L’amitie

L’amitie

L’AMITIE SELON NIETZSCHE Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philosophe et un ? crivain prussien n? le 15? octobre? 1844 ? R? cken, en Prusse et mort le 25? ao? t? 1900 ? Weimar, en Allemagne. Une grande partie de l’? uvre de Nietzsche se rattache ? la m? taphysique, plus particuli? rement ? l’ontologie, o? il explique sa conception de la nature ultime de l’? tre, du monde, l’existence de Dieu, ? De 1880 ? 1889, Nietzsche publie ses principaux ouvrages? : Aurore (1880-1881)? ; Le Gai savoir (1881-1882)? ; Ainsi parlait Zarathoustra (1882-1885)? ; Par-del? le Bien et le Mal (1886)? La g? n? alogie de la morale (1887). Pour ce commentaire, nous allons surtout bas? notre raisonnement sur deux de ses ? crits? : Le Gai savoir (1881-1882)? ; Ainsi parlait Zarathoustra (1882-1885). On a vu au fil de l’ann? e, avec Platon et Aristote, que l’on pouvait distinguer trois sortes d’amiti? : La philia (lien entre les hommes), eros (passion amoureuse, d? sir de ce qui lui manque) et agape (amour du prochain -> la charit? du latin caritas). Nietzsche ne retient que la philia dans la perspective de l’amour d’autrui. Les deux autres formes n’ont pas de

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valeurs pour lui.

Nietzsche voit en la philia un lien avec autrui qui n’est pas bas? sur la proximit? , comme pour Platon, mais sur le maintient de la plus grande distance entre les amis et sur l’apparence. Nietzsche refuse une relation bas? e sur ?? eros?? , car c’est un d? sir de fusion et d’identification avec la personne aim? e, ce qui engendre la plus grande confusion entre les amants. Il d? note une perte d’identit? en cherchant ? fusionner, on ne sait plus qui on est vraiment. Je cite un extrait du Le Gai savoir, paragraphe 14? : ?? Mais c’est l’amour des sexes qui se trahit le plus nettement [… , l’amant veut la possession exclusive de la personne qu’il d? sire, [… ], il est pr? t ? tout sacrifier.?? La probl? matique d’eros peut ? tre r? sum? e par cette phrase toujours du m? me texte? : ?? [… ] ? tirer de cette sorte d’amour la notion de l’amour en tant que le contraire d’? go? sme, alors qu’il s’agit peut-? tre de l’expression la plus effr? n? e de ce dernier.?? Revenons maintenant sur ?? agape??. Nietzsche a des soup? ons au sujet d’agape. La charit? n’est pas un amour du prochain, car on cherche dans la charit? ? s’oublier soi-m? me, on se fuit ? soi-m? e. En compatissant, on nie l’autre en voulant ?? prendre possession de lui??. La charit? n’est qu’un d? sir de possession de l’autre. Le Gai savoir, paragraphe 14? :??? Etre satur? d’une possession revient ? ?tre sursatur? de soi-m? me.?? Ce n’est pas un plaisir d? sint? resser. En synth? tisant ces deux explications, on d? c? le que dans les deux cas, on cherche ? fuir ce que l’on est. Il y d? nonce l’?? amour?? con? u comme un droit de propri? t? et comme la pulsion appropriante par excellence. Le syst? me de Nietzsche refuse toute cl? ture, g? n? r? e par la proximit?.

Alors cette fuite est due au mauvais amour de soi-m? me. On n’arrive pas ? r? aliser, selon Nietzsche, que le bon en moi ne peut exister de fa? on s? par? e du mal. Ici, le mal serait l’apparence et le bien l’? tre, l’essence. Et, c’est parce qu’on est victime d’une mauvaise solitude, en ? tant de trop avec soi-m? me, que je vais renoncer ? moi-m? me et vais sortir de moi pour aller vers l’autre, mais cette valorisation de l’autre est le r? sultat de mon propre sacrifice, ce qui est mauvais. L’homme nietzsch? en est donc solitaire et il fait ce que la soci? t? lui impose. Il st donc important de porter un voile devant son ami pour ne pas se mettre ? nu, car pour Nietzsche, l’? tre est multiple. Voici divers exemples? : Un tyran ne peut avoir d’ami, car il s’approprie l’autre, ce qui est mauvais, tout comme l’esclave. La femme n’est ? galement point capable d’amiti? , car elle ne conna? t que l’amour (eros), elle se fond en l’autre et devient esclave. Mais il ne faut pas jeter la pierre aux femmes, car, selon Nietzsche, les hommes n’y sont pas capables. Si on veut un ami, il faut ?? pouvoir ? tre son ennemi??. ?? Il faut honorer dans son ami l’ennemi m? e??. L’amiti? stellaire serait l’amiti? recherch? e par Nietzsche, et pour conclure je citerais la fin du passage Le Gai savoir, paragraphe 14? 😕 ?? Sans doute se trouve-t-il ?? et l? sur la terre une sorte de prolongement de l’amour au cours duquel cette convoitise cupide et r? ciproque entre deux personnes a c? d? ? une nouvelle convoitise, ? une nouvelle cupidit? , ? la soif sup? rieure commune d’un id? al qui les transcende? : mais qui donc conna? t cet amour?? qui l’a ? prouv?? Son vrai nom est amiti?.?? Source? : Cours de philosophie, Jean-Marc Rusconi, 2008