Le bilan humain, materiel et moral de la seconde guerre mondiale en europe

Le bilan humain, materiel et moral de la seconde guerre mondiale en europe

COMPOSITION : Le bilan humain, materiel et moral de la Seconde guerre mondiale en Europe Introduction La guerre qui s’acheve en 1945 avait eclate en Europe a cause de questions nationales, avant de degenerer en conflit mondial. Toutefois, elle a pris aussi une dimension ideologique avec la lutte contre le fascisme, ideologie issue du rejet de la democratie qui se construisait depuis deux siecles dans les pays europeens. Lorsque le 8 mai 1945 la capitulation est signee par les Allemands, mettant fin a la guerre en Europe, celle-ci en ressort nettement affaiblie. Les populations ont ete tres fortement touchees.

Les economies sont ruinees. L’Europe, traumati-see et dechiree, ne peut plus pretendre a jouer un role comparable a celui des siecles prece-dents. Dans quelle mesure la Seconde Guerre mondiale a-t-elle precipite le declin de l’Europe ? I/ Une catastrophe humaine a)Une saignee demographique Des combats meurtriers sur tous les fronts L’Europe a ete l’un des theatres d’operations les plus importants de cette guerre mondiale : les combats ont fait 14 millions de morts dans les armees europeennes (9 millions cote sovietique, 4 millions cote allemand, 300 000 pour les Britanniques ou les Italiens, 200 000 pour les Francais).

Meme s’il ne faut pas minimiser

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les morts de soldats au combat du debut et de la fin de la guerre, le conflit aurait ete, si l’on s’en tenait aux pertes militaires, moins meurtrier que la Grande Guerre, surtout en Europe occidentale ou les ositions des troupes ont ete rapidement fixees. b)Mais aussi de lourdes pertes chez les civils Les civils ont ete plus nombreux encore que les soldats parmi les tues : peut-etre plus de 25 millions si on inclut l’Union Sovietique qui a particulierement souffert.

Pologne, Yougoslavie, et dans une moindre mesure Allemagne et France, comptent aussi de tres nombreuses victimes. Beaucoup ont ete touches par les bombar-dements (Dresde, Coventry) et les conditions de vie tres difficiles (occupation, surmortalite liee au rationnement et aux maladies), les executions massives. Ce qui fait de cette guerre un cas unique dans l’histoire, le genocide, assassinat volontaire et programme de populations dans les camps de la mort, a provoque la mort de 6 millions de juifs et de Tziganes, mais aussi des homosexuels, opposants…

D es nations europeennes a nouveau bouleversees Des migrations forcees Des refugies (survivants des camps, prisonniers de guerre) et des populations deplacees (Allemands fuyant l’Armee Rouge, Polonais de l’Est contraints de quitter leur region) errent en 1945 sur les routes de l’Europe. Les pays vainqueurs, en depit de declarations de principe humanitaires, ne les prennent pas en charge efficacement. Faute de patrie definie, d’innombrables refugies attendent que l’on statue sur leur sort. La nouvelle carte de l’Europe Les frontieres sont encore une ois modifiees, surtout a l’est : l’Allemagne doit se replier a l’ouest de la ligne Oder-Neisse ; on impose a la Pologne, envahie en 1939 et partagee en 1940, un glissement force vers l’ouest. Au lieu d’accorder autant que possible les frontieres aux nationalites, comme en 1918, on privilegie une politique de puissances, au detriment de l’Allemagne vaincue et au profit de l’U. R. S. S (pays baltes, Moldavie, parties de la Pologne, de la Finlande, de la Tchecoslovaquie, de la Roumanie). La Seconde Guerre mondiale a atteint des sommets dans la barbarie.

La « brutalisation » a ete extreme sur le front de l’Est. Les popula-tions ne sont pas encore sorties des difficultes car le continent a ete litteralement devaste. Un continent devaste Les pertes materielles d’une guerre totale Des destructions Le Second Conflit mondial fut une guerre totale affectant a la fois l’arriere et la zone des combats, mobilisant industries, chercheurs, populations dans un affrontement d’ideologies opposees. En outre, les combats ne se sont pas concentres sur un front etroit, a la difference de la Grande Guerre.

La guerre aerienne a ete massive et les bombardements strategiques considerables, surtout au-dessus de l’Allemagne, du Royaume-Uni et aussi de la France. En Yougoslavie, 20 % des batiments sont detruits. A elle seule, l’URSS subit la moitie des degats materiels dus a la guerre. La destruction des usines, des ponts, des routes, des lignes de chemin de fer et des gares paralyse l’economie et les echanges. Une crise economique En 1945, les economies des pays europeens sont presque partout en ruines.

La production agricole et industrielle a chute de 30 a 70 % par rapport a 1939. Le produit national brut s’est effondre, surtout en Allemagne, en Italie, en France. Partout en Europe, les restrictions sont importantes et la misere s’etend. La guerre a egalement englouti les reserves monetaires des pays europeens. Ceux-ci connaissent en 1945-1946 une forte inflation, la demande depassant l’offre, et de loin. L’endettement s’est accru partout. L ‘ebauche d’une reorganisation Les armees des vainqueurs restent en Europe Le continent demeure en grande partie ccupe par les deux Grands (meme si d’autres pays anglo-saxons sont presents) ; ils sont charges du ravitaillement et de la mise en place de structures pour la reconstruction, politique mais aussi materielle. Suite a la conference de Yalta, l’Allemagne et l’Autriche restent dans une situation provisoire ; elles sont divisees en quatre zones d’occupation et leurs capitales en secteurs ; de vieilles puissances europeennes comme la Grande-Bretagne et meme la France (grace a Churchill), se voient cependant reconnues comme pays ccupants. o De nouvelles structures

Le passe de l’Europe a ete marque par tellement d’affrontements et les plaies de la guerre sont si profondes qu’on n’imagine pas en 1945 l’existence d’une communaute d’Etats a l’echelle du continent. En revanche, plusieurs pays europeens souhaitent mettre en place un « Etat-Providence » inspire par le Plan Beveridge. Les differentes nations sont integrees dans de nouvelles structures internationales comme l’ONU (vainqueurs et neutres seulement dans un premier temps) ou des organisations financieres initiees par les accords de Bretton Woods (creation du FMI fin 1945, puis de la BIRD).

Les tats-Unis dominent dans ces institutions. E La reconstruction economique et politique s’annonce difficile pour l’Europe, qui a perdu son ancien statut : ses valeurs ont ete remises en question dans le conflit et elle ne peut plus jouer son role dominant sur la planete. U ne Europe qui panse ses plaies La victoire de la democratie ? La volonte de chatier les coupables L’epuration, organisee par les vainqueurs et les resistants, connait des derapages (reglements de comptes) et des rates : fonctionnaires collaborateurs maintenus selon les besoins administratifs du moment, savants nazis recuperes.

Le proces de Nuremberg (20 novembre 1945 – 1er octobre 1946) permet de reaffirmer le rejet du fascisme et la primaute des droits de l’homme en definissant notamment les notions de « crime contre la paix » et de « crime contre l’humanite ». Le retour apparent a un « modele democratique » La Grande-Bretagne de Churchill, seul pays a avoir combattu l’Axe du debut du conflit a la victoire, membre europeen de la « Grande Alliance », a vu triompher son modele democra-tique aux depens des puissances fascistes.

Elle obtient, comme d’ailleurs la France de De Gaulle qui revient de loin, un siege de membre permanent au Conseil de securite de l’ONU. On peut encore croire en 1945 a l’installation de regimes pluralistes sur l’ensemble du continent (« Declaration sur l’Europe liberee » a Yalta) : en France, bien sur, ou le regime republicain du GPRF finit par s’imposer, mais aussi en Italie, en Tchecoslovaquie et meme en Pologne ou on prevoit la constitution d’un gouvernement d’Union Nationale.

La ou des elections libres sont organisees, patriotes et forces de gauche realisent des scores eleves. L e declin de l’Europe Des valeurs ebranlees La guerre a divise en profondeur les communautes nationales : a qui fallait-il obeir ? Le traumatisme de l’Holocauste, organise par une puissance europeenne a l’autorite culturelle reconnue, laisse des traces dans le vieux continent. La nouvelle de l’utilisation de la bombe atomique par les Americains aggrave le desarroi moral de toute une generation.

La foi des Europeens dans le progres, qui avait contribue a la reussite du continent dans le monde, laisse la place au sentiment de l’horreur et de l’absurde, decrit par des ecrivains (Camus), des cineastes (Rossellini), des peintres (Picasso), es dramaturges (Sartre)… d Une Europe affaiblie Les conferences de Yalta et de Postdam, consacrees avant tout au sort de l’Europe, montrent que l’avenir du continent se decide surtout entre USA et URSS ; si l’entente semble prevaloir entre eux en fevrier, les blocages deviennent evidents en aout.

Yalta ne decide pas d’un « partage de l’Europe » entre les deux Grands, mais celui-ci devient vite un fait etabli, correspondant a l’avancee des troupes sur le continent en mai 1945… Deja les pressions sovietiques se font fortes en Europe de l’Est. Les defaites infligees aux Europeens dans les colonies par l’Axe ont mis fin au mythe de leur invincibilite, et l’appel aux troupes coloniales pendant la guerre suscite de nouvelles revendications. Les premiers mouvements en faveur de l’independance se produisent des 1945 en Indonesie, en Indochine, en Algerie (emeutes de Setif le 8 mai).

Conclusion Ruinee, exsangue, s’interrogeant sur ses valeurs, l’Europe parait en 1945 avoir perdu tout credit pour jouer un role actif dans les destinees de la planete. Elle se retrouve sous la tutelle des deux Grands qui vont bientot en faire un enjeu de la guerre froide. Mais la construction europeenne, encouragee au depart par les Etats-Unis, lui permettra des les annees cinquante de puiser dans ses propres ressources pour se reconstruire dans la paix et, apres l’elargissement a l’Est, de devenir aujourd’hui un pole de stabilite relatif dans le monde.