Le second empire

Le second empire

Le Second Empire Dates cles 2 decembre 1851 : coup d’Etat de Louis-Napoleon Bonaparte 2 decembre 1852 : proclamation du Second Empire Jusqu’au debut des annees 1860 : empire autoritaire et expansion coloniale Fevrier-avril 1856 : congres de la paix Debut annees 1860 : assouplissement du regime 8 septembre 1869 : regime parlementaire 19 juillet 1970 : guerre declaree contre la Prusse 2 septembre 1870 : capitulation militaire 4 septembre 1870 : IIIeme republique Louis-Napoleon Bonaparte et le Second Empire Napoleon III, ne le 20 avril 1808, est le neveu de Napoleon Ier.

Apres avoir ete president de la IIIeme Republique, il instaure par un coup d’Etat le Second Empire. Il mene une politique de developpement economique, qui met en place les bases d’une societe capitaliste. Il cherche a restaurer la grandeur de la France a travers la colonisation et des « traditionnelles guerres napoleoniennes ». Son regime, d’abord autoritaire, se liberalise. Son regne et le Second Empire arrivent a leur terme avec la capitulation militaire de la France face a la Prusse en 1870. Fait prisonnier, il est libere et s’exile pres de Londres.

Il meurt le 9 janvier 1873. Adolphe Thiers Thiers est un homme politique francais d’abord oppose a Charles

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X, puis partisan du Duc d’Orleans. Il occupe des hautes fonctions sous la monarchie de Juillet jusqu’en 1840. La crise ouverte par le succes du pacha d’Egypte l’oblige a demissionner. Il est l’un des principaux animateurs du « parti de l’ordre » sous la seconde Republique. Ce n’est qu’en 1863 qu’il devient l’une des figures de proue de l’opposition liberale. Il fait un celebre discours en 1864 sur les « libertes necessaires ».

Il est nomme President de la IIIeme Republique par l’Assemblee. Il fera reprimer la Commune de Paris. Regime parlementaire bicameral Le Parlement est divise en deux assemblees legislatives. Capitalisme Systeme economique fonde sur la propriete privee des moyens de production et d’echanges. Le systeme capitaliste a pour moteur la recherche du profit, pour mode de fonctionnement la concurrence et la loi du marche. Le Second Empire* (1852*-1870) A la suite du coup d’Etat du 2 decembre 1851, le Second Empire est declare le 2 decembre 1852.

Napoleon III est alors le nouvel empereur des Francais. L’empire autoritaire, de 1852 au debut des annees 1860. La vie politique et sociale est totalement controlee par l’empereur. Une societe sous controle {text:list-item} Il s’entoure de ministres devoues, ses « instruments ». En mars 1852, un decret fait des prefets des « empereurs au petit pied ». En effet ils peuvent nommer les maires de communes de moins de 3000 habitants ainsi que les fonctionnaires locaux (commissaires de police, instituteurs,…).

Le nombre de fonctionnaires, qui doivent tous preter serment de fidelite a l’empereur, a ete augmente de pres de 50%. Enfin, le nombre de policiers est double. {text:list-item} Afin d’obtenir le soutien de l’Eglise, Napoleon III lui permet d’etendre son influence. Les cardinaux sont admis au Senat, le budget alloue par l’Etat aux cultes est augmente, des eglises sont construites, les congregations de femmes sont autorisees et le clerge est associe a toutes les ceremonies officielles.

C’est ainsi que le nombre de pretes augmente sensiblement et que les effectifs des ecoles congregationnistes doublent. Le clericalisme reprend un nouveau souffle. Toutefois, les articles organiques de 1801 restent en vigueur permettant a Napoleon d’avoir le dernier mot sur l’execution des decisions de l’Eglise : on peut parler de gallicanisme administratif. L’ordre social et politique {text:list-item} Des le coup d’Etat, une politique de repression est mise en ? uvre a l’encontre de toute opposition. La plupart des chefs republicains et socialistes restent en prison.

Le port de la barbe est interdit aux instituteurs car c’est un symbole du republicanisme. La Marianne est traquee par les autorites comme lors de la revolte des ardoisiers de Trelaze en 1855. Ce n’est que lors des enterrements que des manifestations republicaines ont lieu. Quant aux opposants liberaux, tels que Thiers, ils ne peuvent se reunir que dans des salons ou a l’Academie francaise. Leur expression est reduite a quelques journaux. Une majorite bonapartiste quasi-totale a l’Assemblee est assuree au moyen des « candidats officiels » comme aux elections de 1852.

Ceux-ci ont le soutien de tout l’appareil public (menaces sur les autres candidats, bourrage des urnes, corruption de fonctionnaires et d’electeurs,…). {text:list-item} Aux elections de 1857, les Republicains obtiennent un certain nombre de sieges sans les grandes villes comme a Paris ou le « groupe des Cinq » en emportent la moitie. Cette relative victoire de l’opposition conduit l’empereur a durcir son regime. Ce raffermissement de la repression est justifie par la vague d’attentats perpetres contre sa personne depuis 1854 (en particulier l’attentat de 1858 par le revolutionnaire italien Orsini).

Les milieux republicains, developpes dans le Midi, sont particulierement reprimes. De plus, une loi de surete generale dite « loi des suspects » est votee : elle permet de condamner sans proces toute personne ayant deja fait l’objet d’une condamnation politique. L’opposition est alors reduite au silence. L’empire dominateur La modernisation economique Une politique d’expansion L’expansion economique est l’un des objectifs privilegies de Napoleon III. Il veut profiter de la reprise economique mondiale due a la decouverte d’or en Californie et en Australie.

Pour ce faire, il modernise les structures economiques en faisant de l’Etat un partenaire, un stimulateur et un entrepreneur des grands travaux. Partenaire, puisqu’il instaure un Conseil superieur de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics (composes de ministres, de hauts fonctionnaires et de grands patrons financiers et industriels). Stimulateur car, d’une part dans le domaine financier, il encourage la creation en 1852 du Credit mobilier et du credit foncier qui sont des banques d’affaires qui utilisent les fonds des epargnants pour financer les secteurs productifs.

De plus, la creation de societe anonyme est favorisee par la legislation, l’usage du cheque est autorise, le capital de la Banque de France est double et des succursales sont crees en province. D’autre part dans le domaine industriel, l’Etat passe d’importantes commandes d’armements, des baux de 99 ans sont cedes aux compagnies ferroviaires et les conventions de Franqueville l’engagent a payer des interets aux compagnies ferroviaires qui construisent de nouvelles lignes. Entrepreneur, dans le domaine agricole d’une part, parce que l’Etat amenage les landes de Gascogne et de Sologne.

La Provence est egalement irriguee. Dans le domaine des communications d’autre part, l’Etat finance une partie des constructions ferroviaires, developpe le reseau de telegraphie electrique, amenage les grands ports (Marseille, Le Havre par exemples) et les grandes villes comme Lyon et Paris (avec le baron Haussmann). La revolution du credit Le capitalisme franchit une etape decisive pendant le Second Empire : la volonte de Napoleon et le dynamisme des entrepreneurs et des financiers permettent la modernisation des structures financieres en vue d’apporter des investissements massifs.

L’argent et la competition financiere sont les valeurs dominantes de l’epoque. Ainsi les banques locales et regionales se multiplient et des grandes banques de depot apparaissent comme le Credit Lyonnais et la Societe Generale. Le nombre de billets de banque triple ainsi que le nombre et la valeur des titres en bourse. Un « boum » ferroviaire Un developpement economique significatif Les reformes du secteur financier ont permis a six grandes compagnies ferroviaires de s’approprier les plus petites et de multiplier le reseau par plus de 5 entre 1851 et 1870.

A la fin du regne, le nombre de voyageurs a quintuple et les quantites de marchandises ont decuple. Cette expansion du transport ferroviaire et la technique Mac Adam, qui fait du reseau routier francais le meilleur du monde, catalysent la croissance de divers secteurs de l’industrie (metallurgie, bois, batiment en particulier) et grandit le commerce national (les regions productrices trouvent de nouveaux debouches dans les grandes villes). En effet, le volume du commerce interieur fait plus que doubler. La valeur du commerce exterieur francais triple grace au traite de libre-echange franco-britannique.

En effet, le tonnage transporte par la marine marchande francaise passe du 4eme au 2eme rang mondial. Enfin, la France exporte massivement ses capitaux a l’etranger, pour moitie sous forme de fonds d’Etat (prets aux gouvernements etrangers). Une expansion contrastee L’expansion economique du Second Empire est inegale selon les regions, les secteurs et les periodes. Les industries modernes se developpent rapidement (production de charbon quadruplee pendant le regne, essor de la siderurgie). Mais le textile, qui represente 2 millions d’ouvriers sur 4,3 millions, reste tres artisanal et vulnerable aux crises.

La croissance de la production industrielle sous le Second Empire est deux fois moins forte que sous la Monarchie de Juillet. Quant a l’agriculture, qui represente la moitie de la population active, elle connait une phase de forte croissance (due a un effort de defrichement qui porte la surface cultivee a 26,5 millions d’hectares). En effet, la production agricole augmente de 25% et beneficie d’une hausse des prix de 50%. Toutefois, les progres agricoles sont inegaux selon les regions (bassin parisien avec grande culture capitaliste et mecanisee ; zones des montagnes et du Sud-Ouest attardees).

Les rendements cerealiers francais sont inferieurs de moitie a ceux de l’Allemagne. Les Expositions universelles ne sont qu’une facade. Un nouveau rang dans le monde La guerre de Crimee Fidele a l’heritage bonapartiste, Napoleon III veut redonner a la France la place de grande nation europeenne qu’elle a perdue lors des traites de 1815. Les pretextes que sont la menace russe sur les Lieux Saints de Palestine et la politique expansionniste en mer Noire du tsar permettent a la France et a l’Angleterre de declarer la guerre a la Russie en 1854.

Le vrai but de Napoleon III est de faire eclater la Sainte Alliance (1815). Ainsi la France apparait comme protectrice des interets catholiques et fer de lance d’un nouvel ordre europeen. A noter que le Piemont-Sardaigne a rejoint la France et l’Angleterre. La prise de Sebastopol par les allies marque la fin de la guerre, au prix de dizaines de milliers de morts (cote francais, les epidemies a elles seules ont cause 75000 morts). On peut noter le role decisif des zouaves lors de cette guerre. Le retour de la France, alliee de l’Angleterre, est consacre par un grand congres de la Paix a Paris en 1856.

L’expedition d’Italie En 1859, l’Autriche declare la guerre au Piemont-Sardaigne et la France s’engage alors dans le conflit du cote de son allie italien. Toujours dans la meme annee et apres la victoire francaise de Solferino, Napoleon III se voit contrait par la menace d’une alliance entre la Prusse et l’Autriche d’accepter la paix de Villafranca. Le soutien accorde au Piemont-Sardaigne permet a la France d’acquerir le comte de Nice et la Savoie en 1860. L’expansion coloniale La politique coloniale reflete la volonte de grandeur de Napoleon III.

De nombreux territoires passent sous la domination francaise : Nouvelle-Caledonie (nickel), cote de Gabon, Madagascar, ports de commerce et Pekin en Chine (conjointement a l’Angleterre), Cochinchine, Cambodge (protectorat) portant le domaine colonial de la France a 1 million de km? en 1870. En 1857, la colonisation de l’Algerie est achevee. Napoleon y mene une politique d’ouverture (protectorat arabe dirige par des chefs musulmans, libre choix de la citoyennete francaise) mais echoue face aux reticences des colons et de l’armee. De plus une famine provoque plus de 500 000 morts parmi les populations musulmanes.

L’empire ebranle L’echec social de Napoleon III La domination des privilegies Les exemples d’ascension sociale, pourtant appreciee par Napoleon III, sont rares. La bourgeoisie se ferme aux classes inferieures, un fosse se creuse dans la societe. Celui-ci se manifeste par le paternalisme (encadrer le peuple pour mieux le controler) et la segregation spatiale (ouvriers en peripherie des villes). Bien que la scolarisation ait fortement progresse sous le Second Empire, l’absenteisme est courant chez les enfants des classes ouvrieres et paysannes a cause du travail.

De plus l’enseignement secondaire est reserve a une minorite de la population (5% des garcons, 1% des filles) Une majorite de pauvres Les artisans et petits commercants (3/4 des ouvriers travaillent dans des entreprises de moins de 110 employes) sont a la merci des crises et basculent souvent dans le monde ouvrier. Ce monde ouvrier represente environ 30% de la population active. Il est heterogene : domestic system, grands centres industriels et travailleurs polyvalents (saisonnier, paysan-ouvrier,…).

Le niveau de vie ouvrier, qui a augmente d’environ 20% au cours du second empire, reste toutefois tres inegal. Quant au monde paysan, une amelioration est notable (enrichissement, cultivateurs accedent a la propriete, salaire des ouvriers agricoles augmente) mais le niveau vie reste bas comme le montrent l’exode rural due a la misere dans les regions attardees. De plus un cultivateur sur deux n’a pas de terre et les trois quarts de ceux qui en ont s’emploient a temps partiel autre part. L’endettement, la sous-consommation, l’insalubrite, la surmortalite infantile et l’illettrisme font le quotidien paysan.

La tension sociale Au debut des annees 1860, Napoleon essaie de tendre la main au monde ouvrier par une amnistie des proscrits (le socialiste Blanqui notamment), en autorisant une delegation ouvriere qui etudie les syndicats en Angleterre et, en 1864, par le droit de coalition (droit de greve). Mais cela n’entraine qu’un raffermissement du combat ouvrier : greves multiples, « manifestes des soixante » reclamant des deputes ouvriers, et, debut 1867, manifestation d’un millier de Parisiens. La montee des oppositions

L’hostilite des catholiques Toujours a partir des annees 1860, l’Eglise catholique s’oppose a la politique de laicisation conduite par Bonaparte. Elle condamne egalement la demande faite par Napoleon au Pape de ceder certains territoires pontificaux au Piemont-Sardaigne. Le pape publie en 1864 un syllabus (catalogue d’erreurs) tres hostiles aux valeurs bonapartistes. Malgre le geste militaire de l’empereur pour defendre le pape contre les republicains de Garibaldi, l’alliance du trone et de l’autel demeure ebranlee.

L’alliance des liberaux et des republicains Le droit d’adresse pour les deputes, la publicite des debats parlementaires et le controle des deputes sur le budget sont accordes par Napoleon III. L’opposition republicaine en profite a l’Assemblee. Les elections legislatives de 1863 marquent une nette avancee des republicains (majoritaires dans toutes les villes). Thiers, chef de l’opposition liberale dite « tiers parti », demande les « libertes necessaires ». Le tiers parti se rapproche des republicains « ouverts ». La presse de l’opposition se developpe de facon significative, ainsi que les manifestations.

Napoleon III concede alors plusieurs reformes : le droit d’amendement, le droit d’adresse pour le corps legislatif et, concernant la presse, les autorisations prealables ainsi que les avertissements sont supprimes. Les elections de 1869 renforcent l’opposition et entraine un manifeste signe par 116 deputes reclamant un regime parlementaire. La fin d’un regne Les contradictions de Napoleon III La tentative d’un Empire Parlementaire Le regime parlementaire est instaure en 1869. Le corps legislatif partage l’initiative des lois avec l’empereur et nomme son president.

La responsabilite des ministres est etablie, mais sans preciser devant qui. Mais plusieurs problemes se posent : le nouveau chef du gouvernement, l’ex-republicain Emile Ollivier, ne satisfait ni l’opposition republicaine ni liberal et le climat social devient de plus en plus tendu (greves, organisations ouvriere et socialiste grandissantes). De plus, l’assassinat d’un radical commis par un cousin de l’empereur provoque une manifestation de plus de 80 000 parisiens et Emile Ollivier est considere comme un complice d’un criminel bonapartiste par les republicains.

Pierre Bonaparte est d’ailleurs acquitte. Le retour au plebiscite En 1870, un senatus-consulte definit la responsabilite des ministres devant le corps legislatif, transforme le Senat en une seconde assemblee legislative (regime parlementaire bicameral) et affirme la preeminence de l’empereur. Un plebiscite melant approbation des reformes et soutien au regime divise l’opposition et apporte a l’empereur une large majorite de « oui ». Selon Napoleon III, « l’empire se trouve raffermi sur sa base » mais en realite la situation est plus fragile. L’echec des ambitions internationales

Le fiasco de l’expedition du Mexique Le projet d’empire latin au Mexique permettant a Napoleon de concilier milieux affairistes et opinion catholique est un echec. L’Angleterre et l’Espagne s’etant retirees du projet, la France doit faire face seule a la guerilla et est obligee de se retirer en 1867 : c’est un echec lamentable. La montee en puissance de la Prusse La passivite de Napoleon lors de la guerre entre la Prusse et l’Autriche permet a la premiere de s’emparer de plusieurs territoires allemands (creation de la Confederation d’Allemagne du Nord).

De plus, Bonaparte se voit refuser la rive gauche du Rhin en echange de sa neutralite. La reunification des allemands et la Prusse represente des adversaires menacants pour la France. La chute du second empire La provocation prussienne Le chancelier prussien Bismarck a besoin d’une victoire contre la France pour consolider l’Allemagne. C’est pourquoi, 1870, il provoque coup sur coup la candidature d’un prince prussien au trone d’Espagne et diffuse la depeche d’Ems. L’opinion francaise se dechaine dans sa grande majorite ; la guerre est declaree en juillet 1870.

La deroute militaire La France est isolee en Europe. L’equipement et le nombre sont largement a l’avantage de la Prusse. Le commandement militaire est indecis concernant la strategie. Napoleon finit par prendre lui-meme le commandement mais il est fait prisonnier a Sedan. La capitulation militaire est signee le 2 septembre 1870, mais la France reste en guerre. La proclamation de la IIIeme Republique Bibliographie : la France au 19eme siecle 1814-1914**, Jean garrigues et Philippe Lacombrade.