Dissertation Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier

Dissertation Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier

Dissertation : Le poisson-scorpion de Nicolas Bouvier Nicolas Bouvier nous invite avec Le poisson-scorpion, paru en 1982, à repenser notre idée de l’exotisme et à nous repenser nous-même. Il entraîne le lecteur dans une descente aux enfers, dont l’issue est une renaissance. Ce livre est le fruit d’une escale de neuf mois, en 1955, sur l’ ‘Île de Ceylan. Durant ces neuf mois Nicolas Bouvier consgnera ses pensées et sentiments dans des carnets, qu’il reprendra environ vingt ans plus tard pour écrire Le poisson-scorpion. A Ceylan, récrivain voyageur rencontre la solitude et la maladie ors du superflu.

Malheur se de taille : lui-même. scorpion à la page ci pour avoir tout à fait ur se débarrasser e heurte à un écueil s Le poisson- d’annees encore obstacle à tout ? » Cette citation permet au lecteur de saisir les motivations du voyageur. Le narrateur souhaite se remettre profondément en question au travers de son voyage et du temps. Dans cette dissertation nous tenterons de répondre à la question suivante : Comment le temps et le voyage pourraient anéantir l’éducation du voyageur occidental, pour permettre l’ouverture de nouveaux horizons?

Premièrement nous aborderons la perte de la notion du emps ainsi que les effets de

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son passage. Deuxièmement nous observerons comment le voyage purifie le voyageur. Troi Swlpe to vlew nexr page Troisiemement nous découvrirons en quoi POccident est omniprésent dans le monde entier. Le voyage étire parfois le temps ou le rétracte. Dans une ile l’effet de solitude et d’isolement modifie la perception du temps de celui qui s’y arrête. Nicolas Bouvier écrit: « une île est comme un doigt posé sur une bouche invisible et l’on sait depuis Ulysse que le temps n’y passe pas comme ailleurs. ? (p. 24) Ici la métaphore du doigt posé sur la bouche appelle à la solitude et au ilence au quel sera contraint le narrateur. La référence à Ulysse implique l’éducation lettrée de Nicolas Bouvier. Nous relevons donc qu’ici, le narrateur n’a pas encore eu « tout à fait raison de ce moi Le passage du temps permettra-t-il tout de même la construction d’une nouvelle identité? La perte de la notion du temps est si prononcée dans cette île que l’écrivain en vient à oublier qui il est, ce précisément pourquoi il voyage.

Le passage du temps permet la destruction du « moi », construit par l’éducation occidentale, vers un « moi » basé sur l’unique expérience personnelle: « Ces odeurs véhémentes, ette Ïle! depuis quand étais-je venu vivre ici ? L’effritement continuait, avant d’atteindre ma chambre j’aurais oublié jusqu’? mon nom. » (p. 137) L’absence de majuscule au début de le deuxième phrase brise les codes d’écritures habituelles, le narrateur progresse dans sa destruction de son éducation. Ici le narrateur approche de son but: détruire son identité d’occidental pour voir le monde sous un jour nouveau.

Le passage du temps détruire son identité d’occidental pour voir le monde sous un jour nouveau. Le passage du temps suffit-il à la construction d’une identité nouvelle? Faut-il à cela rajouter l’éloignement de la patrie? La route purifie le voyageur, chez Nicolas Bouvier la route compte plus que le but du voyage. L’écrivain le prouve avec cette phrase « On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route, vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives. » (p. 3) Le narrateur, malade, sera effectivement vidé de toutes ses forces. La route a une fonction d’absorption du « moi ainsi une fois arrivé au terme du voyage, le narrateur sera un « autre pourtant Le polsson- corpion n’est pas un roman de route. Le narrateur est coincé sur une ne. L’enfermement peut-il donner lieu à un voyage intérieur? La halte prolongée et forcée, qui fait entièrement partie du voyage, permet au narrateur de se libérer de ses démons intérieurs: « Cette tête enfin ouverte se vidait comme en songe de tout le noir mirage qui y pourrissait depuis trop longtemps » (p. 72). L’enfermement et la pourriture ont rendu possible l’évacuation des restes de « moi » du narrateur. Cette quête de destruction du « moi » n’est pas sans regrets de ce que le narrateur laisse derrière lui. Durant son séjour le narrateur ressent un certain Mal du pays, il se souvient de son pays ou tente de retrouver un peu de ce qu’il connait. Ces retours en arrière lui permettent pays ou tente de retrouver un peu de ce qu’il connaît. Ces retours en arrière lui permettent une prise de conscience précieuse.

La culture occidentale peut nous faire croire que certaines choses futiles sont vitales. Le voyage en-dehors de l’occident offre une prise de recul face à cette croyance: « Plutôt que de me raccrocher à ces lambeaux d’Europe, à ces minauderies académiques, mieux vaudrait retourner bravement dans ma ournaise, ouvrir l’œil pour rendre justice aux choses, dresser l’oreille pour déchiffrer la musique qui seule les fait tenir ensembles, et me mettre à l’établi. » (p. 5) Dans cette citation le narrateur connait exactement le poids de ce qu’il laisse derrière lui. Le voyage lui a permis de reconnaître ce qui est vraiment digne d’attention, de ce qui n’en est pas. Cependant le simple fait que des « lambeaux d’Europe » traînent aux confins de l’Asie est une curiosité qui mérite d’être relevée. e voyageur retrouve un peu d’Europe partout durant son séjour ? Ceylan. L’Europe a inculqué son système géographique et politique dans le monde entier.

La colonisation a eu un effet regrettable sur les cultures colonisées, le voyageur ne les trouve pas dans leurs états originels, et ne peut alors pas détruire son « moi Nicolas Bouvier s’interroge sur l’ethnocentrisme, propre aux européens: «pendant quelques siècles, l’occident chrétien a été le centre, et la planète la banlieue de l’Europe. On ne désigne pas le centre, on définit par rapport à lui les différents points de la périphérie. » (p. 69) PAGF