L’eloge et le blame au temp de racine

L’eloge et le blame au temp de racine

Sequence : l’eloge et le blame au temps de Racine. GT Objets d’etude : l’eloge et le blame. : argumenter, persuader, convaincre : le mouvement litteraire. Objectifs : etudier le genre epidictique, definir les registres, revoir le genre du portrait. Perspective secondaire : analyser l’image, organiser une sortie au musee Jean Racine a La Ferte-Milon. Le genre epidictique ayant fait l’objet de nombreux textes au XVIIe siecle, il semblerait pertinent de relier cette etude aux representations de Racine, bustes et portraits, que la classe pourra voir lors de la visite a La Ferte-Milon.

Cette sequence pourra etre integree dans une progression pedagogique apres avoir etudie la tragedie racinienne par le biais d’une ? uvre integrale, par exemple. Les extraits choisis ici proviennent de la source suivante : http://gallica. bnf. fr/ Plan de la sequence : Seance Seance Seance Seance Seance : Lecture analytique, l’oraison funebre. : Lecture analytique, Arrias ou le blame. : Lecture analytique, epitre a M. Racine. : Lecture analytique, l’eloge paradoxal. : Activites en module, Ecriture. Seance 6 : Lecture de l’image, les representations des hommes celebres.

Seance 7 : Sortie pedagogique, Lecture de l’image. Seance 8, 9, 10. Bilan, evaluation et correction. Seules les seances 8 et 10 ne

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sont pas developpees. Entre 9 et 1 2 heures, sans la sortie. 1 2 3 4 5 Seance n°1 : l’oraison funebre. Objectifs : definir l’eloge funebre, etudier les figures contribuant a valoriser un personnage. Bossuet (1627/1704), ordonne pretre en 1652, connait la celebrite en tant que predicateur apres son installation a Paris en 1659. Son succes lui vaut de devenir le precepteur du Grand Dauphin en 1670, c’est-a-dire, du fils de Louis XIV puis academicien en 1671.

Il regrette ici la perte d’Henriette d’Angleterre (morte a 26 ans) qu’il a accompagnee lors de son trepas. On peut ressentir dans ce texte les sentiments personnels de l’auteur. O nuit desastreuse ! o nuit effroyable, ou retentit tout a coup, comme un eclat de tonnerre, cette etonnante nouvelle : madame se meurt ! Madame est morte ! Qui de nous ne se sentit frappe a ce coup, comme si quelque tragique accident avait desole sa famille ? Au premier bruit d’un mal si etrange, on accourut a Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterne, excepte le coeur de cette princesse.

Partout on entend des cris ; partout on voit la douleur et le desespoir, et l’image de 1 la mort. Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est desespere ; et il me semble que je vois l’accomplissement de cette parole du prophete : le roi pleurera, le prince sera desole, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’etonnement. Mais et les princes et les peuples gemissaient en vain ; en vain monsieur, en vain le roi meme tenait madame serree par de si etroits embrassements. Alors ils pouvaient dire l’un et l’autre, vec saint Ambroise : Stringebam brachia, sed jam amiseram quam tenebam ; je serrais les bras ; mais j’avais deja perdu ce que je tenais. La princesse leur echappait parmi des embrassements si tendres, et la mort plus puissante nous l’enlevait entre ces royales mains. Quoi donc ! Elle devait perir si tot ! Dans la plupart des hommes les changements se font peu a peu, et la mort les prepare ordinairement a son dernier coup. Madame cependant a passe du matin au soir, ainsi que l’herbe des champs. Le matin, elle fleurissait ; avec quelles graces, vous le savez : le soir, nous la vimes sechee (…)!

Helas ! Nous composions son histoire de tout ce qu’on peut imaginer de plus glorieux. Le passe et le present nous garantissaient l’avenir, et on pouvait tout attendre de tant d’excellentes qualites. Elle allait s’acquerir deux puissants royaumes par des moyens agreables ; toujours douce, toujours paisible autant que genereuse et bienfaisante, son credit n’y aurait jamais ete odieux : on ne l’eut point vue s’attirer la gloire avec une ardeur inquiete et precipitee ; elle l’eut attendue sans impatience, comme sure de la posseder. Oraison funebre d’Henriette d’Angleterre, Bossuet, 1670

On pourra preparer la lecture en classe en proposant des questions aux eleves concernant • l’expression des sentiments du locuteur afin de mettre en place la notion de lyrisme • la volonte de valoriser le personnage • le theme de la « Vanite » que l’on pourra relier eventuellement dans une autre seance a la lecture de l’image. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les pages suivantes : http://www. univ-rouen. fr/flaubert/bovary/bovary-6/notices/oraisons. html (biographie et presentation des oraisons) http://www. univ-lyon3. fr/servlet/com. niv. utils. LectureFichierjoint? CODE=1130150465904& LANGUE=0 (dossier sur la rhetorique des Oraisons de Bossuet) Seance n° 2 : « Arrias » ou le blame Objectif : definir le registre satirique et le blame. Recommande par Bossuet, La Bruyere (1645-1696), devient le precepteur de Louis de Bourbon, petit-fils de Conde. Pour son eleve, il traduit l’? uvre de Theophraste (philosophe grec, disciple de Platon et d’Aristote, ayant vecu entre –372 et –287, dont le nom signifie « le divin parleur ») intitulee Les caracteres et composee de 31 chapitres.

Il composera a son tour les siens, regroupes par theme en 16 chapitres, publies en 1688. Cette demarche moraliste s’inscrit dans une mouvance litteraire initiee au XVIIe par La Rochefoucault et ses Maximes (1665) ainsi que Pascal et ses Pensees (1670). Elu en 1693 a l’Academie francaise, il fut peu apprecie de ses pairs et causa un scandale avec son discours de reception ou il critiqua certains academiciens vivants ! Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c’est un homme universel, et il se donne pour tel: il aime mieux mentir que de se taire ou de paraitre ignorer quelque chose.

On parle a la table d’un grand d’une cour du Nord : il prend la parole, et l’ote a ceux qui allaient dire ce qu’ils en savent ; il s’oriente dans cette 2 region lointaine comme s’il en etait originaire; il discourt des moeurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes; il recite des historiettes qui y sont arrivees; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu’a eclater. Quelqu’un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu’il dit des choses qui ne sont pas vraies.

Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l’interrupteur : « Je n’avance, lui dit-il, je raconte rien que je ne sache d’original : je l’ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu a Paris depuis quelques jours, que je connais familierement, que j’ai fort interroge, et qui ne m’a cache aucune circonstance.  » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu’il ne l’avait commencee, lorsque l’un des convies lui dit : « C’est Sethon a qui vous parlez, lui-meme, et qui arrive de son ambassade. Les caracteres, De la societe et de la conversation, La Bruyere, 1688. Notes : Discourir : s’entretenir parler Historiette : recit sans importance, de l’ordre de l’anecdote Il conviendrait d’etudier • les verbes qui renvoient au principal defaut d’Arrias, de l’identifier et de definir ce qu’est le blame. • le role des discours rapportes dans ce texte Pour aller plus loin dans l’etude des Caracteres , vous pouvez consulter les pages suivantes : http://www3. ac-clermont. fr/pedago/lettres/sequences/labruyere/labruyere. htm (proposition de sequence) http://www. lalettre. com/labruyere-caracteres. htm (texte et acces a d’autres sites) http://www. weblettres. net/pedagogie/gt. php? wg=1=fichiers http://www. etudes-litteraires. com/la-bruyere. php (analyse d’un texte en ligne) Seance n°3 : Epitre a M. Racine Objectif : montrer que faire l’eloge d’une personne peut aussi etre le moyen d’en critiquer d’autres. Nicolas Boileau (1636/1711) fut avocat avant que son heritage ne lui permette de vivre dans l’aisance en ecrivant. Son frere, Gilles Boileau, academicien lui permit d’etre introduit aupres des cercles litteraires.

Connu pour ses Epitres et ses Satires, il est elu a l’Academie francaise en 1684, sa candidature etant fortement soutenue par Louis XIV, dont il est l’historiographe avec Racine depuis 1677. Dans cette epitre (lettre en vers), Boileau ecrit pour reconforter le dramaturge qui est aussi son ami. En effet, le soir de la premiere, les partisans de l’obscur ecrivain Pradon ayant lui aussi compose une piece intitulee Phedre louent une salle rivale et invitent leurs amis ; la Phedre de Racine se joue devant une salle vide. Que tu sais bien Racine a l’aide d’un acteur, Emouvoir, etonner, ravir un spectateur ! …) Ne crois pas toutefois, par tes savants ouvrages, Entrainant tous les c? urs, gagner tous les suffrages. Sitot que d’Apollon un genie inspire Trouve loin du vulgaire un chemin ignore, En cent lieux contre lui les cabales s’amassent ; Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent : 3 Et son trop de lumiere importunant les yeux, De ses propres amis lui fait des envieux ; La mort seule ici-bas, en terminant sa vie, Peut calmer sur son nom l’injustice et l’envie ; Faire au poids du bon sens peser tous ses ecrits, Et donner a ses vers leur legitime prix.

Avant qu’un peu de terre, obtenu par priere, Pour jamais sous la tombe eut enferme Moliere, Mille de ces beaux traits, aujourd’hui si vantes, Furent des sots esprits a nos yeux rebutes. (…) Toi donc qui t’elevant sur la scene tragique, Suis les pas de Sophocle, et, seul de tant d’esprits, De Corneille vieilli sais consoler Paris, Cesse de t’etonner si l’envie animee, Attachant a ton nom sa rouille envenimee, La calomnie en main quelquefois te poursuit. (…) Profite de leur haine et de leur mauvais sens Ris du bruit passager de leurs cris impuissants.

Que peut contre tes vers une ignorance vaine ? VII, Epitres, Boileau, 1682. Notes : Suffrage : voies, vote, adhesions Apollon : dieu des arts et de la beaute Cabales : complots, organisations secretes contre quelqu’un, un auteur souvent Sophocle : dramaturge grec, auteur de tragedies (Antigone, ? dipe roi…) Corneille : dramaturge francais classique (1606-1639) Calomnie : diffamation, ragot Pour preparer la lecture en classe, on pourra donner aux eleves un questionnaire visant a reperer • la situation d’enonciation en analysant les temps verbaux, par exemple • les references a l’Antiquite.

Ce serait peut-etre l’occasion d’evoquer la querelle des Anciens et des Modernes ou d’approcher une definition du Classicisme • les attaques contre les ennemis de Racine afin de montrer que defendre, c’est aussi attaquer. Cela pourrait permettre d’aborder par la suite le registre polemique. Pour en savoir plus sur Boileau, consulter les pages suivantes : http://www. chez. com/damienbe/bioboi. htm (biographie) www. alalettre. com/boileau-links. htm (presentation generale et acces a d’autres sites) http://www. etudes-litteraires. om/querelle. php (analyse d’une satire en ligne) 4 Seance n° 4 : l’eloge paradoxal. Objectifs : definir l’eloge paradoxal, l’argumentation. On ne presente plus Moliere (1622/1673), ni ses differentes creations ni son illustre personnage … Cet extrait offre un exemple d’eloge paradoxal, exercice auquel le dramaturge va se livrer a deux autres reprises dans cette oeuvre : l’un sera consacre au tabac (I, 1), l’autre a l’hypocrisie (V,2). Moliere reprend ici une tradition rhetorique a la suite de Platon, d’Erasme et de Rabelais.

C’est la premiere apparition de Dom Juan, celebre pour sa seduction et sa liberte d’esprit, dans cette piece jouee en 1665 . Sa conduite precedemment decriee par son domestique, Sganarelle, trouve ici une justification. Sganarelle. En ce cas, Monsieur, je vous dirai franchement que je n’approuve point votre methode, et que je trouve fort vilain d’aimer de tous cotes comme vous faites. Dom Juan. Quoi ? Tu veux qu’on se lie a demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ?

La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’etre fidele, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’etre mort des sa jeunesse a toutes les autres beautes qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’etre rencontree la premiere ne doit point derober aux autres les justes pretentions qu’elles ont toutes sur nos coeurs. Pour moi, la beaute me ravit partout ou je la trouve, et je cede facilement a cette douce violence dont elle nous entraine.

J’ai beau etre engage, l’amour que j’ai pour une belle n engage point mon ame a faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le merite de toutes, et rends a chacune les hommages et les tributs ou la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon coeur a tout ce que je vois d’aimable ; et des qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, apres tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement.

On goute une douceur extreme a reduire, par cent hommages, le c? ur d’une jeune beaute, a voir de jour en jour les petits progres qu’on y fait, a combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une ame qui a peine a rendre les armes, a forcer pied a pied toutes les petites resistances qu’elle nous oppose, a vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement ou nous avons envie de la faire venir.

Mais lorsqu’on en est maitre une fois, il n’y a plus rien a dire ni rien a souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillite d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient reveiller nos desirs, et presenter a notre coeur les charmes attrayants d’une conquete a faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la resistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquerants, qui volent perpetuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se resoudre a borner leurs souhaits.

Il n est rien qui puisse arreter l’impetuosite de mes desirs : je me sens un coeur a aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eut d’autres mondes, pour y pouvoir etendre mes conquetes amoureuses. Acte I, scene 2, Dom Juan, Moliere, 1665. 5 Notes : Inclination : affection Reduire : vaincre Alexandre : Alexandre Le grand (-356- 323) a soumis la Grece revoltee, penetre en Egypte et fonde Alexandrie. Pour analyser le texte, on pourra evoquer • le personnage u conquerant amoureux ou comment la conquete amoureuse remplace la conquete guerriere • l’argumentation de mauvaise foi et la perversion de certaines valeurs • la critique de la fidelite Pour avoir une perspective historique de l’eloge paradoxal, on pourra consulter l’ouvrage de Patrick Dandrey, Eloge paradoxal de Gorgias a Moliere, Paris, PUF, 1997. Seance n° 5 : Querelles entre ecrivains ou le texte argumentatif. Il s’agit grace a ce texte de reperer les caracteristiques des types narratif et argumentatif. Ce texte peut faire l’objet d’une lecture analytique ou d’une etude grammaticale.

Irail fut historien, abbe et litterateur. On trouve l’evocation de certaines oppositions litteraires, notamment celle entre Rousseau et Voltaire. Le texte suivant rend compte de la querelle entre Pradon et Racine a propos de Phedre. L’extrait est narratif mais on attirera l’attention des eleves sur le parti pris de l’auteur. Voila l’homme a qui Pradon osa se comparer. Sa cabale l’entretenait dans cette bonne opinion de lui-meme ; elle s’intriguait pour obtenir des suffrages. Pradon comptait insolemment au rang de ses admirateurs Saint Evremond, mesdames Deshoulieres et de Sevigne (…) . Racine redoutait cette faction.

Il fit longtemps mystere de sa Phedr e. Des que la cabale opposee l’eut penetre, les amis de Pradon lui conseillerent de le prevenir en traitant le meme sujet, et de ne pas manquer une si belle occasion de triomphe. Pradon gouta l’idee et l’executa. En moins de trois mois la piece fut achevee. On joua celle de Racine sur le theatre de l’hotel de Bourgogne, le premier janvier de l’annee 1677. Deux jours apres, les comediens du roi representerent la Phedre de Pradon. La concurrence des deux nouveautes attire au spectacle une foule prodigieuse. Jamais Athenes, jamais Paris ne vit tant de cabaleurs.

Ils l’emporterent enfin, et la tragedie de Pradon fut jugee la meilleure. Les deux Phedre sont d’apres celle d’Euripide. L’imitation est a peu pres semblable : meme contexture, memes personnages, memes situations, meme fond d’interet, de sentiment et de pensees. Chez Pradon comme chez Racine, Phedre est amoureuse d’Hyppolite. (…) Il meurt du meme genre de mort et son gouverneur fait un recit. La difference du plan de chaque piece est peut-etre a l’avantage de la Phedre de Pradon. Mais quelle versification barbare ! Pour avoir une Phedre parfaite, il fallait le plan de Pradon et les vers de Racine.

C’est lorsque ces deux poetes se rencontrent le plus pour le fond des choses, qu’on remarque mieux combien ils different pour la maniere de les rendre. L’un est le Rubens de la poesie ; et l’autre n’est qu’un barbouilleur. On n’est point etonne que Racine ait mis deux ans pour ecrire une piece ou il s’est surpasse lui-meme, et qu’on peut regarder ainsi qu’Athalie, comme le triomphe de la versification. Mais ce qui surprend, c’est que Pradon ait ete trois mois entiers a faire une piece aussi negligee, et qu’elle ait eu le moindre partisan apres celle de Racine.

Simon-Augustin Irail (1717-1794), Querelles litteraires, ou Memoires pour servir l’histoire des revolutions de la republique des lettres depuis Homere jusqu’a nos jours. 6 Notes : Cabale : complots, manigances Saint Evremond : (1614-1703) ecrivain francais, essayiste. Mme Deshoulieres : 1637-1694) poetesse francaise Mme de Sevigne : (1626-1696) femme de lettres dont l’? uvre est constituee de sa correspondance. Euripide : (-480-406) dramaturge grec Contexture : trame, organisation Rubens : (1577-1640) peintre flamand Il s’agit d’etablir une distinction entre deux types de discours afin de mieux approcher le texte argumentatif.

On pourra demander aux eleves de • relever les principaux temps verbaux employes dans les quatre paragraphes et de delimiter les types de texte. • de s’interroger sur les valeurs du present dans les troisieme et quatrieme paragraphes. • determiner l’avis du locuteur en faisant un tableau des termes pejoratifs et melioratifs utilises qui pourrait avoir cette forme : Textes Racine Pradon Termes melioratifs Termes pejoratifs Enfin, il serait egalement possible de comparer ce texte avec celui de Boileau qui donne une autre idee d’un meme evenement afin de voir la difference de traitement.

Activites en modules : A partir de ce texte, on pourra aborder les registres exploites par le genre epidictique : satirique, lyrique, epique, polemique. Ecriture On pourra proposer aux eleves un sujet d’invention insere au sein de la sequence apres l’etude de l’eloge funebre et celle abordant le texte argumentatif. La consigne pourrait etre la suivante : Sujet d’invention : a la maniere de Bossuet, faites l’eloge funebre d’un personnage historique que vous admirez particulierement. Cet eloge devra mentionner dans un discours organise les hauts-faits de ce heros.

Vous prendrez soin d’eviter les anachronismes. Cela permettra d’effectuer avec les eleves un travail de recherche qui pourra etre mene avec le documentaliste afin que les eleves maitrisent le BCDI ou la recherche sur le net. On pourra leur donner une liste d’objectifs visant a organiser le travail : • Expliquer l’anachronisme • Determiner un personnage historique et l’epoque a laquelle il a vecu • Faire des recherches au CDI ou en salle multimedia • Trier les exploits de ces heros L’exercice peut egalement avoir lieu apres (ou en parallele a) un travail sur le registre epique. Seance n°6 : Les representations des hommes celebres. Objectif : analyse de l’image Perspective dominante : visee argumentative de l’image Perspective secondaire : le portrait, la caricature Il est possible de s’appuyer sur les tableaux du roi Louis XIV ainsi que sur les caricatures du pouvoir a d’autres epoques : Daumier, par exemple, ou celles des Guignols de l’Info, emission bien connue des eleves. • Louis XIV en costume royal, Rigaud,1701. Representation tres celebre et appreciee des manuels scolaires ! Portrait de Louis XIV, Werner, 1670 • Louis XIV se reposant dans le sein de la gloire apres la paix de Nimegue en 1678, Coypel, 1678 Vous pourrez preparer votre intervention en consultant les sites suivants : http://www. univmontp3. fr/~pictura/GenerateurNotice. php? numnotice=A3262 http://www. unl. edu/louisxiv A noter que dans la revue « NRP Lycee » (septembre 2005, n°16 bis), est proposee une seance intitulee : « La representation du pouvoir dans la peinture » exploitant d’autres documents, mais tous concernant Louis XIV.

Le manuel de Francais 2nde chez Breal, sous la direction de Genevieve Winter propose egalement une seance sur la caricature du pouvoir et le registre satirique en exploitant quatre ? uvres de Daumier, p. 460/462. Seance n° 7 : les representations de Jean Racine Objectifs : analyser l’image, decouvrir l’homme Racine. Il convient de prendre contact avec la structure qui vous accueillera et de bien preciser vos objectifs. Une visite personnelle au prealable s’impose afin de choisir l’angle qui vous semblera le plus interessant, de rencontrer le responsable et d’elaborer ensemble votre visite.

A noter qu’il existe une brochure elaboree par le musee Jean Racine et disponible sur place ou en consultation a la Bibliotheque Louis Aragon d’Amiens. Vous pouvez consulter les parcours proposes par le musee sur le site de l’ARPP : http://www. arpp. org` C’est ici que pourrait intervenir la seance effectuee au musee Jean Racine de La FerteMilon et dans cette ville, qui propose plusieurs representations du dramaturge. Il serait interessant de constater que toutes ces ? uvres ne presentent pas le meme homme !

Cela pose le probleme de la representation : quelle image avons-nous de cet ecrivain ? On pourra aborder pour repondre a cette question les ? uvres suivantes : • • • • • Racine enfant, statue dont le moulage est au musee et l’? uvre en fonte pres de la MJC Jean Racine. Statue de Racine par David d’Angers, commandee et offerte a la ville par Louis XVIII en 1820. Racine y est represente mi-nu, revetu d’une toge antique, un crayon et du papier a la main. Original expose au musee, copie situee en ville Portraits de Racine d’apres l’? vre de Santerre Portrait dessine par Picasso d’apres Santerre. Portrait de Du Troy 8 En ce qui concerne notre objectif, on pourra elaborer un questionnaire evoquant les differentes representations de l’homme et permettant de s’approprier les ? uvres et d’aborder la question de la representation. Puis on organisera eventuellement un exercice d’ecriture de type argumentatif, dont le sujet pourrait etre par exemple : Vous ecrivez a l’artiste qui a selon vous le mieux represente le dramaturge. Votre lettre developpera une argumentation coherente pour lui exposer votre opinion.

Un debat rapide permettra de degager des arguments, et de repartir les eleves en groupes d’ecriture. On leur laissera ensuite le temps de rediger au moins deux arguments trouves en commun. A l’ecriture succedera l’etape de la lecture avec l’election par le groupe d’un rapporteur, dont la tache sera de lire la production commune. Seance 8 : bilan Seance 9 : evaluation Nous vous proposons ici deux textes qui peuvent faire l’objet de questions de lecture portant sur la sequence. Pourquoi ne pas demander en quoi ces textes illustrent le titre de la sequence, par exemple ?

Un travail d’ecriture peut ensuite s’effectuer selon une consigne qui viserait a faire l’eloge d’un defaut ou d’un acte condamnable, a choisir dans une liste proposee : l’hypocrisie, la mechancete, la lachete, l’intolerance, la guerre, le vol. On demanderait a ce que la production exprime clairement et de maniere coherente l’opinion de l’emetteur et emploie les procedes de l’eloge. Texte A Le paresseux Accable de paresse et de melancolie, Je reve dans un lit ou je suis fagote Comme un lievre sans os qui dort dans un pate, Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

La, sans me soucier des guerres d’Italie, Du comte palatin, ni de sa royaute, Je consacre un bel hymne a cette oisivete Ou mon ame en langueur est comme ensevelie. Je trouve ce plaisir si doux et si charmant, Que je crois que les biens me viendront en dormant, Puis que je vois deja s’en enfler ma bedaine, Et hais tant le travail, que, les yeux entr’ouverts, Une main hors des draps, cher Baudoin, a peine Ai-je pu me resoudre a t’ecrire ces vers. Poesies, Saint-Amant, 1629. Notes : Fagoter : accoutrer Don Quichotte : heros d’un roman de Cervantes Comte palatin : comte designe par l’empereur dans l’empire germanique Oisivete : inaction Baudoin : academicien francais Texte B Titius assiste a la lecture d’un testament avec des yeux rouges et humides, et le coeur serre de la perte de celui dont il espere recueillir la succession. Un article lui donne la charge, un autre les rentes de la ville, un troisieme le rend maitre d’une terre a la campagne; il y a une clause qui, bien entendue, lui accorde une maison situee au milieu de Paris, comme elle se trouve, et avec les meubles: son affliction augmente, les larmes lui coulent des yeux. Le moyen de les contenir?

Il se voit officier, loge aux champs et a la ville, meuble de meme; il se voit une bonne table et un carrosse: Y avait-il au monde un plus honnete homme que le defunt, un meilleur homme? Il y a un codicille, il faut le lire: il fait Maevius legataire universel, et il renvoie Titius dans son faubourg, sans rentes, sans titres, et le met a pied. Il essuie ses larmes: c’est a Maevius a s’affliger. Les caracteres, De la mode, V, La Bruyere,1688. Notes : Charge : fonction, titre Clause : condition d’un acte officiel Codicille : acte modifiant un testament Legataire universel : heritier Seance 10 : correction 10