Le codicille

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Epoux de Pauline, pere de Jacques. Frere d’Arsene. La cinquantaine. Bon vivant. – Pauline Machelard. Femme de Claude, mere de Jacques. La cinquantaine. Femme de tete. – Jacques Machelard. Fils de Pauline et de Claude, mari de Diane. Vingt cinq ans. Vif, energique. – Diane Machelard. Femme de Jacques. Vingt cinq ans. Snob, precieuse. – Odette Machelard. Veuve d’Arsene. La soixantaine. Tres douce. – Blanche.

Premiere femme d’Arsene. La soixantaine. Hargneuse. – Cecile. S? ur d’Arsene. La cinquantaine. Pleurnicheuse. – Maitre Sylvie Apense. Notaire. La cinquantaine. Tres digne. – Herve, clerc de notaire. Vingt cinq ans. L’air Idiot, voix puissante. Decors : L’interieur d’un appartement. Une porte a cour, une a jardin. Costumes : Contemporains. Synopsis : Apres le deces d’Arsene Machelard, Odette, sa veuve, invite tous les heritiers ainsi que le notaire pour les remercier de l’avoir soutenue pendant cette epreuve douloureuse. Mais elle semble avoir une autre idee derriere la tete… 2

LE CODICILLE – :- :Odette prepare des verres, une theiere, une ou deux bouteilles qu’elle dispose sur une table. Odette : J’espere que je n’ai rien oublie… Il y a tellement longtemps que je n’ai pas recu autant de monde ! Oh et puis zut ! On verra bien… On sonne. Odette : Deja ! … Tant mieux. Plus vite ce sera fini… Odette va ouvrir a jardin. Claude et Pauline entrent Odette leur fait la bise. Odette : Bonjour Claude, bonjour Pauline. Pauline : Bonjour. Pourquoi cette reception ma tante ? Odette : Je voulais remercier tout le monde de m’avoir soutenue en cette penible circonstance… Claude : Ne te fatigue pas, va !

D’abord c’est normal, puisque c’etait mon frere. Ensuite, tu ne me fera pas croire que le deces de ton mari est une catastrophe pour toi ! Pauline : Claude, ne dis pas des choses comme ca ! Claude : Bah ! Ce n’est un secret pour personne qu’il la rendait malheureuse ! Je crois que personne n’aimait ce pauvre Arsene dans la famille… Ni ailleurs ! Il a fait tout ce qu’il a pu pour se faire detester ! : Ne dis pas de mal d’un mort, s’il te plait ! Odette Pauline : D’autant plus qu’il nous a legue un joli magot ! On sonne. Odette va ouvrir a jardin. Jacques et Diane entrent. Odette leur fait la bise. Odette : Entrez, vos parents sont deja la.

Jacques : Bonjour ma tante, salut p’pa, bonjour m’man… Claude : Je ne vois pas pourquoi tu nous dis bonjour, Jacques. On se quitte a l’instant ! Jacques : La force de l’habitude ! Diane : (a Odette, ceremonieuse) Comment allez-vous Tantinette ? 3 Jacques : Ne l’appelle pas comme ca, ca fait trottinette ! Diane : Qu’est-ce qui nous vaut le plaisir de nous retrouver tous les quatre dans votre charmant logis ? Odette : Ma chere Diane, vous ne serez pas que tous les quatre. J’ai invite tous ceux qui doivent beneficier de l’heritage de mon defunt mari. J’ai aussi demande au notaire de venir. Pauline Odette : Ah bon ? Pourquoi ?

Nous sommes tous alles dans son etude pour la succession , je croyais que tout etait fini ! : D’abord parce que c’est une amie, et ensuite parce qu’il parait qu’elle a quelque chose de particulier a nous dire. Moi aussi d’ailleurs ! On sonne. Odette va ouvrir a jardin. Cecile entre. Odette lui fait la bise. Odette Cecile Odette Cecile : Entre, Cecile. Comment vas-tu ma pauvre ? Tu t’es enfin remise du deces de ton frere ? : Mon pauvre frere ! (elle se met a pleurer, les mains sur la figure) : Allons, allons, remets-toi ! Moi aussi ca m’a fait un choc, c’etait mon mari tout de meme ! : Bonjour tout le monde. Excusez-moi ! elle va s’asseoir) Claude : Ne t’en fais pas pour nous. Nous nous mettons a ta place… Jacques : Facon de parler ! On ne tiendrait jamais tous sur ton siege ! Diane : Voyons Jacques, un peu de tact ! Cette pauvre Cecile a perdu la seule famille qui lui restait ! Cecile se remet a pleurer bruyamment. Pauline : Et nous alors ! Tu nous oublie, Diane ! (s’approchant de Cecile pour la consoler) Tu n’es pas seule Cecile. Nous sommes la ma cherie ! Tu sais que tu peux faire appel a nous quand tu veux. On sonne. Odette va ouvrir a jardin. Blanche entre. Odette : Ah, te voila, Blanche. Entre, nous sommes presque au complet.

Blanche : (jetant un regard circulaire) Salut a tous (tout le monde grommelle un « bonjour » confus sans bouger) Comment ca presque ? tu attends quelqu’un d’autre ? Odette : Oui : j’ai invite Sylvie Apense. Blanche : Le notaire ? Qu’est-ce qu’elle vient faire ici ? 4 Odette : Elle a quelque chose de special a nous annoncer, qu’elle ne pouvait pas nous dire dans son bureau. Blanche : Ca ne m’etonne pas. Ces gens-la travaillent n’importe comment. Il n’y a que quand ils reclament leurs honoraires qu’ils n’oublient rien. Pauline : Pourquoi es-tu si severe ? Maitre Apense est une amie d’Odette. Claude : Ne cherche pas a comprendre, Pauline.

C’est dans ses gemmes ! Jacques : Ou il y a des gemmes y a pas de plaisir ! Diane : Un notaire est un officier public et ministeriel. Il faut lui temoigner un certain restect ! Blanche : Toi, la gamine, mouche ton nez et laisse parler les grandes personnes ! Jacques : (approchant, menacant) Non mais dis-donc, espece de pitbull ! On comprend pourquoi l’oncle Arsene a prefere te laisser tomber pour epouser tante Odette ! Blanche : Ce bon a rien d’Arsene et moi avons divorce d’un commun accord. Et je n’ai pas de lecon a recevoir d’un blanc-bec ! Odette : Pas de bagarre chez moi, je vous en prie ! On sonne.

Odette va ouvrir a jardin. Sylvie entre, suivie d’Herve qui tient une serviette sous le bras.. Odette Sylvie : Entrez mon cher Maitre ! : Bonjour Madame Machelard… Et bonjour a toute la famille ! Je vous presente Herve, mon clerc. (a Odette) J’espere que vous ne m’en voulez pas de l’avoir emmene ? Odette : Pas du tout ! Installez-vous. Diane et Jacques, vous voulez bien faire le service ? Diane et Jacques vont chercher des verres, les remplissent, servent les invites qui s’installent au gre du metteur en scene. Herve reste debout, l’air idiot. Sylvie : J’espere que tout le monde s’est bien remis de ses emotions ?

Cecile se remet a pleurer bruyamment. Blanche : Diane Oh ! Ca suffit, hypocrite ! Ton frere, tu ne pouvais pas le supporter ! Comme nous tous d’ailleurs ! : Il est certain que l’oncle Arsene n’attirait guere notre sympathie. 5 Sylvie : Oui, j’ai cru comprendre que vous ne l’aimiez pas beaucoup, les uns et les autres. Pauline : Odette, tu permets que j’aille dans la salle de bains me laver les mains et me donner un coup de peigne ? Odette : Vas-y, je t’en prie, tu connais la maison ! Mais fais attention, la robinetterie du lavabo est dereglee. Pauline sort a cour. Herve fouille maladroitement dans sa serviette.

Il laisse tomber un papier, le ramasse… et annonce d’une voix tres forte. Herve : Il y a un condiment au testacille ! Tout le monde sursaute. Deux secondes de silence. Sylvie Herve : Ne vous enervez pas, Herve. Dites-nous ca clairement. : (claironnant) Il y a un codicille au testament ! Claude : Qu’est-ce que vous dites ? Sylvie : C’est vrai, c’est pour ca que je voulais vous voir. Mais je pensais vous en parler un peu plus tard, je ne veux pas gacher votre reception… Jacques : Mais non, allez-y, ca nous interesse ! Diane : Bien entendu ! Nous sommes suspendus a vos levres ! Blanche : Vous pouvez causer, ca ne nous gene pas, non d’un chien !

Cecile Odette : Que notre chagrin ne vous empeche pas de faire votre metier ! : Puisque tout le monde est d’accord, Allez-y, Sylvie. Jacques : Aurait-on trouve un heritier supplementaire ? Blanche : Ca ne m’etonnerait pas ! Avec les frasques de ce cochon d’Arsene ! (a Sylvie) Vous ne connaissiez pas Arsene ? C’etait un sacre lascar, vous pouvez me croire ! Pauline entre a cour. Pauline : Il a gicle partout ! Tous : Hein ! Claude : (offusque) Pauline ! 6 Pauline : C’est parce qu’il etait tres chaud ! Cecile : Comment le sais-tu ? Pauline : Parce que je l’ai tripote ! Diane Odette : (scandalisee) Mere ! Que nous dites-vous la ! Pauline, sois plus claire ! Pauline : Le robinet etait brulant. Quand j’ai voulu le tourner ca a gicle partout ! Tous : (soulages) Ah bon ! Blanche : On s’en fout du robinet ! Herve : (toujours aussi fort) Je peux lire le codicille ? Tout le monde sursaute. Odette : Attendez un peu s’il vous plait. J’ai une autre nouvelle a apprendre a ma chere famille. Jacques : Vas-y ma tante ! Au point ou on en est… Odette : J’ai demande une autopsie de mon pauvre mari. Claude : Une autopsie ? Mais pourquoi donc ? Odette : Parce que j’avais des doutes quant a la cause de sa mort… Et j’ai bien fait : on a retrouve des traces de cyanure dans le sang.

Cecile pousse un cri. Cecile : Hein ! Du poison ? Mon Dieu, je vais m’evanouir ! Blanche : Si tu fais ca, je te reveille avec une paire de baffes ! Diane : Mais enfin Tantinette, c’est invraisemblable ! Pauline : Tu realises ce que ca veut dire ? Sylvie : Qu’il a ete assassine ! Deux secondes de silence. Tout le monde se regarde. Odette : Eh oui ! Et cela ne peut etre que par l’un d’entre nous ! Claude : C’est absurde ! Un assassin, ici ! Herve : Je peux lire le codicille ? 7 Nouveau sursaut. Blanche : Je vais lui mettre une tarte a ce rigolo ! Cecile Diane : (a Sylvie) S’il y a codicille, pourquoi ne nous l’a-t-on pas lu dans votre bureau ? C’est vrai : c’eut ete plus logique ! Pauline : C’eut ete toi meme ! Laisse parler le notaire ! Sylvie : Sur l’enveloppe qu’Arsene Machelard m’a confiee, il etait ecrit : a ouvrir une semaine apres la lecture de mon testament. J’ai respecte la volonte de mon client. Jacques : Et qu’est-ce qu’il dit, ce codicille ? Herve : (s’avancant, solennel, et lisant une feuille) S’il m’arrivait malheur, ou si mon deces n’etait pas du a une cause naturelle, je soussigne, gna gna gna… Decide de leguer ma fortune aux ? uvres de charite dont les noms suivent… Claude : Ca alors, mais ca veut dire qu’il se savait menace !

Sylvie : Sans aucun doute ! Blanche : Pardi ! Il savait que personne ne l’aimait , il se doutait bien que quelqu’un aurait envie de le zigouiller pour toucher l’heritage ! Cecile : Et c’est arrive ! C’est horrible ! (pleurs) Claude : Et s’il s’etait suicide ? Sylvie : De cette facon-la ! Pauline : C’est peu probable ! On ne s’empoisonne pas devant tout le monde pendant une reception ! Odette : Et ce n’etait pas un homme a se suicider ! Jacques : (ricanant) C’est vrai ma tante. Je le vois d’ici vous demander : « Tu as le curare ? » Herve Diane : (lorgnant le posterieur de Pauline) Pas si rare que ca apparemment ! En tous cas, si on veut profiter du testament, il faut trouver le coupable et il faut qu’on s’y mette tous ! Jacques : Diane a raison. On va tirer les choses au clair ! 8 Herve : (se protegeant le bas-ventre) Ah mais non, je ne veux pas ! Pauline : Comment va-t-on faire ? Odette Herve Sylvie Odette : Ca par exemple, je n’en sais rien ! : Quand et comment Monsieur Arsene est-il mort ? : Bonne question ! Odette, dites-le nous. : C’etait tout de suite apres la reception que nous avions organisee pour notre anniversaire de mariage. Blanche : Je m’en souviens, nous etions tous la. Odette Cecile : C’est vrai.

Et nous avons arrose ca dignement. Arsene au peut-etre bu un peu plus que de coutume. : Et n’importe lequel d’entre nous a pu mettre de l’arsenic dans son verre ! Mon Dieu ! (elle se remet a pleurer) Blanche : Arrete les grandes eaux, on n’est pas a Versailles ! Diane Herve Odette : C’est ca, restons calmes. Il faut decompresser. : Tu n’en trouvera pas : personne n’est presse que je sache ! : Quand la reception a pris fin, vous etes repartis tous ensemble. Je vous ai reconduits a la porte et, en revenant dans le salon, je l’ai trouve mort dans son fauteuil. : Comment a-t-on pu… Cecile

Claude : C’est simple : au moment de partir, vous etiez tous affaires a retrouver vos vetements, tout le monde avait un petit coup dans le nez et Arsene embrassait ses invites pour leur dire au revoir. L’assassin a eu beau jeu de verser une dose de poison dans son verre. Pauline : Et quand il s’est retrouve seul, Arsene a fini son verre en s’asseyant. Je l’entends d’ici dire : « Ouf, c’est fini ! » Sylvie Herve Cecile : Effectivement, c’est ce qui a du se passer… : Ce qui m’etonne, c’est ce que Cecile a dit tout a l’heure. : Qu’est-ce que j’ai dit ? Et qu’est-ce qui vous permet de m’appeler Cecile ?

Blanche : Ne fais pas ta mijauree, c’est bien comme ca que tu t’appelles ! Herve jette sa serviette par terre et sort une carte de sa poche. 9 Herve : (changeant completement d’attitude) Fini la comedie. Je ne suis pas clerc. Jacques : Je m’en suis rendu compte ! Herve Sylvie : Je suis flic ! : Je vous presente le lieutenant Dutitre. Pauline, j’espere que tu ne m’en voudras pas de cette mascarade ? Herve : (a Cecile) Tout a l’heure, Madame Machelard a dit qu’au cours de l’autopsie on avait trouve des traces de cyanure dans le sang. Odette Herve : C’est vrai ! : Un peu plus tard, vous vous etes exclamee en pleurant : « N’importe lequel d’entre ous a pu mettre de l’arsenic dans son verre. » Or, c’est vraiment des traces d’arsenic, et non de cyanure qu’on a trouve. N’est-ce pas Madame Machelard ? : C’est exact. J’ai dit cyanure comme vous me l’avez demande, pour voir la reaction de tout le monde. : (severe, a Cecile) Comment savez-vous qu’il s’agit d’arsenic ? : (affolee) Je n’en savais rien, j’ai dis ca comme ca… C’est ma fourche qui a langue ! : La seule explication, c’est que c’est vous qui l’avez mis dans le verre d’Arsene. Odette Herve Cecile Herve Cecile Diane : Mais c’est… C’est un guet-apens ! Pauline, tu n’as pas honte ! : Ca vous va bien de dire ca ! Votre propre frere !

Jacques : Propre… Facon de parler ! Claude : Cecile ! C’est vrai ? Defend-toi au moins ! Pauline : Rassure nous. Dis nous que tu n’es pas une meurtriere ? Blanche : Je vais te flanquer dehors avec mon pied au… Sylvie Cecile : Surement pas ! Au contraire ! : (changeant egalement d’attitude, parlant durement) Bon, ca suffit ! Oui, c’est moi. J’ai fait ce que vous aviez tous envie de faire. Moi au moins, j’ai eu ce courage ! : Et maintenant vous allez me suivre au commissariat pour mettre ca par ecrit. Herve 10 Herve sort en tenant le bras de Cecile. Blanche : Au moins, cette fois, elle saura pourquoi elle pleure ! RIDEAU 11