les mains libres

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FICHE I UNE ÉTUDE DE CAS… LES MAINS LIBRES DE PAUL ELUARD ET MAN RAY Du trait à la ligne écrite . Réceptions et interprétations (Terminale L) Miguel Degoulet et Claire Sani, académie de Nantes ES MÉTAMORPHOSES DU TEXTE ET DE L’IMAGE À L’HEURE DU NUMÉRIQUE : QUAN 97 FICHE NO 13 NNE À VOIR p g Du trait à la ligne écrite : Réceptions et interprétations (Terminale L) • Niveaux et thèmes de programme Programme de Terminale domaine d’étude « Littérature et langage de l’image » : Les Mains libres de Man Ray et Paul Éluard. • Problématique

Quel rapport s’instaure entre le texte et l’image dans Les Mains libres : les poèmes d’Éluard ouvrent-ils ou ferment-ils l’interprétation des dessins de Man entre l’image et le texte ; 2. entrer dans l’analyse ; 3. construire une lecture personnelle grâce au groupe, aux échanges en groupes, aux interactions personnelles. • Pistes d’évaluation Le travail effectué dans l’ensemble de la séquence sera évalué lors d’un traditionnel exercice « type baccalauréat Il est également possible de prendre en compte l’ensemble des productions écrites et orales menées pendant la séquence. Dans ÉDLJ’base (cf. iens et sites utiles page na 105) – Nadja : l’image

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surréaliste (Versailles, Terminale, 2005) ; – Lire Sarrasine de Balzac : prolongements culturels et artistiques (Versailles, ycée, 2011) ; – Réflexions sur une intention, enrichir le vocabulaire des élèves (Versailles, 1re, 2013). ENSEIGNER LES LETTRES AVEC LE NUMERIQUE FICHE 13 DU TRAIT A LA LIGNE ECRITE : RECEPTIONS ET INTERPRETATIONS seance es Mains libres de Paul Éluard et Man Ray est une œuvre particulièrement hybride, coniointement de dessins 2 numérique de travail académique leur a permis de construire pas ? pas une lecture personnelle des Mains libres. ?tablir une pluralité de liens ou d’échos entre l’image et le texte Alors que les dernières œuvres mises au programme pour le domaine d’étude « Littérature et langage de l’image » en classe de Terminale L avaient amené les élèves et les professeurs à l’analyse de l’image cinématographique comme adaptation du texte littéraire, le choix des Mains libres invite à un tout autre regard.

Avec cette œuvre publiée conjointement par le peintre, photographe, réalisateur et donc dessinateur Man Ray et le poète Paul Éluard, es élèves doivent lire une poésie inspirée du dessin. En cela, les deux artistes s’inscrivent dans une tradition très ancienne, qui va de l’ekphrasis aux Salons de Diderot ou encore de Baudelaire. En lisant Les Mains libres, on ne peut s’empêcher de penser qu’Éluard avait en tête le Salon de 1846 de Baudelaire qui, au début du chapitre « À quoi bon la critique ? ?, fournit un écho man’feste à son projet qui associe les formes artistiques Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle, froide et algébrique, qui, sous rétexte de tout 3 entre les dessins de Man Ray et les poèmes d’Éluard ne relève en effet ni de l’illustration, ni de l’adaptation. À partir d’un dessin, Éluard invente des récits, se fait le miroir de Fimage (à la manière de la critique d’art) ou crée à partir de la polysémie de l’image.

Parfois même, dans la plus pure tradition surréaliste, le lien est ténu et le lecteur est bien en peine de comprendre le rapport entre le texte et l’image. Le dessin de Man Ray est donc un déclencheur d’écriture et non pas un modèle qui dicte au poète son texte. Les urréalistes sont habitués à ce rapport et Éluard l’a déj? expérimenté avant Les Mains libres. Il reste cependant à découvrir pour les élèves.

LES METAMORPHOSES DU TEXTE ET DE L’IMAGE A L’HEURE DU NUMÉRIQUE : QUAND LA LITTÉRATURE SE DONNE À VOIR 99 séance 2 DU TRAIT À LA LIGNE ÉCRITE : RÉCEPTIONS ET INTERPRÉTATIONS Entrer dans l’analyse Alors que l’on pourrait être tenté r un cours magistral qu replace l’œuvre 4 illustration). La première activité de lecture que nous menons en classe prend donc pour supports les six premiers dessins seulement. Les élèves doivent livrer leurs impressions en s’interrogeant sur les sens dénotés et connotés ; ils peuvent également chercher un titre et, in fine, dégager quelques thèmes communs aux dessins.

Ils prennent des notes. Cette approche donne lieu à un premier échange oral, spontané et sans interdit. Dans un second temps, on distribue les poèmes d’Éluard et les élèves découvrent alors les différents liens que l’on a évoqués plus haut. On vérifie alors des intuitions, on découvre des textes plus inattendus. La seconde activité propose le cheminement inverse. On distribue ix poèmes suivants : les élèves doivent dire par écrit ce que ces textes évoquent pour eux, quelles images mentales ou imaginaires ils provoquent.

Le nouvel échange oral est très fructueux et les élèves commencent à comprendre la logique à l’œuvre, qui est justement de ne pas toujours en avoir et de laisser parler son imagination. Ce travail Initial de lecture a donné lieu à un premier écrit, destiné à synthétiser les premières impressions de lecture. Chemin faisant, une contrainte a été ajoutée : réfléchir à un moment de ce texte à la phrase de Lautréamont : « La oésie doit être faite par tous. Non par un. » Nous le verrons plus tard : ces textes sont destinés au forum de la classe. ? ce stade de l’analyse, il nous a semblé nécessaire de prendre un temps pour présenter aux élèves le mouvement surréaliste, en passant par les précurseurs S choix didactique du cours magistral se justifie pour nous par le fait que cela n’aurait pas amené les élèves à relire Pœuvre pour elle-même. Néanmoins, le croisement du mouvement, et donc du contexte de production, avec Les Mains libres a bien eu lieu lors d’une première évaluation ur table. 3 Construire une lecture personnelle La suite du travail va s’effectuer pour partie sur l’environnement numérique de travail (dorénavant ENT) et en dehors du cours.

Les deux heures de cours hebdomadaires suffisent rarement pour aborder pleinement les œuvres du programme de Terminale et les enseignants ressentent souvent la nécessité de compléter les cours par des apports de connaissances sous la forme de photocopies – avec une efficacité toujours difficile à évaluer. Il est possible de faire autrement et d’en percevoir plus nettement les effets avec l’ENT. • Ecrlre Nous avons donc proposé aux élèves d’utiliser le forum de l’ENT. Chaque texte a été tapé ou copié sous le fil « Premières Impressions » par les élèves, à la maison ou au lycée.

La lecture des textes a été pour le professeur l’occasion aimerions souligner. Tout d’abord, les textes des élèves se suivent : on peut donc avoir, lors de la lecture des « premières Impressions » un aperçu global de la compréhension et de la réception de l’œuvre, dans sa diversité et sa richesse. par ailleurs, chaque élève a sa place dans le fil. Enfin, chaque texte va pouvoir être continué par un échange : on pourra onc à la fin de l’étude mesurer l’évolution de la perception de l’œuvre par l’élève.

Un autre fil est ouvert lors de la troisième séance : il s’agit pour chaque élève de choisir un poème qui lui a particulièrement posé problème, qu’il juge même incompréhensible. La consigne insiste sur la nécessité de tenter de comprendre ce qui pose des problèmes de lecture – et non d’imaginer ce que le poète a voulu « dire C’est ensuite aux autres élèves de réagi sur le forum et non au professeur : lors de la séance suivante, chaque élève lit les textes de es camarades et entre en dialogue avec Pun d’eux.

Cet exercice oblige chacun à réfléchir sur sa propre lecture et permet aux élèves de construire un discours sur son rapport à rœuvre. • Lire et approfondir Après la lecture intégrale de l’œuvre et l’étude en classe des « seuils » multiples des Mains libres (titre, frontispice de Man Ray, préface de Paul Éluard), les élèves sont amenés à réaliser des exposés. Tous comportent une problématique et des contraintes en terme de corpus, tous amènent les élèves à relire l’œuvre.

Ici aussi, l’exercice par le numérique : aussi mettre à disposition ses notes et son diaporama, le cas échéant, sur PENT- Cela permet aux élèves de mieux se concentrer sur la prestation orale de leurs camarades, puisque la prise de notes est allégée, mais aussi d’être sûrs de pouvoir reprendre à leur rythme un point qui les a intéressés ou a été problématique. Au terme d’une première série de sept exposés, la classe dispose d’une banque de données importante, consultable de chez soi : un atout majeur pour la préparation du baccalauréat !

Au terme de cette première séquence, consacrée à l’œuvre de Paul Eluard et Man Ray, les élèves ont donc été amenés à construire pas à pas une lecture personnelle d’une œuvre assez résistante. L’approche progressive du dessin, puis des textes, la construction permanente de la réception ont permis d’éviter toute réaction négative. 101 BILAN DES USAGES DU NUMÉRIQUE L’usage que nous avons pu faire des outils numériques dans cette première séquence ement fructueux. comme sur la forme. Surtout, au-delà, le forum permet une nouvelle forme d’écrit scolaire dans laquelle le texte de l’élève se trouve encouragé, relancé ar le professeur et prend finalement la forme d’un dialogue. On trouve ici une solution à la frustration qui nait habituellement à la remise des copies, couperet qui dit le « bon » et le « mauvais » sans engager, la plupart du temps, de dialogue ou de remédiation.

Le professeur relance le débat, l’élève reprend son analyse, l’améliore, la fait évoluer. L’échange pourrait ainsi ne pas avoir de fin ; – le partage de documents (textes, chronologies, diaporama etc. ) élargit le temps et l’espace consacrés à la Littérature. L’apport et l’acquisition durable de connaissances sont une nécessité dans l’optique du accalauréat, mais aussi un besoin exprimé par les élèves – qui veulent en savoir davantage qu’en classe de Première.

Le cours magistral son intérêt, mais aussi ses limites : certes, il permet la transmission, mais il est chronophage et surtout ne développe pas des compétences pourtant indispensables (recherche, structuration de l’information des connaissances, reformulation, appropriation). D’un autre côté, exposés « copiés-collés » sont purement stériles, pour ceux qu produisent comme pour ceux ui les écoutent. L’environnement numérique de travail revisi rcice par le partage de g