Le genocide des tutsi au rwanda

Le genocide des tutsi au rwanda

? BOULIC Laurine Ai6 Le Rwanda, un peuple delaisse par l’opinion internationale ? Annee scolaire 2008-2009 – 1 – Boulic Laurine, Ai6 Lundi 18 mai 2009 Le Rwanda, un peuple delaisse par l’opinion internationale ? Introduction : Pour ce travail de fin d’annee, portant sur un evenement majeur de la deuxieme moitie du XXeme siecle, j’ai decide de prendre le sujet encore tres actuel du Genocide des Tutsi au Rwanda car il me tient particulierement a c? ur.

En effet, il y a quelques annees j’ai rencontre une personne qui a reussi a m’ouvrir les yeux sur certaines choses et m’amener a m’interesser de plus pres a la politique en Afrique et a sa relation avec les pays europeens. Cette personne me servira donc de personne source pour realiser cet expose et une personne tres proche a elle, Marie-Chantal Kagaju, sera mon temoin. Comme je le disais precedemment, le sujet est encore tres actuel puisque celui-ci porte encore sur le conflit qui lie le Congo au Rwanda. Je commencerai donc cet expose en expliquant les origines ainsi que la preparation du genocide.

Ensuite je vous parlerai du deroulement du genocide, du pacifisme et donc de l’implication des pays internationaux. Je vous parlerai egalement de « l’apres

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genocide » avec ses repercussions et de la situation actuelle au Congo. Je terminerai par une breve recapitulation de mon expose et par une question ouverte qui j’espere vous amenera a vous questionner egalement. L’histoire du genocide. Avant l’arrivee des colons, le Royaume du Rwanda vivait en paix. Le Roi etait Tutsi, le peuple parlait la meme langue, avait les memes croyances et vivait ensemble sur tout le territoire.

Ils se mariaient entre eux. La societe etait tres bien organisee : Les Hutu etaient agriculteurs, les Tutsi etaient eleveurs et les Twa s’occupaient de tout ce qui concernait les montagnes. C’est seulement en 1894 que le Rwanda fut decouvert par les allemands. Il est le dernier pays d’Afrique decouvert et colonise par les europeens. Depuis le debut de la colonisation un grave malentendu s’est installe : les missionnaires catholiques, qui sont les premiers ethnologues, declarent arbitrairement que les Tutsi appartiennent a une race superieure, intermediaire entre les noirs et les blancs.

Ils decretent aussi que les paysans Hutu et la classe inferieure des Twa appartiennent a deux classes moins evoluees. Cette theorie va devenir l’ideologie coloniale officielle. Lorsque les allemands perdent la premiere guerre mondiale, les belges venus du Congo les chassent du Rwanda et en reprennent la tutelle en 1916. L’eglise est tres presente depuis les annees 1890. Lorsqu’elle demande au Roi Musinga de se faire baptise, il refusa et sera abandonne dans une foret. Etant donne la hierarchie, le pouvoir fut confier a son fils Rudahigwa, qui a du se convertir au catholicisme. Les freres de la charite ouvre une ecole secondaire ou quelques wandais sont appeles a etre les auxiliaires de la colonisation. C’est ainsi qu’une nouvelle elite instruite de Tutsi voit le jour et dont les Hutu sont exclus. Partout en Afrique, les passions nationalistes s’eveillent, les ranc? urs se sont accumulees. Le roi Rudahigwa commence a s’eloigner du pouvoir colonial et les Tutsi remettent en cause la colonisation belge. Les choses vont se gater lorsqu’un archeveque decide de prendre en main les destinees du Rwanda. Certains Tutsi privilegies de l’aristocratie vont alors emettre des critiques envers l’eglise de peur de perdre leurs privileges.

L’archeveque suivit du pouvoir colonial rompt alors l’ancienne alliance politique : les Tutsi desormais sont consideres comme des ennemis. – 2 – En 1931, la carte d’identite ethnique est instituee par les belges, comme le feront les Nazi pour les Juifs quelques annees plus tard. Puisque le Roi ne s’entendait plus avec les colons belges il demanda l’independance qui lui sera refusee et il sera assassine le 25 juillet 1959. Il sera remplace par son frere Kigeli. L’eglise, qui detient le monopole de l’enseignement, encourage la formation d’une elite contestataire Hutu.

L’unite de la nation rwandaise va alors voler en eclats. La meme annee, le pouvoir colonial va soutenir les Hutu a organiser des massacres de grande ampleur contre les Tutsi, ces actes seront nommes sous le nom de « la revolution populaire Hutu ». Les Tutsi maltraites, menaces dans leurs biens commencent a prendre le chemin de l’exil vers les pays limitrophes. En 1961, les Hutu prennent le pouvoir et obtiennent l’independance le 1er juillet 1962. Desormais, le Rwanda est une republique et Gregoire Kayibanda sera proclame president. Le Roi Kigeli proteste et une nouvelle flambee de violence frappe le pays.

Peu apres des elections legislatives ont lieu, celles-ci confirment la victoire du PARMEHUTU (Parti du Mouvement de l’Emancipation des Hutu), le parti de Gregoire Kayibanda. La royaute est abolie par referendum. Les dirigeants Hutu reprennent la theorie des trois races, en leur faveur. En 1963, quelques centaines de refugies Tutsi, mal equipes venus du Burundi tentent de rejoindre la frontiere mais seront rapidement massacres par la garde nationale rwandaise commandes par des militaires belges. C’est alors que commence l’horreur, les Hutu se vengent contre les Tutsi de l’interieur.

Le president Kayibanda envoie un ministre dans chaque prefecture pour exciter la haine des Hutu contre leurs concitoyens Tutsi. Des milliers de Tutsi sont massacres. En 1973, le ministre de la defense Habyarimana tente de faire un coup d’etat contre son president et pour semer le trouble parmi la population, il organise encore des massacres contre les Tutsi. Lorsqu’il reussit finalement son coup d’etat, celui-ci s’est presente comme un sauveur et les Tutsi de l’interieur, naifs, ont cru en sa bonte. Habyarimana qui prend le pouvoir marque ainsi la deuxieme Republique. Mais la discrimination continue avec, par exemple, un cotat de 0% pour l’entree a l’universite des Tutsi et de meme pour obtenir un emploi. Les postes politiques leur etaient totalement interdits. Les militaires n’etaient pas autorises a epouser des femmes Tutsi, … Durant toutes ces annees, les Tutsi ne cessaient de demander leur retour pacifique au pays, car ils etaient pourchasses par certains pays comme l’Ouganda. Toutes leurs demandes etaient refusees par Habyarimanasous pretexte que le pays etait surpeuple et qu’il n’y avait plus de place pour eux. Ils deciderent finalement de fonder un mouvement appele le FPR (Front Patriotique Rwandais).

Habyarimana sympathise avec le president Mitterrand qui l’assure le soutien de la France. En 1990, le FPR declarent la guerre contre le regime en place. Habyarimana se tourne alors vers la France. Le president Mitterrand fait intervenir l’armee francaise pour defendre son protege francophone. Des le debut des hostilites, a la fin des annees 90, les militaires francais participent activement aux cotes des forces armees rwandaises a lutter contre ceux que l’on appelle les rebelles. Le president Habyarimana sollicite aussi l’assistance militaire de la Belgique. Les arrestations arbitraires se multiplient a Kigali. 3 – Sous la pression du FPR, de l’opposition interieure et des ambassades etrangeres le regime Habyarimana lache du leste, il reconnait le multipartisme et concede une certaine liberte de presse. En apparence, le processus democratique est en marche. Pendant ce temps, l’opinion internationale, oblige le President Habyarimana a negocier avec le FPR. Ils decident alors de le faire a Arusha en Tanzanie, mais son entourage ne voulait pas qu’il signe ces accords car il ne voulait pas partager le pouvoir avec, comme il les appelle, les Inyenzi (cafards). L’entourage preparait deja la mise en place du genocide.

L’opinion internationale continue la pression sur Habyarimana. Le president semble alors avoir accepte le partage du pouvoir avec l’opposition interieure. Un nouveau gouvernement rwandais signe un accord de cesser le feu avec le FPR. Mais les massacres d’opposants et de Tutsi continuent, le FPR declenche alors une nouvelle offensive en fevrier 1993. Un nouveau cesser le feu intervient en mars 1993, l’armee du FPR arrete le combat. L’ensemble des accords de paix est signe a Arusha au mois d’aout. La mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda se met en place. « Ma petite s? r Virginie etait a l’internat de Goma au Congo. Lorsque les vacances de Paques arriverent, elle voulu retourner au Rwanda pour rendre visite a notre maman. Nous ne pressentions pas le genocide car l’ONU etait presente. De plus, une partie du FPR etait aussi presente au Rwanda car lorsque Habyarimana aurait signe les accords d’Arusha, un nouveau gouvernement aurait du se former. Et c’est pour cela que le FPR etait la. Il y avait 600 militaires du FPR car il voulait absolument avoir des hommes sur place avant que le gouvernement ne soit forme. Quand le genocide eclata, ceux-ci se ont echappes en creusant le parlement, le reste des militaires FPR les ont rejoint peu de temps apres. Ma petite s? ur est arrivee le 5 avril 1994, elle est morte trois semaines plus tard chez ma mere. » Me confie Marie-Chantal Kagaju, 44 ans, qui a perdu tous les membres de sa famille dans le genocide. Le 6 avril 1994, a la fin de la journee le President Habyarimana quitte la Tanzanie ou il vient de participer a une reunion au sommet avec le president du Burundi. Son avion est abattu au moment de se poser a Kigali. L’attentat fut l’element declencheur du genocide prepare depuis deja bien longtemps.

Des l’aube du 7 avril, des barrages sont dresses sur les routes, les miliciens interahamwes et l’armee imposent des controles d’identite. La Radio-Televisons des Mille collines, la radio de la mort, deversent des flots de haine. Elle demande a la population de bloquer toute penetration FPR et conseille a ces soldats de deposer les armes et d’accepter la defaite, sinon les Tutsi seront toujours extermines jusqu’au dernier. Pendant trois mois, la radio des Mille Collines encourage et guide jour apres jour, heure apres heure le genocide, denoncant les Tutsi encore vivants a tel ou tel endroit.

Les milices interahamwes et impuzamugambi, compose d’extremistes du regime Habyarimana, executent a travers tout le pays les Tutsi, ainsi que certains Hutu reputes hostiles a ce projet et considere comme des « traitres ». Ils utilisent essentiellement des machettes, des houes et des gourdins cloutes. – 4 – Les Nations Unies venu en assistance aux rwandais ont refuse de l’aide a des centaines de milliers de rwandais en danger de mort et malgre le massacre de leurs camarades tues le 7 avril, les paras belges places sous les ordres de l’ONU n’ont pas le droit d’intervenir pour arreter le genocide.

Ils ont recus l’ordre d’evacuer leurs compatriotes. Ils abandonnent a leur sort plusieurs rwandais qui seront massacres les prochaines heures. L’armee rwandaise partiellement privee de l’aide francaise est en deroute. Alors, pour menager une porte vers le Zaire a ces anciens allies, l’armee francaise organise l’Operation Turquoise. Mais elle n’intervient pas pour empecher les miliciens armes de continuer a sevir contre les Tutsi, dans cette zone dite humanitaire. Plus personnes n’interviendra pour faire cesser l’horreur, les massacres ne cesseront completement que dans le courant du mois de juillet.

Les rwandais qui ont organise et mis en place le genocide doivent aujourd’hui en assumer l’entiere responsabilite. Neanmoins, un genocide, ou qu’il soit perpetrer, implique tout le monde. Dans la mesure ou les gouvernements etrangers n’ont rien fait pour empecher les tueries, ni pour y mettre un terme, ils partagent ainsi la honte de ce crime et doivent en assumer egalement la responsabilite. En effet, le personnel des Nations Unies , ainsi que les trois gouvernements les plus impliques au Rwanda sont tout aussi responsables : le personnel des Nations Unies pour avoir manque de ournir des informations adequates aux membres du Conseil de securite et de s’etre justement abstenu de les conseiller, la Belgique pour avoir retire precipitamment ses troupes et avoir vivement recommande le retrait total de la force des Nations Unies, les Etats-Unis pour avoir prefere faire des economies plutot que de sauver des vies humaines et pour avoir ralenti l’envoi d’une force de secours, et enfin la France pour avoir continuer a soutenir a bout de bras le regime en place de president Habyarimana, de l’avoir arme, encourage et le jour venu, recupere et pour avoir attendu cyniquement aux frontieres du Rwanda que le genocide atteigne son summum pour intervenir. Les juridictions nationales face au genocide. Comment permettre de rendre justice contre les principaux responsables du genocide des Tutsi au Rwanda ? Pour cela, deux institutions ont ete mises en place au sein meme du pays :

Le 8 novembre 1994 a ete mis en place le Tribunal Penal International pour le Rwanda (TPIR) par le Conseil de securite des Nations Unies afin de juger les personnes responsables d’actes genocidaires et d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda, ou par des citoyens rwandais sur le territoire d’Etats voisins, entre le 1er janvier et le 31 decembre 1994. Son siege est a Arusha en Tanzanie. Le 15 janvier 2005, huit mille juridictions Gacaca ont entame la phase administrative de leur travail. Ces juridictions s’ajoutent aux sept cent cinquante Gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines regions du pays. Les Gacaca sont inspirees des anciennes assemblees villageoises, a l’origine elles permettaient de regler des differents de voisinage ou familiaux sur les collines.

Les Gacaca actuelles ont ete crees pour juger tous les presumes auteurs du genocide a l’exception des planificateurs et des personnes accusees de viols qui, eux, sont juges par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l’ONU. Le jeudi 10 mars, les premiers proces ont eu lieu a travers tout le pays. – 5 – Par ailleurs, la justice rwandaise doit faire face a des milliers de proces contre les participants au genocide a des niveaux intermediaires ou subalternes. Or, cette justice est loin de disposer de l’infrastructure et des ressources humaines de qualite permettant d’assurer avec serenite cette tache titanesque. Problemes actuels entre le Congo et le Rwanda.

Pour comprendre les problemes actuels entre le Rwanda et le Congo, il faut faire un petit retour en arriere. Au XIXeme siecle, le Rwanda possedait des parties actuelles de l’Ouganda et du Congo. De ce fait, on retrouve des Tutsi, appele Banyamulenge, en Ouganda et au Congo. Apres le genocide, les genocidaires ont pu fuir vers le Congo grace a l’aide de l’armee francaise et de son Operation Turquoise mise en place le 22 juin 1994 qui avait cree une zone dite humanitaire et sure dans le Sud-ouest du Rwanda. Mais en realite elle servit de passage pour permettre aux genocidaires de s’evader. Ainsi, a Bisesero, ville situe dans le Sud-ouest, des milliers de tutsi furent massacres alors que les soldats francais etaient senses assurer leur securite.

Les bourreaux exiles ont alors tente a plusieurs reprises de revenir par la force au Rwanda. En 1997, ils ont encore massacre les Tutsi vivant a la frontiere. Suite a ces massacres, le gouvernement rwandais decida de les pourchasser ce qui crea une guerre entre l’armee rwandaise et les genocidaires installe au Congo. Mais le probleme actuel est que ces genocidaires s’en prennent encore aux Banyamulenge car ce sont des Tutsi mais ceux-ci ne se laissent pas faire et se defendent. Tout ceci est a l’origine de la guerre entre les Banyamulenge et les genocidaires. Outre cette guerre, les genocidaires s’en prennent directement a la population congolaise et surtout aux femmes en les agressant sexuellement.

Tous ces problemes creent une forte tension entre les autorites rwandaises, qui ne demandent qu’a juger ces genocidaires au Rwanda, et la population congolaise qui voit ses femmes souffrir de cette guerre. Toutefois, il faut quand meme rappeler que le Congo a mis un certain temps a se decider a renvoyer une certaine partie des genocidaires au Rwanda. Actuellement, on retrouve des genocidaires partout dans le monde, surtout en Belgique et en France qui les ont accueillis a bras ouverts apres le genocide. Il existe meme des mouvements extremistes en Belgique et des personnes qui collaborent activement avec ces genocidaires, par exemple le candidat aux elections de 2003 au Rwanda, Faustin Twagiramungu, qui lui est tres actif en Belgique.

La seule chose dont on puisse feliciter la Belgique c’est que celle-ci a fait se derouler quelques proces comme en 2001. La France, quant a elle, n’est pas prete a suivre l’exemple de la Belgique. – 6 – La lecture que je vous recommande : Nous existons encore. Annick Kayitesi Le genocide des Tutsi au Rwanda : on croit connaitre … Ici, on se rend compte. On vit l’horreur a travers les yeux d’une adolescente de 14 ans dont l’enfance fut heureuse et aisee, avant que ne montent l’oppression, la haine et la terreur. Comment peut-on affronter la vie quand on a assiste au massacre de sa mere, de son petit frere, de ses cousines et de ses amis ? Comment oublier le bruit des os qu’on brise, les camions ou l’on jette pele-mele les morts et les vivants ?

Dignement, sans exagerations inutiles, Annick Kayitesi nous entraine dans un monde enivre par une folie collective. Mais Annick est de la race des survivants. Apres les cents jours de tueries qui ont plonge son pays dans le chaos, elle parvient a rejoindre la France. Elle y decouvre de nouveaux horizons, de nouvelles blessures, du racisme, de la maltraitance mais rien ne decourage l’orpheline. A 25 ans, ayant brillamment mene ses etudes de sciences politiques, elle raconte ce qu’elle a vecu. Non seulement pour honorer la memoire des siens, mais aussi pour insister sur les miracles de l’esperance. Un temoignage exceptionnel, une lecon de courage, un appel au respect de la condition humaine. Je vous recommande donc vivement cet ouvrage. – 7 –

Le film que je vous recommande : Sometimes in April. Raoul Peck J’ai choisi le film Sometimes in April car, pour moi, il se demarque nettement des autres fictions realisees sur le genocide au Rwanda ( 100 Days, Hotel Rwanda, Shooting Dogs) car le realisateur Raoul Peck est vraiment entre dans la complexite du sujet. En effet, il s’inspire de la realite pour la transposer dans les differentes couches du scenario qu’il a construit de toute piece. Puisqu’il demarre le film sur un rappel historique et sur des images coloniales, Peck denonce un processus historique ou la colonisation n’a pas apporte la civilisation mais une desunion a la source des drames contemporains.

La fiction n’est la que pour donner vit au recit, evoquer les ressentis, rendre compte des differents vecus, montrer les traces laissees par la tragedie. Certes, la memoire est douloureuse et difficile a saisir mais elle est necessaire, comme le film l’est pour le peuple rwandais car il ne se l’approprie pas, il repond au contraire a sa demande de dire au monde sa terrible experience. Le genocide est un drame absolu et le film ne se termine pas bien. Nous ne sommes pas dans un film hollywoodien : la mort n’epargne pas les personnages. Et pour tout cela, j’admire le travail du realisateur et de son film remarquable. – 8 – Conclusion : Au printemps de 1994, un million de personnes ont ete massacrees au Rwanda, au cours de l’un des pires genocides du XXeme siecle.

La tuerie a commence le 6 avril 1994, quelques heures seulement apres que l’avion a bord duquel se trouvaient les presidents du Rwanda et du Burundi, qui revenaient de Tanzanie, ou des negociations de paix venaient de se derouler, eut ete abattu alors qu’il approchait de l’aeroport de Kigali. Il semblerait que le genocide ait ete planifie longtemps a l’avance, et qu’il n’ait manque que l’etincelle qui allait mettre le feu aux poudres. Depuis des mois, la Radio-Television Libre des Mille Collines (RTMC) diffusait quotidiennement une violente propagande raciste, exacerbant les sentiments de haine et appelant inlassablement ses auditeurs a exterminer les Tutsis, a qui etait donne le surnom d’Inyenzi (cafards).

Le genocide avait ete planifie et a ete commis avec un soin meticuleux. Les Hutu, se basant sur des listes preparees a l’avance, souvent armees de machettes, de gourdins cloutes, ou meme de grenades, ont methodiquement massacre les personnes dont le nom figurait sur ces listes. Les Tutsi et les Hutu moderes en etaient les cibles. Paradoxalement, ces meurtres se sont deroules alors qu’une quantite de forces de maintien de la paix des Nations Unies, la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda (MINUAR), se trouvait dans le pays pour tenter de faciliter les negociations entre le gouvernement hutu de l’epoque et le Front Patriotique Rwandais (FPR), domine par les Tutsi.

On peut alors se poser la question qui est la suivante : Et si les pays internationaux avaient reagi, toutes ces vies humaines perdues et ces massacres auraient-ils eu lieu ? Le Tribunal penal international pour le Rwanda a ete cree afin de poursuivre les personnes ayant incite a commettre, diriger et commettre des actes genocidaires. Un million de morts attendent qu’on leur rende justice … – 9 – Bibliographie : Livres: ; Jean Hatzfeld, 2003, Une saison de machettes, [? ], Seuil, p. 312 ; Colette Braeckman, 1994, Rwanda histoire d’un genocide, [? ], Fayard, p. 341 ; Annick Kayitesi, 2004, Nous existons encore, [? ], Michel Lafon, p. 248 Sites internet : ; http://fr. wikipedia. rg ; Genocide au Rwanda Consulte au 15-05-09 ; http://pagesperso-orange. fr/rwanda94/ Consulte au 15-05-09 ; http://pagesperso-orange. fr/marc. oberle/genocide-rwanda. html Consulte au 16-05-09 Supports videos : ; « Gardiens de la memoire », documentaire de Eric Kabera Rwanda (2004) ; « Rwanda : une Republique devenue folle », realise par le professeur Luc de Heusen Autres : ; Le dictionnaire historique et geopolitique du 20e siecle, p. 597-598 ; Rwanda Ibuka, Actes (fascicule sans references, distribue a une conference sur le genocide) Personnes ressources : ; Marie-Aimee Ntawukulityayo, 19 ans ; Marie-Chantal Kagaju, 44 ans – 10 –