GB aidera l’Italie a s’opposer a l’occupation de la Tripolitaine, par la France ) volonte des 2 puissances a maintenir le statu quo en Mediterranee. 4) affirme le principe de la fermeture des detroits (dirige contre la Russie, ce qui pousse AH a adherer a l’accord en 1887). Adhesion de l’Espagne aussi. Bismarck ne va pas y adherer pour se laisser une ouverture avec la Russie. Il est inquiet d’un rapprochement franco-russe, dans la mesure ou la Russie est mecontente dans les Balkans et affirme ne pas vouloir renouveler l’Entente des Trois Empereurs. La Russie realise qu’une alliance avec l’Allemagne ne lui sert pas a grand-chose dans les Balkans mais se mefie egalement du egime republicain en France. La Russie va signer en 1887 un « traite de reassurance » (secret) avec l’Allemagne pour 3 ans : 1) neutralite de la Russie en cas de guerre defensive de l’Allemagne contre la France 2) appui de l’Allemagne dans la question bulgare et dans celle des detroits (ce qui n’est pas compatible avec l’alliance austro-allemande). La conclusion du traite de contre-assurance marque l’apogee du systeme de Bismarck. Liee a l’AH et a l’Italie, en contact avec la GB et avec la Russie, l’Allemagne se trouve au centre de la vie internationale.

Mais le systeme est fragile en raison du caractere secret du traite de contre-assurance. NI GB ni AH ne doivent etre au courant concernant les detroits, car inconciliable avec les accords anterieurs. Mais en mars 1890, Bismarck donne sa demission car le nouvel empereur (Guillaume II) trouve le traite de contre-assurance contraire a la Triple-Alliance et refuse le renouvellement. C’est la chute du systeme Bismarckien. Debut de la Weltpolitik 2. L’hegemonie europeenne La superiorite technique et militaire de l’Europe lui permet d’imposer partout sa loi.

Mais quand l’occupation du monde s’acheve, les ambitions europeenne et les rivalites coloniales se confondent. CAUSES DE L’EXPANSION EUROPEENNE Il y a une reprise d’un grand courant de conquete coloniale dans les annees 1870-1880. Quelles sont les causes de l’essor imperialiste ? La poussee demographique Au cours du XIXe siecle, la population s’est sensiblement accrue. Raison : 1) progres de la medecine + hygiene 2) meilleure alimentation 3) revolution des transports qui diminuent les famines Cette explosion demographique va favoriser la conquete coloniale.

Colonies de peuplement : GB : Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zelande. Russie : Siberie. Cependant, la France colonise mais pas d’explosion demographique. L’Allemagne a une explosion demographique mais presque pas de colonisation. Les preoccupations economiques Differents arguments : 1) recherche de matieres premieres (cependant, les produits tropicaux interessent peu l’industrie). Matieres energetiques (epuisement des mines europeennes). 2) recherche de debouches en raison de l’accroissement de la production industrielle et la possibilite limitee d’absorption du marche interieur.

Entre 1873 et 1895, il y a une veritable crise de debouches en Europe. Les prix baisse et l’Europe (a l’exception de la GB) instaurent des barrieres douanieres, ce qui incite a aller voir en dehors de l’Europe. 3) Il y a un enrichissement general en Europe en raison des progres de l’industrie. Les capitalistes europeens cherchent donc a investir sur des marches plus rentables. Le developpement du sentiment national Le XIXe siecle est domine par le nationalisme et la poussee imperialiste en est une des manifestations les plus spectaculaires. Les peuples y voient un moyen d’affirmer leur genie et leur force.

Il y a aussi le desir de repandre la civilisation europeenne, de propager la religion chretienne, etc. Les preoccupations strategiques Mobiles militaires : assurer la securite des communications maritimes grace a une chaine de points d’appuis, permettant le ravitaillement des flottes de guerre (GB la plus sensible a cet argument). Les oppositions Il y avait des opposants a l’expansion coloniale : 1) En Allemagne : Bismarck pensait que pour rester preponderant en Europe, il fallait concentrer son energie uniquement sur le continent. 2) En GB : les liberaux sont peu favorables.

Gladstone imagine deja les futurs colonies se detacher de leur metropole (comme les colonies d’Amerique du Nord). 3) En France : la masse est indifferente ou contre car expeditions coutent cher en homme + argent. Les nationalistes sont contres (car cela detourne de l’A. -L. ), tout comme les radicaux. Les socialistes denoncent l’exploitation des peuples soumis. EFFACEMENT DES CONCURRENTS DE L’EUROPE Jusqu’a la fin du XIXe siecle, l’Europe n’a aucun concurrent. Des problemes interieurs absorbe leur energie : reconstruction est mise en valeur du territoire aux Etats-Unis, modernisation et equipements pour le Japon.

Les Etats-Unis Les USA se remettent de la guerre de secession en 1871 et vont panser leurs blessures pendant 25 ans, en se consacrant a la mise en valeur du territoire, a son equipement ferroviaire et industriel et pour ce faire ont besoin d’une importante main-d’? uvre (immigration europeenne). L’economie se remet lentement. Les immenses prairies deviennent rapidement le grenier a ble et la 1ere region d’elevage du monde. Grace a l’exploitation de leur enormes ressources minieres, a la concentration des entreprises, a la rationalisation du travail, les USA se hissent en 20 ans ai 1er rang des puissances industrielles

Comme il n’y a pas un besoin d’expansion, la doctrine Monroe va etre appliquee jusqu’a la fin du XIXe : maintien de l’independance et garder l’Europe a l’ecart de l’Amerique. Le Japon A partir du milieu du XIXe siecle, le Japon a ete force d’ouvrir ses principaux ports et permettre aux ressortissant des grandes puissances a faire du commerce. En 1868, le systeme feodal est abolit et se transforme en une monarchie constitutionnelle en 1889. Le Japon se lance alors dans une ere de modernisation, en faisant appel a des specialistes etrangers, vite relayes par des techniciens japonais.

Le Japon vise avant tout a preserver sa souverainete, en se donnant les moyens militaires (une puissante marine de guerre est mise en place) et n’a pas au debut de visees imperialistes. L’essor demographique (forte poussee de la natalite) et la prise de conscience des progres accomplis vont stimuler un sentiment national et une volonte de puissance. Cependant, seules quelques positions strategiques sur le Pacifique et sur le continent sont prises pour assurer sa securite vis-a-vis des grandes puissances. En Europe, le Japon n’est pas pris au serieux.

L’ESSOR ET LE HEURT DES IMPERIALISMES Les peuples, eveilles par la RF a la conscience nationale, tolerent de moins en moins d’etre traites en monnaie d’echange et appellent a l’autodetermination. L’expansion des grandes puissances fait donc face a la montee des nationalismes. L’expansion coloniale apparait comme un exutoire, destine a apaiser les tensions europeennes. Bismarck par exemple encourage la France d’aller en Tunisie pour qu’elle oublie l’Alsace-Lorraine. De meme plus tard, Guillaume II qui pousse la Russie en Extreme Orient pour qu’elle oublie les Balkans (chere a l’AH).

L’affaire tunisienne La Russie desirait l’ouverture des detroits afin d’acceder a la « mer libre », politique qui se heurtait a celle de la GB, qui voulait maintenir son hegemonie en Mediterranee. La GB va rencontrer de nouveaux concurrents en Mediterranee : la France puis l’Italie, a 2 endroits strategiques : Suez et le detroit de Sicile (necessaire pour assurer la securite des routes commerciales GB). En Egypte, la GB parvient a evincer les interets francais mais en compensation, elle va lui laisser la Tunisie, au depends des interets italiens.

La Tunisie : le gouverneur veut moderniser le pays, emprunte chez les grandes puissances et est incapable de rembourser et doit accepter la creation d’une commission internationale de la dette. La France, qui a etablit sa souverainete en Algerie veut proteger sa preponderance au Maghreb. Mais elle a 2 concurrents : 1) la GB qui veut occuper des positions cles en Mediterranee 2) l’Italie qui considere la Tunisie comme la « porte ouverte » de son expansion Deux elements vont determiner l’attitude de la France : 1) Bismarck qui encourage la France de posseder des colonies ) la GB qui doit une compensation a la France apres son installation a Chypre et l’achat d’une partie des actions du canal du Suez. Mais l’influence de l’Italie en Tunisie augmentant, la France utilise le pretexte d’une incursion de tunisiens en Algerie et la mort 5 soldats francais pour intervenir. Le 12 mai, le traite de Bardo reconnait le protectorat de la France sur la Tunisie. L’Italie proteste et est desormais determinee a contracter une alliance solide pour eviter de nouvelles humiliations : cela marque le debut de la Triple-Alliance. La rivalite franco-anglaise en Egypte

La GB rencontre en Egypte l’influence de la France (Suez est la cle de la route des Indes) qui depuis Bonaparte a conserve des liens avec l’empire ottoman. L’Egypte, qui depuis 1864 avait entreprit une politique de renovation du pays et de grandioses realisations, a due emprunter a l’etranger, principalement a la France et a la GB. En 1876, les 2 imposerent la creation d’une caisse de la dette publique, geree par 2 controleurs generaux : l’un francais, l’autre anglais. Cette mise en tutelle croissante de l’Egypte va susciter un mouvement de protestation national.

Il y a la naissance de toute une propagande sur le nationalisme arabe et la haine des etrangers. Ceci provoque des desordres. En juillet 1882, plus de 60 chretiens perissent. Ceci va servir de pretexte aux 2 puissances pour envisager une action militaire commune (aussi car on craint que le canal tombe aux mains de nationalistes egyptiens). Mais en France une majorite parlementaire refuse toute intervention et la GB doit agir seule. La GB peut donc imposer sa preponderance en Egypte : le pays est entierement occupe et le controle bilateral des finances egyptiennes prend fin.

Bismarck avait vu juste : cette affaire va empoisonner les relations franco-GB pendant 15 ans. Rivalites coloniales en Afrique Noire A partir de 1880, l’Afrique devient une terre de competition pour les Europeens. Au fur et a mesure de l’avancee de la penetration, les risques de conflits augmentent. On decide donc d’organiser une conference a Berlin en 1884 qui fixe certaines conditions concernant la prise de possessions de territoires non colonises : 1) notification formelle aux autres puissances 2) soumis a une occupation effective ) reconnaissance du principe de commerce dans le bassin conventionnel du Congo, de l’Atlantique a l’Ocean Indien (defendu par Bismarck). 4) reconnaissance d’un Etat international (le Congo), dont la souverainete est assumee par le roi des Belges Cette conference permit d’attenuer les tensions. La rivalite anglo-russe en Asie centrale En Asie, la volonte russe d’expansion vers l’Est se heurte comme a Constantinople aux interets de la GB (s’assurer un acces terrestre au marche chinois, proteger les frontieres de l’Inde).

Parallelement a la poussee russe en direction de l’Inde (en Turkestan), la GB adopte une politique moins intransigeante envers les ambitions balkaniques de la Russie. La Russie, apres ses deboires au congres de Berlin, veut inquieter le gouvernement GB pour le contraindre de lacher du lest concernant la « question d’Orient » (n’a jamais voulu s’emparer de l’Inde). Cette voie est encouragee par Bismarck car : 1) peut tirer avantage d’une brouille anglo-russe 2) l’expansion de la Russie vers l’Est peut desarmer ses tensions avec AH Des negociations s’ouvrent et la guerre est evitee car : ) GB : les detroits etant fermes aux navires de guerre (depuis la convention de 1841), la marine GB ne peut pas attaquer la Russie correctement 2) Russie : une guerre contre la GB augmenterait la preponderance allemande en Europe La rivalite franco-anglaise en Indochine En 1885, la France occupe le Tonkin et etablit son protectorat sur l’Annam. La GB, soucieuse de proteger les frontieres de l’Inde, entreprend la conquete de la Birmanie. La France et la GB ne sont separes que par le Siam, qui occupe le Laos, convoite par la France.

En 1893, des canonnieres francaises operent une demonstration navale conte Bangkok et la GB envisage d’intervenir pour preserver l’independance du Siam, considere par eux comme un Etat tampon. Finalement le Siam accepte d’abandonner le Laos a la France, la France promet de ne pas porter atteinte au Siam et la fievre retombe. Un tournant de la vie internationale L’Europe domine le monde grace au niveau de ses techniques et par sa puissance militaire. L’Allemagne exerce une suprematie grace a ses jeunes forces industrielles, son essor demographique, sa superiorite militaire.

Mais aussi grace a Bismarck qui a tisse un reseau d’alliances. La chute de Bismarck marque d’une periode caracterisee par la primaute des preoccupations europeennes dans les relations internationales et par la preponderance absolue de Allemagne sur le continent. DEUXIEME PARTIE : La fin de l’Europe bismarckienne et l’avenement de la « politique mondiale » (1890-1907) 3. Conditions nouvelles de la vie politique internationale Derniere decennie du XIXe siecle : l’accroissement demographique fournit des contingents de plus en plus nombreux a l’emigration. Apres la depression economique, il y a une phase d’expansion en Europe

UNE NOUVELLE CONJONCTURE ECONOMIQUE Pendant la periode de 1873-1895 : stagnation economique en Europe. Ensuite jusqu’a WWI : periode d’ « euphorie » economique. Raison du renversement de conjoncture : l’exploitation intensive des mines d’or d’Afrique du Sud et la decouverte de celle du Klondyke augmente le stock metallique de l’Europe. • Augmentation des prix, qui stimule la production industrielle : on cherche a accroitre la production, d’ou un effort de concentration des entreprises et modernisation de l’outillage. Apparaissent aussi de nouvelles sources d’energie : le petrole.

Ces ressources energetiques entrainent l’essor des grandes industries. La metallurgie, stimulee par le developpement des chemins de fer, fait un bon en avant. Il y a un changement du classement des grandes puissances industrielles : poussee des USA • La production agricole : augmente grace au developpement des industries chimiques et de la mecanisation • Le developpement des moyens de communications : permet d’augmenter les echanges et ecouler la production croissante Incidences sur la vie internationale : • Aggravation du probleme des debouches (les marches interieurs ne peuvent pas absorber la production).

Apres 1890, les USA et l’Allemagne, grace a leur industrialisation plus recente et la concentration de leurs entreprises, commencent a concurrencer la GB. • Volonte de controler les sources de matieres premieres (seuls les USA sont presque autosuffisants). L’Europe doit chercher hors du continent. A partir de 1890, les possibilites de colonisation se font rares. Les nouveaux venus (Allemagne) voient leurs ambitions limitees. Souvent ils profitent d’une periode de tension internationale pour se faire octroyer des territoires appartenant aux grands pays colonisateurs (Ex : Allemagne dans l’affaire marocaine).

A partir de ce moment, l’expansion va prendre un aspect nouveau : les grandes puissances vont etre attirees par des grands Etats non industrialises de vieille civilisation, jouissant d’une forte population. Om inaugure donc de nouvelles methodes consistant a assurer aux interets economiques des grands Etats industrialises des secteurs d’influence privilegiee. De grandes societes europeennes cherchent ainsi a obtenir un droit de priorite pour la mise en valeur des richesses du sous-sol ou l’autorisation de construire des routes, chemins de fer, etc.

Elles font aussi pression pour obtenir des traites de commerce favorisant l’entree de leurs produits. LES TRANSFORMATION DEMOGRAPHIQUES L’essor demographique connait une acceleration pendant les 2-3 decennie precedant WWI, accelerant par la meme le mouvement d’emigration vers les nouveaux mondes. Les USA passent de 50 millions d’habitants en 1880 a 100 millions en 1914 (une des raisons de leur progres et de la concurrence vis-a-vis de concurrencer l’Europe). Au Japon, la population double en ? de siecle (accroissement naturel), ce qui va resulter peu a peu a lune politique d’expansion.

Il y a donc des modifications dans le rapport des forces entre puissances : en Allemagne puissant essor demographique alors qu’en France il y a stagnation. L’EXASPERATION DU SENTIMENT NATIONAL C’est dans les 1eres annees du XXe que les nationalismes s’affirment avec le plus de forces : 1. Dans les grands Etats multinationaux : les minorites manifestent de + en + leur attachement aux traditions linguistiques, religieuses, etc. , en grande partie en raison du developpement de l’enseignement primaire et l’opposition qui en resulte entre langues « nationales ». Ex : AH (Tcheques, Slaves du Sud, etc. , Empire des Tsars, etc. 2. Dans les Etats de peuplement homogene : volonte d’affirmer la puissance de l’Etat, d’augmenter son prestige et son influence dans le monde, l’orgueil d’appartenir a un peuple actif, sentiment d’etre le « peuple elu », etc. Dans les dernieres annees du XIXe, l’opinion publique joue un role grandissant. Le nationalisme, trouve son appui le plus sur dans les classes populaires. Cet etat de l’opinion publique est lie au developpement des institutions parlementaires, la diffusion de l’enseignement primaire et l’essor de la grande presse quotidienne.

Le fait « national » est donc porte et amplifie par l’opinion publique dont le role ne cesse de croitre a la fin du XIXe siecle (les gouvernements sont influences et ecoutent l’opinion publique, parlementaire et journalistique). 4. La liquidation de la Politique Bismarckienne En juin 1888, Guillaume II devient empereur de l’Allemagne et le vieux Bismarck qui est en desaccord avec lui sur presque tous les points, doit quitter le pouvoir. Guillaume II abandonne le systeme mis en place par Bismarck, qui etait fonde sur l’hegemonie allemande en Europe et veut adopter une politique mondiale (Weltpolitik).

Il veut lancer l’Allemagne dans des entreprises coloniales (elle arrive tard dans le partage du monde) La fin du systeme bismarckien (qui etait probablement necessaire pour donner satisfaction au developpement de l’economie allemande et a l’appetit de grandeur et de prestige du peuple allemand) permet a la France de rompre avec l’isolement : 1) la Russie, dedaignee par Guillaume II, se rapproche de la France 2) la GB, qui s’inquiete des progres de l’Allemagne, signe avec la France le traite d’Entente cordiale en 1904 3) l’Italie, sans quitter la Triple-Alliance, se rapproche de la France a partir 1896.

En 1902 elle promet sa neutralite en cas de conflit franco-allemand Consequence de cette nouvelle politique : isolement europeen de l’Allemagne LA CHUTE DE BISMARCK Bismarck remet sa demission car il est en desaccord avec Guillaume II : 1) Guillaume lui reproche l’echec de l’endiguement des progres de l’extreme gauche 2) Bismarck pense que la puissance allemande reside dans les provinces rurales et aristocratiques de l’est. Or depuis 1871, l’essor industriel a profondement modifie les structures economiques et sociales du Reich et ne correspond plus a l’idee que Bismarck se fait de son pays. ) Les milieux d’affaires commencent a « lacher » Bismarck etant donne qu’il est hostile a l’expansion outre-mer (debouches commerciaux, etc. ) et preferent Guillaume II qui correspond plus aux interets de la bourgeoisie (Weltpolitik). 4) Pour Guillaume II, le traite de contre-assurance avec la Russie est malhonnete vis-a-vis de l’AH. Il se mefie d’ailleurs de la Russie (adopte une politique anti-russe) En Russie, le depart de Bismarck va accentuer le sentiment d’isolement (etait considere comme un obstacle a l’ « agressivite allemande »).

L’ALLIANCE FRANCO-RUSSE La Russie, privee des garanties que lui apportait le traite de Contre-Assurance, se rapproche de la France, 2 ans apres le depart de Bismarck (malgre les repugnances du Tsar vis-a-vis de la republique). L’abandon du traite de Contre-Assurance Guillaume II voulant adopter une politique « claire et loyale » a l’egard de ses allie, decide de ne pas renouveler le traite de Contre-Assurance (qui pose sous la Triple-Alliance une mine que la Russie peut allumer « chaque jours »). La conclusion de l’Alliance franco-russe

L’Allemagne avait fait un mauvais calcul pensant une entente franco-russe impossible. La Russie va changer d’avis car : 1) ses ambitions a l’egard des detroits necessitent un appui en Europe 2) elle commence a regarder vers l’Extreme-Orient et a besoin d’un appui pour se proteger d’une eventuelle action de l’AH ou de l’Allemagne pendant qu’elle sera engagee a l’est (alliance de revers). C’est l’abandon du traite de Contre-Assurance et le renouvellement bruyant et anticipe de la Triple alliance qui va emporter la decision d’Alexandre III.

Le premier accord politique est conclut en 1891 : les 2 pays proclament leur amitie et promettent de se consulter dans le cas ou ils se sentent menaces. Pour la France, ce n’est pas encore une garantie formelle de la fin de son isolement. En 1892, les negociations s’ouvrent pour une convention militaire. La France aimerait : 1) en cas de guerre contre la Triplice, la Russie doit porter tous ses efforts contre l’Allemagne (ennemi principal) 2) l’alliance ne jouerait pas automatiquement en cas de mobilisation de la seule AH Mais la France doit ceder, car pour la Russie, l’AH est l’ennemi principal.

Le 18 aout 1892, est signe une convention militaire franco-russe (secrete) : 1) si la France est attaquee par l’Allemagne ou l’Italie soutenue par l’Allemagne, la Russie intervient 2) si la Russie est attaquee par l’Allemagne ou l’AH soutenue par l’Allemagne, la France intervient 3) la mobilisation, meme partielle d’un des membres de la Triplice entrainerait la mobilisation generale en France et en Russie. La ratification Paris s’inquietait d’etre entraine dans une guerre europeenne pour une simple affaire balkanique, a cause de 3).

La Russie aussi etait plus hesitante que la France. Mais la decision russe va etre influencee par : 1) les besoins d’argent 2) l’attitude maladroite des Allemands qui font une « guerre des tarifs » contre les marchandises russes et qui ont vote de nouveaux credits militaires pour mener une guerre « sur deux fronts ». La convention est donc ratifiee par la Russie en decembre 1893 et par la France en janvier 1894. L’alliance franco-russe met fin au systeme bismarckien. L’isolement de la France est rompu et retablit l’equilibre europeen LE RAPPROCHEMENT FRANCO-ITALIEN

La « question romaine » et la menace que represente la France pour l’unite de l’Italie n’est plus d’actualite, mais les gouvernants italiens l’utilisent encore comme pretexte pour mobiliser la masse contre la France et contracter des alliances continentales. Pourquoi ? Car il existe une rivalite franco-italienne africaine et mediterraneenne. La Triple-Alliance va naitre de l’humiliation subie en Tunisie. Resultat : 15 ans de brouille, une alliance « contre nature », une « guerre douaniere » non pas par haine mais par realisme politique.

A partir de 1896, l’Italie amorce un rapprochement avec la France, car : 1) la catastrophe ethiopienne va la detourner des entreprises coloniales 2) les effets desastreux de la guerre commerciale contre la France vont inciter les milieux d’affaires italiens a faire pression sur le gouvernement pour favoriser un rapprochement 3) les finances desastreuses de l’Italie la poussent a se tourner vers Paris pour des emprunts La brouille franco-italienne etait nee de la question tunisienne. Le rapprochement franco-italien va s’amorcer par le reglement de ce contentieux : ) l’Italie reconnait le protectorat francais sur la « Regence » et recoit en echange des avantages economiques, la reconnaissance d’un statut privilegie pour ses nationaux et le droit pour ceux-ci de conserver leurs ecoles elementaires 2) en 1898 un accord commercial met fin a la guerre des tarifs 3) en 1900, la France accepte de ne pas s’opposer aux visees italiennes sur la Tripolitaine (accord secret). En echange, l’Italie donne carte blanche a la France au maroc. 4) En 1902, est signe un accord (secret, pour ne pas devoir rompre avec la Triplice) : neutralite de l’Italie en cas de guerre franco-allemande

Meme si l’Italie desire rester dans la Triplice, cette derniere semble etre condamnee. 5. Le heurt des imperialismes europeens et la montee des jeunes puissances De 1890 a 1907, les rivalites des grandes puissances se font ressentir moins sur le plan europeen (Alsace-Lorraine, Balkans, etc. ) mais plus sur le plan mondial. Peu a peu, deux pays assez effaces jusqu’a maintenant font leur apparition sur la scene politique mondiale : les USA et le Japon et vont rentrer en rivalite avec les autres puissances des les dernieres annees du siecle. LE CHOC DES IMPERIALSIMES EUROPENS

La question d’Orient Depuis 1876, le pouvoir est exerce dans l’Empire ottoman par un sultan, qui est peu dispose a adopter les reformes du congres de Berlin et qui veut faire durer l’Empire. Il est aussi attache a la foi musulmane et reve d’une entente religieuse entre tous les peuples soumis a la parole du Prophete, ce qui pourrait deboucher sur un rassemblement politique des musulmans. Pour echapper a cela, les populations chretiennes se soulevent contre la domination turque en : 1) Armenie : un mouvement national se constitue peu a peu. Le sultan ecide de massacrer les Armeniens. 2) Crete : apres le congres, le sultan avait nomme un gouverneur chretien, mais a partir de 1896, il redonne l’ile a un gouverneur musulman. Les Cretois se revoltent et les Turcs ripostent par des massacres. La Grece envoie alors des armes sur l’ile et le sultan renomme un chretien mais cette fois-ci, c’est la population musulmane qui refuse de lui obeir. Les massacres recommencent. En avril 1897, la Grece engage les hostilites contre la Turquie et cette derniere qui a raison de leur resistance, envahit la peninsule hellenique.

En mai, une mediation permet de la Turquie d’obtenir un armistice et la Grece doit verser une indemnite de guerre et abandonner toute pretention sur la Crete. Grace a l’intervention anglaise, soutenue par l’Italie, la Crete recoit un statut d’autonomie. 3) Macedoine : apres le congres, la Macedoine devait obtenir un regime autonome mais les turcs ne tiennent pas leurs promesses. La Macedoine souffre de brigandages et de violences. Aussi, elle est l’objet de convoitises de la part d’Etats voisins (Bulgarie) qui entretienne l’agitation contre les Turcs.

En 1896, le sultan repond par des massacres. Pas d’intervention des puissances. L’attitude des puissances : 1) seule la GB a systematiquement soutenue les peuples revoltes 2) la Russie (qui a toujours reve de depecer l’empire), se declare favorable au statu quo, pour avoir les mains libres en Extreme-Orient, ou il y a un autre « homme malade », la Chine. Elle ne veut pas devoir a intervenir en meme temps dans les Balkans. 3) le « desengagement » russe est favorise par l’attitude de l’AH, qui pratique un politique d’effacement en raison de ses problemes interieurs. d’ailleurs, les 2 empereurs se rencontrent pour declarer leur volonte de maintenir le statu quo dans les Balkans). 4) la France et l’Allemagne manifestent une volonte de maintien de l’empire. La GB etant occupee par ses difficultes africaines et le Russie etant engagee en Extreme-Orient, l’Allemagne en profite pour pousser ses avantages. L’Allemagne se voit conceder un reseau ferroviaire de 300km avec le droit d’exploiter les mines aux alentours. Cette concession procure a l’Allemagne des avantages de premier ordre et consacre sa suprematie economique dans l’Empire.

Ceci va envenimer les RI et pour la 1ere fois, la Russie et la GB, devant la menace allemande, ont conscience d’une communaute d’interets. C’est le moment ou la France et la GB entreprennent de regler pacifiquement leurs differends et signent le traite d’ « Entente cordiale ». La rivalite franco-anglaise Depuis le reglement de l’affaire siamoise, les differends anglo-francais se concentrent en Afrique : 1) L’etablissement du protectorat francais sur Madagascar (positionne sur la route des Indes) a indispose la GB. Ceux-ci acceptent le protectorat en echange de la reconnaissance par la France des droits de la GB sur Zanzibar. ) En France, on n’a pas oublie la main mise de la GB sur l’Egypte 3) A partir de 1895 : rivalite au Soudan. La GB est interessee par le Soudan car il commande le regime des eaux du Nil et permet a qui le possede d’avoir l’Egypte a sa merci. En 1885, une revolte musulmane avait chasse la GB. Depuis, la GB a prepare la reconquete du pays et fait reconnaitre ses droits sur la region. Seule la France s’y opposait, car elle voulait relier Dakar et Djibouti. Finalement la France se rend compte qu’une guerre avec la GB, sans appui diplomatique et avec une inferiorite navale risque d’etre desastreuse.

La France recule devant les menaces de la GB et une convention est signee en 1899, ou la France abandonne ses pretentions sur le bassin du Nil (=profonde humiliation). Malgre le vieux traite la liant au Portugal, la GB accepte par la convention de 1898, le principe de partage eventuel des colonies portugaises d’Afrique avec l’Allemagne : s’il est impossible de maintenir l’integrite des possessions africaines du Portugal, la GB recevrait la Mozambique, l’Allemagne le Angola. Rapprochement anglo-allemand ? Plausible, puisque la GB se heurte a la fois aux ambitions africaines de la France et aux visees russes en Extreme-Orient.

En 1901 la GB propose une alliance a l’Allemagne, mais les negociations n’aboutissent pas. La rivalite anglo-allemande Jusqu’en 1890, la puissance de la GB reste intacte, son industrie est la 1ere du monde, sa preponderance reste manifeste sur le plan economique. Or a partir des annees 1890-1900, sa prosperite est de plus en plus menacee par l’adoption quasi generale de tarifs protecteurs a l’importation, instaure par la plupart des grandes puissances pour proteger leurs jeunes industries (alors que la GB est attachee au libre echangisme). Causes de la rivalite : ) concurrence de plus en plus severe de la part des produits allemands 2) rivalite navale : l’Allemagne choisit de constituer une grande flotte de guerre pour mener a bien sa Weltpolitk, ce qui diminue le sentiment de securite de la GB. Face a la montee du peril allemand, que peut faire la GB ? 1) se rapprocher de l’alliance franco-russe et constituer une Triple-Entente 2) negocier avec l’Allemagne concernant la limitation des armements navals Le GB va choisir la solution 2), en raison du contentieux franco-anglais au Soudan et anglo-russe en Extreme-Orient, qui ne lui permettent pas d’envisager une action commune.

De plus, la GB et l’Allemagne n’ont aucune rivalite coloniale. Cependant, l’Allemagne ne s’empresse pas de reponde aux sollicitations de la GB, car elle craint que cela renforcerait l’alliance franco-russe. De plus, Guillaume II se rend compte qu’un rapprochement avec la GB est incompatible avec le desir de faire de l’Allemagne une grande puissance navale. Une alliance avec la GB rendrait le developpement d’une puissante marine de guerre inutile. Les negociations echouent et la GB doit ensuite envisager la solution 1), ce qui va aboutir 2 ans plus tard a l’Entente cordiale.

Les imperialismes en extreme-Orient Dans les dernieres annees du XIXe siecle, on assiste au partage de la Chine en zones d’influence economique et strategique (la Chine n’avait pas de flotte, d’armee organisee et possedant un armement moderne). La guerre sino-japonaise a pour origine la rivalite des 2 empires concernant la Coree, pays sur lequel ils exercent un sorte de condominium. Mais le Japon veut davantage. En 1894, des troubles eclatent (le Japon y est sans doute pour quelque chose) et le Japon decide d’y envoyer des troupes et remplacer le roi par un regent docile.

La Chine envoient alors aussi des troupes. Les Japonais ayant coule un navire chinois, la guerre eclate. La victoire japonaise est foudroyante. En 1895, la Chine n’a ni flotte, ni armee serieuse a opposer le Japon, pret a marcher sur Pekin. La Chine fait appel aux grandes puissances, qui pris de vitesse ne reagissent pas. Seule la GB veut engager une action commune avec l’Allemagne, qui dit que cette affaire ne la concerne pas. Finalement la Chine doit reconnaitre l’ « independance » de la Coree, c’est-a-dire la suzerainete de fait du Japon et payer une indemnite de guerre.

Mais peu a peu, Guillaume II se rend compte de l’existence de la puissance japonaise et le danger qu’elle represente pour les interets de son pays. Il declare alors intolerable les pretentions de Tokyo et est pret a engager une action commune. La Russie y est aussi prete car elle aimerait etendre son influence en Mandchourie, voir en Coree ce qui ne gene pas Guillaume II, car comme cela, la Russie se detournerait des Balkans et rendrait l’alliance avec la France moins utile. En 1895, les 3 puissances (Russie, Allemagne, France) lancent un ultimatum et le Japon doit ceder.

Cette affaire revele surtout l’existence d’un « homme malade », la Chine : 1) la Russie prend l’initiative du demembrement : elle recoit l’autorisation de construire un voie ferree directe vers Vladivostok, d’administrer les territoires traverses et d’y envoyer des troupes. Un traite est conclut avec le Japon pour le partage de la Coree en zones d’influence 2) l’Allemagne utilise le meurtre de 2 missionnaires comme pretexte pour inaugurer le systeme de la cession des territoires a bail. Elle recoit le droit de construire des voies ferrees et le monopole de l’exploitation des mines dans la zone du chemin de fer.

Comme compensation, la Russie recoit Port-Arthur (que le Japon avait du ceder suite aux pressions des grandes puissances pour maintenir l’integrite de la Chine. Le Japon est mecontent et cet evenement sera la cause du conflit qui 6 ans plus tard va opposer le Japon a la Russie). 3) La GB est mecontente car elle voulait maintenir l’integrite de la Chine. Mais des 1898, elle va aussi acquerir des territoires a bail. 4) La France a des interets limites en Chine mais acquiers quelques territoires

Il y aura une nouvelle etape du depecement de la Chine suite au soulevement des Boxers. Des 1899, des missionnaires et commercants europeens sont agresses, suscitant une reaction immediate de la part des puissances par l’envoie d’une armee internationale. La Chine est obligee de payer des indemnites. De plus, les societes secretes sont interdites et elle doit accepter la presence de garnisons europeennes a Pekin notamment. La Russie, va profiter de la situation pour penetrer profondement en Mandchourie et s’orienter vers une sorte de protectorat.

La GB decide de rompre avec son habitude isolationniste pour passer un contrat avec le Japon en 1902 : 1) expriment la volonte de statu quo en Extreme-Orient 2) affirment l’independance de la C