La ville

La ville

?La ville, Martin Crimp Introduction: La ville est une piece de Martin Crimp ecrite en 2007. Elle a ete traduite pour la pour la premiere fois en francais en 2008 par Philippe Djian. I. Scenographie: Au debut de la piece, il y a un drap blanc tres leger qui va servir d’ecran (comme un ecran de cinema) sur lequel des lettres vont apparaitre par magie. Ces lettres representent la didascalie :  »Scene deserte. Clair tient un objet plat dans un sac en papier ordinaire. Christopher entre au bout d’un moment. Il porte un costume, une valise, un pass de securite pend a son cou ».

Cette didascalie nous montre l’enjeu entre l’ecriture et la fiction, l’ecriture et la realite et enfin l’enjeu entre l’invention et la traduction. Apres que la didascalie s’est affiche, le voile s’effondre rapidement pour nous donner une illusion d’une disparition magique (=fiction). La representation theatrale represente le texte. Pour ce qui se trouve sur la scene, nous avons a faire a des personnes qui se soucient du mobilier contemporain. Sur cette scene, il y a un tabouret qui a plusieurs fonctions.

Il sert tout d’abord a poser le whisky (celui-ci rend hommage a un dramaturge londonien du nom de Pinter)

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puis il servira plus tard comme tabouret de piano. Pour parler de la scene, il y a une scene rectangulaire laque composee de petits rectangles noirs. Les silhouettes des personnages refletent dans ceux-ci. Cette scene est un espace mentale ou nous avons a faire au doute, a l’incertitude et au flou. Cela represente aussi le fantomatique ou nous avons encore une fois l’opposition entre fiction et realite. Par ces reflets, nous avons des personnages qui sont double.

Le doublement des corps nous fait rever. Au fond a gauche de la scene, il y a une incurvation, ce qui nous donne une idee de perspective. Cette incurvation nous donne encore une fois l’idee de fiction. Cette inclinaison peut faire penser a la corne d’un livre, mais sous forme d’une page noire. On peut relier cette inclinaison a une expression tres courante qui est  »Savoir tourner la page ». Cette expression est l’enjeu de l’histoire car nous avons Christopher qui s’est reconverti en commis de boucher et nous avons aussi Clair qui veut commencer a creer (elle veut devenir romanciere).

Les enjeux de la dramaturgie sont la crise d’identite des personnages qui passent d’un etat a un autre. L’epuration laisse aux spectateurs d’utiliser son imagination. Il y a une triangle d’or qui relie le spectateur avec son imagination, l’auteur avec sa piece et les acteurs. Crimp utilise tous les moyens contemporains pour raconter son histoire. Dans cette piece, il y a aucun realisme. Nous pouvons dire cela car quand Chris rentre du travail, il jette son manteau par terre. Il fait ceci car il a envi de promener tout ce qui lui rappelle son travail.

Tout ceci est une contrainte scenique mais les acteurs ont reussi a jouer le jeu. Au fond de la scene, il y a un ecran de projection qui scintille (ceci peut faire penser a un ecran de cinema). Cet ecran projette des images abstraites qui renvoient au design du mobilier. Cet ecran subit les variations des images abstraites et concretes (plus tard). Par exemple, l’ecran rougit quand on parle de sang. On voit a partir de la scene 3 sur l’ecran un arbre. Ceci nous montre une scene de plein air. Cet un arbre Beckettien, un arbre sterile. L’arbre represente les differentes saisons.

Cet arbre peut representer les veines d’un cerveau ou il y a les nervures. Ce cerveau peut representer l’imagination des acteurs. Il y a une idee de secheresse ou le cerveau n’est pas en bonne sante. Cet arbre pourrait aussi representer un plan geographique de la ville de Londres. A un moment de la piece, il y a la petite fille qui grimpe dans cet arbre. Ceci pourrait etre le poste d’observation d’ou elle espionne ses parents. Durant cette scene, on voit au loin sur l’ecran les ombres des personnages. Avec cela, il y a une rupture imaginaire entre le jeu des acteurs et la scene.

Cet arbre a un effet d’aquarium, ceci est etrange. Nous avons a faire avec l’etrangete britannique, par exemple la petite fille pourrait representer une etrange Alice aux Pays des Merveilles. C’est sur ces textes fondateurs qui a permis a Martin Crimp d’ecrire sa piece. Chez Crimp, il y a un humour  »British », mais chez lui cet humour n’est pas pris au serieux. Il y a enfin sur cette scene un piano, mais qui est faux. Celui-ci est de la meme couleur du sol. Ce piano sert a meubler la maison et il represente l’education des petites filles bourgeoises. Au fil de la piece, la musique se degrade.

Cette degradation represente la degradation de cette famille: nous avons une fille en crise, un monde en crise. II. Les personnages La petite fille est habille comme l’infirmiere. Nous avons une association d’idees ce qui nous montre un monde chaotique ou la confusion regne. Nous avons une confusion entre l’infirmiere et la petite fille. Clair est l’embleme de la confusion. Cela nous donne une vision futuriste qui fait peur (une illusion au clonage). La petite fille serait peut etre la cloneuse de la voisine. Pour Clair, il y a deux intruses: la voisine et la petite fille.

La visite de la voisine derange et la petite fille entrave le travail de sa mere. Ni l’ecriture de la piece ni la mise en scene veulent trancher entre la fiction et la realite. Il y a une ecriture de doute Nous avons dans cette piece plusieurs categories socio-economique de la societe. Christopher represente le commerce, L’infirmiere represente le socialisme et Clair represente l’art et la litterature. Clair est l’archetype de la societe. Cette piece de theatre est du genre post-dramatique, c’est a dire une piece qui raconte les histoires autrement. Cela amene le spectateur de douter ce qui l’incite a relire la piece depuis le debut.

L’histoire de cette piece est peut etre la mise en note de Clair qu’elle lit a son mari sur les notes de la fiction. Avec ceci, on ne sait plus ou on est. On est incite a relire sa  »copie de spectateur ». Cela nous oriente vers une hypothese optimiste du denouement. Pour ce qui est de la traduction, le traducteur a fait une premiere traduction. Puis l’equipe de mise en scene a lu ligne par ligne le texte. Et enfin, le traducteur a du traduire pour la deuxieme fois mais sous la surveillance du metteur en scene et des acteurs. Dans cette piece, il y a un systeme d’echos. On peut correspondre la tante de Leila, l’infirmiere et la petite fille.

Pour Clair, la petite fille est la symetrie de la petite fille de Mohamed, l’ecrivain qu’elle a rencontre dans la gare. Plus on en sait sur eux, plus on doute: c’est une des caracteristiques de la dramaturgie britannique. A un moment de la scene, il y a du sang dans la poche de la petite fille. On pourrait relier ce sang a Charly qu’on ne voit jamais. Serait -il mort, blesse ? Christopher est bien dans son costume de boucher. Sa tenue populaire ne lui pose aucun probleme. En depit de quelques remarques, Christopher fait bien sentir sa jalousie, ca bouillone a l’interieur de lui.

Clair a une volonte de dominer. Elle raconte son histoire banale en une aventure. Il y a une tres heureuse coincidence avec ses fantasmes d’aventures. Clair voudrait utiliser sa ville interieure pour sa carriere litteraire Ils assument l’un comme l’autre. Christopher positive sa rencontre au pub. Il magnifie par une demarche grotesque, il joue comme un acteur de cabaret. Par rapport a la thematique de la guerre et des survivants, ce n’est pas par hasard que Christopher devient boucher. En plus il y a le theme du couteau. Ceci est un objet majeur dans une piece de theatre.