Le baroque

Le baroque

Naissance du concept de baroque [modifier] Le terme Baroque vient du portugais « barocco » qui signifie perle irreguliere. Le terme « baroque », comme la plupart des periodes ou designations stylistiques, est invente posterieurement par la critique d’art et non par les praticiens des XVIIe et XVIIIe siecles. Ceux-ci ne se pensaient pas baroques mais classiques. Ils utilisent les formes du Moyen Age, les ordres classiques, les frontons, toute une modenature classique issue des modeles greco-romains. Il est ne a Rome a la fin du XVIe siecle. Le mot est issu du portugais barroco.

Contrairement a ce que la vulgate, toujours reprise en ce domaine, tente de faire croire, le terme ne designe pas d’abord la fameuse perle irreguliere mais une realite geologique. En effet, un barroco en portugais designe un gros rocher de granit a la rondeur irreguliere, le mot est dans ce cas utilise comme substantif. Ce n’est qu’ensuite qu’il designe la perle irreguliere, mais alors il est utilise comme adjectif. Dans les deux cas, nous avons affaire a une realite irreguliere, d’ordre mineral, dans le gigantisme d’une part, et d’autre part dans la reciosite[ref. necessaire]. Il pourrait egalement provenir d’une appellation latine d’un syllogisme : baroco, syllogisme qui est en

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fait un errone. En 1694 (en pleine periode baroque donc), le mot, pour l’Academie francaise « se dit seulement des perles qui sont d’une rondeur fort imparfaite. Un collier de perles baroques »[1]. Pres d’un siecle plus tard, en 1762, alors que le baroque s’acheve, outre sa premiere signification, et toujours selon la meme Academie, « il se dit aussi au figure, pour irregulier, bizarre, inegal. »[2].

Au XIXe siecle, pour la sixieme edition de son dictionnaire, l’Academie inverse l’ordre des definitions : les perles passent au second rang et le sens figure au premier. C’est en 1855 que, pour la premiere fois, le mot est utilise pour decrire la periode et l’art succedant a la Renaissance sous la plume de l’historien d’art suisse Jacob Burckhardt dans Le Cicerone[3]. Ca n’est pas un hasard si c’est dans le monde allemand que nait cette acception du mot, les Francais et les Anglais disposent de leurs rois pour decrire l’evolution des styles (voir style Louis XIV, etc. ) alors qu’a l’epoque, l’Allemagne est ivisee en une myriade de micro-Etats, le Kleinstaaterei. Il faut attendre une generation et 1878 pour que le « style baroque » fasse son entree dans le Dictionnaire de L’Academie francaise et que la definition perde un peu de son caractere depreciatif[4]. Il est vrai que l’imperatrice Eugenie a remis au gout du jour les mignardises et le style Louis XV et qu’est ne, ce que nous appelons le neobaroque[5] : la rehabilitation peut commencer et Wolfflin ecrire son uvre pour nous eclairer sur ce qu’est ce baroque si complexe, tourmente, irregulier et, au fond, plus fascinant que bizarre…

L’historien d’art d’origine suisse Heinrich Wolfflin (1864 1945) Renaissance et Baroque [6] definit le baroque comme un « mouvement importe en masse », un art antithese de l’art de la Renaissance. Il ne fait pas de distinctions entre le manierisme et le baroque, ce que font les auteurs modernes, et il ignore sa phase plus recente, le rococo qui s’epanouit dans la premiere moitie du XVIIIe siecle. En France et en Grande-Bretagne, son etude n’est prise au serieux qu’a partir de l’influence predominante que Wolfflin acquiert au sein de l’ecole germanique.