Le mur de berlin

Le mur de berlin

[LE MUR DE LA HONTE] La construction du Mur de Berlin divisa un peuple, sa chute le reunifia mais qu’en est-il des traces laissees par 40 ans de son existence ? Table des matieres 1 Introduction 1. 1 Problematique 2 L’histoire du mur de Berlin 2. 1 Naissance du mur 2. 1. 1 Situation de l’Allemagne d’apres guerre 2. 1. 2 Occupation de l’Allemagne d’apres guerre 2. 1. 3 Vers la rupture 2. 1. 4 Le blocus de Berlin 2. 1. 5 La division politique de l’Allemagne 2. 1. 6 Comparaison entre la RFA et la RDA 2. 1. 7 La crise de juin 1953 2. 1. 8 L’ultimatum de 1958 . 1. 9 La construction du Mur 2. 1. 10 L’Ostpolitik 2. 2 Description du Mur 2. 2. 1 Le Mur en quelques chiffres 2. 2. 2 Points de passage 2. 2. 3 Victimes du mur 2. 3 Sa chute 23 2. 3. 1 La chute du Mur 2. 3. 2 La reunification 3 Consequences de la chute du mur 3. 1 En Allemagne 3. 2 En Europe 4 Un Mur dans la tete, la desillusion de la reunification 4. 1 A l’Est : 4. 2 A l’Ouest : 5 Parallele avec le Mur de Cisjordanie 6 Conclusions 7 Bibliographie 8 Annexes 8. 1 Chronologie du Mur de Berlin 8. 2 Les hommes du Mur 8. 2. 1 Erich Honecker (1912-1994 8. . 2 John Fitzgerald

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Kennedy (1917-1963) 8. 2. 3 Walter Ulbricht (1893-1973) 8. 2. 4 Willy Brandt (1913-1992) 8. 2. 5 Helmut Kohl : 1 Introduction 1. 1 Problematique La rivalite entre les Etats-Unis et l’Union sovietique, qui prit naissance des la fin de la Seconde guerre mondiale, fut marquee par de nombreux affrontements indirects dans le monde et durant pres de 45 ans. Les confrontations les plus importantes et les plus connues sont : la guerre de Coree, la crise des missiles a Cuba, la guerre du Vietnam et les differentes crises au Moyen-Orient.

Contenir l’expansionnisme sovietique et donc le communisme d’un cote et lutter contre l’imperialisme americain de l’autre etaient les deux principaux arguments que brandissaient les deux camps. Chacune de ces crises avait son importance strategique et politique a un moment donne. Certaines aboutirent a une lutte armee alors que d’autres se resolverent diplomatiquement. Cependant, rares furent celles qui perdurerent du debut a la fin de la guerre froide. Le cas de Berlin et de sa division en fut un exemple.

Il est interessant de se pencher sur la situation de cette ville situee a proximite de la limite entre le bloc de l’Ouest et le bloc de l’Est et plus particulierement sur le mur de Berlin, materialisation de cette division. Ce mur fut en effet un aboutissement de l’evolution de provocations et de tensions qui sevissaient entre les deux blocs. Une fois la construction du mur entamee en aout 1961, la tension redescendit durant plusieurs annees. Il me parait important de comprendre les divers evenements qui menerent a la construction de ce mur dont l’idee ne se fit pas du jour au lendemain, bien au contraire.

Je desire aussi me pencher sur l’attitude sovietique et americaine au travers de deux crises qui secouerent Berlin; a savoir: le blocus de Berlin de 1948 a 1949 et l’ultimatum sovietique sur cette ville de 1958 a 1961 qui aboutit a la construction du mur. Ce mur qui separait physiquement Berlin-Est et Berlin-Ouest, souvent appele mur de la honte, nous amene a nous poser diverses questions: la 1ere m’amene a me demander si ce dernier a reellement amplifie la division et la separation du peuple allemand ? etait-il tout simplement une suite logique des evenements ou au contraire a-t-il fait reagir les gens par rapport a cette situation amenant a une ouverture vers la « paix » ? Une 2eme question decoulant de la premiere m’interpella tout de suite. Maintenant que le mur etait construit, quel etait l’avis des habitants de la RDA et de ceux de la RFA ? Au bout de quelques annees de totale separation, quelles etaient leurs envies quant a l’avenir du mur ? Voulaient-ils la reunification de l’Allemagne ou se portaient-ils bien ainsi chacun de leur cote ?

La chute du mur coincide naturellement avec l’avenement d’une possible entente entre les deux blocs, donc de la fin de la guerre froide ; ces causes sont relativement evidentes. La partie la plus interessante de l’histoire du mur, a mon sens, est sa chute et plus precisement ses consequences, soit les traces laissees par 18 ans d’existence du mur. Grace a quelques temoignages, des discours politiques, et des ouvrages divers sur ce sujet, il est utile de reperer les limites de la reunification allemande pour comprendre l’Allemagne d’Aujourd’hui.

En parallele, il est interessant de reperer l’avis des Allemands sur la reussite de la reunification ? La chute du Mur de Berlin et la reunification de l’Allemagne souleverent donc ma 3eme question qui sera essentiellement l’objet de mon analyse : la destruction materielle de cette frontiere a-t-elle reellement permis la reunification de l’Allemagne ? En eliminant ces barbeles, ces tonnes de betons, ces tours de gardes et autres dispositifs a-t-on detruit « tout les murs » ?

Apres tout, le Mur de Berlin n’etait qu’un mur physique mais que fait-on des murs qui se sont installes progressivement dans les esprits des etres humains, qu’en est-il des differences sociales, economiques et politiques entre les deux Allemagnes ? Certes la distinction entre Allemand de l’Est et Allemand de l’Ouest semblait evidente lors de la chute du mur en 1989 mais aujourd’hui, presque 20 ans plus tard, alors que seul un peuple allemand devrait avoir lieu d’etre, observe-t-on encore des differences, des injustices, est-ce que des stereotypes sont encore graves dans l’esprit des Allemands ?

Cette derniere question peut amener de nombreux sujets d’analyse, autant politiques, economiques, sociologiques, geographiques, etc. Pour ma part, j’ai decide de me limiter aux aspects sociaux et economiques en me basant notamment sur le ressenti des Allemands et divers textes traitant des consequences de la reunification. Des lors, il est certain que ces ressentis ont evolue avec les annees, d’ou le probleme, suivant certaines sources non datees, de differencier l’impacte de la chute du mur a court terme et a long terme. 2 L’histoire du mur de Berlin 2. Naissance du mur 2. 1. 1 Occupation de l’Allemagne d’apres guerre La 2eme guerre mondiale se termina le 8 mai 1945 avec la capitulation sans condition de l’armee nazie laissant une Allemagne ruinee a tout point de vue. Effectivement, les bombardements et les incendies ont demoli les grandes villes, la majeure partie des espaces habitables, les regions industrielles, la moitie du reseau de transports allemand. Le premier hiver de l’apres-guerre fut marque par la faim et le froid car les villes n’etaient plus approvisionnees en eau, en gaz et en electricite.

L’agriculture et l’industrie etaient au point mort et le systeme financier au bord de l’effondrement alors que le marche noir et le troc fleurissaient. De plus, les allies devaient faire face a un afflux important de refugies arrivant de Pologne et de l’ancien Reich. Des 1944, alors que la victoire des allies etait assuree, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’URSS se reunirent a Londres pour discuter du sort futur de l’Allemagne vaincue ou ils signerent deux protocoles a ce sujet. Cependant, c’est a Yalta , en 1945, que fut definitivement debattu l’avenir de L’Allemagne et plus precisement ’occupation de Berlin. L’Allemagne fut ainsi partagee en quatre zones occupees et administrees en commun par chacune des quatre grandes puissances de l’epoque, a savoir les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France pour la partie occidentale de l’Allemagne et l’URSS pour la partie orientale. Sa capitale, Berlin, des lors entierement incluse dans la zone d’occupation sovietique fut partagee de la meme maniere et placee sous la direction d’une Kommandatura se composant des quatre gouverneurs militaires de chaque allie.

Malgre cet accord, l’Allemagne resta 4 ans sans gouvernement apres la 2eme guerre mondiale. Un conseil de controle interallie, charge de mettre en ? uvre le regime d’occupation fut mis en place. Il avait comme objectif de mettre l’Allemagne hors d’etat de nuire et d’eviter la reapparition d’une Allemagne forte, totalitaire et criminelle en suivant deux axes : a) eviter que l’Allemagne reste un danger economique en raison de sa puissance financiere et industrielle d’avant-guerre ; c’est pourquoi l’industrie de guerre fut fortement demantelee ; ) eviter que l’Allemagne represente un danger politique en raison de l’ideologie du nazisme (fascisme); le proces de Nuremberg permit de juger 21 hauts responsables nazis. Malgre cela, les divers processus de reconstruction ou de destruction se deroulerent a des rythmes differents pour chaque zone d’occupation. L’URSS, soutenue par la France, souhaitait le demembrement total de l’Allemagne pour assurer sa propre securite et s’opposait a tout projet de reconstruction d’un Etat fort. Ces deux allies entreprirent alors une reforme agraire, la nationalisation des banques, la deportation des nazies, le demantelement de l’industrie allemande.

En opposition, les USA etaient pour le maintien de l’unite allemande et la Grande-Bretagne, consciente du fait qu’elle ne pouvait lutter contre l’Allemagne sans cet allie sovietique, voulait a la fois le demembrement du pays tout en reconstruisant une Allemagne de l’ouest forte de facon a faire face a l’expansionnisme stalinien. Ces deux dernieres zones prefererent donc consolider l’economie allemande et empecher la propagation du communisme. C’est ainsi que les premiers parlements des lander furent elus fin 1945 apres restructuration et leur avoir donne un gouvernement propre.

Malgre leurs divergences, les allies tenterent de sauver une derniere fois l’administration commune de l’Allemagne et se reunirent, du 17 juillet au 2 aout 1945, pour fixer de maniere manuscrite differentes dispositions quant aux reparations de guerre et a la denazification, a la demilitarisation. Toutefois, ces nouvelles mesures se revelerent vite vaines car les decisions prises permettaient a chaque puissance occupante d’exercer ses droits a reparation, avant tout, sur sa propre zone, remettant ainsi en cause un retour vers l’unite. Il est a noter que ces divergences ideologiques et politiques entre les llies se faisaient deja sentir a la fin de la guerre, et le fait qu’au conseil de controle allie comme a la Kommandatura, l’unanimite pour toutes decisions etait de rigueur, entraina la paralysie du systeme tout entier. Un autre fait marquant accentua ces divergences engendrant de fortes rivalites Est-Ouest : Apres la fin de la deuxieme guerre mondiale, les sovietiques occuperent seuls Berlin pendant plus de deux mois et, presse d’exercer une influence dominante sur les affaires de la ville et sur la population, mirent en place une petite administration allemande.

Ils appliquerent une politique de pillage systematique, en particulier dans les secteurs Ouest de la ville qui deviendront plus tard Berlin-Ouest. L’administration sovietique militaire en Allemagne (SMAD), creee le 9 juin 1945, proceda au demontage des deux tiers de la capacite industrielle et la transfererent en URSS. A cela s’ajouta egalement des prelevements sur la production courante pour compenser les dommages de guerre ainsi que la mainmise sur toutes les voies de communication. De plus, elle autorisa la formation de syndicats et de partis politiques antifascistes.

Le KPD , les SPD , les Partis chretien-democrate (CDU) et liberal (LDP) furent ainsi refondes. Les autorites occidentales qui entreprendront de telles demarches que deux mois plus tard, furent donc devancees. 2. 1. 2 Vers la rupture La sovietisation naissante en Europe de l’Est suscita de la mefiance chez les occidentaux. Les premiers signes evidents apparurent au printemps 1946 alors que Winston Churchill parlait d’un « rideau de fer » qui divisait l’Europe centrale. L’URSS quant a elle se sentait menacee par les Etats Unis qui avaient alors le monopole de l’arme atomique.

L’Allemagne devint progressivement le centre politique et strategique de la guerre froide. Au fil de la guerre froide naissante, « La question de l’Allemagne », soit l’organisation de l’Europe et de l’Allemagne, divisa clairement Berlin en deux blocs antagonistes. Du fait que les institutions militaires et politiques des annees 50 telles que l’OTAN et le Pacte de Varsovie n’existaient pas encore, les frontieres de l’Europe de l’apres-guerre etaient encore malleables C’est pourquoi, la situation de Berlin n’etait pas definitive aux yeux de Staline.

En effet, Moscou nourrissait le desir d’annexer Berlin-Ouest. Par consequent, pour resister a la pression sovietique, les Americains souhaiterent aussitot favoriser le redressement de l’Allemagne de l’Ouest. En janvier 1947, en vue de la reconstitution d’un Etat federal ouest-allemand, dont la partie occidentale de Berlin etait exclue, Americains et Britanniques fusionnerent leurs zones en une « bizone » economique sous une meme coordination provisoire, a laquelle se rallia la France en juin 1948 pour former la « trizone ». Vu qu’un conflit arme leur paraissait inconcevable en raison de l’arme nucleaire, le ouvernement americain adopta une politique dite de « containment » ou d’endiguement de facon a stopper toute tentative sovietique d’expansion dans les zones d’occupations occidentales. Le plan Marshal , lance par les americains en mai 1947, fut a la base de la reconstruction de l’Allemagne de l’Ouest. En plus de cette aide financiere, les allies occidentaux lancerent un vaste plan d’aide alimentaire et prirent des mesures de relance economique en procedant a la mise en place d’une reforme economique et monetaire de facon a ce que la production industrielle redemarrat.

Annoncee le 18 juin 1948, les trois zones occidentales adopterent, deux jours plus tard, le Deutsche Mark en remplacement de la monnaie d’occupation. De son cote, L’URSS, qui installait des regimes communistes en Europe de l’Est et menait une politique de socialisation dans sa zone d’occupation en Allemagne, refusa l’aide du plan Marshall dans sa zone et empecha les pays de l’Europe de l’Est d’en beneficier. Elle denonca l’attitude des puissances occidentales, qu’elle considerait etre une violation des accords de Potsdam.

Neanmoins, Bien qu’une possible entente entre les occidentaux et l’URSS n’etait des lors plus concevable, Staline ne desesperait pas de voir se realiser son projet de faire de l’Allemagne un pays communiste ou en tout cas neutralise. A cet effet et pour protester contre le refus des representants occidentaux de les informer des nouvelles conventions prises a l’Ouest, les sovietiques quitterent definitivement le conseil de controle allie, puis quelques semaines plus tard, la Kommandatura de Berlin. 2. 1. 3 Le blocus de Berlin

Le processus de creation d’un Etat Ouest-allemand et la reforme monetaire en cours a l’Ouest inquieta l’URSS. En effet, alors que le Reichsmarks, remplace par le Deutsche Mark a l’Ouest, perdait de la valeur, il restait monnaie courante dans la zone sovietique, y provoquant une forte inflammation. Dans un premier temps, les sovietiques procederent a leur propre reforme monetaire. Puis, pour montrer leur opposition, ils commencerent a perturber les liaisons entre Berlin et les zones occidentales de facon a faire obstacle a la circulation du Deutsche Mark dans leur territoire.

Finalement, profitant de leur avantage geographique, les sovietique priverent totalement Berlin-Ouest de son approvisionnement en vivre et en carburants en stoppant toutes voies de communications terrestres et fluviales. C’est ce qu’on appela le Blocus de Berlin. Il debuta le 24 juin 1948 et dura onze mois et avait pour but de permettre aux sovietiques de faire pression sur les occidentaux afin de les forcer a abandonner la ville et d’empecher la creation d’un Etat Ouest-allemand. La condition que posa Staline pour la levee du blocus ne fut pas acceptee par les occidentaux.

Neanmoins, Berlin-Ouest parvint a se ravitailler grace a un pont aerien dirige par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne . Bien qu’au debut ce ravitaillement par les airs paraissait insense, il devint vite une veritable prouesse logistique reunissant plus de 60’000 personnes. Dans un premier temps, les americains declencherent une vaste operation de ravitaillement nommee Vittles et les britanniques mirent en ? uvre l’operation Planefair pour finalement se reunir en une seule structure commune de pour etre plus performant. Des milliers d’avions (plus de 270. 00 vols au total) apporterent chaque jour vivres, materiel de chauffage et autres objets de premiere necessite dans la ville encerclee. Hormis les 13. 000 tonnes de marchandises livrees chaque jour, le contre blocus fit 78 victimes parmi les equipages anglo-americains et le personnel allemand au sol. Le succes de cette entreprise affaiblit fortement l’offensive sovietique. Au terme de plusieurs tentatives de negociations, un accord fut signe le 5 mai 1949 entre les quatre allies a New York qui stipulait la levee du blocus et du contre blocus a partir du 12 mai 1949.

Un communique de la conference des ministres des affaires etrangeres precisa le droit des allies occidentaux a acceder aux secteurs occidentaux de Berlin par voie d’air et de terre. Cependant, les occidentaux et les sovietiques ne purent se mettre d’accord sur la question des deux marks qui circulaient a Berlin et cette situation demeura inchangee. Pendant le Blocus de Berlin, la tension entre les deux grandes puissances etait telle que l’on redoutait une troisieme guerre mondiale.

Cependant, les Etats-Unis ne forcerent pas les barrages et les sovietiques, dans l’impossibilite materielle d’empecher le pont aerien a moins d’abattre les avions et ainsi de declencher une guerre, ne firent rien. 2. 1. 4 La division politique de l’Allemagne Cette premiere crise importante de la guerre froide, a savoir le blocus de Berlin, creusa d’avantages les difficultes d’entente entre les deux camps antagonistes. De part et d’autre du « rideau de fer », la ville de Berlin devint la vitrine du modele occidental et sovietique.

Le blocus permit de faire admettre aux opinions publiques occidentales le partage ineluctable de l’Allemagne et accelera la partition de l’Allemagne. Toutefois, les allies occidentaux n’avaient pas attendu le blocus de Berlin pour s’organiser contre l’Union sovietique ; en mars 1948, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, le Luxembourg et les Pays-Bas avaient deja signe le pacte de Bruxelles creant une alliance defensive des Etats membres europeens, suivi l’Union de l’Europe occidentale avec la signature du traite de l’Atlantique Nord.

En 1950, les pays signataires se doterent d’une structure militaire commune : l’OTAN. A l’Ouest, l’idee du rearmement de l’Allemagne et de son integration dans une structure d’unification europeenne apparaissait comme indispensable pour lutter contre l’Union sovietique Parallelement, durant tout le blocus de Berlin, la mise en place de deux administrations separees pour Berlin suivit son cours. A l’Ouest, se poursuivit la constitution d’une entite allemande occidentale. En se basant sur les documents de Francfort , un conseil parlementaire elabora la charte constitutionnelle d’un nouvel Etat federal.

C’est ainsi que fut approuve en mai 1949 la Loi Fondamentale (Grundgesetz) de l’Etat qui entra en vigueur le 23 mai de la meme annee. La Republique federale d’Allemagne etait officiellement nee avec Bonn pour capitale et donna lieu aux premieres elections legislatives pour l’ensemble de la « trizone ». La ville de Berlin-Ouest recut le statut de Land mais resta administree par les allies. La CDU, dirigee par Konrad Adenauer, en tete, affirma le retour de l’economie liberale. Ce dernier, partenaire privilegie des Americains, devint le premier chancelier de la RFA.

La politique de reconstruction economique en RFA eut pour objectifs : la stabilite monetaire, le controle de l’inflation et la relance de la production industrielle liee a l’insertion de l’Allemagne de l’ouest dans le commerce mondial. L’economie de marche favorisa une croissance rapide de la production, de l’emploi, des exportations et de la consommation. Au vu des resultats dus a l’economie de marche, la RFA recueillit le taux de croissance et de productivite le plus eleve de l’economie occidentale d’apres-guerre, faisant d’elle une des plus grandes puissances centrales de l’Europe continentale.

C’est ce que nous appelons aujourd’hui le miracle economique allemand. En reaction a la creation de RFA, le Conseil du peuple presenta le 22 octobre 1948, le projet de constitution pour une Republique democratique d’Allemagne (RDA) respectueuse de la propriete privee. Malgre la naissance de la RDA avec Berlin-Est pour capitale, il faudra attendre le 25 mars 1954 pour que les sovietiques admettent la souverainete du gouvernement est-allemand. De plus, les occidentaux refuserent de reconnaitre cet Etat qui, a l’instar de la RFA, avait la pretention de parler pour toute l’Allemagne.

Le communiste Wilhelm Pieck devint president de la RDA et Otto Grotewohl, ancien social-democrate, fut nomme chef du gouvernement avec pour representant au conseil ministeriel Walter Ulbricht, chef du parti communiste, parti socialiste unifie (SED) qui domina la vie politique de la RDA jusqu’en 1989. L’Allemagne etait desormais officiellement divisee en deux gouvernements, qui chacun a leur maniere, se consideraient comme seuls representants de la veritable Allemagne. 2. 1. 5 Comparaison entre la RFA et la RDA

La RFA et Berlin-Ouest vitrine du modele de l’economie de marche Le systeme politique et economique mis en place en RFA en 1949 etait calque en grande partie sur le modele americain et le systeme de l’Allemagne d’avant guerre. Il s’agissait d’une democratie federale ; les Lander disposaient d’une grande autonomie. Les elections etaient libres, le chef du gouvernement etait chancelier et n’etait pas directement elu par les citoyens mais issu du parti majoritaire aux elections legislatives.

La RFA qui reconnaissait le capitalisme et l’economie de marche etait une societe de consommation. Elle participa aux premices de la construction europeenne avec la CECA , et devint un des six membres fondateurs du Marche Commun en 1957 ainsi que la premiere puissance economique de l’Europe. D’abord destinee a preserver la paix par une union economique tres etroite, la construction europeenne permit egalement a l’Europe occidentale et donc a la RFA de s’emanciper progressivement de la tutelle americaine. La RDA, vitrine du modele socialiste

Les institutions, l’organisation economique et sociale etaient identiques au modele sovietique. Les communistes etaient les seuls au pouvoir; des 1949 le Parti SED fut le seul autorise et ses candidats, tel Erick Honecker recueillirent pres de 100% des suffrages. La repression orchestree par la police politique, la STASI, s’abattait sur les opposants. L’economie etait entierement controlee et planifiee, les moyens de production nationalises, particulierement dans les secteurs des transports, des banques, de l’industrie, de l’energie et les terres collectivisees.

Dans la division socialiste du travail mise en place par le COMECON , la RDA occupait une place de premier ordre: elle etait specialisee tout d’abord dans l’industrie lourde puis dans l’industrie de biens de consommation (succes de la marque automobile Trabant). La RDA etant la cinquieme puissance economique en Europe en 1970. J’ai cree un tableau , ci-apres, qui donne de maniere synthetique quelques parametres comparatifs entre les deux pays : RFA RDA Creation 23 mai 1949 7 octobre 1949 Capitale Bonn Berlin-Est Superficie 248 717 km? 108 333 km? Population 63 254 000 hab. (en 1990) 16 111 000 hab. en 1990) Politique Capitalisme : Politique gouvernementale et economique fondee sur l’entreprise privee dans laquelle l’individu prive controle les services et moyens de production. Communisme : Politique gouvernementale et economique fondee sur la centralisation de services et moyens de production par l’Etat. Partis politiques Pluralisme des partis, donc opposition. Un seul, le Parti communiste, d’ou tres peu d’opposition. Role du gouvernement Limite par les lois et les Droits de l’homme: regime liberal. Exerce dans tous les domaines: regime totalitaire. Interdiction de voyager a l’ouest.

Ressources, moyens de productions, transports Propriete privee en general. Propriete collective par l’intermediaire de l’Etat et des cooperatives. Role economique de l’Etat Limite: initiative privee essentiellement. L’Etat controle l’economie: economie planifiee. Concurrence Tres importante: nationale et internationale. Inexistante. Prix et salaire Determines par le marche. Fixes par l’Etat. Monnaie Deutsche Mark Mark est-allemand Plan economique Plan Marshall : Programme d’assistance economique europeenne lance en 1948 par les Etats-Unis pour aider l’Europe devastee par la seconde guerre mondiale.

Ce plan consistait de 13 milliards de dollars destines pour tous pays europeens non communistes ou les pays sous regimes communistes qui voulaient remplacer leur regime par un regime democratique. COMECON (Conseil d’assistance economique mutuelle) : Complemente par le Pacte de Varsovie, cet organisme existe depuis 1949. Conclu a Moscou, il fut cree pour contrecarrer les effets du plan Marshall. Le COMECON est base sur la specialisation des economies nationales pour rebatir les pays socialistes endommages par la guerre.

Organisation militaire OTAN (Organisation du traite de l’Atlantique) : Alliance militaire defensive dont le but est de contrer une eventuelle attaque sovietique en Europe occidentale Le Pacte de Varsovie : Equivalent communiste de l’OTAN. L’URSS garde un controle serre sur les membres de l’alliance en etant le fournisseur exclusif en armement. 2. 1. 6 La crise de juin 1953 A partir de 1949, de nombreux allemands vivant en RDA immigrerent a l’Ouest en utilisant Berlin comme porte de sortie pour fuir ce regime communiste dont ils ne s’accommodaient pas et ainsi protester contre la politique gouvernementale de leur Etat.

Cette emigration massive avait pour principale consequence de saigner l’economie de l’Allemagne de l’Est et d’affaiblir l’image de l’Union sovietique a l’etranger en revelant indirectement les faiblesses de ce regime. En juillet 1952, le parti socialiste unifie (SED) ? uvra pour construire un veritable socialisme en Allemagne de l’Est provoquant une augmentation du flux d’emigres ainsi qu’un mecontentement appuye chez les travailleurs de la RDA. En effet, il s’avera que, depuis la creation des deux Etats, le niveau de production en Republique democratique d’Allemagne (RDA) affichait des resultats mediocres en comparaison de la RFA.

Afin de dynamiser et d’augmenter la production, le SED, dirige par le leader stalinien Walter Ulbricht, imposa aux travailleurs des conditions de travail toujours plus contraignantes sans leur promettre en echange une amelioration du niveau de vie. Or, les Berlinois de l’Est constaterent et envierent la prosperite economique croissante des secteurs occidentaux. Les revendications ouvrieres visaient essentiellement le systeme hierarchique et militaire ainsi que l’organisation et la rentabilite dans le travail.

La premiere veritable revolution politique eut lieu en juin 1953, quand l’Allemagne de l’Est fut frappee par des greves, des manifestations et la creation de comites de greve. Les 16 et 17 juin 1953, des greves insurrectionnelles eclaterent a Berlin-Est, s’etendirent rapidement a presque toutes les industries berlinoises avant de se propager dans toute l’Allemagne orientale. Elles furent aussitot reprimees par l’intervention militaire de l’armee sovietique causant de nombreuses victimes.

La revolte de juin 1953 eu pour effet de renforcer la puissance du parti dirige par Ulbricht. Autrefois menace par l’aile liberale, cette crise permit d’integrer d’avantage la RDA a la sphere sovietique. Le regime, en reaction aux evenements berlinois, prit des lors une nouvelle direction economique. Il chercha a satisfaire les revendications des grevistes en favorisant le developpement des biens de consommation, en meme temps que l’union Sovietique annoncait la suspension definitive des prelevements obligatoires dus aux reparations de guerre.

De plus, pour eviter que de nouvelles resurgences revolutionnaires de la part des travailleurs, le regime renforca son systeme de controle et de surveillance sociale dans les entreprises par la creation de milices. L’expression la plus manifeste de ces nouvelles mesures de securite sera l’edification en 1961 du mur de Berlin. Suite aux revoltes de juin 1953, le taux d’immigrations vers la RFA se multiplia. C’est a ce moment-la que fut atteint le plus grand nombre de refugies en Allemagne de l’Ouest, plus de 330’000 .

En tout, en moins de dix ans, plus de deux millions de personnes passerent ainsi de l’Est a l’Ouest. De plus, les accords de Paris de 1955 entrainant l’entree dans l’OTAN de la RFA pousserent Berlin-Ouest a renforcer ses liens avec la RFA et l’Europe occidentale. 2. 1. 7 L’ultimatum de 1958 Quoique le probleme de Berlin fut mis entre parentheses le temps de trouver un successeur a Staline qui mourut en 1953, il restait une faille dans le systeme sovietique qui n’arrivait toujours pas a prendre entierement possession de la ville.

Le fait que Berlin-Ouest soit la voie principale de passage de plus de 50% des refugies de la RDA demeurait un probleme. Une fois la succession de Staline confirmee, il fallait s’attendre a une decision sur le probleme de Berlin-Ouest. C’est pourquoi Nikita Khrouchtchev, nomme Secretaire general du Parti communiste sovietique en 1956, adressa le 27 novembre 1958 un ultimatum aux occidentaux dans le but de les intimider. Il leur donna six mois pour transformer Berlin-Ouest en une entite politique independante ou pour ainsi dire une ville libre et demilitarisee.

Si cela ne se realisait, l’URSS menacerait de signer un traite de paix separe avec la RDA et lui accorderait les pleins pouvoirs a Berlin-Est offrant ainsi toutes les responsabilites quant au controle des voies d’acces a Berlin-Ouest. Pour se faire entendre, Khrouchtchev avanca les arguments suivants : l’occupation de la ville par les occidentaux reposait uniquement sur les accords de Potsdam. Or, en rearmant l’Allemagne de l’Ouest, ces derniers ne respectaient pas ces accords et n’avaient par consequent plus aucun droit sur Berlin.

Suite a cet ultimatum, une conference au sommet fut convoquee a Paris en 1960 en presence des quatre Grands pour debloquer la situation. Malgre la pression de l’Ultimatum, les occidentaux ne cederent pas a ces attentes si bien que, Khrouchtchev tenta des lors de sortir l’Union Sovietique de ses traditions staliniennes et de promouvoir des transformations economiques et sociales dans le but de favoriser une politique d’ouverture vers l’Occident. Ce melange entre rivalite et interets communs fut accentue avec l’arrive de Kennedy au pouvoir en janvier 1961.

Khrouchtchev rencontra le nouveau president des USA pour remettre sur table les exigences sovietiques. Kennedy qui soutenait la legitimite de la presence occidentale a Berlin ne fut pas non plus dispose a leur ceder la partie Ouest de la ville. Malgre l’intransigeance des deux camps, leur relation diplomatique perdura en raison de la peur d’un possible conflit nucleaire etant donne que chacune des deux puissances etait en possession de la bombe atomique. 2. 1. 8 La construction du Mur

En raison du flot ininterrompu des refugies qui destabilise la RDA, Ulbricht demanda a plusieurs reprises l’autorisation de prendre des mesures radicales quant a la fermeture de la frontiere intra-berlinoise. En consequences, dans la nuit du 12 au 13 aout 1961, le conseil des ministres de la RDA annonca officiellement par la radio est-allemande qu’un dispositif de controle des frontieres sera mis place a la frontiere entre la RFA et la RDA, y compris sur la delimitation avec les secteurs d’occupation occidentaux a Berlin, tel que celui qui etait deja en vigueur aux frontieres de tous les Etats souverains.

Les citoyens de la RDA ne pourront franchir ces frontieres qu’avec une permission speciale jusqu’a ce que Berlin-Ouest soit devenu une ville libre, neutre et demilitarisee. Dans les minutes qui suivirent, des ouvriers Est-allemands encadres par l’armee de la RDA fermerent hermetiquement Berlin-Ouest au moyen de barbeles et de grillages, Pour ce faire, ils depaverent les axes de communications afin d’interrompre immediatement le trafic, creuserent des trous et y planterent des poteaux sur lesquels furent fixes les fils barbeles. Bientot 67 des 80 points de passages furent boucles et les autres surveilles.

Au petit matin, les berlinois de l’Ouest furent alertes par la radio americaine et decouvrirent leur ville coupee en deux par un « rideau de fer », au sens propre. Etant donne que le barrage n’etait, dans un premier temps, pas totalement hermetique, quelques dizaines de personnes reussirent a fuir. Seulement, dans les jours qui suivirent, le verrouillage se perfectionna et devint quasi infranchissable. Sous l’etroite surveillance des gardes-frontieres de RDA, les portes et fenetres des facades d’immeubles furent murees et integrees dans le dispositif de separation, les barbeles furent remplaces par un mur en pierres de taille importante.

Des rues, des places et des maisons furent ainsi separees d’un jour a l’autre, certaines lignes de tram et de metro furent interrompues. Le soir du 13 aout 1961, le bourgmestre regnant de Berlin-Ouest, Willy Brandt, declara devant la chambre des deputes: « (… ) Sous le regard de la communaute mondiale des peuples, Berlin accuse les separateurs de la ville, qui oppressent Berlin-Est et menacent Berlin-Ouest, de crime contre le droit international et contre l’humanite ». De plus, Pour protester contre la construction du Mur, les Berlinois de l’Ouest deciderent de boycotter le S-Bahn sous controle est-allemand.

En revanche, les pays occidentaux ne reagirent pas immediatement a ces evenements de peur de risquer la guerre pour la liberte des habitants de la zone sovietique. L’opinion allemande se sentit alors lachee par l’Occident. 2. 1. 9 L’Ostpolitik L’Ostpolitik, terme allemand signifiant « politique de l’Est » designait la politique menee par la Republique federale d’Allemagne, entre 1969 et 1990, dans le but de mettre en place un processus de rapprochement et de detente entre la RFA et l’Europe de l’Est, ainsi qu’avec l’URSS. Elle fut mise en place par W.

Brandt, chancelier ouest-allemand qui souhaitait normaliser les relations avec la RDA, qu’il considerait au meme titre que la RFA comme une partie de la nation allemande. Il s’engagea de la meme facon avec les pays du bloc de l’Est ou il effectua des visites, en Pologne notamment. Il signa avec celle-ci et l’URSS des traites de reconnaissance des frontieres. Comme Khrouchtchev, s’il n’approuvait pas l’ideologie adverse, il savait bien qu’il ne pouvait l’aneantir et prefera le dialogue. En prenant de telles initiatives, il se detacha de la tutelle americaine.

Il obtint pour son action le prix Nobel de la paix. En 1972, les deux Allemagnes se reconnurent mutuellement et entrerent a l’ONU l’annee suivante. 2. 2 Description du Mur Le mur de Berlin, vision concrete du Rideau de Fer, a beaucoup evolue de sa premiere construction en 1961 a sa destruction en 1989. N’etant au debut qu’un fil barbele, puis un mur en brique il finit par devenir un veritable mur en beton. Le mur etait pourvu de tout un systeme de securite. En effet, fils barbeles, clotures electriques, fosses anti-vehicules, pieges, chemins de ronde faisaient partie integrantes du mur.

Sans oublier les nombreuses douanes entre d’une part les deux Berlin et d’autre part Berlin-Ouest et l’Allemagne de l’Est qui mobilisaient nombres de soldats ainsi que des chiens de garde. Ces installations frontalieres virent le jour suivant les endroits qu’a la fin des annees 1980. Leur largeur totale dependait de la densite des maisons alentours et allait de 30 a 500 metres sur la Potsdamer Platz par exemple. Au final, elles consistaient en : ? Un mur proprement dit d’une hauteur de 3,60 metres et d’une largeur de 1,20 metre, en partie en beton coule pour eviter toute prise d’escalade et muni d’un tube a son sommet. Un mur de beton d’arriere plan de 2 ou 3 metres de haut ? Une alarme de detection de contact au sol ? Une barriere electrique en tole metallique, plus haute qu’un homme, tendue de fils de fer barbele et de fils de detection par contact. Moyens dissuasifs de tentatives de franchissement du mur. ? Des fosses de defense anti-vehicules (de 2,5 metres de profondeur) et antichars (de 5 metres de profondeur) et des pieges en rails soudes en croix. ? Un chemin de ronde eclaire toute la nuit par des lampadaires (de 5 metres de haut) pour acceder aux postes de gardes et permettre la circulation des militaires Des tours de garde ou miradors equipes de projecteur de recherche. Ils etaient places de facon a etre vus des postes frontieres le jour et le nombre de soldats etait renforce la nuit. ? Une bande de terrain de 6 a 15 metres de large, recouverte de sable parseme de part et d’autre de mines afin de reperer les traces d’eventuels fugitifs ? Des barrieres de tole supplementaires a travers lesquelles on ne pouvait voir qu’en oblique. ? A l’interieur du mur, dans la partie Ouest, fut construit des champs de mines et des installations de tir automatique.

Cependant, cette « zone d’action », comme la nommaient les troupes frontalieres internes, etait placee sous secret militaire et donc peu ou mal connu par la RDA. 2. 2. 1 Le Mur en quelques chiffres Longueur totale autour de Berlin de l’Ouest 155 km Douane entre les deux Berlin (intra-berlinoise) 43. km Douane entre Berlin de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est 112 km Douane dans des secteurs residentiels de Berlin 37 km Mur de beton 106 km Cloture de fil barbele 66. 5 km Fosse anti-vehicules 105. 5 km Cloture electrique 127. 5 km Route des patrouilles 124 km Nombre de tours de garde ou miradors 302 Nombre de bunkers (abris betonnes) 20

Nombre de gardes-frontieres 14000 Nombre de chiens 600 Nombre de personnes qui reussirent a traverser le mur Environ 5000 Nombre de personnes arretees au mur Environ 3200 Attentats contre le mur 35 2. 2. 2 Points de passage Il y avait 25 postes de passage le long du Mur : treize par la route, quatre par voie ferree et huit par voie d’eau. Les points de passage etaient tres surveilles. Du cote de la RDA, des controles tres stricts de la part des douaniers etaient appliques alors que du cote Ouest, de simples personnes franchissaient les postes de police et de douane, en general, sans etre controlees.

On decouvrit par la suite qu’il existait des passages secrets sous le Mur, utilises a l’occasion, creuses aussi bien par les services secrets de RDA que par des passeurs. Les points de passage entre les deux parties de Berlin furent reduits le 22 aout 1961 a huit : un acces pour tous a la gare de Friedrichstra? e, un acces pour les etrangers (Check Point Charlie), deux pour les Allemands de l’Ouest (Bornholmer Stra? e et Heinrich-Heine-Stra? e) et quatre pour ceux de l’Ouest (Chausseestra? e, Invalidenstra? e, Oberbaumbrucke et Sonnenallee). . 2. 3 Victimes du mur Durant la vie du mur toute personnes voulant franchir la frontiere etaient tuees ou condamnees. Des estimations parlent de 75 000 hommes et femmes condamnes jusqu’a deux ans de prison en tant que « deserteurs de la republique ». La peine depassait en general cinq ans si le fugitif degradait les installations frontalieres, etait arme, soldat ou detenteur de secrets. Le nombre exact des victimes du Mur est controverse : il est en effet difficile a evaluer car les victimes etaient passees sous silence en RDA.

D’apres des recherches de la collectivite berlinoise de travailleurs « Collectif du 13 aout », en tout 1 135 personnes y ont laisse leur vie. Parmi les victimes du Mur figurent aussi quelques soldats. 2. 3 Sa chute 2. 3. 1 La chute du Mur En 1989, la situation geopolitique changea. Les sovietiques se retirerent d’Afghanistan sans victoire, la Hongrie ouvrit son « Rideau de fer ». A la fin de l’ete, les Allemands de l’Est se mirent a quitter le pays par centaines, puis par milliers, sous pretexte de vacances en Hongrie, ou les frontieres etaient ouvertes.

En trois semaines, 25 000 citoyens de la RDA rejoignirent la RFA via la Hongrie et l’Autriche. De plus, l’evolution de l’URSS joua un role determinant dans la chute du mur de Berlin. Mikhail Gorbatchev proceda a des reformes sociales et economiques, il appliqua des son arrive au pouvoir une politique novatrice, nommee « Perestroika » ; ceci dans le but de sauver son pays de la ruine en liberalisant le regime sovietique. Alors que des mouvements d’opposition au communisme se developpaient en Europe centrale et orientale, un courant de contestation se developpa egalement en RDA au cours de l’automne 1989.

Les Allemands de l’est appelerent le regime a se liberaliser en formant des « prieres du lundi », pour protester contre le regime policier. D’autres groupes reformateurs preconiserent « le socialisme a visage humain », un mixte entre le socialisme stalinien de la RDA et le capitalisme liberal de la RFA. D’enormes manifestations se succederent, reclamant la liberte de pensee, de presse et de reunion. La population voulait aller plus loin qu’une reforme de la RDA et du socialisme; elle manifestait en faveur de l’unite allemande.

Le gouvernement Est-allemand d’Erich Honecker, depasse par les evenements, compta sur l’appui sovietique pour sauver le regime. Cependant, Gorbatchev, soucieux de ne pas compromettre sa politique de rapprochement avec l’Ouest, refusa toute intervention militaire. Il essaya de persuader les dirigeants est-allemands de proceder a des reformes, a l’image de la perestroika . Comme Honecker s’y refusa, il fut remplace le 18 octobre, en accord avec Moscou, a la tete du parti communiste par Egon Krenz, favorable aux reformes.

Suite a une manifestation sur l’Alexanderplatz de pres d’un million de personnes, qui reclamerent les libertes fondamentales, le 9 novembre, lors d’une conference de presse, Gunter Schabowski, membre du bureau politique du SED, annonca l’autorisation de voyager librement. Instantanement, d’immenses colonnes de gens et de voitures se dirigerent vers Berlin-Ouest. Dans l’euphorie de cette nuit, de nombreux Ouest-Berlinois escaladerent le Mur et se masserent pres de la porte de Brandebourg accessible a tous. Plusieurs millions d’allemands de l’Est vinrent visiter en quelques jours la « vitrine de l’Occident » que representait Berlin-Ouest.

Le 11 novembre, de nombreux manifestants entreprirent la destruction du mur de leurs propres mains. Ils furent, dans un premier temps, refoules par la police de l’Est mais finalement, Gunter Schabowski et le maire de Berlin Ouest s’entendirent d’organiser l’ouverture symbolique du Mur de Berlin. Le ministre de l’interieur de l’Est annonca des lors que l’ouverture de la frontiere etait officielle et que des elections libres, universelles et democratiques seraient organisees pour le printemps 1990. Les reformateurs socialistes furent battus et c’est le chretien-democrate Lothar de Maiziere qui devint chef du gouvernement de la RDA.

Il se prononca en faveur d’une Allemagne unie au sein de l’OTAN et de la Communaute europeenne. En decembre, le SED, parti unique de la RDA, se saborda et la Stasi fut dissoute. Les televisions du monde entier relaterent l’evenement extraordinaire que fut l’ouverture du Mur. Elles le decrivirent comme un symbole de paix, de retour a la liberte et de communion du peuple allemand. 2. 3. 2 La reunification L’effondrement inattendu du regime communiste en Allemagne de l’Est modifia donc completement la situation du pays et permit une reunification rapide au profit de l’Allemagne de l’Ouest.

En effet, le delitement du regime est-allemand fut tel que, tres vite pour le chancelier Helmut Kohl, la seule solution qui s’imposa, fut la reunification, c’est-a-dire l’absorption de la RDA par la RFA. Des le 28 novembre, il presenta un plan en dix points pour reunifier les deux Allemagne. Soucieux de stopper le flot migratoire de la RDA vers la RFA, de ne pas laisser le temps aux vainqueurs de 1945 de demander des conditions trop strictes, il decida de mener l’affaire le plus vite possible.

Ainsi, la paix qui ne fut jamais signee depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale le fut le 12 septembre 1990 a Moscou avec le traite « 4+2 » signe entre les quatre puissances occupantes, la RFA et la RDA. Le Traite de Moscou rendit a l’Allemagne sa pleine souverainete. Les negociations interallemandes progresserent rapidement et, le 20 septembre, la Chambre du Peuple et le Bundestag adopterent le traite d’union (Einigungsvertrag) qui entra en vigueur le 3 octobre 1990. Enfin, un traite signe le 14 novembre 1990 a Varsovie fixa les limites de l’Allemagne reunifiee a la ligne Oder-Nei? e, frontiere effective depuis 1945.

L’Allemagne renonca donc definitivement aux anciennes provinces de Prusse-Orientale, de Silesie, de Pomeranie orientale et a la partie du Brandebourg situee a l’est de ces deux rivieres. 3 Consequences de la chute du mur Apres la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, les negociations sur l’avenir des deux Allemagnes debuterent. Mikhail Gorbatchev accepta le principe de la reunification allemande et les modalites politiques de l’unification furent discutees (calendrier de l’evacuation des troupes sovietique, indemnites, condition de l’integration des territoires est-allemands, place de l’Allemagne dans l’Europe et dans l’OTAN, etc. . Outre les deux Allemagne, les quatre puissances presentes sur le sol allemand depuis 1945 negocierent, ce qui deboucha sur le traite d’unification dit « traite 2 + 4 ». Il entra en vigueur le 3 octobre 1990 et fixa le processus d’integration des cinq Lander (qui formaient auparavant l’Allemagne de l’Est) a la Republique federale d’Allemagne provoquant une augmentation de plus de 40 % de son territoire. Berlin fut consacree « capitale de l’Allemagne ».

En melant joie nationale et fierte patriotique, la reunification est un evenement national qui mit fin a la guerre froide et qui annonca la fin du communisme a grande echelle. 3. 1 En Allemagne Le cout de la reunification fut beaucoup plus lourd que prevu, pour l’Etat federal en premier lieu, mais aussi pour les Lander, les entreprises et les particuliers. Le traite monetaire signe le 18 mai 1990 entre la RFA et la RDA fut probablement le premier acte significatif de la reunification allemande.

Celui-ci stipulait qu’a partir du 1er juillet suivant, le Deutsche Mark emis par la Republique federale d’Allemagne devenait egalement l’unite monetaire de la Republique democratique allemande. L’ancien Mark est-allemand fut echange a parite equivalente de 1:1. En effet, pour etre populaire aupres de la population des Lander de l’Est, Helmut Kohl surevalua le mark est-allemand par rapport a celui de la RFA. Il imposa un taux de change 1 pour 1 pour la population et 1 pour 2 en ce qui concernait les banques, alors que les specialistes preconisaient un taux de 1 pour 3 ou 4.

L’industrie de l’Est, peu performante, fut rapidement laminee par la monnaie forte. Il fallu alors payer des indemnites chomage aux Allemands de l’Est, ce qui gonfla de maniere tres significative le deficit public allemand. La mise aux normes des structures economiques est-allemandes a l’economie de marche, necessita la privatisation de 14’000 entreprises d’Etat et cooperatives existantes (representant 80% de l’economie de la RDA). On ne put malheureusement pas empecher les liquidations d’entreprises non rentables et les consequences humaines que cela impliquait.

La privatisation des entreprises a donne lieu, malheureusement, a de nombreux drames humains et scandales d’utilisations frauduleuses de subventions publiques pour le maintien des emplois en Allemagne de l’Est qui s’avererent inefficaces. Durant plusieurs annees le chomage augmenta en Allemagne, passant de 3% a l’Est (theorique avant la reunification) a 19% et de 6. 9% a l’Ouest a 11%. Les dettes est-allemandes furent transferees des 1994 a un fond special et reparties a part egales entre l’Etat federal et les nouveaux Lander de l’est, les recettes des privatisations servant en partie au desendettement.

L’Allemagne se lanca dans une politique visant a un rapide rattrapage economique et surtout social des provinces de l’Est, au detriment de la croissance en Allemagne de l’Ouest, et plus generalement dans toute l’Europe occidentale. Les entreprises de l’Est et de l’Ouest de transports, d’aviation et des postes fusionnerent progressivement. Le systeme protecteur de la RDA, qui encourageait la natalite, disparut du jour au lendemain apres la reunification provoquant une chute de la fecondite d’un facteur deux, soit 0,8 enfant par femme.

Les Allemands de l’Est, traumatises et mecontents se tournerent vers l’ancien parti communiste devenu le PDS. C’est dans les regions marquees par les licenciements massifs comme le Brandebourg, ou le chomage avoisinait 30 a 40 % de la population active, que celui-ci atteint ses meilleurs scores. De 1991 a 2000, 150 milliards de DM furent investis chaque annee a l’Est de l’Allemagne sans parvenir a sortir completement cette region de la crise. Une partie des effectifs de la Nationale Volksarmee de la RDA fut integree dans la Bundeswehr lorsqu’ils presentaient des gages de respect de la constitution de la RFA.

Une sorte de « decommunisation » (par analogie avec la denazification) eut alors lieu. Les officiers les plus haut grades furent places en retraite d’office. Une partie de l’armement fut vendue ou donnee aux pays interesses (Pays de l’Est, Proche Orient etc. ). Le reste fut rebute ou occidentalise (mise aux normes OTAN) et integre dans la Bundeswehr (par ex. les MiG-29). Les federations sportives est-allemandes furent dissoutes et leurs structures integrees a leurs homologues d’Allemagne de l’Ouest.

Les championnats ouest-allemands furent reorganises afin d’accueillir dans leurs rangs les anciens clubs de RDA. Apres s’etre voulus allemands, citoyens de cette republique dont ils aspiraient a partager la prosperite et les institutions, une partie des Allemands de l’Est se refugierent dans un sentiment d’appartenance reconstruite avec, parfois, passablement de desillusions. Cette identite par defi est nee des difficultes d’adaptation a une societe fonctionnant principalement sur le mode de la concurrence et dans laquelle il faut savoir jouer des coudes ». 3. 2 En Europe

La fin du rideau de fer ouvrit aussi la voie a une reunification de l’Europe toute entiere, notamment par l’elimination de regimes communistes essouffles. En Pologne, en Hongrie, en Tchecoslovaquie, en Roumanie ou en Bulgarie, les regimes autoritaires firent place a des coalitions elues et pluralistes. Le bloc communiste emporta dans sa chute les structures militaires du Pacte de Varsovie et le systeme economique planifie du COMECON. Les anciens pays satellites de l’Union sovietique, gagnes a la defense des droits de l’homme et aux principes de l’economie de marche, se tournerent immediatement vers les structures occidentales.

Les Communautes europeennes adopterent aussi une serie de programmes de soutien financier et technique aux pays d’Europe centrale et orientale. Il s’agissait de les aider a creer les conditions d’une economie de marche faisant appel a la propriete et a l’entreprise privees. Ces pays recurent aussi le soutien de la Conference sur la securite et la cooperation en Europe (CSCE) qui s’elargit et se transforma en une Organisation pour la securite et la cooperation en Europe (OSCE) cherchant a favoriser l’emergence d’une identite europeenne de securite.

Les nouvelles democraties se rapprocherent egalement de l’Organisation du traite de l’Atlantique Nord (OTAN), dont elles devenaient successivement membre. L’OTAN redefinit alors ses missions et son mode de fonctionnement tandis que la composante europeenne du systeme de securite transatlantique fut renforcee. La fin de la Guerre froide et la transformation de l’OTAN conduit les pays de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), en sommeil depuis une trentaine d’annees, a renforcer le pilier europeen de l’Alliance atlantique et a faire de l’UEO le bras arme de l’Union europeenne.

Parallelement, l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg formerent l’Eurocorps qui apparaissait comme l’embryon d’une future armee europeenne pouvant etre mise a la disposition de l’OTAN et de l’UEO. 4 Un Mur dans la tete, la desillusion de la reunification Il y a bientot 20 ans, le Mur de Berlin tombait sous les regards heureux des Allemands de l’Est et de l’Ouest. Un an plus tard, l’Allemagne etait reunifiee et le chancelier Helmut Kohl promettait aux Allemands de l’Est un avenir prometteur et florissant.

Toutefois, la realite fut bien differente. En effet, 40 ans de division laisserent des traces. Bien qu’au debut les Allemands eurent des difficultes a accepter la partition de leur pays, ils finirent par l’integrer comme un element normal. La chute du Mur fut un heureux evenement permettant aux deux cotes de se rapprocher, toutefois, de profondes differences demeurerent entre l’Est et l’Ouest. De part ces divergences, l’unification allemande est apparue dans les annees suivantes un processus beaucoup plus difficile a maitriser qu’aucun homme politique ne l’avait pense.

D’une part, cause part la trop grande difference entre la culture capitaliste et celle du communisme, le premier choc fut d’ordre culturel. A l’Ouest l’ideologie etait plutot centree sur l’individu, tandis qu’a l’Est elle etait axee sur le bien-etre de la societe en generale. Le second choc fut d’ordre economique. L’unification favorisa l’augmentation du chomage, notamment a l’Est. La chute du mur et la reunification allemande penalisa donc, dans un premier temps, fortement la vie des Allemands qui avaient idealise la situation ; ceci amenant une certaine nostalgie de la periode du Mur. 4. 1 A l’Est :

Le probleme que l’Allemagne avait a resoudre pour une reunification reussie ne se limitait pas a une unification politique sur le papier. Il fallait resorber le fosse economique et culturel qui s’etait creuse entre l’ex-RFA et l’ex-RDA. Ce sont les Allemands de l’ex-RDA qui furent le plus penalises par la reunification et il est possible de remarquer certains desavantages sociaux et economiques a etre est-allemand. Il est indeniable qu’une grande partie de cette population regretta des les premiers mois de l’unification certains avantages sociaux et une facon de vivre qui avaient ete les leurs en RDA.

Etonnant, quand on sait a quel point une majorite des Allemands de l’Est aspiraient a un mode de vie occidental. Apres la chute du Mur de Berlin, un fort sentiment de nostalgie persista chez certains Allemands de l’Est. Un terme specifique a cette situation fut meme invente suite a la sortie du film « Goodbye Lenin » en 2003 : l’Ostalgie, la nostalgie de l’Est (des mots ost, signifiant la partie est de l’Allemagne et nostalgie). Le succes du film revela l’importance de ce phenomene provenant, entre autre, ’une perte d’identite des anciens ressortissants de la RDA, apres la reunification des deux Etats allemands en 1990 et temoignant du besoin de ceux-ci d’une reconnaissance de leur passe et de leur identite propre. En effet, malgre la chute du Mur, ils ne se sentaient pas Allemands du fait que l’Allemagne, c’est-a-dire l’Ouest ou l’ex RFA existait deja et qu’ils ne faisaient pas partie de son histoire. Portes par l’espoir de la reunification, les Ossis ont jete brutalement 40 ans de leur vie aux oubliettes mais le passe ne se solde pas si facilement.

La nostalgie de l’ex-RDA decoula de l’attitude des Wessis. En effet, entre la rapide adoption du systeme politique ouest-allemand et l’opposition des niveaux de vie, des economies et des systemes sociaux, les Allemands l’Est developperent assez rapidement le sentiment d’etre consideres par la majorite de leurs concitoyens de l’Ouest comme des citoyens de seconde zone. Selon un sondage effectue en 2006 de l’institut Emnid pour le compte de la chaine televisee N24, 74% des Allemands de l’est se consideraient comme des « citoyens de seconde classe ».

Nombreux etaient les Allemands de l’Est qui se sentaient sous la tutelle politique, economique et sociale de l’Ouest. Le fait que presque tout, a l’Est, a change depuis 1990, alors que presque rien n’a change a l’Ouest exprime le sentiment de bien des Allemands de l’Est d’avoir tout simplement ete  » rachetes « par l’Allemagne de l’Ouest. Le choc culturel et identitaire fut rude pour une population dont une partie au moins avait cru aux principes et aux valeurs de leur pays. C’est pourquoi on parle d’une perte d’identite.

Cette Ostalgie se transcrivit toujours en particulier par l’interet pour les objets ayant marque leur quotidien tels des airs de musique de la RDA ou des produits alimentaires typiques. Par consequent, ces quatre dernieres annees se sont ouverts plusieurs supermarches vendant exclusivement des produits de l’Est. Parmi ces produits on retrouve notamment les cornichons Spreewald, les boissons Vita-cola surnommees la « sueur de Lenine » (sorte de limonade sirupeuse), les voitures Trabant, alors symbole d’une certaine reussite sociale.

De plus, des Sosies d’Erich Honecker furent commercialises pour souvenir. Cependant la nostalgie de l’Est, en dehors de toutes notions politiques, s’exprima aussi par un attachement aux valeurs sociales de la RDA. Le souvenir des aspects positifs du regime communiste ressurgit : l’egalite homme-femme, un logement, un travail et des vacances pour chacun, la solidarite qui existaient entre les individus, le systeme scolaire bien moins competitif. Le terme Ostalgie, expression marketing et idealisee de la vie en RDA deplut des le debut a la plupart des Berlinois de l’Est.

Ils parlent plutot de nostalgie en tant que droit de se souvenir de leur pays disparu, de 40 ans de leur vie. Il est important de rajouter qu’a ce jour la majorite prefere tout de meme le regime politique de la RFA. « Quand je vois d’anciens objets, c’est agreable mais ca ne va pas au-dela, explique calmement Uwe Roth, 43 ans, professeur de mathematiques. Je prefere vivre dans une societe libre et democratique. Mais je regrette la solidarite qui existait entre les individus, l’Etat-Providence, l’ideal d’egalite – un logement et un travail pour chacun. Les Allemands de l’Est ne regrettent donc pas le regime dictatorial mais une epoque avec ses valeurs et ses objets. Cette nostalgie fut d’autant plus forte en raison de la crise economique engendree par le passage brutal au capitalisme. La quasi-totalite des entreprises d’Etat de l’ancienne Allemagne de l’Est furent digerees par celles de l’Ouest. Comme bon nombre d’entreprises non competitives durent fermer dans le courant des annees 1990, des centaines de milliers de travailleurs furent mis au chomage.

Quand on sait que le chomage, officiellement, n’existait pas en RDA, on imagine aisement les difficultes auxquelles les travailleurs est-allemands furent confrontes apres l’unification. Selon une etude faite en 2004 , encore 18,3% de la population active, soit deux fois plus que dans le reste du pays, etaient au chomage alors qu’avant la reunification allemande il y avait deux fois plus de chomage a l’Ouest. Toujours selon la meme etude, on compte, parmi les chomeurs, deux fois plus de femmes que d’hommes particulierement touchees par es mesures comme les fermetures de creches ou de jardins d’enfants. En ex-RDA, les usines assuraient souvent le fonctionnement des creches ou d’autres services sociaux et culturels, ce qui expliquait que 91% des femmes pouvaient se liberer pour travailler, alors qu’a l’Ouest elles n’etaient que 55%. Les creches, presque gratuites en RDA, devinrent payantes, cheres et leurs capacites d’accueil diminuerent de moitie. Dans pareil contexte, on ne peut negliger le poids du passe pour les citoyens d’ex-RDA.

Pendant pres d’un demi-siecle, ils furent maintenus dans un etat de dependance et d’absence d’autonomie qui explique en grande partie leurs difficultes a s’adapter aux lois du marche et de la concurrence. Outre que les cadences de travail en Occident n’avaient rien a voir avec celles auxquelles ils etaient habitues en RDA, il fallait du jour au lendemain s’adapter a la loi du marche, c’est-a-dire faire preuve de competitivite, d’ardeur au travail, d’initiative, toutes choses que le regime de RDA ne leur avait pas inculquees et qui, souvent, ne faisaient pas partie de leur univers mental.

Pour terminer, en 2007, Selon le site RTL info . , citant un sondage, pres d’un Allemand sur cinq regrette le Mur, 17 ans apres la reunification des deux Allemagnes. Un total de 19% des Allemands disent regretter le mur qui separait l’Allemagne de l’est de l’Allemagne de l’ouest, tandis que 75% se felicitent de sa disparition, selon le sondage realise pour la chaine par l’institut Emnid. Un total de 74% des habitants de l’est disent se sentir defavorises par rapport a ceux de l’ouest, alors qu’une proportion presque identique (73%) a l’ouest affirment que ce n’est pas le cas, selon le sondage realise aupres de 1. 00 personnes. 4. 2 A l’Ouest : Comme ce ne sont pas les citoyens de l’Allemagne de l’Ouest qui durent s’adapter a un nouveau regime etranger, on ne retrouve pas cette notion de nostalgie du passe aussi fortement en Allemagne de l’Ouest. Toutefois, cette societe subit aussi les contraintes de la reunification mais de differentes manieres. Cet aspect, qui a mon avis est moins interessant par rapport a ma problematique, sera traite de facon synthetique. En ex-RFA, la societe etait plutot « nombriliste », preoccupee essentiellement par son confort personnel et idealisa beaucoup trop la reunification de l’Allemagne.

Cette societe, une fois confronte a la realite, c’est-a-dire aux contraintes economiques induites par la situation, fut desappointee et reprimanda la situation. Les sacrifices materiels qu’allait leur demander l’integration de la RDA a la RFA leur apparurent penibles et difficiles. Ces contraintes economiques consistaient en : une augmentation des impots, des charges sociales, prelevements speciaux pour la reconstruction de l’Est, etc…Le choc de deux cultures, de deux histoires et de deux mentalites expliqua pourquoi, assez rapidement, des reticences plus ou moins marquees apparurent du jour au lendemain apres l’unification.

Parallelement, les citoyens de l’ex-RFA, persuades non sans raison d’avoir edifie l’un des regimes les plus democratiques du monde, fiers de leur reussite economique et du bien-etre qu’elle a entraine, eurent tendance a se comporter vis-a-vis de leurs nouveaux concitoyens comme des donneurs de lecons. Pour les Allemands de l’ouest, les Ossis poserent des problemes qui leur semblaient parfois insurmontables, en particulier dans le monde du travail, ou l’integration des Allemands de l’est a ete souvent douloureuse parce qu’il leurs a ete difficile de s’adapter du jour au lendemain a la loi du marche et a la culture d’entreprise.

Enfin, Les Wessis eurent souvent le sentiment que les Allemands de l’est attendaient tout du nouveau gouvernement et qu’ils n’etaient pas prets a faire les efforts d’adaptation necessaires. A l’Ouest, on pensait que les Ossis se consideraient un peu comme les victimes du regime communiste, donnant souvent l’impression de revendiquer comme un du le niveau de vie que les occidentaux avaient mis quarante ans a obtenir et dont personne ne leur avait fait cadeau. Tout ceci explique pourquoi, quelques mois a peine apres les evenements de novembre 1989, certains Allemands de l’Ouest commencerent deja a regretter la chute du Mur. Parallele avec le Mur de Cisjordanie Le Mur de Berlin ne fut pas le seul mur de separation, un peu partout a