Le romantisme

Le romantisme

Le romantisme L’adjectif « romantique » etait au dix-septieme siecle synonyme de « romanesque ». Rousseau l’employa plus tard dans Les Reveries du promeneur solitaire (1782) pour caracteriser la sauvagerie pittoresque des rives du lac de Bienne. Mais c’est en Allemagne avec les ecrivains du Sturm und Drang (_Orage et Passion_) qu’il prit son sens moderne pour designer la poesie medievale et chevaleresque. C’est tardivement (Stendhal parle de « romanticisme » en 1823) que le substantif « romantisme » fut utilise, par opposition au classicisme, pour englober les aspirations convergentes de toute une generation.

Le mouvement est en effet d’ampleur europeenne et il n’est pas sur que ce soit en France qu’il ait pris ses formes les plus profondes. On a pris coutume ici de l’identifier au mal du siecle, ce trouble existentiel qui ravagea toute une jeunesse des? uvree, avide d’exprimer l’energie de ses passions et de ses reves, et consternee de ne trouver dans la societe de la Restauration que de maigres canaux. Par la s’explique l’imagerie vite convenue du poete solitaire, deversant ses epanchements dans une Nature complice et cultivant l’extravagance de son imaginaire exalte.

D’Allemagne vinrent pourtant des sources d’inspiration plus fecondes qui resonnent particulierement dans le pantheisme de Nerval et

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Hugo : le Romantisme procede a une contestation de la Raison dont il apercoit l’inferiorite sur le c? ur et l’imagination dans la connaissance de l’Univers. Il exprime aussi une aspiration a la Liberte politique, que manifestent alors la plupart des peuples europeens. 1. Une litterature populaire et nationale. * L’esprit romantique est inseparable de la contestation des valeurs de l’Ancien Regime. En ce sens, il anticipe sur les revolutions sociales et nationales de l’Europe et contribue a les faire eclore.

Cet aspect du mouvement ne deviendra politique qu’un peu plus tard, mais les definitions que l’on trouve de l’adjectif des la fin du XVIIIeme* siecle s’accordent a reperer dans l’esprit nouveau une recherche de l’identite nationale et un souci de donner aux peuples un art qui reflete leur ame et leurs traditions. Stendhal ecrit ainsi : «Le romanticisme est l’art de presenter aux peuples les ? uvres litteraires qui, dans l’etat actuel de leurs habitudes et de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir possible.

Le classicisme, au contraire, leur presente la litterature qui donnait le plus grand plaisir a leurs arriere-grands-peres. » (Racine et Shakespeare**, 1823). Par la s’explique aussi le gout des Romantiques pour le folklore et la couleur locale. {draw:frame} Questions : 2. « Le mal du siecle ». {draw:frame} Questions : Le mal du siecle et les formes prises par la reverie romantique sont vite devenus, par le foisonnement poetique et romanesque auquel ils ont donne lieu, de veritables stereotypes.

Flaubert a recense avec ironie ces topoi a travers les lectures dont son heroine Emma Bovary empoisonne son existence (_Madame Bovary_, I, IV). Vous les repererez dans l’extrait suivant en les classant en trois categories destinees a definir les orientations generales du {text:bookmark-start} gout {text:bookmark-end} romantique : 3. « De vastes asiles ». Pas de grand theme lyrique plus inepuisable que le sentiment de la Nature chez les Romantiques : elle est leur confidente et leur refuge, le livre ouvert aussi sur l’ame du Monde, une cathedrale cosmique d’ou s’elevent leurs plus ferventes prieres.

De nouveaux lieux guident ainsi leurs pas, solitaires ou grandioses, humbles ou exotiques : forets, montagnes, rivages secrets des lacs ou tumultueux de l’ocean. A cet hymne incessamment renouvele s’allie une conception de l’Amour et de la Femme qui, d’Atala** a Aurelia**, donne au Romantisme sa morale : si la Nature est inseparable de la passion amoureuse, c’est que l’une et l’autre incarnent la chance d’une veritable redemption. {draw:frame} Questions : 4. « Nous sommes 89 aussi bien que 93 ». {draw:frame} Questions : 5.

Une image : Benjamin Roubaud, Grand chemin de la posterite**, 1842, (detail) Maison de Balzac, Paris. {draw:frame} La caricature de Benjamin Roubaud (1811-1847_) _donne une idee assez juste de l’image qui s’attachait aux Romantiques dans le public et du mauvais gout dont on les taxait : sous la banniere « Le laid c’est le beau » et negligemment beni par Lamartine, Victor Hugo entraine derriere lui pour quelque croisade fabuleuse son cortege de fideles ou l’on reconnait Gautier, Eugene Sue (accroche au mat), Dumas, Balzac, Vigny…