Les changes

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LA CULTURE Les echanges I. Quelles sont les formes primitives de l’echange ? 1 2 3 4 5 6 7 La prohibition de l’inceste inaugure une forme d’echange. L’enfant se nourrit des paroles de sa mere autant que de pain. Les langues sont nees de la rencontre amoureuse. L’homme est fait pour vivre en societe. Le troc, un echange d’objets utiles entre plusieurs familles. L’echange de dons reflete la vitalite du lien social. La gourmandise favorise les echanges et la convivialite. C. Levi-Strauss, 59 J. Lacan, 60 J. -J. Rousseau, 61 Aristote, 62 Aristote, 62 M.

Leenhardt, 63 Brillat-Savarin, 64 II. Les echanges economiques peuvent-ils aliener l’individu ? 8 L’usage de la monnaie fit naitre le desir d’en accumuler toujours plus. 9 L’objet perd sa valeur d’usage et prend une valeur d’echange. 10 S’adapter au monde capitaliste, c’est obeir a ses regles. 11 L’ouvrier devient lui-meme une marchandise. 12 L’homme prive de temps et d’argent est un esclave. 13 Le temps vendu en blocs est transforme en marchandise. Aristote, 66 M. Foucault, 67 M. Weber, 67 K. Marx, 68 M. Onfray, 70 G. Debord, 70 III.

Quels echanges pour quelles communautes ? 14 La politesse, un ensemble de regles pour s’accueillir mutuellement. 15

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Eduquer un enfant, c’est l’introduire dans un monde dont on se sent responsable. 16 La parole est une arme redoutable dont il faut faire bon usage. 17 Internet est une structure en reseau sans hierarchie, ni centre. 18 Le marketing, nouvel instrument de controle social. C. Pernot, 73 H. Arendt, 74 Platon, 74 M. Hardt, A. Negri, 76 G. Deleuze, 76 56 G LA CULTURE Les echanges I Quelles sont les formes primitives de l’echange ? Amour, langage, gourmandise

La culture est fondee sur les echanges entre les etres humains. C’est parce qu’ils se parlent, qu’ils commercent, qu’ils circulent, que les individus parviennent a construire une communaute. Il n’y a donc pas d’humanite possible sans echange. Le repli sur soi-meme est toujours le signe d’un refus d’entrer dans la sphere des echanges qui m’oblige a rencontrer l’autre. Quelles sont alors les formes primitives de l’echange ? Quelle est la finalite de cette pratique proprement humaine ? Avant d’etre echange economique, l’echange apparait comme symbolique.

Les echanges ont pour fonction d’affirmer la suprematie de la collectivite sur l’individu. Ainsi il existe une regle culturelle qui oblige les individus a echanger et a quitter par la leur sphere familiale, et cette regle est la prohibition de l’inceste ( Texte 1). Etre oblige de chercher une femme en dehors de sa famille, c’est aussi aller a la rencontre d’une autre famille et s’inscrire dans la culture. Ainsi, se marier, aimer, choisir un partenaire, c’est entrer dans le circuit des echanges. Des la relation primitive entre la mere et l’enfant, l’echange est present, la aussi, sous forme symbolique.

Il n’est pas question seulement de manger et de boire, mais d’etre aime. Ce qui est donne en tout premier lieu, c’est alors, a travers des paroles, de l’amour ( Texte 2). C’est egalement a partir de l’amour que Rousseau concoit l’origine des langues. Ce qui a du faire parler les premiers hommes, ce ne sont pas seulement les besoins, mais les passions ( Texte 3). Le langage, le « logos », fait donc de l’etre humain un etre profondement sociable par nature, un « animal politique » ( Texte 4), qui a besoin de vivre en communaute pour etre heureux.

Et les premiers echanges commerciaux, sous forme de troc, apparaissent justement lorsque la communaute depasse la famille ( Texte 5). Ainsi, on peut concevoir l’echange de biens comme une forme particuliere de l’echange symbolique. Dans les tribus melanesiennes, le don au chef est une forme fondatrice de l’echange social, qui symbolise l’allegeance de chacun a ce chef qui recoit des offrandes ( Texte 6). Les hommes, meme lorsqu’ils echangent des biens a consommer, ne cherchent pas seulement a satisfaire des besoins vitaux, mais aussi et surtout a satisfaire des desirs.

Le gout et la gourmandise sont ainsi des facultes qui favorisent les echanges culturels ( Texte 7). 58 G LA CULTURE I. Quelles sont les formes primitives de l’echange ? 1 « La prohibition de l’inceste n’est instauree que pour garantir et fonder un echange. » une interdiction C 5 une prescription 10 15 une regle de reciprocite 20 25 30 un echange onsideree comme interdiction, la prohibition de l’inceste1 se borne a affirmer, dans un domaine essentiel a la survie du groupe, la preeminence du social sur le naturel, du collectif sur l’individuel, de l’organisation sur l’arbitraire.

Mais meme a ce point de l’analyse, la regle en apparence negative a deja engendre sa converse2 : car toute interdiction est en meme temps, et sous un autre rapport, une prescription. […] […] l’aspect negatif n’est que l’aspect fruste de la prohibition. Le groupe au sein duquel le mariage est interdit evoque aussitot la notion d’un autre groupe, […] au sein duquel le mariage est, selon les cas, simplement possible, ou inevitable ; la prohibition de l’usage sexuel de la fille ou de la s? ur contraint a donner en mariage la fille ou la s? ur a un autre homme, et, en meme temps, elle cree un droit sur la fille ou la s? r de cet autre homme. Ainsi, toutes les stipulations3 negatives de la prohibition ont-elles une contrepartie positive. La defense equivaut a une obligation ; et la renonciation ouvre la voie a une revendication. […] La prohibition de l’inceste n’est pas seulement […] une interdiction : en meme temps qu’elle defend, elle ordonne. La prohibition de l’inceste, comme l’exogamie4 qui est son expression sociale elargie, est une regle de reciprocite. La femme qu’on se refuse, et qu’on vous refuse, est par cela meme offerte. A qui est-elle offerte ?

Tantot a un groupe defini par les institutions, tantot a une collectivite indeterminee et toujours ouverte, limitee seulement par l’exclusion des proches, comme c’est le cas dans notre societe. […] c’est qu’a partir du moment ou je m’interdis l’usage d’une femme, qui devient ainsi disponible pour un autre homme, il y a, quelque part, un homme qui renonce a une femme qui devient, de ce fait, disponible pour moi. Le contenu de la prohibition n’est pas epuise dans le fait de la prohibition ; celle-ci n’est instauree que pour garantir et fonder, directement ou indirectement, immediatement ou mediatement, un echange.

Claude LEVI-STRAUSS, Les Structures elementaires de la parente, p. 56-65, PUF, 1949, © Claude Levi-Strauss. 1. Prohibition de l’inceste : interdit portant sur les relations sexuelles entre membres d’une meme famille. 2. Converse : contraire. 3. Stipulations : conditions. 4. Exogamie : pratique consistant a se marier en dehors de sa famille ou de sa tribu. Question En quel sens la prohibition de l’inceste est-elle fondatrice des echanges ? Biographie C. Levi-Strauss ® 284 Reperes Obligation(/Contrainte) • Possible (/Necessaire/Contingent) ® 286 59

Les echanges 2 « Le don-type, c’est justement le don de la parole. » S le don, symbole de l’amour 5 l’ordre symbolique 10 15 l’objet, signe du don le don de la parole 20 oumettons-nous a cette voie qui consiste a prendre les choses au depart […] au niveau de la relation primitive de l’enfant avec sa mere. Disons que, originairement, la frustration1 […] n’est pensable que comme le refus du don, en tant que le don est symbole de l’amour. […] Cela ne veut pas dire que l’enfant a fait la philosophie de l’amour, qu’il distingue par exemple l’amour et le desir.

Cela veut dire qu’il est deja dans un bain qui implique l’existence de l’ordre symbolique2. Nous en trouvons des preuves dans sa conduite. Certaines choses se passent, qui ne sont concevables que si l’ordre symbolique est deja present. […] Le don surgit d’un au-dela de la relation objectale3, puisqu’il suppose derriere lui tout l’ordre de l’echange ou l’enfant est entre, et il ne peut surgir de cet au-dela qu’avec le caractere qui le constitue comme proprement symbolique. […] Le don se manifeste a l’appel.

L’appel se fait entendre quand l’objet n’est pas la. Quand il est la, l’objet se manifeste essentiellement comme n’etant que signe du don, c’est-a-dire comme rien en tant qu’objet de satisfaction. […] Le don-type, c’est justement le don de la parole, parce qu’en effet le don est ici, si je puis dire, egal en son principe. Des l’origine, l’enfant se nourrit de paroles autant que de pain, et il perit de mots. Jacques LACAN, Le Seminaire, livre IV, « La relation d’objet », p. 181-189, texte etabli par J. -A. Miller, © Seuil, « Champ freudien », 1994. 1.

Frustration : chez Lacan, la frustration est le resultat d’un echange au cours duquel la mere refuse de repondre a la demande de l’enfant. L’enfant se sent alors prive d’amour. 2. Ordre symbolique : le langage. 3. Relation objectale : relation a l’objet. Question Comment s’articulent les premiers echanges entre la mere et l’enfant ? Biographie J. Lacan ® 283 « L’episode de l’Annonciation dans le Nouveau Testament confere un caractere sacre a la parole, message de Dieu. » LEONARD DE VINCI (1452-1519), L’Annonciation, 1472. Galerie des Offices, Florence. 60 G LA CULTURE

I. Quelles sont les formes primitives de l’echange ? 3 « Les premieres langues, filles du plaisir et non du besoin. » l’origine des societes et des langues 5 D 10 15 les premiers liens des familles et des sexes 20 25 les premieres langues 30 ans les lieux arides ou l’on ne pouvait avoir de l’eau que par les puits, il fallut bien se reunir pour les creuser, ou du moins s’accorder pour leur usage. Telle dut etre l’origine des societes et des langues dans les pays chauds. La se formerent les premiers liens des familles, la furent les premiers rendez-vous des deux sexes.

Les jeunes filles venaient chercher de l’eau pour le menage, les jeunes hommes venaient abreuver leurs troupeaux. La des yeux accoutumes aux memes objets des l’enfance commencerent d’en voir de plus doux. Le c? ur s’emut a ces nouveaux objets, un attrait inconnu le rendit moins sauvage, il sentit le plaisir de n’etre pas seul. L’eau devint insensiblement plus necessaire, le betail eut soif plus souvent ; on arrivait en hate, on partait a regret. Dans cet age heureux ou rien ne marquait les heures, rien n’obligeait a les compter ; le temps n’avait d’autre mesure que l’amusement et l’ennui.

Sous de vieux chenes vainqueurs des ans, une ardente jeunesse oubliait par degres sa ferocite ; on s’apprivoisait peu a peu les uns avec les autres ; en s’efforcant de se faire entendre, on apprit a s’expliquer. La se firent les premieres fetes, les pieds bondissaient de joie, le geste empresse ne suffisait plus, la voix l’accompagnait d’accents passionnes, le plaisir et le desir, confondus ensemble, se faisaient sentir a la fois. La fut enfin le vrai berceau des peuples et du pur cristal des fontaines sortirent les premiers feux de l’amour. …] En un mot, dans les climats doux, dans les terrains fertiles, il fallut toute la vivacite des passions agreables pour commencer a faire parler les habitants. Les premieres langues, filles du plaisir et non du besoin, porterent longtemps l’enseigne de leur pere ; leur accent seducteur ne s’effaca qu’avec les sentiments qui les avaient fait naitre, lorsque de nouveaux besoins, introduits parmi les hommes, forcerent chacun de ne songer qu’a lui-meme et de retirer son c? ur audedans de lui. Jean-Jacques ROUSSEAU, Essai sur l’origine des langues, chapitre IX, « Formation des langues meridionales », p. 5-97, G. F. Questions 1. Qu’est-ce qui a pu pousser les premiers peuples a parler, selon Rousseau ? 2. Les langues sont-elles restees l’expression de passions ? Biographie J. -J. Rousseau ® 279 61 Les echanges 4 la cite « L’homme est un animal politique. » E 5 l’animal politique 10 t la communaute achevee formee de plusieurs villages est une cite des lors qu’elle a atteint le niveau de l’autarcie1 pour ainsi dire complete ; s’etant donc constituee pour permettre de vivre, elle permet une fois qu’elle existe, de mener une vie heureuse. …] Il est manifeste, a partir de cela, que la cite fait partie des choses naturelles, et que l’homme est par nature un animal politique2, et que celui qui est hors cite, naturellement bien sur et non par le hasard des circonstances, est soit un etre degrade soit un etre surhumain, et il est comme celui qui est injurie en ces termes par Homere : « sans lignage, sans loi, sans foyer ». Car un tel homme est du meme coup naturellement passionne de guerre, etant comme un pion isole au jeu de trictrac. C’est pourquoi il est evident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal gregaire.

ARISTOTE, Les Politiques, livre I, chap. 2, p. 90-92, trad. P. Pellegrin, © GF-Flammarion, 1990. 1. Autarcie : etat d’une communaute qui se suffit a elle-meme, qui n’a pas besoin de l’etranger pour satisfaire a ses besoins. 2. Politique : du grec polis (la cite), fait pour vivre en societe, sociable. Question En quel sens peut-on dire que nous sommes faits pour vivre en societe ? Biographie Aristote ® 278 5 « Dans la famille, le troc n’a aucune fonction mais il en acquiert une quand la communaute s’agrandit. » la pratique du troc 5 E 10 n ce sens il est clair que le petit commerce n’appartient as par nature a la chrematistique1, car c’est seulement dans la mesure ou il le faut qu’on en vint necessairement a pratiquer le troc2. Certes, dans la premiere communaute, c’est-a-dire la famille, il est manifeste qu’il n’a aucune fonction mais qu’il en acquiert une quand la communaute s’agrandit. Car les membres de la famille mettaient toutes les choses en commun, alors que ceux qui s’etaient separes en avaient certes beaucoup de la meme maniere, mais aussi d’autres qui, necessairement, selon les besoins firent l’objet d’echanges, comme cela se pratique aussi dans beaucoup de peuplades barbares, selon la formule du troc.

Car alors on echange des choses utiles les unes contre les autres et rien de plus, par exemple on donne et on recoit du vin contre du ble, et ainsi pour chaque chose de cette sorte. Et 62 G LA CULTURE I. Quelles sont les formes primitives de l’echange ? un echange naturel 15 cet echange-la n’est ni contraire a la nature ni une espece de chrematistique ; il existait en effet pour completer l’autarcie naturelle. C’est pourtant de lui qu’est logiquement venue la chrematistique. ARISTOTE, Les Politiques, livre I, chap. 9, p. 115, trad. P. Pellegrin, © GF-Flammarion, 1990. . La chrematistique : en grec, designe l’art de s’enrichir. On parlerait aujourd’hui de capitalisation. 2. Troc : echange d’objets (sans l’intermediaire de la monnaie). Question Comment Aristote decrit-il l’apparition des premiers echanges commerciaux ? Biographie Aristote ® 278 Reperes Necessaire (/Contingent/Possible) ® 286 6 le don « Donner c’est echanger. » L 5 10 une circulation, reflet de la vie sociale 15 des offrandes reciproques e don au chef est un don d’amabilite, parce que donner, en Melanesie, ne signifie pas abandonner un objet a fonds perdus.

Donner, c’est offrir de soi, c’est accomplir l’acte qui etablit la correspondance avec autrui, et l’inciter a offrir de soi en retour. Donner c’est echanger. Aimer c’est echanger. Quand en grand ceremonial, les freres (entendez : le peuple) offrent leurs premices1 au chef, ils savent que le grand fils cesserait d’etre lui-meme s’il n’offrait en retour, a chacun, l’equivalent de ce qu’il a lui-meme recu. Cette balance des apports, cette replique du geste de chacun, est plus qu’une compensation, et plus qu’un equilibre. Elle represente une circulation, reflet de la vie sociale circulant entre les membres du clan.

Objets precieux, bracelets de coquillages, haches de jade, sont au meme titre, des tresors ou des bijoux, qui, lors des mariages, vont et viennent, de chefferie a chefferie. Ils sont le reflet de la vie diplomatique circulant entre les clans. […] [Cette circulation] marque un mouvement constant d’echanges et ces echanges sont des « offrandes reciproques ». Elles attestent que le lien qui unit au chef est celui d’une allegeance et que la societe tout entiere, en sa pleine vitalite et son ordonnance, est basee sur l’offrande.

Maurice LEENHARDT, Do Kamo, la personne et le mythe dans le monde melanesien, p. 194, © Gallimard, « Tel », 1998. 1. Chez les Grecs, les Romains, les Hebreux, les premices etaient les premiers fruits de la terre, les premiers animaux du troupeau, qu’on offrait a la divinite. Questions 1. Quelles formes prend l’echange dans les tribus melanesiennes ? 2. Quel est le but de l’offrande ? Biographie M. Leenhardt ® 282 63 Les echanges 7 « La gourmandise est un des principaux liens de la societe. » gourmandise et economie politique S 5 10 15 gourmandise et liens de societe 0 ous le rapport de l’economie politique, la gourmandise est le lien commun qui unit les peuples par l’echange reciproque des objets qui servent a la consommation journaliere. C’est elle qui fait voyager d’un pole a l’autre les vins, les eaux-devie, les sucres, les epiceries, les marinades, les salaisons, les provisions de toute espece, jusqu’aux ? ufs et aux melons. C’est elle qui donne un prix proportionnel aux choses qui sont mediocres, bonnes ou excellentes, soit que ces qualites leur viennent de l’art, soit qu’elles les aient recues de la nature.

C’est elle qui soutient l’espoir et l’emulation de cette foule de pecheurs, chasseurs, horticulteurs et autres, qui remplissent journellement les offices les plus somptueux du resultat de leur travail et de leurs decouvertes. C’est elle enfin qui fait vivre la multitude industrieuse des cuisiniers, patissiers, confiseurs et autres preparateurs sous divers titres, qui, a leur tour, emploient pour leurs besoins d’autres ouvriers de toute espece, ce qui donne lieu en tout temps et a toute heure a une circulation de fonds dont l’esprit le plus exerce ne peut ni calculer le mouvement ni assigner la quotite. …] La gourmandise est un des principaux liens de la societe ; c’est elle qui etend graduellement cet esprit de convivialite qui reunit chaque jour divers etats, les fond en un seul tout, anime la conversation, et adoucit les angles de l’inegalite conventionnelle. BRILLAT-SAVARIN, Physiologie du gout, p. 145-147, © Champs-Flammarion, 2001. Question En quel sens la gourmandise favorise-t-elle les echanges culturels ? Biographie Brillat-Savarin ® 280 « Rendre visible les plaisirs invisibles des saveurs de l’automne. » Georg FLEGEL (1566-1638), Nature morte. Collection privee. 64 G LA CULTURE