Les expositions universelles au xixe siecle

Les expositions universelles au xixe siecle

SEANCE 3 : LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES DE 1851 A 1914 Introduction : L’intitule du sujet,  « les expositions universelles de 1851 a 1914 » nous impose d’emblee deux contraintes : la premiere est celle de la definition de l’exposition universelle, et la seconde celle de la justification de telles bornes chronologiques. Selon Dominique Kalifa, les expositions universelles sont des «  exhibitions commerciales, technologiques et industrielles, qui gardent leur donnee initiale de fete, dans laquelle se melent effectivement la vente de produits, le parc d’attraction, et le divertissement. Ce sont des formes de spectacle culturel ».

Pourquoi ,alors, devons nous prendre comme point de depart l’annee 1851 ? En 1851, l’exposition de Londres devient une veritable exposition universelle au sens de Diderot, en ce qu’elle dresse « un tableau general de l’esprit humain ». Des lors, et ce, jusqu’a aujourd’hui, les expositions universelles ne cessent d’avoir lieu. Comment justifier la date de 1914 ? Il semblerait que toutes ces expositions universelles de la seconde moitie du XIXe siecle et du debut du XXe siecle puissent etre regroupees, en ce qu’elles s’inserent dans un contexte commun, qu’elles sont l’emanation d’une epoque.

En effet, ces faits orchestrant la periode etudiee, qualifies de « delire du XIXe siecle » par Flaubert, ne correspondent pas a des faits bruts isoles

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(au sens d’Hegel), mais s’inscrivent veritablement dans une representation historique, caracterisee par le progres economique, technique et industriel, et aussi social par le biais de l’emergence de la culture de masse. 1914 et la fin de la Belle Epoque, avec l’arrivee de la premiere guerre mondiale, comme nouvel enjeu primordial du monde occidental, paraissent mettre fin a une periode florissante et optimiste des expositions universelles.

En quoi alors celles-ci sont-elles des lieux d’echange, mais aussi de concurrence ? Quel role ont-elle eu dans l’acces a la culture donne aux masses ? En quoi sont-elles l’incarnation de la modernite de 1851 a 1914 ? Afin d’y repondre, nous montrerons que les expositions universelles de 1851 a 1914 sont, non seulement les vitrines d’une epoque, en nous attachant a prouver, par la suite, qu’elles sont egalement des vitrines nationales. I. La vitrine d’une epoque empreinte de modernite A. l’exposition universelle, un fruit historique… a. De l’exposition industrielle…

Si l’Angleterre a ete la premiere a entrer dans la revolution economique, des le milieu du XVIIIe siecle, les annees 1950 voient l’aboutissement du capitalisme liberal dans les grands modeles occidentaux. Progres technique et hausse de la productivite entrainent la supplantation de l’entreprise individuelle par la « societe de capitaux ». Ainsi, credit et masse monetaire sont facilites dans leur expansion. La production de masse, permise par le developpement du reseau ferroviaire, promeut la politique industrielle du milieu du XIXe siecle.

Un optimisme grisant s’empare des puissances anglaise et francaise, qui voient leur industrie fleurir. Ces memes puissances ont alors une confiance grandissante en le progres, qu’il soit humain ou technique ; ce qui assoit leur volonte imperialiste. Machine, travail, massification du scientifique et vulgarisation de l’education transforment leur mission colonisatrice en mission civilisatrice. Le progres social semble meme a portee de main pour les Saint-simoniens, comme etant la resultante de la croissance economique combinee a l’action etatique.

En outre, Auguste Comte et ses theses positivistes viennent s’ajouter a cet engouement, en ce qu’il defend la « philosophie des sciences ». >Le contexte mondial, economique, industriel, social et intellectuel est alors propice au developpement des expositions universelles. Il ne s’agit plus de se limiter a une exposition industrielle, comme celle organisee par le Directoire sur le Champs de Mars en 1798 ou encore l’exposition nationale de 1844, mais d’entreprendre de veritables expositions universelles . Leurs principes originaire ? Exposer l’ensemble de la production de toutes les nations. b. …a l’exposition universelle

L’exposition internationale devient une exposition universelle selon Diderot, si c’est « un tableau general des efforts de l’esprit humain ». Si d’autres genres d’expositions ont ete organises depuis le Moyen–Age ( foires medievales, expositions nationales des la fin du XVIIIe, ou expositions coloniales), la premiere veritable exposition universelle est celle de Londres en 1851. Se tenant dans Hyde Park, elle s’etend du 1er mai au 11 octobre. Le Crystal Palace de John Paxton accueille cette Great Exhibition of the works of industry of all Nations, rassemblant plus de 6 millions de visiteurs en 141 jours !

Le monument est specialement erige pour l’Exposition; ce qui nous permet de statuer le passage d’une exposition nationale a une exposition universelle, du fait d’un changement d’echelle considerable. Se presentant sous la forme d’un vaste etal de materiel technique, elle aura pourtant des repercussions sur l’ensemble de la societe anglaise ( rapport au tourisme, regard porte sur l’art et la technique…). Elle montre la victoire du progres sur la tradition, et consacre la modernite, definissant ontologiquement les expositions universelles de la periode. > En 1851, Londres accueille les premieres « olympiades du progres ».

B. …qui marque l’avenement du progres technique… De 1851 a 1914, les expositions universelles sont le miroir de l’engouement de la bourgeoisie intellectuelle pour l’objet technique ( et plus precisement pour la machine), et sa disposition a contribuer au bien etre, et a l’amelioration des conditions de vie. La Fontaine du Progres, placee en 1889 sous la Tour Eiffel est une des allegories qui illustre cet enthousiasme. Ce sont les nouveaux objets techniques qui sont presentes dans le cadre des expositions universelles ; ainsi la reflexion novatrice du couple des industriels et des scientifiques est catalysee.

Ce principe semblerait meme repondre a celui de destruction creatrice chez Schumpeter : pour qu’une exposition ait lieu, il faut que de nouvelles innovations viennent balayer les precedentes. L’exposition devient, par consequent, un espace de prouesse technique, comme en temoigne le tableau des innovations techniques (selectionnees parmi de nombreuses autres) suivant : 1867 Paris kinetoscope d’Edison, bioskope (Max Skladanowski), cinematographe (Freres Lumieres) 1876 Philadelphie Telephone de Bell 1878 Paris Microphone de Hugues, phonographe… 1889 Paris Verre et electricite 892 Bruxelles Concours d’automobiles (portee du moteur de voiture) 1900 Paris « trottoir roulant », omnibus avec moteur a essence, metropolitain… Les expositions deviennent alors, selon l’expression de Dominique Kalifa, des « foires de la nouveaute », avec comme moteur, le progres technique. Empreintes de la gloire de l’industrie et de la technique, ces expositions permettent l’avenement des ingenieurs et de leurs prouesses architecturales. La Tour Eiffel, presentee en 1889, le palais de l’industrie ou encore celui du Trocadero en sont des illustrations parfaites.

Qu’il s’agisse de constructions metalliques permanentes ou ephemeres, elles montrent que l’innovation permise par la revolution industrielle, aboutit a une revolution architecturale. >Ces manifestations rendent compte a un rythme tres regulier des progres techniques, du developpement des arts, des echanges commerciaux, des conquetes coloniales, des changements politiques. C. …et prend la forme d’ une fete des peuples a. Une Fete des peuples, dont le but est de divertir les masses… Malgre leur vocation technique et commerciale, les expositions universelles tapissent l’imaginaire collectif urtout par leurs airs de folklore ( feux d’artifice), et leurs parcs d’attractions. On a donc une visee implicite de divertissement dans ces manifestations, ce qui, des la fin du XIXe, eloigne certaines strates politico-intellectuelles de la societe ; la finalite de loisir de l’exposition etant, pour ces derniers, en contradiction avec sa motivation premiere . C’est seulement en 1908-1914, lors des White City Exhibitions, que le Royaume-Uni integre cette portee ludique dans ses expositions, alors que les attractions permettaient une hausse considerable des recettes, element important pour la ville organisatrice.

Au XXe siecle, cette dimension de spectacle devient largement instituee au sein des expositions universelles. Alors qu’en 1851, seules quelques fanfares etaient presentes, des 1867, avec l’apport de l’electricite, les attractions prennent une place de plus en plus importante au sein de ces manifestations. Elles permettent, en effet, de drainer un large public, tout en eveillant sa curiosite. Des spectacles sont organises comme les corridas ou le «  Far West de la porte des Ternes ». On fait egalement voyager ce public par le biais de diaporamas et de panoramas : on reconstitue des villages ( village javanais).

A Chicago, en 1893, Midway Plaisance ( representant pres de 2 kms) est un espace exclusivement consacre aux divertissements. De maniere plus generale, malgre les reproches faits a cet aspect des expositions universelles de 1851 a 1914, la dimension de loisir se mele a une autre dimension ; il s’agit de « distraire en instruisant ». Tout est ludique : les conquetes scientifiques, seductrices, deviennent un veritable spectacle. (n. b. : il est peut etre important de noter que l’exposition universelle est un champs d’experimentation, de divertissement, et d’apprentissage ideal en ce qu’elle est ephemere, d’ou sa distinction avec un musee. >Document annexe 1 : Le grand jeu du bebe jumeau b. …doublee d’une mission pedagogique ( ecole de tous les savoirs tournee vers le peuple) Les expositions universelles sont la concretisation du triomphe des encyclopedistes, en ce qu’elles representent « un tableau general de l’esprit humain » ( Diderot) alliant enthousiasme et pedagogie. En effet , non seulement beaux-arts et sciences sont couples, mais le savoir technique est egalement vulgarise. On met a la disposition des masses un savoir trop longtemps reserve aux franges elitistes de la population des pays occidentaux.

Cette operation tire sa force de son caractere ludique : la representation rend arts et techniques accessibles par des demonstrations sur le terrain ( fonctionnement devant un public ebahi de machines bruyantes). Les differents discours et temoignages sont des preuves de cette nouvelle preoccupation des masses. Pour certaines de celles-ci, fortes politiquement et socialement du suffrage universel, l’instruction semblait necessaire. D’autres part, les expositions universelles deviennent le siege de congres et de conferences.

En 1867, par exemple, une salle dediee aux conferences est mise a disposition. En 1878, les congres internationaux ont lieu au Palais du Trocadero. Plus encore, en 1869, on consacre ces congres, avec 69 conferences sur des sujets divers et varies (homeopathie, traditions populaires…). Les visites guidees viennent s’ajouter a cette vocation pedagogique : l’EIE (Ecole Nationale des Expositions) permet en 1900 des visites guidees en anglais , en allemand et en russe. Ce processus d’instruction publique a permis de faire de l’education «un nouveau terrain d’exhibition ».

A Vienne en 1873, un modele d’ecole est propose, et en 1878, a Paris, on promeut methodes et materiel d’enseignement. Il est interessant de noter qu’en France, cette mission pedagogique a abouti a la legislation fiscale : les expositions universelles sont « exonerees du droit des pauvres » (= taxe pour les manifestations a caractere de « spectacle »). Il y a donc eu une veritable utilite publique a ces demarches, et l’on peut dire qu’une exposition universelle se doit non seulement de rassembler les objets, mais aussi les peuples.

Ces premieres expositions universelles permettent l’emergence et la cristallisation d’une veritable culture de masse. > un lieu d’echange. Les expositions universelles de 1851 a 1914 sont la manifestation de la suprematie europeenne, alors que s’opere le grand partage colonial. Elles stimulent, d’ailleurs, de maniere competitive et pacifique les pays qui y prennent part. II. …et une vitrine nationale A. Des « catalyseurs de l’emulation nationale »… a. Une joute pacifique etalant industrie et arts… L’exposition universelle permet de omparer sur un meme site des biens et produits homogenes ( de nature identique). Ainsi, entre 1851 et 1914, on peut postuler sur les avancees de telle ou telle production, les defaillances de telle autre. Les expositions de la periode s’inscrivent donc dans ce que Florence Pinot de Villechenon appelle « une course aux records » : il s’agit de faire toujours plus grand et toujours mieux que ce qui a ete expose precedemment. Dans cette optique, les superficies accaparees par les expositions universelles deviennent de plus en plus importantes.

Alors que le site de Londres representait 11 hectares en 1851, celui de Saint Louis atteint les 500 hectares en 1904 ! A Saint Louis encore, est exposee une photographie gigantesque de 14 metres de long, representant la Baie de Naples et du Vesuve ; alors que c’est miroir aux dimensions effarantes qui etonne a Saint-Gobain (1885), et un fromage de dix tonnes a Chicago (1893) ! Chaque exposition decide donc de participer, a travers l’etal de produits toujours plus aboutis, a un joute pacifique. Prix, diplome, medaille ou mention recompensent meme les exposants ayant presente les objets les plus honorables.

Cette remise de prix rythme le calendrier des expositions dans la seconde moitie du XIXe siecle. En 1889, notamment, le nombre de laureats est si grand, qu’on ne peut appeler l’integralite de la liste. Cette emulation pacifique offre aux pays participants la possibilite d’exalter leur industrie, mise en competition face a des concurrents etrangers. Plus encore, elle leur permet de developper un certain patriotisme. >Document annexe 2 : les expositions universelles en chiffre b… qui diffuse un message explicite propre aux ambitions nationales

Comme on vient de le montrer, les expositions universelles de la periode ont pour finalite de presenter les productions industrielles et technologiques les plus novatrices des Etats participants. Chaque pays va donc stimuler le genie de ses savants. Ainsi, en 1876, Bell presente le telephone a Philadelphie, et la television est adaptee a l’usage domestique a New York en 1839. Par ailleurs, le choix de la date de l’exposition universelle est souvent symbolique, rattache a un evenement de l’histoire nationale.

Cet evenement peut etre commemoratif, comme ca a ete le cas lors de l’exposition de Paris, en 1889, qui celebre le centenaire de la Revolution francaise, ou encore a Chicago en 1893, avec la commemoration du quadri centenaire du debarquement de Christophe Colomb en Amerique. Les villes organisatrices font, par consequent, l’objet d’une promotion. Public, duree de l’exposition, et la multitude d’objets exposes permettent de mettre en scene une veritable situation d’elocution dans ces expositions, ou sont transmis des messages assez explicites.

Certes les nations accueillant les expositions universelles de 1851 a 1914 exposent des productions, fruit du cosmopolitisme, mais elles s’exposent egalement, modelant l’image qu’elle veulent renvoyer au monde occidental. B. …ou coexistent paix et affirmations nationalistes a. Une ? uvre de paix … Les exposition deviennent de veritables lieu d’expression de la fierte nationale, exaltee par le renforcement de ces grands empire coloniaux au XIXe siecle que sont la France ou la Grande Bretagne. Toutefois, cette suprematie occidentale, obtenue par les armes, s’inscrit, pour ces expositions universelles, dans un cadre de paix.

Elle donne ainsi a la fierte nationale sa legitimite, en ce qu’elle recherche l’universalite. Les expositions constituent un espace d’harmonie et de joie, permettant la transmission d’un message de paix universelle. Par exemple, la reine Victoria, lors de l’inauguration de l’exposition de Londres en 1851 affirma publiquement sa volonte de participer au maintien de la paix dans le monde. Quant a Napoleon III, il nomme « temple de la paix » le Palais de l’Industrie, dans son discours d’inauguration.

Un repertoire poetique, mettant en scene les liens d’amour entre les hommes, est cree, en guise de celebration de l’exposition de Londres en 1862. On retrouve egalement cet aspect dans l’exposition de 1900 a Paris. Par ailleurs, les echanges entre les peuples sont grandement favorises par les expositions universelles,  qui deviennent la terre promise des relations publiques : Abdel- Kader et quelques chefs arabes font le deplacement a Paris en 1855 ; Louis II de Baviere, Frederic de Prusse, Bismarck et Alexandre II de Russie le feront en 1867.

Neanmoins, si les expositions universelles permettent un tissage de liens entre les peuples, elles sont aussi des opportunites de rapprocher les citoyens d’une meme nation. En France, par exemple, le banquet des maires, evenement republicain institue, date de l’exposition de 1889. b. …et espace d’inscription des nationalismes Comme on a pu le voir, les expositions universelles deviennent le terrain d’affirmation des nationalismes, malgre leur vocation universelle : chaque pays revendique son identite telle qu’il la concoit, tout en la faconnant pour vehiculer internationalement sa particularite.

Si cela est vrai lors de la periode qui nous interesse, ou Grande Bretagne, France, et Etats Unis, entre autres, profitent des expositions qu’ils recoivent pour affirmer leur particularite tout en s’inscrivant dans un contexte occidental commun, cela le sera encore plus par la suite. Il peut etre eclairant notamment de depasser les bornes chronologiques du sujet pour le comprendre concretement. Le cas de l’Allemagne est en effet edifiant a la veille de la seconde guerre mondiale. En 1937, Paris est le miroir de l’affrontement germano-sovietique. L’aigle allemand, surplombant le batiment du Speer, vient defier la masse de marbre sovietique.

C’est ici l’ incarnation d’un nationalisme s’exprimant sous le totalitarisme. Mais, pour en revenir aux dates qui nous preoccupent, on peut deja pressentir ce tournant pris par les expositions universelles dans le XXe siecle a travers des pavillons nationaux, qui souhaitent, pour chacun d’entre eux, s’affirmer tout en se detachant des autres. A Paris, lors de l’exposition de 1900, celebrant la fin du siecle et la Belle Epoque, deux puissances viennent s’affirmer : l’Allemagne et le Japon. D’ailleurs, celles ci ne cesseront d’inscrire leur nationalisme en jalonnant les expositions du reste du siecle.

Le Palais du Reich , malgre une rusticite de son aspect, devoile une prouesse empreinte d’ingeniosite, de travail et de science. Il s’agit pour l’Allemagne d’une veritable « strategie pratique ». Les Allemands, presents en grand nombre, pavent les rue de l’exposition, et les Francais se ruent sur la section d’optique allemande, les etoffes germanique, les laboratoires… C. …A l’image du kaleidoscope occidental de 1851 a 1914 a. La France et sa mission civilisatrice La France est la premiere nation a saisir l’opportunite donnee par les expositions universelles qu’elle accueille.

Elle pose d’emblee comme une patrie melant raffinement et arts, civilisatrice, comme pouvait l’etre la Grece antique. Les autres nations ne semblant pas avoir de predestination aussi forte pour endosser ce role, elle l’accepte, et en fait sa strategie. Les expositions permettent au pays de diffuser une image valorisante d’une Republique preoccupee des droits de ses citoyens, de leurs bonnes conditions de vie, et enfin de leur travail. >Document annexe 2 : Distribution des recompenses a l’Exposition universelle de 1889 b. « L’ Angleterre imperiale »

L’Angleterre, quant a elle, suit une motivation plutot economique dans ses premieres expositions. A l’origine du libre-echange, son objectif repose sur une production industrielle epanouie, et sur l’acquisition de parts de marche toujours plus importantes. Grace a la figure du Prince Albert, elle personnifie l’imperialisme. Ce dernier contribue activement a ces expositions. A cette tradition imperialiste se substituera le mythe d’une vieille Angleterre du temps d’Elizabeth, repris dans quelques expositions americaines. Cette substitution permet une exportation plus aisee du modele britannique. c.

Les USA, ou la jeune democratie industrielle C’est avec une nation vieille d’a peine cent ans que les Etats Unis organisent leur premiere exposition universelle a Philadelphie en 1876. Toutefois, ils trouvent leur unite dans la force de leur democratie republicaine, vehiculee au travers des expositions. C’est une allure classique qu’ils donnent du republicanisme en 1893 a Chicago ( marbre blanc, colonnades…). Les Etats Unis adoptent alors une synthese stylisee, rappelant l’heritage democratique europeen, entre Antiquite et Renaissance. La ville de Washington, avec ses monuments en sont les principaux temoins.

Le pays celebre egalement l’esprit pionnier ( Far West). En effet, a Saint Louis en 1904, on peut voir l’histoire de Buffalo Bill peinte dans des tableaux vivants. > un lieu de concurrence Conclusion : En somme, notre etude nous a permis de montrer en quoi les expositions universelles de 1851 a 1914 etaient l’incarnation la plus aboutie de regimes occidentaux en pleine evolution : en proie au progres sous toutes ces formes, les nations occidentales, constituent, au travers des expositions universelles qu’elles accueillent, un kaleidoscope de la modernite de la periode. Non seulement les expositions leur permettent de envoyer une image correspondant a leurs differentes aspirations nationales, mais elles sont aussi un moyen d’eduquer de maniere ludique les masses, de reconcilier le monde technique et industriel et l’ensemble de la societe. Si elles ont souvent ete analysees en surface, au sens d’Edouard Vasseur dans sa these de 2001, L’exposition universelle de 1867 : apotheose du Second empire et de la generation de 1830, ces cites ephemeres ont pourtant laisse un heritage «indelebile » aux generations suivantes , que ce soit sur le plan architectural, ou bien encore sur la tradition qui perpetue.

Toutefois, elles semblent, et ce depuis 1914, avoir considerablement change dans leur motivation ontologique : l’exposition universelle de Shanghai cette annee, avec comme embleme un caractere chinois symbolisant comprehension, communication union et cooperation, infirmera-t-elle un tel postulat ? Bibliographie : Ouvrages generaux : -REMOND Rene, Introduction a l’histoire de notre temps, t. 2, Le XIXe siecle : 1815-1914, Paris SEUIL ,1974 COLON David, l’Histoire du XIXe siecle en fiches, Paris, Ellipses, 2006 Ouvrages specialises PINOT DE VILLECHENON Florence, Fetes geantes, Les expositions universelles, pour quoi faire , aux editions autrement Sites internet : -http://www. histoire-image. org/site/oeuvre/analyse. php? i=901=1=Expositions%20universelles -http://theses. enc. sorbonne. fr/document67. html -http://www. hls-dhs-dss. ch/textes/f/F13797. php – http://www. crdp-reims. fr/ressources/dossiers/expo_univ/expo_univ. html