Le jeu de l’amour et du hasard marivaux

Le jeu de l’amour et du hasard marivaux

Le jeu de l’amour et du hasard, Acte III scene 6 (Marivaux) Introduction : Arlequin et Lisette sont tombes amoureux. A present leurs maitres exigent qu’ils renoncent a leurs roles. Ils ne le font pas de gaiete de c? ur car ils apprehendent la nouvelle situation, d’ou la longueur de la scene ou Arlequin se decide le premier a avouer. Tous les deux vont se liberer d’une situation pesante et vivre librement leur amour entre personnes de meme condition. 1. Un aveu reciproque. Cette scene est divisee en trois parties : les aveux d’Arlequin, la reaction de Lisette, les aveux de Lisette.

Au debut de cette scene, lorsque les masques ne sont pas encore tombes, les deux personnages utilisent un langage empreint de courtoisie (presence du « vous », Arlequin utilise un langage precieux, courtois qui a pour but de retarder l’aveu. Ce retardement de l’aveu est du a la peur de celui-ci, a la crainte d’avoir un amour propre blesse et donc d’un rejet. Arlequin personnifie l’amour qu’il porte a Lisette (« Eros », « Cupidon », «petit ange »). Arlequin fait trois apartes dont le seul temoin est le spectateur parce qu’il sait qu’il peut etre rejete.

Lisette a force de se frotter a sa maitresse n’est ni une domestique

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ni une fille de condition, elle a acquis un vernis social, elle est donc tout a fait credible dans le role d’une fille de condition : c’est une sorte de mimetisme. Lisette a un bon caractere apres trois repliques un peu seches ou elle le traite de « faquin », « de magot », « d’animal », elle rit, son bon naturel reprend le dessus meme si elle est un peu decue parce que le plus important pour elle c’est l’amour et donc le mariage.

Elle a bon caractere mais a aussi beaucoup de finesse lors de la presentation de son aveu : elle reprend le meme processus qu’Arlequin (il detourne le vocabulaire : magot//magotte). Les valets sont lucides ils savent se moquer d’eux meme : ils sont les singes de leurs maitres et ils le savent. Ils ont le courage d’affronter leur situation sociale. 2. Le burlesque. Ce mot vient de l’Italien « burla » = plaisanterie. Marivaux utilise differents procedes comiques : de gestes, de mots. Dans les deux cas nous sommes en presence d’une chute.

Dans cette scene le comique de geste est represente par la « culbute » d’Arlequin alors que le comique de mots reside dans la « devinette » pour en arriver aux aveux. On observe un changement de rythme : d’abord lent puis precipite. A la scene insiste sur une sorte de philosophie : « je me presse de rire de tout de peur d’etre oblige d’en pleurer » (Figaro, Beaumarchais). Le comique « Marivaudin » reside bien plus sur les mots que sur les gestes bien que le personnage soit toujours un peu bouffon, il atteint une intensite de sentiments qui l’eleve.

Conclusion : Cette scene permet au dramaturge de mettre en parallele aux yeux du spectateur le contraste entre la gravite morose des maitres et la bonne humeur souriante des serviteurs. Cet aveu des valets avant celui des maitres est impose a Marivaux par la regle de la bienseance. La morale en est tiree par le spectateur, c’est-a-dire le bonheur est preferable a la richesse. Marivaux bat en breche les valeurs du theatre Cornelien tel le Cid c’est-a-dire un personnage pris entre l’amour et l’honneur.