Les pensees de pascal

Les pensees de pascal

VOCABULAIRE (Pensees, 1660) Chair : Pascal designe par ce terme non pas la chair au sens physique du terme, mais l’oppose de l’esprit ; il etablit un lien entre chair et concupiscence. La chair est un  » ordre  » chez Pascal, c’est-a-dire une categorie, un certain rapport au reel. Charite : Amour desinteresse d’autrui inspire par l’amour de Dieu. Orde de la charite est au dessus de l’ordre de la chair, mais aussi de l’intelligence C? ur : (du latin cor, viscere, puis, par extension, siege des sentiments) . Chez Pascal le c? r designe une connaissance immediate, intuitive qui nous donne acces a Dieu directement, mais aussi aux axiomes, aux premiers principes de la connaissance. Le c? ur est la faculte qui nous permet de saisir ce qui est singulier (comme l’intuition chez Bergson) (Pensee 282) Divertissement : tout ce qui permet a l’homme d’oublier sa condition d’etre fini, autrement dit le fait qu’il va mourir. Le jeu, mais aussi le travail, le plaisir, et toutes les activites tres absorbantes sont des divertissements. La passion est aussi un divertissement tres prise. La guerre, et la politique en general , egalement. Pensee 139) Foi : c’est le c? ur qui sent

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
Dieu et non la raison. Voila ce que c’est que la foi, Dieu sensible au c? ur, non a la raison  » (Pensee 278) Grace : secours surnaturel librement accorde par Dieu, ou pardon accorde a l’homme pecheur. La grace est un don gratuit, aleatoire et imprevisible du point de vue de l’homme Imagination :  » superbe puissance, ennemie de la raison « , maitresse d’erreurs et d’illusions, l’imagination nous permet d’echapper illusoirement a notre condition miserable et de vivre une vie irreelle, fausse mais plus exaltante.

C’est l’imagination qui explique, plus banalement, le vertige, auquel meme le plus grands penseurs n’echappent pas (Pensee 82) Ordre : 1) niveau de realite ou plan d’existence (il y a trois  » ordres  » : l’ordre des corps, l’ordre des esprits, l’ordre de la charite 2) Methode geometrique par principe et demonstration. Mort :  » Qu’on s’imagine donc un nombre d’hommes dans les chaines, et tous condamnes a mort, dont les uns etant chaque jour egorges a la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et , se regardant les uns les autres, avec douleur et sans esperance, attendent a leur tour .. Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comedie et tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tete, et en voila pour jamais  » (199 et 210) Passion (et raison) :  » Guerre intestine de l’homme entre la raison et les passions. S’il n’avait que la raison sans passions… S’il n’avait que les passions sans raison… Mais ayant l’un et l’autre, il ne peut etre sans guerre, ne pouvant avoir la paix avec l’un qu’ayant guerre avec l’autre : ainsi il est toujours divise, et contraire a lui-meme. – Cette guerre interieure de la raison contre les passions a fait que ceux qui ont voulu la paix se sont partages en deux sectes.

Les uns ont voulu renoncer aux passions, et devenir dieux; les autres ont voulu renoncer a la raison, et devenir betes brutes (Des Barreaux’). Mais ils ne l’ont pu, ni les uns ni les autres; et la raison demeure toujours, qui accuse la bassesse et l’injustice des passions, et qui trouble le repos de ceux qui s’y abandonnent; et les passions sont toujours vivantes dans ceux qui y veulent renoncer  » (412-413) Pensee :  » Pensee fait la grandeur de l’homme. [… ] L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant.

Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’ecraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’ecraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignite consiste donc en la pensee. C’est de la qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la duree, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc a bien penser: voila le principe de la morale « . Blaise Pascal, Pensees (1660), fragments 347-348, Raison : faculte de l’Universel Son pouvoir doit etre relativise.

La raison, en effet, est discursive : elle ne permet donc pas de saisir ce qui est au dela du discours, l’indicible. La foi depasse la raison mais sans la contredire  » Et c’est sur ces connaissances du c? ur et de l’instinct qu’il faut que la raison se fonde, et qu’elle y fonde tout son discours  » 282 ) Condition humaine :  » Comme je ne sais d’ou je viens, aussi je ne sais ou je vais ; et je sais seulement qu’en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le neant, ou dans les mains d’un Dieu irrite, sans savoir a laquelle de ces deux conditions je dois etre eternellement en partage  » Pensee 194

Temporalite :  » Nous ne nous tenons jamais au temps present. Nous anticipons l’avenir comme trop lent a venir, comme pour hater son cours; ou nous rappelons le passe, pour l’arreter comme trop prompt: si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas notres, et ne pensons point au seul qui nous appartient; et si vains, que nous songeons a ceux qui ne sont plus rien, et echappons’ sans reflexion le seul qui subsiste.

C’est que le present, d’ordinaire, nous blesse. Nous le cachons a notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agreable, nous regrettons de le voir echapper. Nous tachons de le soutenir par l’avenir, et pensons a disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps ou nous n’avons aucune assurance d’arriver « . Blaise Pascal, Pensees (1660), fragment 172, .