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KRUGMAN P. R, OBSTFELD M. (2013), Économie Internationale, Pearson Education pp. 33-42 Chapitre 1 Introduction analyse des relations économiques internationales est souvent présentée comme le point de départ de la science économique moderne. Les historiens de la pensée économique décrivent to vieu l’essai du philosophe écoss comme le premier exposé d’un publication date de 1758, précédant den Nations, or 18 ritz alance of Trade, mique. Sa a Richesse des d’Adam Smith.

Par la suite, les débats portant sur la politique commerciale britannique, qui ont animé le début du XIXe siècle, ont largement contribué ? transformer l’analyse économique : d’abord essentiellement discursive, l’économie est progressivement devenue la discipline orientée vers la modélisation et l’analyse empirique que l’on connaît aujourd’hui. Bien que riche d’une histoire ancienne, l’étude des mécanismes et des enjeux de l’économie internationale revêt de nos jours une importance toute particulière.

Bien sûr, de la moitié du XIXe siècle au début soubresauts qui affectent les économies lointaines. Un coup d’œil rapide sur quelques statistiques du commerce international permet de se rendre compte de l’importance grandissante des elations économiques transfrontalières. La figure 1. 1 indique les évolutions du poids des échanges commerciaux dans le PIB, pour les États-Unis, la Chine et la zone euro

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(Allemagne, Autriche, 2 Économie internationale Belgique, Chypre, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Slovaquie)l .

De 1967 à 2006, le poids du commerce international dans l’économie européenne a presque doublé, si bien que le commerce total (c’est-à-dire les importations plus les exportations) représente aujourd’hui près de 65 % du PIB de la zone euro. De leur côté, les États-Unis présentent un degré d’ouverture commerciale plus faible, mais la progression des échanges extérieurs n’en est pas moins étonnante : le poids des importations et des exportatlons dans le PIB a triplé au cours de la période. Le cas de la Chine est encore plus saisissant. une situation de quasi-fermeture aux échanges internationaux, ce pays est devenu en l’espace de quelques décennies l’une des 18 importations, non couvertes par les exportations ? L’examen des flux de capitaux est à même de fournir une réponse. Les États-Unis attirent d’importants nvestissements étrangers, alors que de nombreux Européens placent leur épargne dans d’autres pays. L’écart persistant entre les importations et les exportations est donc révélateur d’un autre aspect de la mondialisation : l’interdépendance des marchés financiers. 0 Zone euro (y compris flux intra-zone) 30 20 Chine 10 1970 1980 Importations (En % du PIB) 1990 2000 Exportations crédits immobiliers américains qui a profondément ébranlé le système financier mondial en 2008, la série des crises financières des pays émergents qui a marqué les années 1980 et 1990, l’essor étonnamment rapide de ‘économie chinoise, ou encore la montée des mouvements altermondialistes qui imposent aux gouvernements de s’interroger plus avant sur les conséquences de l’ouverture internationale.

Ces évolutions appellent aussi à repenser l’analyse économique ; nous avons donc veillé Ici à réunir les idées importantes qui ont été développées dans les travaux de recherche récents. 4 Qu’est-ce que l’économie internationale ? Dans la mesure où les motivations et les comportements des individus sont a priori les mêmes dans les transactions intérieures que sur les marchés mondiaux, l’économie nternationale utilise généralement les mêmes méthodes d’analyse que les autres branches de l’économie.

Dans une économie ouverte, la décision d’avoir recours à une importation peut sembler, dans bien des cas un choix insignifiant : les entrepreneurs lillois ont s 8 considération des déterminants spécifiques, comme l’évolution des taux de change ou la politique commerciale. La spécificité de l’économie internationale réside donc dans l’étude des interactions économiques entre les États souverains.

On peut dégager sept thèmes importants : les gains à l’échange, les structures du commerce international, le rotectionnisme, la balance des paiements, la détermination des taux de change, la coordination internationale des polltiques économiques et le marché mondlal des capitaux. Les gains à l’échange Tout le monde s’accorde volontiers pour reconnaitre qu’une certaine dose de commerce international est bénéfique. ar exemple, personne ne pense sérieusement qu’il serait plus avantageux pour la Nowège de faire pousser ses propres oranges que de les importer. Pour autant, l’idée selon laquelle un pays peut tirer profit de l’importation de catégories de biens qu’il serait capable de produire engendre bien souvent n certain scepticisme. Après tout, compte tenu de la situation sur le marché du travail, ne serait-il pas raisonnable que chaque Français achète des produits français chaque fois que cela est possible ?

L’une des conclusions essentielles de toutes les théories des échanges internationaux est qu’il exi re des gains au PAGF 18 commerce avec des pays trop différents en termes de productivité ou de salaires. D’un côté, les hommes d’affaires et les responsables polltiques des pays en développement s’lnquiètent souvent de ne pas disposer d’une technologie suffisante pour supporter la concurrence exercée par es entreprises, très efficaces, des pays développés.

Mais à l’inverse, les chefs d’entreprise, les salariés et les responsables politiques des pays industrialisés redoutent aussi la pression concurrentielle des pays à bas salaire. Pourtant, le premier modèle de commerce international présenté ici (voir chapitre 3) montre que deux pays peuvent tirer un bénéfice mutuel des échanges commerciaux, même si l’un d’entre eux est capable de produire tous les biens de façon plus efficace et que les firmes de l’autre pays profitent de salaires relativement faibles.

Nous verrons également que le commerce est bénéfique car il ermet aux pays d’exporter des biens dont la production nécesslte beaucoup de ressources localement abondantes, et Chapitre 1 — Introduction d’importer des biens utilisant de manière intensive des ressources relativement rares chez eux (voir chapitre 4). Le commerce international permet également aux pays de se spécialiser dans des productions plus ciblées et de gagner alnsl en efficacité, en tirant parti des économies d’échelle (voir chapitre 6).

Les avantages des relations économiques internationales ne se limitent pas au commerce de biens. La mi prunt international sont nternationaux d’actifs risqués, comme les actions ou les obligations, peuvent être bénéfiques car ils permettent aux pays de diversifier leurs portefeuilles et de réduire ainsi la variabilité de leur revenu (voir chapitre 21). Ces flux internationaux immatériels engendrent des gains tout aussi réels que ceux qui résultent de la vente sur les marchés parisiens de fruits frais importés en hiver d’Afrique du Sud.

Si les pays gagnent généralement à l’échange, il est toutefois possible que ces gains ne soient pas equltablement répartis, et même que l’ouverture ait des effets négatifs sur ertains groupes dindividus à l’intérieur des pays. En d’autres termes, les échanges internationaux influent fortement sur la distribution des revenus : • Le commerce international peut ainsi nuire aux détenteurs des ressources « spécifiques » aux secteurs concurrents des importations, et qui ne peuvent donc pas trouver d’emplois alternatifs dans d’autres domaines de l’économie. ?? Le commerce peut également affecter la répartition des richesses entre les groupes sociaux plus larges, comme les travailleurs ou les détenteurs de capital. Ces réflexions théoriques font l’objet de discussions dans les alles de cours et les amphithéâtres ; elles animent aussi les débats politiques. En France, comme dans la plupart des pays développés, la situation des travailleurs non qualifiés s’est progressivement dégradée depuis le milieu des années 1970.

Malgré la croissance continue des économies d ent, ces travailleurs ont Un certain nombre d’observateurs ont fait état du rôle du commerce international dans ces évolutions, et plus particulièrement de l’influence des importatlons de biens manufacturés en provenance des pays à bas salaires. Les chapitres 4 et 5 tenteront de présenter des ?léments de réflexion théorique et des preuves empiriques ? même d’alimenter ce débat. 1. La structure des échanges Il est impossible pour les économistes de discuter des Impacts du commerce international ou de recommander des changements de politique sans s’appuyer sur un corpus théorique solide, capable de décrire avec précision la structure du commerce international effectivement observée dans les faits. L’Union européenne commerce avec la quasi-totalité des pays du monde (figure 1. 3). Certains aspects de ces échanges commerciaux sont faciles ? comprendre.

Le climat et es ressources naturelles suffisent à expliquer pourquoi le Brésil exporte généralement du café et l’Arabie Saoudite, du pétrole. La plupart des déterminants du commerce mondial sont cependant plus subtils. En effet, plus de la moitié du commerce des pays de l’UE-27 se fait au sein même de l’Union. Pourquoi l’Allemagne exporte-t-elle des 6 8 travail). Les différentes tentatives de validation empirique montrent toutefois que ces théories, si elles ne sont pas dénuées de pertinence, ne suffisent pas à rendre compte de l’ensemble des flux effectivement observés.

Des théories plus récentes, qui font appel à la oncurrence imparfaite, ont permis de compléter le corpus et de fournir ainsi des explications du commerce entre pays qui ne présentent pas d’avantages comparatifs très marqués. Ces théories sont présentées au chapitre 6. La structure du commerce extérieur de l’Union Européenne (27 pays) – 2006 Europe hors UE ALENA 18,996 Asie Japon et Océanie un résultat ancien… u moins aussi ancien que l’éternel débat politique sur le degré d’ouverture commerciale qu’il est bon d’autoriser. Depuis l’émergence, au XVIe siècle, des États-nations modernes, les 7 gouvernements se sont préoccupés des effets de la concurrence nternationale sur la prospérité des activités locales ; ils ont tenté de protéger certains secteurs en limitant les importations, ou de les soutenir en instaurant des subventions à l’exportation.

L’une des missions les plus concrètes de l’économie internationale a été d’analyser les effets de ces politiques protectionnistes ; de fait, ces analyses ont conduit, le plus souvent, à souligner les conséquences négatives de la protection et les avantages du libre-échange. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les économies industrialisées ont fait des efforts importants pour upprimer les barrières au commerce.

Ces politiques reposent sur l’intuition selon laquelle le libreéchange est une force pour la prospérité économique des nations, mais aussi pour la promotion de la paixl . Les années 1990 ont ainsi été marquées par une progression profonde de l’intégration commerciale avec la ratification, en 1994, de l’accord multilatéral de l’Uruguay Round et la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’ouverture des économies a aussi été portée par divers accords régionaux : la mise en lace le 1er janvier 1993, du Marché unique européen, paGF