L’art invisible

L’art invisible

L’Art invisible (Understanding Comics) est un essai sous forme de bande dessinee, de 1993, par l’auteur americain Scott McCloud. Avec ses 200 pages, L’Art invisible est le premier ouvrage theorique et philosophique sur la BD sous forme de BD. De cette maniere, les analyses et les exemples de l’auteur prennent immediatement forme dans l’esprit du lecteur, ce qui est plutot pratique lorsqu’il s’agit d’etudier des concepts aussi typiques que les distorsions spatiales et temporelles du vide entre les cases !

Contenu Scott McCloud, le narrateur, fait le tour des grandes formes et des langages qui prennent corps au travers des bandes dessinees americaines, europeennes et japonaises. Il commence par bien definir la bande-dessinee en y cherchant la petite bete : apres tout, ce n’est pas plus simple que de definir la litterature ! L’auteur y consacre un long chapitre et nous offre meme un petit retour aux sources de la narration, avec une serie d’exemples egyptiens, mayas, medievaux…

Le but etant d’aller un peu plus loin que le terme d’art sequentiel, communement admis pour definir la bande dessinee. Ce petit topo permet ensuite de passer aisement au corps meme de ce qui constitue une BD, a savoir l’alliance des mots et des images.

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Elle procede alors comme une grammaire iconique, ou les mots se voient et ou les images evoquent des concepts. Un fonctionnement qui va de pair avec une « participation », une identification du lecteur.

Les differents comparatifs culturels sont assez savoureux, surtout en matiere de BD japonaise ou le vocabulaire iconique peut paraitre a un occidental particulierement incongru. Par exemple, le saignement de nez y exprime le desir sexuel. L’imagination fait le reste, question d’interpretation. Nous voila encore au c? ur de la BD avec ce concept de l’ellipse, de l’enchainement entre deux cases, car c’est justement cet « entre deux cases » (les americains le nomment « gouttiere ») qui va permettre de creer de la progression de temps et de mouvement.

Et puis, la case elle-meme a son mot a dire en matiere de subjectivite. Il y a aussi les bulles et toutes leurs nuances, la dependance entre les mots et les dessins… C’est riche, une bande-dessinee, quand on se met a creuser un peu. C’est tout l’art de l’invisible, explique Scott McCloud. Comme il le dit : « La verite percera les tenebres ! La puissance du roman graphique emergera du chaos et… Enfin, bon… » L’auteur finit son expose en presentant sa definition de l’art. L’auteur

Scott McCloud a ete recompense quatre fois par des prix Eisner et Harvey, ainsi que par un Alph’Art du meilleur album etranger au Festival d’Angouleme 2000 ainsi que par le Prix de la critique de l’ACBD, toujours en 2000. La deuxieme ? uvre de McCloud traduite en francais est en quelque sorte la suite de L’Art invisible, face aux evolutions qu’impliquent les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Reinventer la bande dessinee, toujours chez Vertige Graphic. Un troisieme tome est paru aux USA, « Making comics », disponible egalement en France