Le phenomene des gangs en amerique centrale

Le phenomene des gangs en amerique centrale

Les gangs en Amerique centrale : une catastrophe ineluctable 2011 GUEDDI Meriem HISA 17/02/2011 Les gangs en Amerique centrale : une catastrophe ineluctable 2011 GUEDDI Meriem HISA 17/02/2011 ————————————————- Sommaire ————————————————- Introduction La proliferation des gangs pose un grave probleme de securite au Salvador, au Nicaragua, au Honduras et au Guatemala.

Ces derniers mois, les gangs ou marasen ont fait voir de toutes les couleurs aux autorites de ces pays, car on les tient pour responsables de l’accroissement alarmant des assassinats, des viols, des vols et des menaces typiques des gangs contre des citoyens de toutes les classes sociales. On affirme meme que ces bandes de jeunes de 8 a 35 ans regnent sur de vastes zones urbaines de San Salvador, Managua, Tegucigalpa et Ciudad de Guatemala et d’autres metropoles de ces nations.

Devant cette situation, des campagnes ont ete lancees dans chacun de ces pays pour combattre de telles bandes. Au Honduras, le president Ricardo Maduro a introduit a la Chambre Haute une initiative pour durcir les lois contre les gangs ; elle vient d’etre approuvee. Au Salvador, le mandataire Francisco Flores a impulse une loi similaire, egalement approuvee cette semaine par le Congres. Au Guatemala, le gouvernement est en train de concevoir

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
une reglementation semblable ; en attendant, les autorites locales prennent les devants et dans ertaines localites de l’interieur du pays, les maires et les chefs de la police ont uni leurs forces pour combattre les maras. Pendant ce temps, le Nicaragua cherche a approuver des lois similaires, bien que dans son cas les autorites aient instaure une cooperation avec la societe civile pour neutraliser les bandes. Ces mesures, en particulier les lois approuvees au Honduras et au Salvador, ont ete durement critiquees par les organisations de defense des droits humains.

Les ONG signalent que, si les bandes posent effectivement un tres grave probleme de securite, elles ne sont pas la source de tous les maux dont souffrent ces pays, comme l’avait insinue a un certain moment le president hondurien Ricardo Maduro, et le renforcement des lois pourrait deriver en abus policiers. Ainsi, afin de repondre a notre problematique : Est-ce que la repression resout le fleau des gangs en Amerique Latine ?

Nous etudierons dans un premier temps le Guatemmala : protege par l’impunite, puis dans un second temps les menaces des gangs au Salvador, et enfin nous verrons les menaces des gangs qui pesent sur le Honduras et le nicaragua. ————————————————- I / Guatemala : proteges par l’impunite Au Guatemala, selon d’anciens bandits et des officiers de police, le mareroqui commet le crime le plus violent gagne le respect du groupe. C’est pourquoi il ne faut pas s’etonner que ces jeunes idolatrent ceux qui sont tombes au combat, pendant qu’ils se eunissent periodiquement en petits groupes pour definir les strategies de controle de leurs zones. Les deux grands groupes de delinquants du Guatemala sont Mara Salvatrucha (MS) et Mara 18 (M18), qui ont leurs homologues a l’etranger, mais qui se subdivisent en petites bandes pour rendre plus operationnel le controle des secteurs. Dans les rues, il y a eu de nombreuses confrontations entre les differentes maras, mais quand elles se font arreter, elles se protegent mutuellement et font cause commune.

Cette forme d’organisation leur donne de la force et assure qu’elles n’agissent pas sans ordre direct de leurs leaders, d’apres ce qu’affirme Emilio Goubaud, du groupe Alliance pour la prevention du delit(Aprede). Tout le monde en voit les consequences ! En prison, les mareros guatemalteques se sont firent connaitre par le massacre de Pavoncito, ou le 24 decembre 2002 ils tuerent 14 personnes en prison. L’histoire s’est repetee au Centre de detention preventive de la Zone 18, par l’assassinat de sept autres accuses avec un haut niveau de violence et une extreme cruaute !

Dans les rues de Ciudad Quetzal, les professeurs et 5400 eleves de 18 colleges vivent, travaillent et etudient sous la terreur des gangs qui dominent la ville dans les faits. La situation est devenue plus tendue apres qu’en mars dernier les gangs aient menace : « Les colleges qui fonctionnent, nous allons les attaquer. » Un professeur a avoue au quotidien local La Prensa Libre : « Nous ne pouvons pas donner cours tranquillement. Cela nous preoccupe, parce que personne ne se sent bien et que nous ne trouvons pas de solution. » A diverses occasions, l’inquietude les a contraints a suspendre les cours.

Devant cette situation, le chef du 16e commissariat de la ville, ou se trouve la majorite des colleges menaces, a mis en ? uvre des operations de surveillance : il a augmente la force publique de 14 a 24 policiers, avec 4 patrouilles. Le commissariat 16 assure qu’il y a six gangs a Ciudad Quetzal, principalement ceux qui se font appeler M-18 et Mara Salvatrucha, dont les membres consomment de la drogue et portent des armes de tout type, des couteaux, des machettes et des batons, jusqu’aux escopettes artisanales et aux armes a feu de fabrication industrielle.

D’ailleurs, d’apres les rapports du Commissariat 16, les bandits attaquent les passants et exigent l’ « impot sur la circulation aux chauffeurs des autobus. » Le gouvernement d’Alfonso Portillo  prepare une loi pour faire face a ce probleme. Mais en attendant, les autorites locales doivent chercher les moyens d’affronter et de neutraliser les delinquants. A Todos Santos les gens assurent que le probleme des bandes les a obliges a s’organiser en comites de securite. Pour cette raison, ils se sont rendus a la Cour supreme de justice (CSJ) pour solliciter des juges leur autorisation afin d’eviter de commettre des abus d’autorite.

Le maire de Todos Santos, Julian Mandoza, a signale qu’au moins 40 chefs de gangs operaient dans cette commune, qu’ils poussaient a la delinquance et cherchaient a enroler plus de jeunes de la localite. La securite est minimale : il y a seulement huit agents de police, quatre de jour et quatre de nuit. Un couvre-feu est decrete dans cette localite. A partir de neuf heures du soir, personne ne peut sortir de chez lui sans courir le risque d’aller en prison : Mais cette mesure porte plutot prejudice aux habitants. Les autorites locales et les organisations de voisins font la plus grande part des efforts destines a freiner la delinquance.

Mais l’intervention du gouvernement central dans cette affaire continue a manquer. Pour Carolina Vazquez, chroniqueuse de La Prensa du Guatemala, « la seule explication a cette proliferation d’assassinats, d’attaques, de vols, de viols et de desordre dans les transports, c’est simplement qu’il n’y a pas d’autorites capables de les freiner. Il est probable, au vu des choses, qu’elles ne se rendent meme pas compte de ce qui arrive aux habitants. Il suffit de circuler dans les rues, les centres commerciaux et les routes pour se rendre compte que la ville est sans aucune protection.

Dans cette situation extreme, il faudrait que les bandits soient des retardes mentaux pour ne pas en profiter. » Un doute surgit cependant : s’agit-il seulement, de la part des corps de securite, d’une incapacite a agir ou bien d’un refus delibere d’agir ? ————————————————- II/ La Mara Salvatrucha previent : « Nous allons controler tout le Salvador » El Flaco n’y va pas par quatre chemins : « Nous sommes en colere contre le president (Francisco Flores), et nous prevenons le gouvernement : nous, les gangs, nous allons controler tout le Salvador. Le delinquant de 22 ans est membre de la Mara Salvatrucha ; c’est ainsi qu’il a reagi au plan de securite que vient de lancer le gouvernement. Le 23 juillet dernier, le president Flores s’est rendu dans une zone controlee par les maras. Escorte par des unites speciales de l’Armee et de la Police, Flores a annonce l’operation « Mano Dura » (Main de fer) pour arreter les bandits et recouvrer une certaine tranquillite dans les quartiers peripheriques et populaires. A ce jour, plus de 150 delinquants ont ete arretes.

Les communes ou le plan est mis en oeuvre sont Soyapango, Apopa, San Salvador et Ciudad Delgado, dans le departement de San Salvador, et dans la zone nord du departement de La Libertad. Parmi les bandes les plus combattues, on trouve la Salvatrucha, M18, Mao Mao et Maquina. Mais la moitie des bandits ont ete remis en liberte faute de preuves, surtout parce que les habitants ont peur de les denoncer. Dans une reforme de la loi qui fait partie du plan « Mano Dura », le seul fait d’appartenir aux maras est considere comme un delit.

De plus, il est stipule que les mineurs, meme ages de douze ans, qui ont commis des crimes seront juges comme des adultes, malgre les conventions internationales de protection de l’enfance et de la jeunesse signees par le Salvador. El Flaco dit que « c’est une salete, cette loi, et je lui dis, au president, qu’il est fou. Comment pourront-ils capturer les 17 mille que nous sommes ? . » Flores accuse les maras de commettre au moins une centaine d’homicides par mois, mais ceux qui critiquent le gouvernement assurent que le mandataire omet le crime organise et les autres mafias, tout aussi puissantes.

Selon des statistiques extraites de l’enquete « Barrio Adentro » realisee sous les auspices de l’Universite centramericaine (UCA) et de l’Organisation panamericaine de la sante (OPS), rien qu’au Salvador les membres des maras sont entre 30 mille et 35 mille jeunes. Le Salvador compte 6,2 millions d’habitants, la densite de sa population est de 298 habitants au kilometre carre. La pauvrete affecte 52 pour cent de la population. Le tableau social revele que 82,9 pour cent des familles qui ont des jeunes dans les gangs vivent dans la pauvrete ; dans 72,7 pour cent d’entre elles, la mere est chef de famille.

L’Etat, jusqu’a aujourd’hui, n’a pas de programmes specifiques destines a la jeunesse, ni a la prevention du phenomene des gangs. Dans la misere et la marginalisation, les adolescents n’ont pas d’autre choix de developpement que ce qu’ils trouvent dans la rue. Selon une etude de la Police nationale civile (PNC), les bandes du Salvador sont organisees en 309 groupes, les plus nombreux se trouvant a San Salvador, Usulutan et La Libertad, avec 15 mille membres. On y entre des l’age de neuf ans.

Le nombre des delinquants pourrait augmenter dans les prochains mois, car le gouvernement des Etats-Unis a prevenu qu’il expulserait tout jeune etranger qui serait condamne en tant que membre d’une bande pour un crime violent. Malgre les difficultes a affronter le probleme des bandes, des programmes reussite de rehabilitation ont fait leur apparition. Un exemple est celui du centre de rehabilitation « Dios al Rescate », initiative due a la famille Milla et a l’Eglise catholique. Ce centre heberge des dizaines de jeunes anciens bandits et a obtenu du travail pour 42 anciens mareros.

La tentation de vivre en tant que delinquant dans la rue est forte face au manque d’opportunites de recevoir une education et de trouver un emploi. Au Salvador, l’autre choix des adolescents est d’emigrer vers le Mexique et les Etats-Unis. ————————————————- III/ Des bandes de delinquants declarent la guerre aux gouvernements du Honduras et du Nicaragua La ville de San Pedro Sula, au Honduras, est controlee presque totalement par les bandes de delinquants armes de pistolets et de poignards. Les drogues et la mort y sont une affaire quotidienne.

Dans cette ville, la quatrieme d’Amerique latine en termes de violence, apres Medellin, Cali et Caracas, operent quelques 36. 000 delinquants. Le president Ricardo Maduro a lance un plan de securite qui a ete approuve a l’unanimite par le Congres. La nouvelle loi est entree en vigueur en aout dernier et inflige une peine de 9 a 12 ans de prison et une amende pouvant s’elever a 12 mille dollars aux chefs de bandes, maras ou groupes qui s’associent pour agresser, endommager des biens, menacer de mort, extorquer ou commettre des actes delictueux contre la population.

Aux membres de ces bandes, definies par le president Maduro comme « des entreprises criminelles qui nuisent a la jeunesse et terrorisent le Honduras », on inflige trois ans de prison. Le gouvernement a reagi contre les mareros aussi durement qu’au Salvador. Recemment, le Ministre de la Securite, Oscar Alvarez, a affirme a La Prensa du Honduras que « les leaders des maras sont reunis pour mener des actions contre certains fonctionnaires du gouvernement, dans l’intention de les dissuader de mettre la nouvelle disposition de la loi a execution. La guerre est declaree ! Au Honduras operent plus de 500 groupes violents de la Mara Salvatruchaet de la M18, avec quelque 100 mille membres ages de 8 a 35 ans. Selon le gouvernement, 77 pour cent des jeunes entrent dans les marasavant l’age de 12 ans, a cause du chomage, de l’instabilite economique, de l’echec scolaire et du manque d’affection dans les foyers detruits. Ils se consacrent au vol, au viol des femmes et au meurtre. Eux aussi, ils consomment et vendent de la cocaine et de la marihuana. Ils controlent les quartiers populaires des rincipales villes du Honduras ou la police n’entre pas. Ils font meme payer les autobus qui circulent dans ces zones. Pour sa part, le directeur du Projet Victoria (PV, organisme qui participe a la readaptation sociale des jeunes), Mario Fumero, a affirme que « derriere les mareros on trouve les narcotrafiquants et les delinquants. » Dans un communique de presse, le Projet Victoria a fait savoir que devant la menace d’incarceration, des dizaines de bandits honduriens desertent les maras pour chercher refuge dans les centres de rehabilitation.

Cette situation pose un autre probleme, puisque selon l’organisme, ses installations n’ont pas la capacite d’heberger plus de jeunes. ————————————————- IV / La delinquance et le debat sur les droits humains L’approbation des lois contre la criminalite au Honduras et au Salvador a ouvert un vif debat chez ceux qui preferent la main de fer et ceux qui preferent des strategies de persuasion et de rehabilitation.

Ainsi par exemple, Eduardo Lopez Blandon, lecteur de El Salvador. com, a envoye une lettre a ce quotidien dans laquelle il critique « les attitudes et les affirmations preoccupantes de Madame le Procureur des Droits de l’Homme, Beatrice de Carillo, qui s’inquiete du fait que la Constitution, les droits de l’enfance et Dieu sait quoi d’autre sont violes lors de la mise en oeuvre de plans comme celui de la Mano Dura du gouvernement contre les maras.

Moi, au Procureur, je lui demande dans quel bus elle voyage pour se rendre chez elle ou a son travail, ce qu’elle fait quand des antisociaux la touchent et l’insultent pour la simple raison qu’elle n’a pas de monnaie a leur donner, dans quelle ecole publique ses filles font leurs etudes, si elle reste a supplier Dieu chaque fois qu’elle les envoie etudier, combien elle paie de droit d’entree dans son quartier aux maras qui le tiennent sous controle. »

Et Blandon d’ajouter : « Non, Madame, au cas ou vous ne le sauriez pas, nous, Salvadoriens, nous sommes en majorite travailleurs, honnetes, et nous voulons seulement voir nos enfants et nos freres vivre dans un environnement propre et sur, loin des problemes des bandes dont vous vous preoccupez tant. Vous devriez, a mon avis, collaborer a la resolution du probleme, parce que si vous ne savez pas la difference entre les vrais Salvadoriens et les mareros, et si vous preferez plaider pour les droits de ces derniers, a mon avis vous devriez renoncer a votre charge. Pour La Prensadu Honduras, en revanche, on doit faire comme a Los Angeles et a New York, ou la violence des bandes s’est considerablement reduite. « Comment est-on parvenu a ce succes ? », se demande-t-elle dans un editorial recent. « A la base, les autorites de ces deux villes, les plus grandes des Etats-Unis, ont combine de maniere equilibree les actions concues pour renverser cette tendance destructrice qui rongeait le tissu social. » L’editorial continue : « Les Etats-Unis ne se ont pas engages dans une vive controverse sur la question de savoir si la voie pour en finir avec les bandes etait la repression ou au contraire la reeducation fondee sur des valeurs morales, ethiques et spirituelles. La police a realise son travail de maniere exhaustive, en capturant et en conduisant devant les tribunaux les mareros, tandis que la societe, les eglises et les groupes des droits civils, simultanement et sans attaquer l’autorite, organisaient leurs programmes de formation.

La Cour Supreme de Justice et les tribunaux mineurs de ce pays ne permettent a personne, que l’on vienne du bureau d’une agence multilaterale liee a l’ONU ou de quelque chose de semblable, de leur dire comment garantir l’autorite de la loi. Si nous voulons resoudre ce syndrome, qui est social, ethique, spirituel et juridique, il faut mettre en syntonie tous les segments de la societe. Mais avant toute chose, il faut assurer que quiconque commet un delit sera puni. C’est la le premier pas.

La reinsertion sociale, comme on l’appelle maintenant, viendra par surcroit. » Cependant, dans des pays dont les corps de police sont corrompus et qui ont une longue histoire de violations des droits de l’homme, l’application de la loi de la main dure suscite plus de soupcons et de craintes que de presages favorables. ————————————————- Conclusion En somme, jusqu’ici, les gouvernements ont toujours compris les Maras comme une question de securite publique.

Alors que la seule maniere de combattre et de freiner ce phenomene d’hyperviolence pourrait etre de considerer le probleme a son origine : si ces jeunes tombent dans les Maras, c’est parce qu’ils n’ont pas acces a la formation, ni a des activites sportives ou culturelles qui les valoriseraient, leur apporteraient du plaisir, de la joie. La solution passe sans nul doute par la prevention. Leur apprendre des valeurs, leur faire comprendre dans leur chair que c’est la personne qui est importante.

De plus, sortir d’une Mara est pratiquement impossible. Il existe des associations religieuses, notamment de salesiens, qui offrent des centres de formation professionnelle a ces jeunes. Certains ont tente le coup, voulant se “ recycler ” dans l’economie “ normale ”, mais la plupart ont fini assassines par la Mara apres deux ans de formation. Et ceux qui arrivent a passer a travers les mailles du filet, ont du mal a trouver du travail notamment a cause de leurs tatouages.

Cependant, sortir de la Mara, c’est la trahir, et la Mara tue les traitres… ————————————————- Bibliographie * Ouvrages : * Michel Bassand, Vincent Kaufmann, Dominique Joye, Enjeux de la sociologie urbaine, PPUR presses polytechniques, 2007 * Frederic Faux, Les maras, gangs d’enfants: violences urbaines en Amerique centrale, Autrement, 2006 * Sites : www. bambinsdesbidonvilles. org/ www. le-dictionnaire. com www. le-cartographe/